HISTORIQUE
L’invagination intestinale est connue depuis fort longtemps.
Mais, c’est à partir du xvur° siècle avec John Hunter (1789) que paraît la première description clinique de l’invagination intestinale auquel il donna le nom d’ « introsusception ».
Thomson, en 1835, réunissait 35 observations d’éliminations spontanées de l’intestin grêle. Rokitansky, deux ans plus tard substituait au terme proposé par Hunter, celui d’ « intussusception » qui devint dès lors si courant dans la littérature médicale anglaise.
Vers la même époque, Billiard en France, considérait l’invagination comme une névrose, étant donné l'intensité de la douleur qui accompagnait cette affection. Cruveilhier, dans son traité paru en 1848, par la définition et la description qu’il en donne, fait accomplir une étape importante dans la connaïissance de la maladie.
Nous citerons le mémoire de Rilliet, publié en 1852, dans lequel l’auteur met au point les notions antérieures, en particulier celles qui ont été acquises par John, Doepp, Burns et Gorham et y ajoute une forte
contribution personnelle. Cest le premier travail complet consacré à la question de l’invagination.
Il faut arriver en 1873 pour voir l’étude de linvagination faire un grand pas avec le mémoire de Leichtenstern. Ce dernier, en effet, après avoir fait une étude d’ensemble de la maladie, en établit les variétés anatomiques en s’appuyant sur 593 observations.
La fin du xIx° siècle et le début du xx° siècle voient la publication d’une quantité considérable d’observations en Angleterre et au Danemark. Eve (1889). D’Arzy Pover (1901), Pitts (1901). Fitzwilliam en 1908 base son étude relative à l’étiologie et la pathogénie de linvagination intestinale sur 1.000 cas observés de 1891 à 1908.
Les autres noms marquants de la littérature anglaise sur la question, sont ceux de Barnard (1907), Walton (1921), Romanis, Mackensie et Battle, Clubb, Edington (1921), Perrin et Lindsay (1921).
Chez les Danois, Wichmann, en 1893 réunissait 976 cas observés de 1870 à 1891 et, en 1903, publiait 1.049 cas nouveaux postérieurs à 1891. Hirschsprung, Aage Kock et Oerum étudient de nombreux cas dans d'importantes monographies parues respectivement en 1904 et 1911. Il nous faut également citer Hansen, Bloch, Monrad, Lôfberg, enfin Fritz Winther qui, en 1922, a réuni 247 cas d’invagination observés dans les Hôpitaux de Copenhague, de Malmoe et d’Odense.
En Allemagne, la question a été peu étudiée sauf par Kasemeyer, Fromme et Kausch.
En France, la thèse de Vernon et surtout le rap-
lot
port de Grisel au IV° Congrès de Pédiatrie de Rouen ont, en 1904, remis la question de l’invagination intestinale à l’ordre du jour. Broca, Kirmisson, Ombrédanne, Jalaguier, Savariaud et Mouchet se sont appliqués à en faire connaître la symptomatologie essentielle. La Société de Chirurgie de Paris, au début de 1923, aborda la question à l’occasion d’une communication (rapportée par Veau) du Dr Pouliquen, sur une série personnelle de 14 cas d’invagination intestinale aiguë chez l’enfant, opérés par lui.
Nous citerons le rapport remarquable du Dr Massart présenté en 1923 au III Congrès de Pédiatrie tenu à Bruxelles.
Puis, en 1925, 1926 et 1927, Pouliquen fait des rapports successifs à la Société de Chirurgie de Paris sur le traitement des invaginations intestinales autour duquel la discussion se cantonne.
Nous mentionnerons enfin les publications de Fruchaud et Peignaux en 1931 qui mettent un terme à la polémique sur le traitement des invaginations et auxquelles se rallient les chirurgiens français à la suite d’Ombrédanne.
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