‹ De la construction et de l'emploi du microscopeChapitre 1 sur 18 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Je désire que ce volume puisse servir de guide, non -seulement a ceux qui déjà possèdent un microscope et ont acquis une certaine habitude des observations microscopiques , mais aussi aux personnes qui n’ont que de rares occasions d’employer cet instrument, et se contentent, en conséquence, le plus souvent, de simples esquisses ou descriptions des objets microscopiques ; car, bien que l’emploi fréquent du microscope soit le meilleur moyen d’en apprendre le maniement, les renseignements écrits sont souvent utiles, soit pour poser des règles et indiquer des manœuvres qui échapperaient autrement à l’attention de l’observateur, soit pour lui épargner le temps et la peine que réclame généralement l’expérience. Bien plus, j’ai, plus d’une fois , eu occasion de remarquer, quoique cela puisse paraître singulier, que ceuxlà mêmes auxquels l’usage du microscope est fa-

milier, manquent de connaissances théoriques et ignorent les principes sur lesquels est basée la construction de l’instrument. J’ose espérer que cet ouvrage paraîtra utile à cette classe plus nombreuse de personnes qui, ne faisant pas ellesmêmes les recherches microscopiques , doivent conséquemment se contenter de simples dessins et de descriptions. Ces personnes pourront peutêtre tirer profit de la partie pratique non moins que des détails théoriques de ce livre, puisqu’elles seront d’autant plus capables de juger l’exactitude d’une observation microscopique, qu’elles auront appris la manière dont elle aura été faite, et comprendront les difficultés qu’elle présente et les moyens qui ont permis de les surmonter. J’ai encore l’espoir que mon ouvrage ne sera pas tout-càfait sans intérêt pour ceux mêmes qui ne s’adonnent pas spécialement aux sciences naturelles ou médicales, puisqu’il donne des renseignements sur un instrument d’un usage si étendu et que l’on peut considérer non-seulement comme étant indispensable à quiconque s’occupe d’une branche des sciences naturelles, mais encore très fréquemment applicable aux besoins ordinaires de la vie.

Ces raisons m’ont engagé à donner à ce livre une forme plus populaire et h le rendre aussi pratiquement utile que possible. En conséquence, la partie théorique ne contient que les principes de la dioptrique et de la catoptrique, sans lesquels on ne

pourrait comprendre la structure du microscope; la section où il est traité de ces matières ne contient que ce qui est relatif à l’explication de l’appareil dont on se sert aujourd’hui, quoique, dans le but de compléter l’ouvrage, j’y aie joint une esquisse historique de la manière dont chaque partie du microscope est construite et disposée. Les renseignements sur l’usage du microscope sont donnés in extenso, parce qu’ils constituent la section la plus importante de l’ouvrage ; et comme le microscope composé dioptrique est de nos joui s le plus employé, mes recherches lui sont exclusivement consacrées.

En conséquence, j’ai pensé qu’il était inutile de donner la description détaillée des instruments et appareils dont on ne fait plus usage et qui ne présentent d’intérêt, au point de vue technique, qu’à ceux qui les construisent ou désirent, au moyen de lesl-objeels ou autrement, rechercher les aberrations chromatiques et sphériques des lentilles , leur défaut de centrage, le pouvoir définissant et pénétrant du microscope, l’angle d’ouverture de l’objectif et sa distance à l’objet, etc. Toutefois, une grande pratique est nécessaire pour diriger l’observateur dans un pareil examen. Par la même raison, je me suis abstenu de porter aucun jugement sur les microscopes des dilférents constructeurs. On peut acquérir des microscopes à divers prix, et presque tous les cons-

tructeurs, tels que Schiek, Plossl, Charles-Chevalier, Oberhauser, Brunner, Pritchard, Amici, etc., établissent leurs instruments avec tant de soins et d’habileté, qu’il est difficile de dire quel est le meilleur. Si un microscope mérite la préférence en raison du mécanisme de ses diverses parties, un autre l’emportera par sa disposition optique ; tel microscope rendra de meilleurs services qu’un autre, pour l’étude des corps transparents ou opaques ; ou bien, la tendance d’un observateur lui fera désirer que le mécanisme ou la combinaison optique de son instrument soit disposée plus particulièrement pour tel ou tel genre de recherches. IJn outre, lorsqu’on donne son avis sur le choix d’un microscope, on est entraîné par la préférence que l’on accorde aux instruments d’un constructeur, h recommander celui dont on a coutume de se servir. La pratique journalière avec un même instrument, nous conduit naturellement à négliger ou a nous familiariser avec des imperfections dont nous apprenons à compenser l’effet. Le meilleur microscope est celui qui fait voir, avec une faible amplification , les objets plus distinctement que d’autres appareils munis d’amplificateurs plus puissants et qui montre le plus nettement toute espèce d’objets. Lorsque le microscope n’est pas absolument mauvais , sa bonté relative est moins importante que la puissance visuelle de l’observateur. Les recherches microscopiques de

Leemvenhoeck , faites avec des instruments très imparfaits, a notre point de vue, fournissent un singulier exemple de ce que peut faire, malgré de tels obstacles, un œil pénétrant et exercé (1).

La première planche contient les appareils les plus nécessaires ou les plus usités, sans que Ton ait eu l’intention de recommander comme indispensables tous les instruments figurés. Ceci, du reste, sera démontré évidemment par les descriptions. Dans la seconde planche, on trouvera le modèle du microscope le plus fréquemment employé de nos jours.

Que cet ouvrage contribue à vulgariser l’usage d’un instrument à l’égard duquel je crois avoir depuis long-temps excité quelque intérêt parmi mes concitoyens, et j’aurai complètement atteint le but que je me suis proposé en le publiant.

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