‹ De la construction et de l'emploi du microscopeChapitre 5 sur 18 · DE LA CONSTRUCTION DU MICROSCOPE DIOPTRIQUE COMPOSÉ · texte numérisé non relu

DE LA CONSTRUCTION DU MICROSCOPE DIOPTRIQUE COMPOSÉ

Les aberrations considérables de sphéricité et de chromaticité d’une lentille simple ou d’un système de lentilles, le peu d’étendue du champ visuel , la diminution de l’éclairage , la fatigue qu’éprouve l’organe visuel , le peu de distance qui existe entre l’objet et la lentille, sont autant de défauts déjà signalés dans la précédente section et en raison desquels le microscope simple est rarement employé lorsqu’on veut se servir de forts pouvoirs grossissants ou de lentilles dont l’amplification dépasse vingt ou trente fois. Nous avons recours alors à une autre propriété qu'ont les lentilles convexes de grossir l 'irrage d’un objet.

Fig. \t\.

Par exemple, en supposant que l’objet a b soit placé derrière une lentille, des rayons divergents partiront de a et rencontreront la surface de la lentille ; ils seront réfrac-

tés en y pénétrant et en en sortant, et enfin convergeront au-devant de la lentille en A. Il en sera de même pour les rayons venus du point b ; ces rayons divergents convergeront de l’autre côté de la lentille et se réuniront en B. De tous les points intermédiaires à a et b, partiront également des pinceaux de rayons qui se réuniront entre A et B , et une image de a b se produira en A B, mais elle sera renversée.

Pour qu’une image puisse se former, l’objet ne doit pas être placé au foyer de la lentille, car alors les rayons deviennent parallèles et ne se réunissent pas de l’autre côté de la lentille. Il ne pourra non plus être situé en-deçà du foyer, parce que, dans ce cas, les rayons émergents divergeront. Nous avons déjà indiqué l’usage de celte propriété en traitant de l’amplification des corps par le microscope simple. L’objet devra donc être placé au-delà du foyer de la lentille; c’est dans ce cas seulement que les rayons convergent de l’autre côté de la lentille. (Voir fig. 7.) Si l’objet se trouve à deux fois la distance focale, l’image est exactement de la même grandeur que lui ; s’il est situé à une plus grande distance, l’image est plus petite. Mais cette disposition ne produit pas l’amplification de l’image; il nous faut donc amener l’objet entre la longueur focale simple et double, le plus près possible du foyer, afin d’obtenir une grande image. Celle-ci n’est vue distinctement que lorsqu’elle tombe en un point où se réunissent tous les pinceaux lumineux ; si les rayons peuvent s’entrecroiser, comme au-delà de A B, par exemple, l’image devient confuse. Le rapport de la grandeur de l’image à l’objet est le même que celui qui existe entre la distance qui la sépare de la lentille et celle qui sépare celle-ci de l’objet. Plus la lentille est convexe, plus l’objet doit être rapproché d’elle,

mais alors l’image se formera à une distance relative et paraîtra d’autant plus grande.

Si les rayons traversent une seule lentille convexe, l’image sera renversée; traversent-ils une seconde lentille, la nouvelle image sera redressée, et nous obtiendrons ainsi des images renversées ou des images redressées en employant une ou plusieurs lentilles. Donc, un objet renversé produit une image redressée lorsqu’elle est produite par une seule lentille.

Si nous employons une autre lentille pour amplifier l’image, nous aurons un microscope composé (microscopium composition) ; comme l’image est formée par une lentille, on le nomme aussi microscope composé dioptrique , pour le distinguer du microscope composé catadioptrique , dans lequel l’image est formée à l’aide d’un miroir concave et dont nous parlerons dans la suite.

On comprendra facilement la théorie du microscope composé, si l’on se rappelle les deux propriétés qu’ont les lentilles convexes d’amplifier un objet ainsi que son image, comme nous l’avons déjà dit. Le premier grossis-

te. 15.

sement est produit par la lentille OV, fig. 15; les rayons divergents, partis de l’objet a b, continuent leur marche de

manière que l’image amplifiée se trouve exactement au foyer de la seconde lentille OR. Cette image, vue à travers cette lentille , est amplifiée comme un objet grossi par un microscope simple. Ainsi, lorsque l’image de a b est formée en AB, on l’observe à travers la lentille OR et on la voit suivant la direction RA', OB' sous l’apparence A'B'.

La lentille OV, par laquelle est formée l’image et qui est la plus rapprochée de l’objet , prend le nom d 'objectif; la lentille OR, qui amplifie l’image et qui est située près de l’œil, se nomme X oculaire. Ces deux lentilles sont fixées aux extrémités d’un tube , et entre l’objectif et l’oculaire se trouve un verre que l’on nomme verre de champ. Le tube est fixé sur un pied qui supporte à la fois la platine et X appareil d'éclairage. Nous allons d’abord étudier attentivement ces principales parties du microscope.

A. Des parties principales du microscope composé dioptrique.

La découverte du microscope composé est attribuée à Zaeharias Joannidès ou Jansen , né en Hollande en 1590. Son microscope était composé d’un tube de cuivre, long de six pieds et d’un pouce de diamètre. Il présenta un de ces instruments à l’archiduc Charles-Albert d’Autriche ; ce prince le donna à Cornélius Drebbel, alchimiste hollandais, qui fut ensuite astronome à la cour de Jacques Ier d’Angleterre, où il apporta l’instrument en 1619, et le montra à Borelli et à quelques autres savants. Il en résulta que plusieurs personnes firent honneur de la découverte à Drebbel. Fontana revendiqua le mérite d’avoir fait cette découverte en 1618. L’usage des microscopes composés ne tarda pas à se propager considé-

rablement, et parmi les instruments que l’on employa d’abord, il faut mentionner ceux de Hooke (1656), d’Eustachius Divini (1668), de Griendel (1687), de Philippe Bonnani (1698) et de Zahn (1702). Le microscope de Hooke avait trois pouces de diamètre , sept pouces de long, et pouvait s’allonger à l’aide de quatre tubes engainés les uns dans les autres. Il était composé d’un petit objectif, d’un verre de champ et d’un puissant oculaire. Le microscope de Divini comprenait les trois mêmes parties, mais l’oculaire était composé de deux lentilles piano-convexes, ce qui augmentait le champ de vue et l’amplification, tout en diminuant l’aberration de sphéricité. L’oculaire était grand comme la paume de la main et le diamètre du tube égalait celui de la cuisse, et pourtant, avec ce colossal instrument, il ne pouvait grossir les objets plus de 143 fois. Le microscope de Bonnani , encore plus incommode, était horizontal, et on le manœuvrait au moyen d’une crémaillère et d’un pignon. L’éclairage était produit par la concentration de la flamme d’une lampe au moyen de deux lentilles. Griendel composait chaque verre de deux lentilles piano-convexes, en sorte que l’instrument en comprenait six. Zahn, entre autres, construisit un double microscope pour les deux yeux. La cause principale de l’imperfection de ces instruments et d'autres vieux microscopes, était la difficulté de construire des objectifs achromatiques, et même après que Chester More Hall (1729), guidé par l’étude de la structure de l’œil humain et peutêtre aussi suivant les idées de Gregory (1713) sur ce sujet, eut découvert le moyen d’achromatiser en combinant deux espèces de verre, il s’écoula un fort long temps avant que les lentilles de microscope fussent construites d’après ce

— tx 2 —

principe. Dollond, lai-même, qui construisit des télescopes achromatiques en 1757, n’appliqua pas l’achromatisme au microscope. Ce ne fut qu’en 1774, qu’Euler proposa d’employer des objectifs achromatiques pour le microscope, et ses idées furent réalisées d’abord, quatre ans plus tard, par Nicolas Fuss, qui construisit un objectif composé de trois lentilles, dont la première et la troisième étaient en crown-glass et la seconde enflint (1). Les essais d’Æpinus (1784), sur le même sujet, furent infructueux, et à peine pouvait-on considérer comme achromatiques les lentilles de Charles (1800-1810) (2). Les lentilles deBrewster (1812), formées de verre et de fluides de différentes densités, n’étaient pas d’une application pratique. Suivant Harting, Herman van Deyl aurait fait d’excellents objectifs achromatiques en 1807. Les microscopes achromatiques de Frauenhofer (1811 ), furent toutefois les premiers dont on fit usage pour les recherches scientifiques, car avant cette époque, cet instrument avait servi simplement de jouet ou de moyen de distraction. L’objectif de Frauenhofer consistait en une seule lentille achromatique dont les deux verres n’étaient pas collés, la convexité était tournée vers l’objet. Cette lentille ne grossissait pas beaucoup et le champ de vue était restreint; mais l’image était plus nette et mieux éclairée que par les objectifs non achromatiques. Avec Frauenhofer commença une ère nouvelle pour la construction des objectifs. Toutefois l’aberration sphérique n’était pas détruite, parce que son objec-

(1) Fuss proposa seulement la construction de ces lentilles.

(2) Ces lentilles, formées de flint et de crovvn, étaient achromatiques mais

fort mal construites, C.-C,

tif était formé d’une seule lentille, nécessairement très convexe, et, par suite, fort difficile à travailler. Selligue fit donc une découverte très importante lorsqu’il combina plusieurs lentilles plus faibles pour obtenir un fort grossissement. En 1824, Vincent et Charles-Chevalier, d’après la combinaison proposée par Selligue l’année précédente, firent un objectif composé de quatre lentilles vissées les unes sur les autres et formées chacune d’un flint piano-convexe et d’un crown bi-convexe, réunis par leurs faces correspondantes. Bien que l’aberration chromatique fût certai- * nement bien diminuée par cette disposition, l’aberration de sphéricité était augmentée lorsque la surface convexe de la lentille était tournée vers l’objet, quoique l'ouverture des lentilles fût très petite. Charles-Chevalier modifia son objectif de façon que la surface plane était tournée vers l’objet , et en réunissant les verres qui formaient chaque lentille avec la térébenthine ou le baume du Canada, il empêcha la poussière ou l’humidité de pénétrer entre les lentilles et remédia à la perte de lumière causée par les réflections répétées sur les surfaces opposées des lentilles (1). En 1824 et 1825, des lentilles achromatiques furent construites en Angleterre par Tulley, d’après les données de Goring, et par Amici, en*ïtalie (1827).

On a conservé la disposition adoptée d’abord par Selligue, et qui consiste à visser plusieurs lentilles achromatiques les unes sur les autres, en y associant les perfectionnements de Charles-Chevalier. Les avantages de cette méthode sont de corriger l’aberration d’une lentille par celle

(1) Ce fut en construisant avec précision des objectifs achromatiques à courts foyers, que Charles-Chevalier perfectionna réellement le microscope.

d’une autre, et de rendre ainsi la combinaison aplanatique; donc, l’opticien qui prépare des jeux de lentilles, devra toujours en avoir un grand assortiment pour faire son choix, de manière à associer celles qui donnent l’image la plus distincte. Comme les différentes lentilles ne sont pas d’égal foyer, lorsqu’on veut examiner un objet, on doit avoir soin d'associer les lentilles toujours dans l’ordre suivi par le constructeur. Ainsi, les lentilles de Schiek et Plôessl suivent l’ordre des chiffres dont elles sont marquées : 1, 1+2, 1+2+3, 2+3+4, 34*4+5, 4+54-6, 5+64-7, dernière et plus puissante combinaison. On ne peut pas combiner arbitrairement 2 avec 4 et 5, etc. Chevalier, Oberhauser et quelques autres, adaptent à leurs microscopes des séries déterminées d’objectifs, de pouvoirs grossissants variés, et composées de une à trois lentilles. On évite ainsi l’inconvénient de visser les lentilles l’une sur l’autre, et elles se salissent moins facilement, parce qu’il n’est pas nécessaire de les dévisser; la manière dont l’objectif complet est fixé au tube par un assemblage à baïonnette, évite la perte de temps et l’ennui de visser chaque lentille. Ces séries méritent donc d’être préférées (pl. 1, fig. 4).

Non-seulement les aberrations sont corrigées dans les objectifs modernes, mais ils se distinguent encore des anciens par l’amélioration du mode d'éclairage, parla plus grande netteté de l’imagé et le fort grossissement que l'on obtient aujourd’hui sans avoir recours aux puissants oculaires dont on faisait usage autrefois, et qui déforment toujours l’image; enfin, ces objectifs sont préférables parce qu’ils sont placés à une plus grande distance de l’objet. Plus l’amplification est puissante, plus l’objectif est rapproché de l’objet; la distance qui les sépare ne doit pas

être moindre d’un trentième de pouce, car autrement il devient très difficile de recouvrir l’objet d’une lame de verre mince, l’objectif est aisément sali ou terni par l’évaporation, et on le détériore par des nettoyages trop répétés. L’excellence de l’objectif dépend de la distance que l’on peut laisser entre lui et l’objet lorsque la mise au point est parfaite, sans qu'il en résulte aucune diminution dans le pouvoir grossissant. Afin d’augmenter cette distance et d’agrandir le champ visuel, Charles-Chevalier a construit un objectif formé de deux lentilles dont la distance est variable, mais l’objet est moins amplifié que par les objectifs ordinaires. Amici en construit de deux espèces pour l’observation des objets couverts ou non d’une lame de verre. On prétend que Brunner fait des objectifs dont la distance interlenticulaire peut être modifiée.

L’image formée par l’objectif est observée à l’aide de C oculaire et paraît conséquemment renversée. Autrefois, on n’employait comme oculaire qu’une seule lentille très puissante, afin de compenser la faiblesse de l’objectif; mais il résultait de cette disposition qu’il fallait considérablement réduire le champ de vue et que l’aberration n’était pas détruite. Aujourd’hui, dans tout bon oculaire, on introduit, entre l’objectif et le point où se forme l’image, une lentille qui porte le nom de verre de champ ; ce verre est piano-convexe , comme la lentille oculaire proprement dite, et sa face convexe regarde cette dernière. Il est deux ou trois fois aussi large, et son rayon de courbure est en général trois fois aussi grand que celui de la lentille oculaire ; cependant, on lui donne quelquefois plus ou moins de puissance. La figure suivante explique l’action du verre

de champ. L’objectif achromatique OVproduit une image

Fig. 16.

a’ b' de l’objet ab. Mais le verre de champ GV placé entre l'objectif OV et l’oculaire OR, réfracte le pinceau de rayons et l’image se forme en AB exactement au foyer de l’oculaire OR. De cette image partent des rayons divergents qui frappent l’œil ; donc on voit, avec l’oculaire OR, l’image qui paraît amplifiée sous les proportions A'B', suivant la direction AA' BB'. Bien que l’image soit réellement diminuée par le verre de champ et que AB soit plus petit que dU , elle devient plus distincte et l’on peut en embrasser à la fois une plus grande étendue ; en d’autres termes , on obtient un plus grand champ de vue. Mais l’effet qu’il importe surtout de produire avec le verre de champ, c’est de corriger les aberrations sphérique et chromatique. Cette dernière pourrait être détruite, il est vrai, par une combinaison achromatique de flint et de crown-glass, et l’aberration sphérique au moyen d’un diaphragme , mais alors le champ de vue serait considérablement diminué. Toutefois, un diaphragme est placé entre l’oculaire et le verre de

champ, afin d’intercepter les rayons extrêmes, cependant son ouverture ne devra pas être aussi petite que dans le cas précédent.

Il doit y avoir une distance déterminée entre l’oculaire et le verre de champ, de manière que l’image vienne se former exactement au foyer de l'oculaire. Ces verres sont donc assemblés dans un tube noirci à l’intérieur pour que la lumière ne se réfléchisse pas sur les parois. Ordinairement on les fixe, ils ne peuvent se mouvoir l’un vers l’autre, et la distance doit être telle que les aberrations puissent être corrigées par l’objectif. Il serait donc préférable d’employer un seul oculaire avec un objectif donné ; quand l’observateur s’est familiarisé avec son microscope, il reconnaît bien vite qu’une combinaison est meilleure qu’une autre, ou bien que l’image la plus distincte ne peut être obtenue que par l’association de tel oculaire avec tel objectif. Mais, le plus fréquemment, on emploie le même oculaire avec plusieurs objectifs, et cela est permis quand il n’y a pas une grande différence entre les aberrations des objectifs. C’est ce qui a conduit Amici à construire des oculaires disposés de manière que l’oculaire puisse être rapproché ou éloigné du verre de champ, disposition favorable surtout lorsqu’on allonge ou que l’on raccourcit le tube du microscope pour obtenir une amplification plus grande ou moindre, modification dont nous allons bientôt nous occuper.

On connaît deux espèces d’oculaires : celui de Campani, décrit ci-dessus et dans lequel l’image est formée entre l’oculaire et le verre de champ , et celui de Ramsden avec lequel l’image se trouve au-devant du verre de champ ; mais, autant que je puis le savoir, ce dernier, appliqué

à certains télescopes astronomiques, n’a pas encore été employé pour les microscopes.

Les oculaires ont des grossissements variables ; les plus puissants sont disposés dans les tubes les plus courts. Les microscopes de Plôessl et de Schiek ont quatre ou cinq oculaires, et, dans ce nombre, une lentille aplanatique qui fait voir l’objet plus lumineux et plus distinct, et dont on fait surtout usage pour étudier les objets opaques ; mais ce verre donne un plus petit champ de vue et grossit moins. Les microscopes de Chevalier ont ordinairement moins d’objectifs; en général, il suffit d’en avoir deux, un plus faible et l’autre plus fort. Le tube dans lequel sont fixées les lentilles doit être cylindrique et entrer facilement dans le tube du microscope, afin d’éviter la perte de temps que nécessiterait un ajustage à vis. Avec les objectifs coniques, ainsi que les construit Oberhauser, les lentilles peuvent se décentrer aisément , parce qu’elles ne sont pas fixées solidement dans le tube du microscope. Pour que l’image soit satisfaisante, le centrage de toutes les lentilles est indispensable , c’est-à-dire que les axes de toutes les lentilles qui composent le microscope doivent se trouver sur la même ligne droite.

On fixe souvent des fils déliés d’araignée ou de ver-àsoie dans l’ouverture du diaphragme, où ils servent en partie à mesurer les objets, en partie à les désigner à l’observateur le moins exercé, qui les découvre plus aisément lorsqu’ils sont placés près d’un des fils.

On peut adapter un disque de carton à l’oculaire, surtout lorsqu’on se sert du microscope horizontal, afin d’exclure toute autre lumière que celle qui tombe sur l’objet ; l’image paraît plus brillante lorsqu’un plus grand

nombre de rayons lumineux pénètrent dans l’œil par la pupille dilatée et quand on fatigue moins l’autre œil en le tenant ouvert ou en regardant en face du jour. Charles- Chevalier a encore adapté à l’oculaire un petit tube garni d’un prisme dont la base est tournée vers les parois du tube. Ce prisme a pour effet de rétablir dans sa véritable position l’image qui, autrement, est renversée ; par exemple , lorsqu’on fait mouvoir l’objet de droite à gauche, l'image suit une direction inverse, et cela peut embarrasser le commençant. Cette pièce deviendra inutile lorsque l’observateur se sera habitué à voir l’image suivre une direction opposée à celle de l’objet.

L’objectif et l’oculaire sont ajustés sur le tube du microscope de la manière que nous avons déjà indiquée. Le tube est un cylindre creux de métal, noirci à l’intérieur comme l’oculaire et pour la même raison ; il est également muni d’un diaphragme destiné à exclure les rayons les plus éloignés du centre. La longueur du tube doit être prise en considération , car nous avons déjà vu que plus l’objet peut être rapproché de la lentille, plus l’image est éloignée, mais aussi plus elle est grande. Donc, si l’on fait le tube plus long, l’image se formera en un point plus éloigné, et les rayons continueront à diverger ; en d’autres termes , l’image devient plus grande en même temps que l’objet se rapproche de l’objectif. Mais ce que l’on gagne en amplification, on le perd aisément en netteté, et, en outre, on ne peut voir qu’une petite portion de l’image. D’un autre côté, si le tube est plus court, on doit faire usage d’un oculaire plus fort afin d’obtenir un grossissement égal. On donnera donc de justes proportions à la longueur du tube, pour qu’il ne soit pas nécessaire d’employer un oculaire trop

puissant avec un tube trop court, car, dans ce cas, l’image est toujours déformée par l’effet, d’une plus forte aberration. D’un autre côté, il faut éviter de diminuer la netteté de l'image, de rendre l’éclairage imparfait et de rétrécir par trop le champ de vue en employant un tube trop long. Ajoutons que ce dernier rend le microscope incommode, surtout lorsqu’on s’en sert dans la position verticale. Quand le tube est très long, il est bon qu’il soit divisé en deux ou un plus grand nombre de pièces, glissant les unes dans les autres au moyen d’une crémaillère à pignon , de manière que le centrage des lentilles ne soit pas altéré. Au surplus, on peut allonger le tube, soit en faisant mouvoir la partie qui porte l’oculaire, soit celle qui reçoit l’objectif ; c’est cette dernière disposition que, d’après mon indication , Charles-Chevalier a adoptée pour ses plus grands microscopes.

Selligue fut le premier à se servir d’un procédé propre à augmenter l’amplification sans qu’il fût besoin d’allonger le tube. Il plaça , entre l’oculaire et l’objectif, une lentille concave qui faisait diverger les rayons partis de l’image avant qu’ils fussent repris par l’oculaire. Plus tard, Frauenliofer la remplaça par une lentille concave achromatique. Cette disposition a l’avantage de permettre que l’on place l’objet à une plus grande distance de l’objectif ; mais comme l’image devient moins nette par suite du surcroît d’aberration, on a presque entièrement abandonné ce moyen.

La description du microscope pancratique, dont le grossissement est modifié par l’allongement du tube, se place naturellement ici. Cet instrument fut d’abord construit par Chevalier (1841), d’après les indications de Fischer de Moscou. L’image formée par l’objectif est examinée à tra-

vers un microscope composé (c’est-à-dire un tube muni d’un objectif et d’un oculaire), qui se meut à frottement dans le tube de l’objectif ; en allongeant le tube, on augmente le grossissement. Avec ce microscope, l’image paraît dans la même position que l’objet, au lieu d’être renversée. Merz (1843), successeur de Frauenhofer à Munich, a remplacé l’objectif intérieur par une lentille concave achromatique, qui permet de raccourcir le microscope, mais qui renverse l’image ; le même constructeur a donné à l’oculaire un mouvement indépendant.

Le tube du microscope, l’objectif et l’oculaire, constituent l’appareil optique proprement dit. Dans le but de donner de la régularité et de la précision à tous les mouvements, on a filé le tube sur une base qui supporte la platine et l’appareil d’éclairage dont nous nous occuperons particulièrement. La base doit être lourde et solide, afin qu’elle demeure immobile ; il faut qu’elle soit d’une construction peu compliquée. Elle est formée d’un pied et d’une colonne qui porte l’appareil décrit plus haut. Dans beaucoup de microscopes, la boîte qui renferme l’instrument sert de pied , et la colonne se visse sur sa paroi supérieure ; mais, dans ce cas, cette paroi ne doit pas former le couvercle de la boite, parce qu’il est nécessaire d’ouvrir cette dernière pour y chercher les objets dont on peut, avoir besoin dans le cours d’une observation. Quand la colonne est fixée de cette manière, le microscope est certainement bien stable ; mais comme il repose sur une large surface, on trouvera souvent difficile de placer la boîte tout-à-fait horizontalement, ainsi que nous en démontrerons la nécessité pendant l’observation. La colonne de quelques au~ très microscopes est assujettie sur un disque ou sur un cy-

lindre lourd et élevé ( Oberhauser ) ; mais, dans ce cas encore, on trouve le même inconvénient par rapport à l’horizontalité. La meilleure disposition consiste à placer la colonne sur un trépied que l’on renferme avec le microscope; car, bien que la stabilité soit peut-être moins grande, il est plus facile d’obtenir l’horizontalité , surtout quand des vis calantes sont convenablement disposées aux angles du trépied .

Sur la base est fixée une colonne ronde ou prismatique. Sa hauteur et les ajustements dépendent en partie de la position que l’on donne au microscope. Si l’on adopte la position verticale, de manière à regarder l’objet de haut en bas, la colonne ne devra pas être trop haute, parce que le microscope devient d’un maniement incommode quand il est placé sur une table ordinaire. Lorsque, au contraire, on observe horizontalement , la hauteur est de peu d’importance , car nous verrons qu’il est plus commode pour dessiner l’objet, que la distance de l’oculaire à la table qui supporte le microscope soit exactement égale à celle de la vision distincte. En général, la colonne peut porter en son milieu une articulation qui permettra de changer la position verticale du tube en position horizontale ou oblique. La platine sur laquelle on place l’objet se meut avec le tube, et l’on observe à la lumière directe , ou bien cette platine reste immobile, et alors le tube du microscope doit être brisé et l’on place un prisme dans le coude pour changer la direction des rayons lumineux; dans ce cas, le prisme sera placé le plus près possible de l’objectif, afin que la réflection s’opère le plus promptement possible avant que les rayons n’atteignent l’oculaire.

Le tube du microscope est assemblé avec le support, de

telle manière qu’il peut se mouvoir sur ce dernier ou demeurer immobile ; il se meut à frottement dans un autre tube, mais ce procédé est imparfait, parce que la résistance occasionnée par le frottement peut devenir trop forte lorsque le tube s’encrasse, ou trop faible lorsqu’il vient à s’user. 11 vaut donc mieux que le tube soit mu par unecrémaillère et un pignon, et, dans ce cas, la crémaillère est placée à la partie postérieure de la colonne dans laquelle le pignon est ajusté avec soin. Quelquefois la colonne en supporte une plus petite qui reçoit le mécanisme, ou bien encore, le mouvement rapide est produit par la crémaillère, et l’on imprime un mouvement lent à l’aide d’une vis particulière. Cette vis , à pas fin , devient , au surplus , presque inutile dès que l’on a acquis l’habitude de se servir du pignon , mais celui-ci doit être bien exécuté et ajusté de façon qu’il ne se relâche ni ne se resserre et qu’il marche toujours bien verticalement sans vaciller d’un côté ou d’autre. Si le tube du microscope reste fixe, la platine devra se mouvoir le long de la colonne par le même moyen qui produit le mouvement dans l’autre disposition. Le pied et la crémaillère sont construits en laiton et en acier ; ce dernier métal se rouille aisément, ce qui nuit à l’ajustage; une crémaillère de laiton est donc peutêtre préférable, bien que les dents s’usent plus promptement.

Parmi les dispositions particulières des microscopes de différentes formes, nous mentionnerons ici le mouvement rotatoire du tube ( Amici et Oberhauser ) ; la séparation du support et de la platine, qui se trouve ainsi isolée pour faciliter la préparation des objets (Oberhauser) ; la rotation horizontale du tube (Charles-Chevalier), qui permet de faire

voir l’objet à un second observateur assis de l’autre côté de la table sur laquelle se trouve le microscope. Dans les microscopes de Chevalier, le tube peut être retourné de manière que l’objectif soit placé horizontalement , disposition avantageuse lorsqu’on veut changer de lentilles. Dans son plus petit modèle , on fait pivoter le tube et la platine, en sorte que cette dernière se trouve placée au-dessus de l’objectif et que l’on regarde l’objet de bas en haut. Cetfe position peut être utilisée lorsqu’on a recours aux agents chimiques susceptibles de salir ou d’altérer l’objectif, ou bien quand on veut chauffer la platine, parce que les vapeurs dégagées des corps terniraient les lentilles ; la lame de verre sur laquelle l’objet est placé, dans ce cas, ne devra pas être trop épaisse pour les plus forts grossissements. Nous ne nous arrêterons pas plus long-temps à la description du support, parce qu’il est bien plus facile de se former une idée de la structure des différents microscopes en les voyant une seule fois, qu’en étudiant une description minutieuse et fatigante. Une telle description est d’ailleurs peu utile sous le rapport pratique, car la disposition mécanique de l’instrument est moins importante que la perfection des lentilles et la facilité dont l’observateur est doué pour le maniement de son appareil.

La platine sert à supporter et à fixer l’objet que l’on examine. Elle est formée d’une plaque de laiton percée en son centre d’une ouverture qui correspond au centre de l’objectif et ne doit pas être trop petite puisqu’elle donne passage à la lumière qui vient d’en bas. Elle sera assez solide et assez large (de deux à trois pouces (1) de large, sur

quatre pouces (1) de long) pour qu’on puisse y faire des préparations. Sa surface sera tout-à-fait plane, noircie et dépolie, afin que la lumière ne soit pas réfléchie sur l’objectif. 11 est avantageux de la doubler d’une lame de verre noir dépoli, dans le but d’éviter l’action de l’humidité, des acides, etc., sur la plaque métallique. 11 est bon d’adapter à la platine quelques tenons pour maintenir la lame sur laquelle l’objet est placé; on emploie souvent à cet usage un ressort en hélice placé sous la platine, mais il est préférable de se servir de tenons que l’on peut enlever à volonté. On pratique souvent aussi dans la platine une ouverture dans laquelle on fixe un miroir réflecteur pour éclairer l’objet par dessus.

La structure de la platine varie autant que celle du support. Un observateur habile se contentera d’une simple plaque ; mais pour celui qui est moins familiarisé avec l’instrument, il vaut mieux que les mouvements nécessaires à l’examen de l’objet, quand on veut l’avancer ou le reculer sous l’objectif, soient réglés avec la plus grande précision. En conséquence, on a construit la platine de telle manière qu’elle puisse pivoter sur son axe (Oberhauser), afin que l’objet reçoive l’éclairage de tous côtés; ou bien on l’a formée de deux plaques superposées dont les mouvements sont produits par deux vis, l’une qui entraîne la plaque en avant et en arrière, l’autre qui la fait glisser latéralement. Quand les deux vis agissent simultanément, la plaque et l’objet quelle supporte suivent une direction diagonale. Comme les dpux mains sont nécessaires à cette manœuvre, Turrell a ingénieusement placé les deux vis sur le côté de

la platine; Taxe de l’une est creusé pour recevoir l’autre; il en résulte que la platine peut être mue par une seule main en avant, en arrière, latéralement et diagonalement quand on tourne les deux vis à la fois. Cette platine mérite d’être recommandée (pl. 1, fig 6).

La platine est fixée au support invariablement ou de manière à être mise en mouvement au moyen d’un pignon semblable à celui que l’on adapte au tube du microscope. Quelques personnes préfèrent la platine immobile, parce qu’elle est plus solide lorsqu’on veut y faire des préparations et moins sujette à se déplacer quand on mesure des corps. La première raison a peu d’importance, parce qu’on ne fait jamais, sous le microscope, les préparations grossières des grands objets ; mais la seconde milite en faveur de la platine immobile employée avec le micromètre à vis. Il n’est pas nécessaire, non plus, de modifier l’éclairage pour être sûr que l’objet se trouve toujours placé dans une section convenable du cône des rayons réfléchis par le miroir. D’un autre côté, lorsque la partie optique du microscope est mobile, l’œil ne peut être maintenu dans une aussi parfaite stabilité, car il doit constamment suivre le mouvement de l’oculaire ; bien plus, si la crémaillère et le pignon ne sont pas bien exécutés, le tube s’incline facilement sur le côté'ou dévie de sa position verticale, et, par suite, l’observation est troublée. Quand la platine est solide et fixée avec soin et d’une manière invariable au support, lorsque les crémaillères et les pignons sont faits avec précision et jouent sans soubresauts, il paraît tout-à-fait indifférent que ce soit la platine ou le tube du microscope qui soit mis en mouvement. En supposant que l’instrument soit construit avec soin, il est utile que les deux

parties puissent être mues par une crémaillère ou par une vis plus fine. L’observateur s’accoutume bientôt à se servir exclusivement de l’un ou de l’autre système.

Si nous récapitulons tous les mouvements appliqués au tube du microscope et à la platine, nous trouverons les suivants : — la mise au point de la platine à l’aide de la crémaillère et de la vis fine ; le même mouvement du tube entier ; celui de l’objectif seul ou de l’oculaire, en y joignant l’allongement du tube.

Nous arrivons maintenant à la dernière des parties essentielles du microscope, c’est-à-dire à V appareil éclairant. Lors même que l’on emploie de faibles pouvoirs amplificateurs, cet appareil est indispensable en raison du peu de clarté de l’image microscopique ; il devient encore plus nécessaire quand on fait usage d’un grossissement plus considérable. On ne peut se dispenser d’avoir recours à un appareil éclairant particulier, que dans le cas où l’on se sert de très faibles grossissements ou lorsqu’on oppose directement l’objectif à la lumière. Mais on ne peut appliquer ce procédé qu'aux corps solides qui devront être fixés sur la platine verticale au moyen d’un tenon ; les objets placés dans un fluide, tomberaient dans le point le plus déclive et sortiraient du champ de vue. En général , on ne dirige jamais l’objectif vers la lumière, si ce n’est en se servant des petits microscopes à main et à faible grossissement, ou bien quand l’objet est collé sur l’objectif, comme il arrive pour les lentilles déjà mentionnées.

Les objets transparents et opaques exigent un éclairage différent. Pour les objets opaques, les rayons lumineux sont dirigés sur l’objet comme d’habitude, mais leur nombre et leur intensité doivent être augmentés ; on éclaire

les objets transparents, au contraire, en dirigeant les rayons lumineux réfléchis par un miroir placé sous la platine, de manière qu’ils traversent ces objets. De là naît la différence entre l’éclairage par la lumière réfléchie et l’éclairage par la lumière transmise.

Pour les objets opaques, la lumière ordinaire, ainsi que nous l’avons déjà dit, peut être employée avec de faibles grossissements. On augmentera son intensité, pour de plus puissantes amplifications, en concentrant les rayons de lumière au moyen d’une grande lentille ou d’un prisme (Selligue), pour les diriger sur l’objet. La lentille bi-convexe ou piano-convexe doit être grande afin qu’elle puisse concentrer un grand nombre de rayons ; le prisme est triangulaire à faces planes ou courbes. On les fixe à la platine soit au moyen d’une tige qui les supporte, soit, ce qui est préférable, sur un support isolé à base lourde, le long duquel ils se meuvent dans toutes les directions requises. De cette manière, on obtient des rayons lumineux réfractés; mais l’objet, qui devra reposer sur une lame opaque, ne pourra être éclairé que d’un côté, particulièrement de celui d’où vient la lumière, et il sera impossible d’employer un fort grossissement. Il vaut mieux éclairer les corps opaques avec un miroir de Lieberkuhn. C’est un miroir plus ou moins concave, de verre ou de métal, au centre duquel est placé l’objectif. Sous la platine, percée, dans ce cas, d’une large ouverture, est un miroir concave ( le miroir réflecteur dont nous nous occuperons plus spécialement dans la suite), qui réfléchit les rayons sur le miroir de Lieberkuhn, d’où ils sont renvoyés sur l’objet placé sur une lame de verre afin que la marche des rayons réfléchis par le miroir ne soit pas interrompue. De

cette manière, l’objet est également éclairé de tous côtés et l’on peut en même temps se servir d’un haut pouvoir amplificateur, lorsque le miroir n’est pas trop grand ou trop concave. En conséquence, il est préférable déplacer l’objectif près du centre de courbure et non pas exactement à la périphérie du miroir, comme on le fait habituellement (pl. 1, fig. 7).

Un miroir situé sous la platine sert à éclairer les objets transparents . On le fixera de préférence au support, de façon qu’il puisse glisser de haut en bas et réciproquement; on peut parfois le disposer de manière qu’il se déplace avec la platine , et il doit se mouvoir librement dans toutes les directions. On l’assujettira donc dans une bague, comme une lampe de Cardan ; bien que sa largeur soit variable, il vaut mieux qu’il soit trop grand que trop petit (trois ou quatre pouces de diamètre (1) . Il est habituellement de forme ronde. Goring se sert de miroirs elliptiques et obtient ainsi des pinceaux de lumière cylindriques. Ces miroirs sont ordinairement doubles et portent un verre concave d’un côté et un verre plan de l’autre. On fait usage du second lorsque la lumière est très forte; il suffit pour de faibles grossissements. Dans certains cas, on substitue une plaque noire au miroir plan , afin d’obtenir un champ obscur pour observer les corps opaques. Le miroir est dirigé vers la lumière et réfléchit les rayons sur l’objet; mais cette lumière est parfois trop forte et les objets très transparents seraient invisibles. On a donc imaginé divers moyens de diminuer la lumière. Ainsi, on peut placer sur le miroir réflecteur, des anneaux plus ou moins larges de carton

mince et noirci, de manière à diminuer à la fois la surface du miroir et la quantité des rayons lumineux. Ce moyen est incommode et n’est plus employé. On préfère aujourd’hui placer sous la platine, un diaphragme mobile percé de quatre ou cinq ouvertures dont le diamètre dépend en partie de leur éloignement de la platine. La distance du diaphragme à la platine est une condition essentielle de cette disposition ; car si le premier est plus éloigné de la seconde, si la lumière traverse une large ouverture , une lumière plus faible, mais plus également répartie, tombera sur l’objet, tandis que si l’ouverture est au contraire plus petite mais plus rapprochée de la platine, là lumière qui frappera l’objet sera moins étendue mais plus intense. La dernière disposition est préférable avec les forts grossissements, lorsqu’on veut concentrer toute la masse de lumière sur un seul point. Quand la lumière est répartie sur une plus grande surface, on peut, avec une plus faible amplification, rendre visible une plus grande portion d’un objet. Comme il est plus facile de diminuer la lumière que de l’augmenter, le diaphragme devra être placé le plus près possible de la platine (pi. 1 , fig. 8) . Oberhauser construit des diaphragmes détachés, formés d’un petit cylindre ou d’une plaque percée d’une très fine ouverture qui ne donne passage qu’à un pinceau de rayons très délié mais très intense. Ce diaphragme est ajusté de manière que l’ouverture est appliquée immédiatement au-dessous de la lame de verre qui porte l’objet et correspond au centre de l’objectif. Le mécanisme qui sert à ajuster ce diaphragme n’est pas d’un emploi commode, parce que chaque fois qu’on veut changer d’ouverture, il faut déplacer l’objet et, par conséquent, troubler l’observation. 11 est donc préféra-

ble de se servir du disque mobile à ouvertures variables, et place, comme nous l’avons déjà dit, le plus près possible de la platine. On ajuste parfois un verre coloré dans une des ouvertures.

Lorsqu’on veut augmenter la lumière réfléchie par le miroir, on emploie des lentilles disposées sous la platine et qui concentrent la lumière sur l’objet. Pour atteindre ce but, Brewster (1820) se servait de quatre lentilles réfractant chacune un pinceau de lumière sur l’objet. Il était ainsi éclairé de quatre côtés, et l’on pouvait à volonté supprimer les lentilles. Wollaston (1829) adapta, sous la platine, une lentille piano-convexe dont le côté plan était tourné vers l’objet; elle concentrait la lumière réfléchie par un miroir plan et la réfractait sur l’objet. En 1831, Brewster modifia cet appareil de façon que la lumière concentrée par une lentille bi-convexe périscopique, vînt tomber sur un miroir plan d’où elle était réfléchie sur un système de lentilles composé de deux verres semblables qui la réfractaient enfin sur l’objet. Outre un appareil éclairant construit par Goring, nous en mentionnerons un imagine par Dujardin (1838). 11 est composé de trois lentilles achromatiques assemblées dans un tube placé sous la platine. Les rayons de lumière parallèles venant d’un prisme ou d’un miroir plan, sont concentrés graduellement par des lentilles dont la plus forte se trouve immédiatement sous l’objet situé à son foyer. Si la lumière est trop forte, un écran percé d’ouvertures de différentes grandeurs est placé devant le prisme (pl. 1, fig. 9). Oberhauser a ajouté à l’appareil de Dujardin des diaphragmes à ouvertures très étroites. Merz (1843) a également construit un appareil d’éclairage composé de deux lentilles fixées dans un tube

et dirigées vers un prisme qui leur fournit la lumière.

Tous ces appareils sont construits sur ce principe, que l’objet est suffisamment éclairé alors seulement qu’il se trouve au foyer des rayons de lumière fournis par le prisme ou par les lentilles. Mais, bien que ce principe soit théoriquement exact, on reconnaît qu’il est inutile dans la pratique, et que pour les microscopes de construction moderne, on obtient assez de lumière sans cet appareil et sans que l’objet se trouve précisément au foyer des rayons lumineux ; on peut donc, suivant ma manière de voir, se dispenser de l'usage de ce genre d’appareil. 11 faut aussi tenir compte de l’inconvénient qu’entraîne dans ce cas l’emploi d’un objectif d’une certaine épaisseur quand les lentilles sont fixées à demeure sous la platine ; enfin, il est assez compliqué et exige une certaine pratique de la part de l’opérateur. Le moyen le plus simple d’appliquer une lentille condensatrice , est celui qu’Amici adapte à ses microscopes ; il consiste à employer une lentille piano-convexe qui glisse sur une tige, reçoit la lumière réfléchie par le miroir et la renvoie sur l’objet ; cette disposition nécessite l’addition d’un diaphragme. On peut encore augmenter l’intensité de la lumière à l’aide de la lentille et du prisme de Selligue , dont nous avons déjà parlé et qui renvoient les rayons sur le miroir réflecteur. Nobert a fait usage d’une lentille de un tiers de pouce de foyer (1), placée sous la platine au foyer d’un réflecteur concave, afin d’éclairer l’objet par des rayons parallèles qu’il considère comme préférables aux rayons convergents. Reade dirige les rayons lumineux obliquement sur l’objet.,

(1) 9,nun023.

de façon que la lumière ne soit pas transmise ; il en résulte que l’objet se dessine sur un fond obscur, parce que le reste du champ de vue n’est pas éclaire ; mais ce moyen ji’est applicable qu’avec de faibles grossissements et lorsqu'il y a un grand intervalle entre l’objet et l’objectif. Au surplus, il n’est pas nécessaire d’employer ces différentes formes d’appareils éclairants.

B. — Des parties secondaires du microscope.

L’examen microscopique des substances organiques étant fondé sur une étude anatomique préalable, il est naturel que la partie de l’appareil nécessaire aux recherches anatomiques, puisse servir en même temps aux observations microscopiques. Les procédés de recherche varient toutefois ; il faut donc que l’appareil ordinaire de dissection soit quelque peu modifié. Ajoutons qu’il y a certains accessoires qui sont commandés par la construction générale du microscope, et d’autres enfin que l’on emploie à des recherches spéciales ou à des procédés particuliers de recherche. Nous parlerons de l’appareil à mesurer et à dessiner les objets lorsque nous traiterons de l’usage du microscope.

Parmi les accessoires ordinaires du microscope à dissections, nous mentionnerons seulement les suivants : — Des presselles plus ou moins fines; une presselle qui se ferme d’elle-même et maintient l’objet immobile sous l’objectif lorsqu’on le place sur la platine ; des scalpels de formes et de dimensions variées, tel que le scalpel à double lame de Valentin, destiné à couper des tranches minces d’égale épaisseur. Ce scalpel est formé de deux lames aplaties,

coupant des deux cotés, et qu’à l’aide d’une vis ou d’un coulant, on maintient parallèles et à des distances différentes, suivant l’épaisseur que l’on veut donner à la tranche (pl. 1, fîg. 10). Le microtome d’Oschatz sert aussi à couper des tranches minces ; il consiste essentiellement en une lame horizontale à laquelle un mécanisme particulier et compliqué imprime un mouvement de scie très rapide. L’objet est disposé devant cette lame dans une case que l’op place à diverses hauteurs au moyen d’une vis micrométrique. On peut déterminer à l’avance l’épaisseur des lames qui sont bien uniformes et d’une finesse extrême. Cet instrument est encore construit de manière que la tranche puisse être coupée sous l’eau. Ajoutons aux accessoires, des aiguilles droites et courbées, fixées dans des manches plats afin qu’elles ne roulent pas quand on les pose sur une table ; des aiguilles 'à cataracte , des plumes taillées en pointe, des ciseaux à lames étroites; le microtome de Strauss-Durckheim , consistant en ciseaux terminés par deux lames aiguës ; de petits syphons ou des entonnoirs destinés d’une part à tirer d’un verre des petits corps, tels que des infusoires , de l’autre, à ajouter une goutte de fluide à une préparation ; des lames de cire et de liège sur lesquelles on fixe les corps pendant qu’on les prépare; on se procurera des lames de liège doublées en dessous de zinc ou de plomb , pour les empêcher de se gondoler sous l’influence de l’humidité et les faire tomber au fond des récipients lorsque la préparation est faite sous l’eau ; des vases de verre variés , des meules , des scies , des limes et des ciseaux pour préparer les corps durs (par exemple les dents); des pinceaux de poils de chameau, un chalumeau, une seringue, un appareil à injections , etc.

Il est bon de s’habituer à employer le moins d’instruments possible.

Quelle que soit la construction du microscope, des lames de verre sont indispensables. Les objets que l’on veut examiner par transparence sont étendus à leur surface. Leur forme et leur grandeur dépendront de la grandeur et de la forme de la platine. Le verre qui sert à les former doit être plan, incolore, sans aucune teinte rouge, verte ou bleue, exempt de stries ou de bulles, et débarrassé de toute trace + d’oxyde rouge de fer employé à polir le verre et que l’on rencontre souvent en soumettant la plaque au microscope, ce qui donne lieu à des erreurs ; il faut donc examiner avec soin les lames de verre avant de s’en servir. On leur donne environ un douzième de pouce d’épaisseur ; trop minces, elles se cassent aisément quand on les nettoie ou qu’ elles viennent à tomber. Des verres concaves, tels que de petits verres de montre, peuvent servir à l’étude d’un objet qui nage dans une assez grande quantité de liquide. On renferme aussi des animaux vivants dans de petits tubes cylindriques ; mais de petites auges, imperméables à l’eau et formées de lames planes de verre , conviennent mieux à cet usage. Des anneaux de verre sont aussi utiles dans les mêmes cas ; on détache ces anneaux d’un tube et on les fixe avec du mastic sur une lame de verre, ou bien encore on réunit dans un anneau métallique deux verres, l’un plan, l’autre concave, ou deux verres de montre , dans le cas, par exemple, où l’on veut y renfermer un animal vivant, etc. Chacun construit ces accessoires de la façon qui convient le mieux à ses besoins. On s’est encore servi de verres noirs pour étudier les corps opaques ; alors la nature de la matière est de peu d’importance ; de petites

lames de bois peintes en noir conviennent parfaitement à cet usage. Les lames de verre minces servent à recouvrir les objets soumis à l’étude; on préfère celles qui sont carrées, d’environ un demi-pouce de diamètre (1), parce quon les saisit avec plus de facilité et qu’on les pose plus aisément sur les corps que les rondes. Elles ne doivent pas être trop minces, car elles se briseraient trop facilement lorsqu’on les essuie; d’un autre côté, on ne leur donnera pas ^ assez d’épaisseur pour qu’elles compriment l’objet trop fortement ou qu’elles empêchent l’objectif de s’en rapprocher et, par conséquent, de se placer au foyer. Pour tout le reste, ce que l’on a déjà dit des grandes lames de verre est applicable aux autres. Les lames de mica ne sont pas aussi bonnes, à cause des rayures et de leur fragilité , cependant on peut les employer dans certains cas.

Parmi les divers appareils, noûs mentionnerons d’abord le compr essor inm , que nous trouverons nécessaire à l’étude de plusieurs objets qui exigent une compression préalable. Soumises à l’action de cet instrument, les différentes parties sont étalées sur une plus grande surface, éloignées les unes des autres, maintenues et amenées dans un seul et même plan. Ce but est atteint, en partie, par la superposition d’une lame mince agissant en raison de son propre poids. Afin d’augmenter la pression, parliculièrement sur les corps élastiques ou plus durs que l’on veut écraser, et dans le but d’agir plus uniformément, on a construit un appareil spécial, mis d’abord en usage par Purkinge en 183*4. Son compresseur est composé d’un disque de cuivre portant en son centre une lame plane de verre ordinaire.

Un anneau de cuivre garni d’un verre plus mince est vissé perpendiculairement sur l’objet qu’il peut comprimer avec plus ou moins de force. Pour y placer l’objet, on tourne l’anneau en dehors au-delà du bord de la plaque de cuivre, puis on la referme au moyen d’un crochet et d’une goupille, etc. Bien que Purkinge et d’autres observateurs se servent de cet instrument dans toutes leurs recherches, il paraît trop compliqué et trop lourd. Le verre qui produit la pression doit être assez épais, on ne peut donc employer un objectif à court foyer ; si ce verre est trop mince, il se casse aisément et ne peut être remplacé aussi promptement que dans le compresseur de Schiek (pl. 1, fig. 11). Celui-ci est formé d’une plaque de cuivre carrée portant en son centre une lame de verre sur laquelle appuie une lame mince fixée dans un anneau métallique mobile dans la fourche d’un lévier articulé au milieu de la plaque de cuivre. En tournant une vis, l’autre extrémité de la vis est soulevée et l’anneau de cuivre s’abaisse ; mais comme il n’est mobile qu’en un sens, la pression n’est pas aussi uniforme qu’avec le compressorium de Purkinge, où elle s’exerce tout-à-fait perpendiculairement. L’objet est donc sujet à s’échapper lorsqu’il est élastique. Oberhauser, Pacini, Amici et Wallach ont fait subir quelques modifications de peu d’importance au compressorium de Schiek. Afin que l’objet se roule sur lui-même et se plie lorsqu’on opère sur une membrane, Mandl a ajouté une vis sur un côté du compressorium de Schiek; en tournant la vis, la plaque supérieure est abaissée sur l’objet et produit son effet. Quatrefages a adapté quatre petites tiges à la face supérieure du compressorium, afin qu’on puisse le placer horizontalement quand on le retourne pour examiner l’ob-

jet sur son autre face. Dujardin a aussi modifié quelque peu cet instrument pour le rendre apte à servir avec son appareil éclairant.

Le compressorium doit être construit avec tout le soin nécessaire pour que les deux lames de verre soient toujours parallèles entre elles, parce que, autrement, la pression ne serait pas uniforme. Si les glaces sont rayées par l’usage, il faut les changer. Quand on se servira du compressorium, ôn évitera d’employer trop de force, de crainte que le verre le plus mince ne soit brisé et la préparation détruite; c’est ce qui arrive surtout avec des substances très dures, ou lorsqu’un grain de sable est mêlé à un objet mou. Au surplus, le compressorium est employé bien moins communément aujourd’hui qu’à l’époque où Purkinge l’introduisit dans la pratique, et, en définitive, on peut fort bien s’en passer. On s’en sert aussi bien pour écraser des corps durs que pour faire voir un objet que l’on veut maintenir solidement et dans l’immobilité ; mais, dans ce cas même, on peut y suppléer en plaçant de petites boules de cire entre les verres, afin de modérer la pression. Avec quelque pratique, on apprend bien vite à estimer le degré de pression qu’un objet exige ou peut supporter, et on la produit facilement en appuyant sur la lame supérieure avec une aiguille ou la pointe d’un canif.

Certains corps, tels que la tourmaline et le spath d’Jslande sont doués de la double réfraction. Cette propriété du spath d’Islande fut découverte par Bartholin en 1669. Après la découverte que Malus fit, en 1810, de la polarisation de la lumière par ces corps, Talbot fut le premier à appliquer la lumière polarisée au microscope, et Brewster l’employa ensuite. Si l’on fait usage d’une seule len-

tille, on la couvre d’une lame de tourmaline transparente, ou bien on la compose de deux verres piano-convexes entre lesquels la plaque de tourmaline est collée avec du baume de Canada. Une seconde lame de tourmaline est placée sous la platine ou dans une des ouvertures du diaphragme. Ces tourmalines sont disposées l’une par rapport à l’autre, de manière que la lumière du miroir réflecteur soit polarisée, c’est-à-dire ne puisse pas être transmise en raison de la réfraction particulière ; mais le champ de vue paraît noir. Si l’on place alors un objet sur la platine, il dépolarise la lumière et paraît vivement coloré sur un champ opaque. On polarise encore la lumière, pour le microscope composé, en plaçant une lame de tourmaline sous la platine et l’autre sur l’oculaire ; mais comme les plaques de tourmaline sont toujours un peu colorées et opaques, Nicol, le premier, leur substitua deux prismes de spath d’Islande qu’il disposa de la manière que nous avons indiquée. Toutefois, par ce moyen, le champ de vue était considérablement rétréci ; en conséquence , Charles-Chevalier introduisit un des prismes dans le tube du microscope, entre l’oculaire et l’objectif , immédiatement au-dessus de ce dernier; tandis que l’autre prisme, disposé comme d’habitude sous la platine, était mobile et pouvait tourner jusqu'à ce que le champ de vue devînt obscur. L’objet placé sur la platine dépolarise la lumière, ainsi qu’on l’a dit. On peut encore polariser la lumière avec des lames de verre qui demandent à être ajustées d’une manière spéciale.

Je dois faire remarquer que bien que j’aie beaucoup travaillé avec les prismes de Nicol, je n’ai pas trouvé les appareils polarisateurs, quels qu’ils soient, dignes des applications étendues qu’en ont fait divers observateurs. Ils ne

sont propres qu’à l’observation de certains objets, comme, par exemple, les cristaux, la structure des globules d’amidon ou le cristallin. En général, toutefois, on peut à peine dire que les caractères particuliers de structure soient rendus plus distinctement visibles avec un microscope éclairé par la lumière polarisée.

La polarisation dont il a été question ci-dessus, est la forme ordinaire. On n’a pas encore appliqué au microscope la polarisation circulaire, qu’on emploie pour reconnaître la densité de plusieurs liquides (tels que différentes espèces de bière, des solutions sucrées, comme l’urine diabétique) .

On aura encore moins souvent recours à l'appareil électrique particulier construit par Plôssl. On a récemment fait usage d’un appareil électrique rotatoire, afin d’exciter les contractions des fibres musculaires placées sous le microscope (Weber). Dans le but de protéger l’objectif contre l’action des agents chimiques, ou pour éviter qu’il plonge dans un liquide, on se sert d’un protecteur consistant soit en une petite cloche de verre, soit en un petit cylindre portant à son extrémité un verre plan et vissé sur l’objectif. Quand on veut observer dans la position horizontale, on peut adapter un tube contenant un prisme à l’objectif que l’on plonge alors dans le liquide. Wagner et Donné ont construit des formes particulières d’appareils pour démontrer la circulation du sang dans la membrane des pattes de grenouille. J’emploie, dans ce cas, une lame de liège sur laquelle la grenouille , enveloppée dans un linge, est solidement fixée ; le membre et chaque doigt sont maintenus par des anses de fil qui traversent le liège, et sont assujettis de manière que la membrane de la patte est

étendue et se présente immédiatement à une ouverture de plusieurs millimètres, pratiquée dans le liège et donnant passage à la lumière ; en serrant ou en lâchant les anses qui entourent le membre, la circulation sera accélérée ou retardée. Cet appareil, ainsique d’autres appropriés à des recherches spéciales, peuvent être disposés suivant le goût ou les exigences de l’observateur.

Enfin, les recherches microscopiques réclament souvent l’emploi des agents chimiques. Parmi ces agents, nous citerons en particulier l’eau distillée, l’alcool, la térébenthine, le baume de Canada, différents acides, et spécialement les acides acétique , chromique , sulfurique , chlorydrique , iodique (recommandé, au lieu de l’aGide acétique, par Platner pour la démonstration des noyaux ou des cellules), des solutions de carbonate de potasse, de potasse caustique, de sel et de sucre ordinaires, de teinture d’iode pour décéler la présence de l’amidon, etc. Charles-Chevalier a construit un appareil pyro-chimique, composé d’une platine sous laquelle se trouvent deux lampes à l'alcool destinées à la chauffer ainsi que l’objet qu’elle supporte.

Nous pouvons clore cette section par une courte description de la boîte qui renferme le microscope et qui doit être construite comme les autres coffrets destinés à conserver les instruments. Il faut quelle soit solide mais non pas massive, et formée de matériaux secs qui n’absorbent pas l’humidité. 11 est essentiel que les objets soient commodément disposés dans la boîte, de manière à empêcher qu’ils ne se heurtent ou ne soient ballottés lorsqu’on transporte l’instrument. Sous ce rapport, les instruments français sont supérieurs aux autres. Il vaut mieux faire

doubler les parties qui l’exigent, de velours ou de drap au lieu de peau. On trouvera commode d’avoir, pour le voyage, une boîte d’emballage plus ordinaire, dans laquelle on abritera l’instrument contre toute chance de dégât.

Page 1