‹ De la contagion dans l'érysipèleChapitre 7 sur 9 · PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS

II. L’érysipèle/ quand il est complet , n’est pas seulement une lésion de la peau, mais bien une maladie générale, présentant à étudier: 1° la cause ou les causes; 2° des symptômes généraux ; 3° une lésion.

II. L’érysipèle peut débuter de deux manières : 1° comme les fièvres, par des symptômes généraux précurseurs, avant toute lésion cutanée visible; 2° il débute le plus souvent autour d’une plaie, et la lésion dite érysipèle se montre alors d’emblée : les symptômes généraux ne précèdent alors que de quelques heures la lésion cutanée, ou même ils ne se montrent que plus tard.

III. Dans un cas comme dans l’autre, l’érysipèle peut avorter : c’est ainsi que chez les femmes au moment de la ménopause, parfois on voit les symptômes précurseurs de l’érysipèle se montrer, et la lésion ne faire que s’indiquer à peine quelques jours plus tard. Réciproquement, on voit quelquefois des traînées de lymphangite et des plaques se montrer autour d’une plaie, sans accidents généraux prononcés, puis tout disparaître. Peut-être y a-t-il des érysipèles qui en restent au frisson initial? On pourrait désigner tous ces érysipèles frustes sous le nom d’ érysipéloïdes,

IV. Quand la lésion érysipélateuse se montre autour d’une plaie, elle paraît se produire par suite d’une altération spéciale du pus que la plaie renferme; cette altération spéciale est produite par le mélange de ce pus avec des matières septiques contenues dans l’atmosphère, et provenant de malades voisins. L’empoisonnement érysipélateux se produit surtout lorsque ces matières, c’est-à-dire ces cellules, et principalement ces cellules de pus ou d’épithélium, proviennent de malades atteints eux-mêmes d’érysipèle.

V. Cette transmission ne s’opère pas nécessairement par une plaie : les matériaux septiques peuvent se déposer sur une muqueuse, et l’on voit alors quelquefois l’érysipèle débuter par le pharynx; ou du moins, sous l’influence évidente de la même cause, on voit le pharynx présenter le premier une inflammation qui s’étend ensuite aux fosses nasales, et se montre enfin sur la face où elle prend le nom d 'érysipèle.

VI. Les variétés d’érysipèles qui paraissent se transmettre le plus souvent de malade à malade sont celles qui présentent l’aspect typhoïde.

VIL En dehors de la contagion, nous ne savons jusqu’ici que peu de chose sur ce qu’on a appelé les épidémies d' érysipèles» L’influence du chaud, du froid, de l’ozone, des saisons, enfin la constitution médicale, ne paraissent pas expliquer suffisamment pourquoi les érysipèles se multiplient dans un moment donné et dans un endroit donné.

VIII. Le malade atteint de plaie que l’on place à proximité d’un autre malade affecté d’érysipèle, court par cela même, d une façon toute spéciale, le danger de contracter lui-même un érysipèle.

Les plaies offrent en effet, au poison érysipélateux, une voie d’absorption plus facile que la peau ou que les muqueuses saines.

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