‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 1 sur 256 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

Le romantisme, après avoir annoncé qu'il voulait substituer aux conventions tragiques «. la nature et la vérité ^ », ne fît que les remplacer par d'autres, directement contraires. Le côté négatif de cette révolution, dans tous les genres, est très nettement marqué. Dans le roman, par exemple, on ne cherche pas à innover, mais à prendre le contre-pied d'un système : « Je pensais, dira A. de Vigny, que les romans historiques de Walter Scott étaient trop faciles à faire..., je cherchai à faire le contraire de ce travail et à renverser sa manière ^. » Ce fait est surtout sensible pour le théâtre : A. de Vigny a reconnu en lui-même cet esprit d'opposition, remarquable également chez les autres : « Je m'essayais aussi à écrire.... des récits de tragédie; mais tout cela était dans un goût qui se ressentait de ce qui avait été fait dans notre langue par les grands écrivains classiques, et cette ressemblance me devenant insupportable, je déchirais sur-le-champ ce que j'avais écrit, sentant bien qu'il fallait faire autrement ^. »

Si l'on a essayé de trouver un nouveau genre, c'est que l'ancien avait vieilli : c'est la décadence de la tragédie à la fin du xviii'' siècle et au commencement du xix' qui nous a valu la rénovation romantique. Il ne semble pourtant pas nécessaire, heureusement, de faire précéder cette étude sur le drame par un essai sur la tragédie impériale. D'abord la chose a

d. Préface de Cromioell, p. 46 de l'édition ne varietur.

2. Journal d'un poète, p. 277, dans la petite bibliothèque Charpentier.

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