‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 2 sur 256 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

été faite, et bien faite K Puis, si le vide et reniiui des Gharleniagne ou des Charles IX ont rendu nécessaire la révolution dramatique de 1830, ce n'est pas au système de Népomucène Lemercier ou de M. J. Chenier (jue Ton s'est attaqué, mais bien à la véritable tragédie classique. Les romantiques ont fait une double tentative; ils ont essayé de prouver que la tragédie contenait trop de convention et trop peu de vérité pour s'imposer plus longtemps ; puis ils ont voulu substituer à ce genre vieilli, mort, un genre nouveau et vivant.

Avant d'aborder la théorie et la pratique de la nouvelle école, il est bon de voir d'abord, rapidement, ce fjui, dans la tragédie, prêtait en effet aux critiques. Nous ne voulons ni faire l'apologie de la tragédie comme les critiques classiques, ni reprendre contre elle les réquisitoires romantiques, mais essayer de dégager la part de convention qu'elle renferme réellement. Gomme toute œuvre d'art, la tragédie se compose de deux éléments : l'un, le fond psychologique, durable parce qu'il est humain, l'autre, au contraire, soumis à la mode du jour, par conséquent périssable comme elle, destiné à vieilhr vite, à faire vieillir avec lui la tragédie tout entière.

Ce n'est pas, bien entendu, dans le théâtre de Voltaire que nous étudierons ce dernier élément, puisque Voltaire n'a pas été un créateur, puiscju'il n'a fait que mettre, sans la perfectionner, la tragédie au service de la philosophie. Il faut puiser à la source : c'est donc

1. Tableau de la littérature française de 1800 à 1815, par M. Mcrlet, p. 206-280.

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