‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 100 sur 256 · A. I, se. I · texte numérisé non relu

A. I, se. I

ne vise qu'à l'effet oratoire. Il en est de même pour le monologue.

On retrouve dans le drame tous les types du monologue classique, jusqu'au monologue d'exposition \ jusqu'au monologue purement psychologique '.

Mais ici encore l'amour de la rhétorique l'emporte quelquefois sur l'instinct dramatique des romantiques, et le monologue devient un soliloque, où nous n'apprenons rien, où le personnage a trop l'air de ne parler que pour lui-même et pour le plaisir du poète : tel fiernani, à la fin du premier acte.

A peu près dans ce genre, il faut encore citer le monologue-conférence, dans lequel le poète suspend l'action pour placer quelques idées générales sur la politique ou l'histoire. Ce sera l'interminable couplet de don Carlos devant le tombeau de Gharlemagne ^, ou plutôt (la beauté des vers pouvant faire illusion dans ce premier exemple), la pâle imitation de ce morceau par A. Dumas ^. La grande innovation des romantiques, ou, pour mieux dire, leur véritable supériorité sur le monologue classique toujours un peu froid, trop abstrait, consiste dans ce que j'appellerai, faute de mieux, le monologue d'action, c'est-à-dire les scènes où un personnage resté seul, non seulement pense tout haut, mais encore agit. Dans le monologue tragique, en effet, nous avons déjà fait remarquer que l'intérêt est purement psychologique, que le spectateur s'intéresse uni-

d. Tour de Nesle, Vie tableau, se. i.

2. Antnny, a. HI, se. vi; — Le mi s'amuse, a. II, se. ii; — Maréchale d'Ancre, a. H, se. ix ; a. IV, se. i.

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