‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 102 sur 256 · Chatterton, a. III, se. i · texte numérisé non relu

Chatterton, a. III, se. i

Ce nouveau procédé, moins régulièrement logique que l'ancien, est aussi plus scénique, plus vivant; il prête à l'imprévu, il plaît à l'imagination du spectateur. Ici le drame est en progrès sur la tragédie ; ne dissimulons pas ces supériorités : elles sont rares.

La dernière à signaler est la diminution du nombre des récits. On en trouvait de trois sortes dans la tragédie : la narration du premier acte, mettant le spectateur au courant de la situation, des événements antérieurs; la narration du milieu, racontant les différentes péripéties ; et enfin, presque toujours au cinquième acte, le récit de la catastrophe.

Le romantisme n'a guère conservé que la narration du début. Quelquefois, nous retrouvons purement et simplement le récit classique, fait par un comparse quelconque K D'ordinaire les romantiques modifient un peu l'ancienne narration : mais ils la déguisent plutôt qu'ils ne la transforment. Ce n'est plus un confident, mais un inconnu, un personnage sombre, et fort au courant des secrets les plus mystérieux^ qui se dresse tout à coup devant nous, et débite une longue tirade. Dans Marie Tudor « un homme coiffé d'un bonnet jaune » raconte ainsi des événements vieux de seize ans ^. Dans Angelo, Homodeï jusque-là muet surgit près de Rodolfo : « Vous ne vous appelez pas Rodolfo. Vous vous appelez Ezzelino da Romana, etc. ^ » Cette façon de raconter à quelqu'un sa propre histoire est un procédé très commode pour l'auteur, très instructif pour

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