‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 103 sur 256 · Journée I, se. iv · texte numérisé non relu

Journée I, se. iv

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le spectateur; mais le mutisme du second personnage est aussi peu vraisemblable que le long silence de Thésée, pendant le récit de Théramène.

Dans le corps même des drames, on trouve peu de récits: ou, s'il s'en rencontre un, l'auteur tâche de lui donner une allure familière, qui ne sente pas la dignité tragique. Dans la Maréchale d'Ancre, Picard s'adresse au juif Samuel : « Je montais ma garde bourgeoise avec mes ouvriers serruriers à la porte Bussy. Je parlais à M. le prévôt des marchands et à MM. les échevins qui me connaissent bien, et depuis longtemps. Je lui dis (c'est à M. le prévôt) je lui dis : « Soyez tranquille ». Parce que, voyez-vous, il m'avit avant, etc. ^ »

Enfin la narration du dénouement est absolument supprimée : condamnée par allusions, dans la préface de Gromwell -, elle avait été trop vivement attaquée et ridiculisée dans l'intimité des conversations, pour qu'un seul des trois 'grands romantiques osât s'en servir encore ^. La catastrophe finale devait se passer sous nos yeux. Le spectateur, au lieu d'une narration toujours apprêtée, et qui refroidit l'intérêt des quatre premiers actes, éprouve l'émotion la plus vive juste à la fin de la pièce. L'intérêt grandit, et arrive à son apogée à la dernière scène. Le drame ici est encore incontestablement supérieur à la tragédie, car il est plus scénique. Supposons les dénouements d'Henri IIÏ, d'Hernani, ou de Chatterton, remplacés par une narra-

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