‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 152 sur 256 · Antony, a. V, se. m · texte numérisé non relu

Antony, a. V, se. m

j'eusse tout épuisé! ^ » A coup sûr il croit ;i l'enfer : « Je prends tout sur moi, et que Dieu m'en punisse ^)) ; il est môme sûr de l'existence du diabl<î : « Perdre mon àme pour si peu? Satan en rirait! '^ » La théologie d'Antony n'est pas très claire ; du reste, on ne peut guère demander de logique à un pareil exalté. Jamais rôle ne fut plus romantique que le sien. Il reçoit sur sa poitrine des chevaux emportés, déchire l'appareil de sa blessure, enlève, avec effraction, une femme, en insulte une autre, finalement poignarde sa maîtresse. Et quelle langue, quelles figures! l'imagination méridionale de l'auteur de Mireille n'a pu trouver mieux que le mot d'Antony : « Je ne veux pas que tu meures seule... je serais jaloux du tombeau qui te renfermerait ' » ; et, surtout, le triomphe du genre : « Si la voiture m'eût brisé le front (?) contre la muraille, elle eût laissé le corps mutilé à la porte, de i:)eiir qu'en entrant chez elle ce cadavre ne la compromit. ^ » En vérité, on ne peut mieux juger Antony que ne le fit Dumas lui-même dixhuit ans plus tard : « Antony, c'est le rêve du fou ". » Le succès de la pièce fut immense '^ : les acteurs

Page 1