‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 151 sur 256 · Poésies complètes, t. I, p · texte numérisé non relu

Poésies complètes, t. I, p

4. Les Jeunes-France, préface, p. xvii. Firmin était trop sanguin pour bien incarner Antony : « La pâleur est pour ces personnages un des premiers besoins du drame moderne. » Dumas, Mémoires^ t. VII, p. 177.

Werther surtout : « Werther, disait alors Nodier, est le type essentiel et complet de l'homme jeune des nouveaux siècles ^ » Sceptique et dégoûté de la vie, voilà ce que l'on essayait de paraître, quand on ne l'était pas réellement :

J'ai lu Werther, René, son frère d'alliance,

Ces livres, vrais poisons du cœur, Qui déflorent la vie et nous dég-oùtent d'elle, Dont chaque mot vous porte une atteinte mortelle,

Byron et son don Juan moqueur ^.

Il y avait alors, dans la vie réelle, la tristesse de vivre : le théâtre refléta la vie réelle, et tous les jeunes gens sombres de la nouvelle école purent se reconnaître et s'admirer dans trois héros encore plus sombres qu'eux.

Antony, le premier en date, a lu le poète pessimiste de l'Angleterre : « Il y avait quelque chose qui flottait en l'air, — le dernier soupir de Byron, peut-être, — et qui jetait une incertitude profondé dans les esprits, un doute mortel dans le cœur ^. » Antony, en effet, doute, mais n'est pas affermi dans son scepticisme. Il ne croit guère à l'immortalité de l'àme : « La mort sépare... Penses-tu que je croie à tes rêves, moi... et que sur eux j'aille risquer ce qu'il me reste de vie et de bonheur? '' » En revanche, il croit peut-être en Dieu, du moins il en parle : « Béni soit Dieu qui m'a fait une vie isolée... béni soit Dieu qui a permis qu'à l'âge de l'espoir

\. Revue de Paris, t. VU, p. iO.

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