‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 154 sur 256 · Th. Gautier, Histoire du Romantisme^ [). 1G · texte numérisé non relu

Th. Gautier, Histoire du Romantisme^ [). 1G

jouaient les deux rôles principaux presque au naturel ^ La jeunesse se partagea en deux camps : les uns tenaient pour Dumas, les autres pour V. Hugo : trois mois après parut Marion Delorme.

Dans ce drame, composé avant Antony ^, nous trouvons le modèle des Jeunes-France du dix-neuvième siècle, égaré au début du dix-septième.

Didier porte jusqu'au costume de son caractère : il est tout en noir ^. Dès le commencement, nous sommes prévenus : il est funeste et maudit; son souffle est impur; il vit dans la brume et la nuit ''. Et comme Marion ne comprend guère, il précise et raconte sa vie : enfant trouvé, bien entendu, voyageant avec neuf cents livres de rente, Didier est devenu misanthrope en perdant ses illusions sur l'homme : à quoi est-il bon? tout au plus à débarrasser Marion « de l'homme ou de l'objet qui vous est importun ». Conclusion : il met aux pieds de Marion ses désillusions, son épée, et ses neuf cents livres de rente.

Vous êtes singulier, mais je vous aime ainsi ^,

répond la courtisane qui, malgré sa profonde expérience du cœur humain, n'a jamais encore vu amoureux ainsi fait. De ses études sur l'homme, Didier a gardé un

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