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mépris sombre pour la police \ quelques idées philoso- })hiques dont il endort son auditeur, et un profond dégoût pour les courtisanes, qu'il maudit, poussé par le besoin qu'a le poète de faire bumilier Marion par son amant même; être à la fois René et Grandisson, c'est trop '. De plus, comme A. Ghénier, Didier, sur le point de mourir, se frappe le front en s'écriant :
Pourtant j'étais né bon, l'avenir m'était beau, J'avais peut-être même une céleste flamme Un esprit dans le cœur ^.
Ce qui distingue le sombre Didier de ses sombres frères, Hernani, Otbert, Rodolfo, c'est qu'il est un penseur, comme Chatterton.
La désespérance de Chatterton a une cause précise : nous savons pourquoi il se plaint; il personnifie un mal étudié par Mme de Staël, « la susceptibilité souffrante des hommes de lettres...; la société est rude à beaucoup d'égards pour qui n'y est pas fait dès son enfance, et l'ironie du monde est plus funeste aux gens à talent qu'à tous les autres^. » Chatterton remonte ainsi jusqu'à Rousseau.
Déplus, il a, pour un héros romantique, une singularité : il a connu son père, et se trouve soutenu dans ses défaillances par le respect de son nom ^.
L'amour enfin le relève un instant °, et métamor-