J'ai mon père à soigner, à consoler
étaient des illusions, qu'il dit à une Maguelonne aussi facilement qu'à elle-même
De ces choses d'amour qui vous prennent au cœur i,
qu'il fait « des yeux si doux » à la première venue, que son roi « brave, illustre et beau » s'enivre au cabaret, et passe la nuit dans des maisons borgnes. « 0 pauvre cœur de femme ! »
Il n'y a qu'à constater, et non à critiquer : ce caractère est vrai, vraisemblable, émouvant. Mais un pareil amour, dira-t-on, n'est plus qu'un instinct déraisonnable, comme l'amour maternel de Lucrèce? Certainement. L'amour n'est fort souvent qu'un instinct. Le xvn' siècle l'avait déjà remarqué, et La Bruyère ne pensait pas autrement lorsqu'il disait : « Les femmes s'attachent aux hommes par les faveurs qu'elles leur accordent... à juger de cette femme par sa beauté, sa jeunesse, sa fierté et ses dédains, il n'y a personne qui doute que ce ne soit un héros qui doive un jour la charmer. Son choix est fait : c'est un petit monstre qui manque d'esprit -. » Blanche a meilleur goût.
Et pourtant, malgré son charme, ses illusions enfantines, son malheur, et la réalité vivante de son caractère, Blanche ne semble pas plus que Kitty Bell et Adèle la véritable héroïne romantique. Il lui faudrait un peu plus de romanesque, sinon dans l'esprit, du moins dans le caractère. Elle manque trop de cette allure princière nécessaire à la grandeur du drame, suivant V. Hugo ^; c'est