‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 183 sur 256 · Drame, t. III, p. 28o · texte numérisé non relu

Drame, t. III, p. 28o

une pauvre petite bourgeoise égarée dans un drame : la véritable héroïne du théâtre nouveau, c'est dona Sol.

Il semble que, dans ce caractère, V. Hugo cède encore à la tentation de faire autrement que les tragiques. L'héroïne du drame aime en bas. Entre le roi et le bandit, elle n'hésite pas. C'est le monde de la tragédie renversé. C'est PauUne, à l'entrée de Sévère et de Fabian, n'ayant d'yeux que pour le confident.

De plus, le poète modifie le type convenu de la princesse, qui n'est d'aucun pays ^; dans dona Sol, il a voulu peindre « la jeune Catalane, simple, grave, ardente, concentrée ^ ». Cette innovation me semble peu intéressante. Est-ce qu'en général les jeunes Catalanes sont graves, ardentes et concentrées? Le spectateur ne songe guère à se poser ces questions; peu importe que dona Sol soit, ou non, Catalane; ce qu'il faut, c'est qu'elle nous intéresse par des qualités humaines, et que le poète sache donner une unité individuelle aux quaHtés générales qu'il lui prêtera.

Comme pour Blanche, le poète a ménagé un contraste frappant entre le début et la fin de dona Sol.

C'est d'abord une jeune fille empressée, aux petits soins pour celui qu'elle aime, et qui pourrait faire pour Hernani une excellente ménagère :

Jésus! votre manteau ruisselle! Il pleut donc bien. Vous devez avoir froid Otez donc ce manteau!.

Mais dites-moi si vous avez froid....

Josefa, fais sécher le manteau ^!

i. Sauf Monime et Esther.

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