A. IV, se. ix-xxii
devient un grand roi, s'il ose être lui-même, c'est à son bon génie qu'il le doit, à un profond politique, à un homme d'État inconnu : à Molière ^ !
V. Hugo a été aussi franc que les deux autres : il reconnaît implicitement que la vérité des faits est quelquefois un peu altérée dans ses drames : selon lui, « les œuvres de théâtre doivent toujours être, par les mœurs sinon par les événements, des œuvres d'histoire ^. » Il avoue même, explicitement, que « il faut se garder de chercher de l'histoire dans le drame, fict-il historique ^ ». Devant un pareil aveu, est-il nécessaire d'insister? Les preuves ne manqueraient pas; la plus concluante est certainement le Roi s'amuse. Malgré la vérité des détails, et même des caractères, quelque chose sonne faux dans ce drame. On sent que le but de V. Hugo n'a pas été simplement de faire une pièce historiquement vraie. L'histoire sans doute est là, mais gâtée par le roman qui s'y mêle trop intimement.
Nous avons déjà signalé, sous forme de prétérition peut-être trop prudente, l'analogie au point de vue historique des tragédies de Corneille et des romans de Mlle de Scudéry. N'existe-t-elle pas aussi entre le drame et le roman? Tout au moins n'y a-t-il pas une ressemblance étrange de méthode, de procédé, entre le Roi s'amuse et les Trois Mousquetaires? Dans ce roman, d'où vient l'intérêt? De ce que A. Dumas fait agir tous ses personnages historiques comme des hommes, ou, du moins, comme des héros de roman