‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 232 sur 256 · A. ni, se. I · texte numérisé non relu

A. ni, se. I

û. Un des plus curieux mélodrames de Guilbert est bien la Fille de CExilé, ou Hait mois en deux heures, mélodrame historique en trois l)arties, représenté à la Gaîté le 13 mars 1819. La lille de l'exilé est sauvée dans une inondation par le tombeau de la fdle de l'ennemi de son père, Ile partie, se. xi et xii. Les romantiques se sont, au contraire, séparés du mélodrame; à quinze ans, V. Hugo compose //«e- de Castro, mélodrame en trois actes avec deux intermèdes. {Victor Hugo raconté, t. I, p. 265.)

3. A. Dumas n'est pas tendre pour « ces œuvres mixtes, semi-clas-

Vêpres Siciliennes (25 octobre 1819), C. Delavigne ne peut être considéré comme un précurseur du romantisme : sa pièce n'est qu'une tragédie; pourquoi? Estce parce qu'elle est conforme aux unités? Non : on peut faire un drame régulier. Mais parce que la vraisemblance y est sacrifiée aux unités. Procida conspire dans le palais de Montfort, dans la chambre même que le gouverneur vient de quitter, comme Ginna chez Auguste. Le vers aussi est classique; le poète connaît son Corneille :

Viens, mon flis, viens, mon sang! '

Le Paria (1" décembre 1821), pièce intéressante, contient des chœurs, comme Esther : mais le lyrisme de Racine n'y est pas. Stendhal avait raison de dire, en parlant de ces deux tentatives : « Ces pièces font beaucoup de plaisir, mais elles ne font pas un plaisir dramatique.... Quoi de plus ridicule que la fable du Paria, par exemple? Gela ne résiste pas au moindre examen -. »

Marino Faliero, représenté le 30 mai 1829, après la Préface de Gromwell, après Henri III et sa cour, n'est pas encore une œuvre décidément romantique.

Tout en se déclarant novateur, G. Delavigne n'ose pas se prononcer formellement contre les classiques. Il intitule sa pièce « tragédie », mais il ajoute : « Deux

siques, semi-romantiques, qui n'appartiennent à aucun genre; hermaphrodites littéraires, qui sont aux productions de l'esprit, ce qu'en histoire naturelle les mulets, c'est-à-dire les animaux qui ne peuvent se reproduire, sont aux productions de la matière : ils font une espèce, mais ne font pas une race. » Mémoires, t. IX, p. li, 6.

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