‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 240 sur 256 · Article du l'^-- mars 1S · texte numérisé non relu

Article du l'^-- mars 1S

tenter de la tragédie telle que l'avaient faite ses deux prédécesseurs; qu'avons-nous gagné à ce qu'un homme de génie comme Voltaire n'ait rien voulu créer? Son imitation ressemble à ses modèles, comme la Bourse, ou tout au plus la Madeleine, au Parthénon. Il est difficile de ne pas accepter sur ce point la théorie romantique : « Il y a deux espèces de modèles, ceux qui sont faits d'après les règles, et, avant eux, ceux d'après lesquels on fait les règles. Or, dans laquelle de ces deux catégories le génie doit-il se chercher une place? * »

Mais, enfin, admettons que la valeur d'un chefd'œuvre se mesure au nombre d'imitations que l'on en fait. Le Cid nous a valu près de deux siècles de tragédies. Combien de temps Hernani a-t-il été ou sera-t-il considéré comme un modèle ? Nous avons constaté son influence immédiate sur les contemporains. Ne semble-t-il pas qu'elle a cessé maintenant?

Sans doute la comédie de mœurs^ qui avait remplacé, faute de mieux, le drame romantique^ domine encore. Il est pourtant à remarquer que les quelques pièces historiques sérieuses qui ont paru dans ces dernières années appartiennent au système romantique par leurs qualités et leurs défauts. Quant au théâtre de l'avenir, que sera-t-il? Les prophéties littéraires ne prouvent rien. — Certains écrivains, regrettant probablement d'être nés si tôt, travaillent, paraît-il, pour nos arrièreneveux, sans même pouvoir trop compter sur leur reconnaissance; leurs œuvres ne sont certainement pas romantiques. Mais tenons-nous-en au présent. Le théâtre

Page 1