‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 242 sur 256 · LE ROMANTISME DEVANT LA CRITIQUE · texte numérisé non relu

LE ROMANTISME DEVANT LA CRITIQUE

Les romantiques n'ont ni compris ni admis la critique. Pour A. Dumas, le grand défaut de la critique, à part l'ignorance et la mauvaise foi ', est de juger toujours l'œuvre qui vient de paraître en l'isolant du ftiisceau littéraire dont elle fait partie ~. « Si Dieu m'avait donné, au lieu de la faculté de produire, la capacité de juger, au lieu de faire ce que ces messieurs font, voici, je crois, ce que je ferais : à défaut d'ailes assez puissantes pour m'élever au-dessus de l'idée du poète, j'aurais des jambes assez robustes pour en faire le tour; ne pouvant calculer quelles forces sont enfermées dans la ville que je voudrais assiéger, j'examinerais avec soin les murailles qui l'environnent ^. » Si nous comprenons bien l'idée contenue dans cette image, le rôle du critique consisterait, d'après Dumas, à s'incliner avec respect devant le poète, « à se tenir hors de portée du feu de la

i. Il était payé pour ne pas l'aimer. Il raconte là-dessus un certain nombre d'anecdotes : la plus curieuse se trouve dans ses Mémoires, t. V, p. 287-289.

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