‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 243 sur 256 · LE ROMANTISME DEVANT LA CRITIQUE · texte numérisé non relu

LE ROMANTISME DEVANT LA CRITIQUE

citadelle. Fréroii a été tué devant l'Écossaise '. » Quant à A. de Vigny, la criti(|ue lui était personnellement insupportable : « J'ai remarqué que l'habitude de voir le défaut de chaque œuvre tourne à l'accroissement de l'ennui -. » De plus, « la plus élevée est mesquine, presque toujours, parce qu'elle s'attache à la surface et non au fond ^. » Si au contraire elle essaye d'aller au fond, de retrouver l'homme dans l'œuvre, il l'accuse d'erreur '', et ajoute : « 11 ne faut disséquer que les morts. Cette manière de chercher à ouvrir le cerveau d'un vivant, est fausse et mauvaise •'. » Quel rcMe fait-il jouer au seul critique qui apparaisse dans son théâtre? Celui d'un calomniateur : « Baie? Qu'est-ce que cela? Que lui ai-je foit? — De quel égout sort ce serpent? Quoi! mon nom est étouffé! ma gloire éteinte! mon honneur perdu! — Voilà le juge*^. » Et, trouvant l'image heureuse, A. de Vigny voulait la reprendre, la développer, car, dans la liste de ses « poèmes à faire" », nous trouvons ce plan assez curieux : « Si un serpent s'attache à un cygne, le cygne s'envole et emporte son ennemi roulé à son col et sous son aile... Ainsi l'impuissant Zoile est porté dans l'azur du ciel et dans la lumière par le poète créateur, qu'il déchire en s'attachant h ses flancs poui' laisser, fût-ce en lettres de sang, son nom empreint sur le cœur du pur immortel ^. » Ce jugement est sévère :

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