‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 26 sur 256 · IbicL, V. 1S08, 1730, Um et · texte numérisé non relu

IbicL, V. 1S08, 1730, Um et

3. M. ïaiiie, JS'ouveuiix essais de critique et d'histoire, p. 224.

et se taisent à volonté, et seml)lcnt ignorer l'existence (les antres personnages. Sanf Stratonice, anssi vivante qu'une servante dans Molière, tous ces confidents no sont que des échos : ils n'ont ni volonté, ni intérêts personnels, et, à l'exception de deux scènes où deux confidents se font des confidences ', aussitôt leur maître disparu ils disparaissent ou se taisent.

Sans doute, dans Racine, on retrouve encore quelques-uns de ces serviteurs dévoués qui poussent la complaisance jusqu'à faire rimer leur nom avec celui de leur maître. Les confidentes, un peu insignifiantes, je l'avoue, sont sacrifiées : ce sont des utilités. Œnone, par un artifice du poète, prend sur efie tout l'odieux qui dans Euripide pesait sur Phèdre seule, et pourtant elle agit, avec perfidie même ~. Gléone force sa maîtresse à voir clair dans son cœur ^. C'est un miroir où Hermione se regarde, et aperçoit la vérité qu'elle voudrait se dissimuler. Au contraire, le confident de Racine ne ressemble plus du tout au confident de Corneille : il devient un personnage, secondaire, il est vrai, mais enfin qui, s'il écoute beaucoup et parle peu, agit aussi quelquefois. Pylade blâme respectueusement Oreste '' et lit dans son àme ^. Pyrrhus rougit de sa faiblesse devant Phœnix et n'ose céder en sa présence *^. Antiochus a des secrets pour Arsace, et ne lui avoue pas son

1. Rodogune, a. I, se. i et vi. Citons encore comme exception Laonicc, qui, confidente de Cléopàtre, trahit sa maîtresse en faveur de Rodogune.

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