‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 25 sur 256 · Ibid., V. 91o · texte numérisé non relu

Ibid., V. 91o

Diègiie ou d'un Horace, ce n'est plus le vulgaire Félix qui parle, c'est le grand Corneille : ce n'est plus un vers de caractère, c'est un vers de poète.

Félix est médiocre, et, comme toutes les médiocrités, il ne peut comprendre la grandeur. Il méconnaît Polyeucte, et croit que la peur de la mort le convertira K Il méconnaît Sévère, et suppose que la générosité du favori de l'empereur est un piège. Il méconnaît sa fille en s'imaginant qu'elle pourra, Polyeucte mort, épouser Sévère.

En revanche, tous trois le dédaignent ou le méprisent % et ils ont raison parce qu'ils sont des héros; mais les spectateurs, qui ne sont que des hommes, n'ont pas le droit de mépriser Félix : ce serait imprudent. Félix peut nous servir de point de comparaison pour évaluer la distance qui sépare les héros tragiques de l'humanité. De loin, il nous semble un nain, à côté des autres; nous nous approchons : il est de notre taille.

Cette vérité humaine, que nous cherchons en vain dans les premiers rôles, se trouve, au contraire, si nous en croyons un critique moderne, chez les confidents : « ce confident tant raillé est un des personnages les mieux imités du théâtre monarchique^^ ».

Dans deux pages fort brillantes, M. Taine prétend que le confident du théâtre, c'est le complaisant de Versailles. Nous trouvons bien, en effet, dans Corneille^ des ombres qui suivent silencieusement leur maître, parlent

d. Polyeucte, v. 879.

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