CHAPITRE V
Malheureusement le théâtre du xvif siècle ne copie qu'imparfaitement l'histoire. Corneille et Racine l'ont altérée tous deux, chacun à sa manière : Corneille, en prenant des libertés avec la vérité des faits, en introduisant l'amour dans les caractères; Racine, plus scrupuleux sur les événements, en rendant modernes des caractères anciens. Corneille voulait rester fidèle à l'histoire, qui lui fournit presque tous ses sujets parce que « la tragédie a besoin de F appui de l'histoire pour les événements qu'elle traite; et, comme ils n'ont d'éclat que parce qu'ils sont hors de la vraisemblance ordinaire, ils ne seraient pas croyables sans son autorité, qui agit avec empire ^ ». Corneille insiste sur cette idée : sans vérité historique, point de vraisemblance au théâtre, point d'intérêt, par conséquent •. Le dramaturge doit être historien. Pourtant son respect pour