‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 29 sur 256 · T. I, p. lu · texte numérisé non relu

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l'histoire n'est pas superstitieux. Sans doute il place en tête de ses tragédies les plus importants passages des auteurs qu'il a consultés ; mais ce n'est point par scrupule d'historien qui cite ses textes et veut faciliter à son lecteur le contrôle, « ce n'a été que pour faire démêler l'histoire d'avec la fable ^ ». Si, par hasard, la vérité historique choque la vraisemblance, le poète, fort de l'autorité d'Aristote, pense qu'il a le droit de choisir^. Il a même le droit de « prendre quelque licence sur l'histoire en tant qu'elle regarde les intérêts des particuhers, et leur attribuer des actions qu'ils n'ont pas faites ^ )). Il ne change pas les grands faits, ce qu'il appelle avec Aristote « les sujets reçus ^ ». Il ne se reconnaît pas le droit de toucher aux événements connus (et pourtant il ressuscite Sylla et en plaisante °), aux « effets de l'histoire '^ », mais il peut modifier les causes qui les préparent, les « acheminements ». L'action principale, qui fait le fond de la tragédie, ou plutôt son dénouement, est bien conforme à l'histoire; mais tout ce qui la précède ou la prépare, c'est-à-dire en général les quatre premiers actes au moins, reste à l'entière disposition du poète ~. Ainsi comprise, la prétendue fidélité historique de Corneille n'est plus qu'un mot. Un art « qui polit et orne la vérité », comme dit Balzac à propos de Cinna ^, n'est

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