Ibid., Ile partie, 1. V, cli. ii
au contraire, que c'est le drame qui est tout entier dans l'épopée?.... Toute espèce de ton, même le ton comique, toute harmonie poétique, depuis la lyre jusqu'à la trompette, peuvent se faire entendre dans l'épopée. L'épopée a donc des parties qui manquent au drame : elle demande donc un talent plus universel : elle est donc une œuvre plus complète que la tragédie \ »
Rompant avec le paganisme littéraire du xvn^ siècle et le scepticisme du xvni^ , le romantisme de Chateaubriand est avant tout, pour le fond, une Restauration religieuse. 11 indique plus résolument que Voltaire, l'histoire nationale et le moyen âge, comme sujets d'études littéraires.
Enfin, aux poètes chrétiens il montre que la nature, bien comprise, peut fournir non pas des descriptions mythologiques, mais des impressions subjectives et chrétiennes; qu'il faut substituer aux analyses psychologiques si précises de nos classiques, l'étude plus vague, mais plus moderne, de la mélancolie : le tout sous forme d'épopée.
Ce système, qui ne manquait pas de grandeur, eut de l'influence sur toute une génération. Les premières Méditations de Lamartine, le Livre Mystique d'A. de Yigny, les Odes et Ballades de V. Hugo sont, avec les Martyrs , les monuments poétiques du romantisme chrétien. Mais bientôt les nouveaux venus, de disciples allaient devenir maîtres à leur tour : à la restauration religieuse allait bientôt succéder la seconde renaissance littéraire, le romantisme de 1830.