LE ROMANTISME
cor, le bruit des armes n'ont ricii qui heurte le goût, rien qu'on doive ou choisir ou cacher.
« Et d'un autre côté le poète chrétien, plus heureux qu'Homère, n'est point forcé de ternir sa peinture en y plaçant l'homme barbare ou l'homme naturel : le christianisme lui donne le parfait héros ^ »
Enfin le cœur humain lui-même subit, sinon Faction directe, du moins le contre-coup du christianisme : une passion est créée, ou plutôt un état d'esprit jusquelà inconnu : la nouvelle religion est trisle ', et tout le monde nii pas la force de supporter cette tristesse : certaines âmes « dégoûtées par leur siècle, effrayées par leur religion, sont devenues la proie de mille chimères ; alors on a vu naître cette coupable mélancolie... ^ ». C'est là, pour le poète chrétien, une nouvelle source d'inspiration.
De tous les genres littéraires, quel est celui que doit préférer le christianisme? Chateaubriand les cherche dans la Bible, et n'a que l'embarras du choix. Pour lui, en effet, ce livre peut être considéré comme la source de toute littérature : la partie historique ellemême en est poétique : « Ses révolutions sont tour à tour racontées avec la trompette, la lyre, et le chalumeau ''. » Pourtant il n'hésite pas : « L'épopée est la première des compositions poétiques. Aristote, il est vrai, a prétendu que le poème épique est tout entier dans la tragédie, mais ne pourrait-on pas croire.