‹ De la coopération dans le commerce des pommes [microforme]Chapitre 30 sur 39 · RÉPARTITION DES BÉNÉFICES · texte numérisé non relu

RÉPARTITION DES BÉNÉFICES

On ne devrait pas payer sur le capital des dividendes plus élevés que le taux auquel on peut emprunter l'argent. Ceci revient à dire que l'Association devrait être simplement co-opérative. Tout l'argent reçu devrait être réparti entre les actionnaires en proportion des fruits expédiés par chacun, moins les frais nécessités par le fonctionnement de l'Association. Un exemple concret démontre la justice de ce principe. Deux producteurs ont chacun une action. L'un d’eux expédie cent harils de pommes, l’autre, iwille barils, rapportant des prix égaux. Supposons que l'Association prélève pour couvrir les frais de vente 15 centins par baril, mais que ces frais ne dépassent pas 10 centins. 11 y auia donc sur ces deux expéditions un surplus de entins par baril, soit un

total de 855.00. Si l'on répartit cette somme d'après le capital, c'est-à-dire si l'on déclare des di: lendes, alors chaque producteur recevra 827.50. Ce serait là une injustice figrante envers l'expéditeur du millier de barils, 11 devrait recevoir 850.00, et l'autre expéditeur 85.00.

Quelques sociétés, prétendant ne pouvoir rassembler parmi les producteurs le capital nécessaire au fonctionnement de l'Association, vendent des actions à des non-producteurs, C'est une erreur. Il est impossible de persuader à des personnes non-intéressées de placer des capitaux dans une association eo opérative à moins de leur promettre des dividendes, et on ne peut s'attendre à ce qu'elles le fassent. Si ces dividendes ne dépassent jamais l'intérêt ordinaire sur l'argent, alors il n'y n pas d'injustice de commise, Mais il arrive toujours, dans les associations qui ont des netionnaires de ce genre, que ces derniers s'er* ndent tôt ou tard avee ceux des producteurs dont les intérêts comme actionnaires dép: cat leurs intérêts comm. producteur: de fruits, et obtiennent le con trôle absolu des opérations, qu'ils dirigent alors de façon à obtenir des dividendes. Quand les choses se passent ainsi, tous ou presque tous les bénéfices pécuniaires des associations co-opératives reviennent au capitaliste au lieu de revenir au producteur de fruits.

S'il faut des capitaux étrangers, mieux vaut se les procurer sur le crédit de l'asso. ciation, et ses immeubles, en payant pour ce capital au taux d'intérêt régulier. Ceci devra être entré dans les comptes sous le titre de frais de fonctionnement de l'Association.

Les banquiers préférent généralement faire des emprunts sur les ts personnels des directeurs qui sont chargés de la conduite des affaires, et qui peuvent ainsi se protéger contre les pertes.

Tous les membres devraient s'engager à expédier leurs fruits par l'entremise de l'Association. Ceci peut se faire de dex manières. Premièrement par l'insertion d’une clause où de règlements dans ia constitution, stipulent qu'aucune vente ne pourra se faire en dehors de l'Association ; deuxièmement par un ‘contrat spécial. La clruse engageante devrait être insérée dans les règlemer's de chaque association, même quand on juge à propos d'employer le contrat spécial. Ce dernier est sans donte plus facilemeut mis à exécution, mais il est sujet à étre négligé. La ciau<e d'engagement dans les règlements établit le principe, et l'entrée dans la société implique le contrat.

On ne saurait trop insister sur la valeur du contrat. Sans contrat, le surintendant ne sait pas ce qu'il a à vendre. 11 ne peut arrêter des ventes d'avance, car il n’est pas sûr de remplir son contrat. Cette incertitude enlèverait à l'Association l'avantage de pouvoir s'entendre d'avance avec la meilleure classe de clients,

Le contrat est nécessaire, car maintes tentatives seront faites pour persuader aux membres de confier leurs fruits à d'autres vendeurs. Un grand nombre d'hommes se font de très beaux revenus en prélevant un droit pour de petits services entre le producteur et les fruitiers réguliers. Ces hommes offriront de+ avantages tout spéciaux ; tels qu'un prix supérieur à celui du marché dans le but d'introduire la discorde dans l’Association et de la dissoudre si cela est possible, Dans la Nouvelle Ecesse, il paraît que l'impulsion co-opérative a été beaucoup retardée par ces agents des compagnies de transport, et de maisons de commerce anglaises. Ces hommes obtiennent un droit sur tous les fruits qu’ils peuvent amener à certaines lignes de navigation, et à des agents de vente, et naturellement, ils n'aiment pas à perdre ce revenu, ce qui arriverait certainement si les principes co-opératifs étaient adoptés. Dans l'Ontario les acheteurs de pommes se sont, pendant si longtemps, créé un revenu par quelques semaines de travail par an dans cette industrie que tout empiètement sur la vente des pommes par les sociétés coopératives leur parait une destruction d'intérêts fixes. Par suite de l'absence de la clause de contrat, plusieurs associations d'Ontario ont vu quelques-uns de leurs meilleurs producteurs disposer de leurs fruits en dehors de l’organisation. Quelques-uns de ces déserteurs s’aperçurent plus tard dans la saison qu’ils n'avaient pas obtenu un aussi bon prix que celui que l'Association aurait pu leur procurer. Dans quelques cas isolés, ils obtinrent un peu plus. Mais si l'Association devait disparaître, ils perdraient dans les années suivantes, beaucoup plus que le petit avantage obtenu une saison. C’est faire preuve de peu de jugemer* ‘ue de quitter une association co-opérative après y être

entré, C'est mème peu honnôte, car le total des pertes subies par toux les membres peut dépasser de beaucoup le gain du déserteur.

HÉCURITÉS,.

Ne choixissez comme ofliciers et directeurs que des hommes en qui v us pouvez avoir confiance. Les officiers, tels que le trésorier et le surintendant, qui manipulent de fortes sommes d'argent, inspireront ln confiance en insistant pour donner les -écurités ordinaires, soit que les patrons le demandent ou non. Dans le monde des affaires il est peu de postes de confiance où une garantie de ce genre ne soit exigée, Ni l'association ne prend pas de garanties d'autres sources, il faut qu'elle soit prête à courir elle même les risques, Ceci dans la plupart des eus peut se faire avec économie et sûreté, La valeur de l'élément personnel duns ce cas peui être appréciée de façon plus exacte par l'associn tion que par la compagnie étrangère.

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