BAISSE DES PRIX
Les chiffres suivants donneront une idée de la grandeur des pertes de pommes en 1896, et durant les années suivantes : D'après le bureau de Statistiques d'Ontario la récolte des pommes de 1900 se montait dans cette province à 12,300,000 barils ; les exportations totales durant la même année ne dépassèrent pas 678,651 barils, et comme il est peu probable que la consommation locale en ait absorbé plus de 4,000,000 il resta done 7,620,000 barils qui ne purent être écoulés et, sans deute, la plupart de ces derniers furent entièrement perdus. Détail important, la perte des fruits ne fût nullement
répartie également par tout la province ; elle fut beaucoup plus grande dans les anciens
vergers. Ce n’est pas que le fruit des anciens vergers fût de qualité inférieure ou que la production fût beaucoup moins abondante que dans les nouvelles plantations, mais les méthodes de rccolte et de vente étaient trop coûteuses pour peruiettre aux propriétaires de soutenir la concurrence avec les nouveaux vergers. Par conséquent, les acheteurs sérieux linmitérent leurs opérations à de très petites parties du Sud et de ï'Ouest d'Ontario, et abandonnèrent tout le reste, sauf dans les années de mauvaises récoltes. Les acheteurs irresponsables eurent alors le champ libre. Ceux-ci avaient pour méthode de gagner la confiance des producteurs une saison, afin de mieux les tromper l’année suivante, plusieurs ayant, de cette manière, extorqué, à une seule localité, des sommes variant de quelques centaines à plusieurs milliers de piastres. Il ne faut donc pas s'étonner si maints cultivateurs abattirent leurs vergers. Disons cependant que dans la plupart des cas des conseils plus sages prévalurent.