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De la corruption de nos institutions

// est bien juste, mon fils, que je te dédie ce volume; car c'est toi qui, après avoir lu ces études une à une, m'as demandé de les réunir. Puisse le public te donner raison. Puisse surtout un nombre suffisant de lecteurs se pénétrer de cette vérité, que la corruption dont j'essaie de leur faire connaître une faible partie réclame les efforts énergiques dé tous. Dans ta belle profession, oii tu as entendu de si bonne heure allier le dévouement à l'indépendance, tu t'appliques à convaincre bien des gens que leur organisation restera débile ou troublée, si, en se réglant, elle n'a pas accumulé assez de forces pour résister aux causes de désordre et réagir contre elles. Ce n'est pas à leur faire accepter de nouveaux spécifiques que tu t'emploies le plus volontiers : ils n'en demandent déjà que trop aux empiriques et aux charlatans. Le plus difficile est d'obtenir de celui qui souffre le respect des lois éternelles de la vie et le respect des lois du

bon sens. Une science étourdie en éloigne : la vraie science sait toujours trouver et indiquer à temps le chemin qui y ramène. Il en est ainsi pour le corps social; tu en es convaincu comme moi. Cette corn-' munautè d'idées et de sentiments n'est pas la moincire de toutes les consolations que tu m'as données, depuis le jour oh je dédiais l'un de mes précédents ouvrages à la mémoire de ton frère aîné. Tu méritais donc bien d'être récompensé, comme tu l'as été, par le succès dans ta carrière et par le bonheur dans la famille que tu as fondée à ton tour. Tu confieras à mes petits-enfants le souvenir de ce témoignage. Ils sauront que tu t'en es toujours montré digne.

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