LB MARQUIS
c Fuir! je n ai jamais déserté mes actes; on méjugera. »
L'auteur semble préjuger de la justice humaine et la rendre complice de cette justice sauvage. Mais être jugé, c'est courir an scandale qu^on a voulu éviter par un meurtre; car la mère d'Olympe est armée de toutes pièces ... à moins qu elle ne transige à meilleur prix.
M. Dumas fils a trouvé la même idée, conseillé la n^me justice, contre radoltère. Le mari
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de Diane de Lys reconnaît lui-même sa Complicité dans la conduite légère de sa femme ; son indifférence Ty a autorisée, et il lui a juré deux fois de lui rendre saliberté.Néanmoins, il donne aussi sa parole d'honneur de tuer son amant, et celui-ci prévenu se laisse sottement assassiner, chez lui, sans se défendre; celui-là, quoiqu'ayant juré, assassine lâchement, sansdroit.Puis, il dit aussi : « Je me suis fait justice. »
Réunissez le tribunal qu'il vous plaira; corn* posez le jury comme vous l'entendrez, pourvu que ce ne soit pas un jury de romanciers ou de dramaturges; donnez à ces juges, pour unique instruction, pour tout réquisitoire, ces deux pièces; il n'est pas un homme de sens qui n'en condamne les héros, comme coupables de meurtre volontaire et prémédité.
LeDaily-NefcSy à propos d'un meurtre récent, s'est exprimé en ces termes :
c Des idées honteuses et fausses prévalent dans l'esprit du public, sur ce sujet. Voici ce que je lis en lettres moulées et ce que j'entends répéter à tout moment dans la conversation : < Oh I il avait parfaitement le droit de la tuer puisqu'il la prenait en flagrant délit d'adultère. • Mais la loi française
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n'est pas sî barbare que cela. Elle admet bien comme excuse la passion irrépressible qui s'empare d'une âme de mari à la soudaine révélation de l'injure; mais c'est la calomnier que de prétendre qu'un homme, après avoir surpris: par des espions à gages un lieu de rendez-vous de sa femme, a le droit d'aller l'y trouver avec préméditation, armé jusqu'aux dents, et de lui donner la mort,.. Mais le Français, forçant par ignorance le sens de la loi, et goûtant dans son imagination la sensation de l'homme qui jouit du privilège déverser le sang en ne courant personnellement aucun risque, parle d'une façon vraiment horrible de ce meurtre de la femme, comme d'une chose toute naturelle et d'un exercice légal et viril du privilège du mari. *
D oii viennent ces idées honteuses et fausses, si ce n'est du théâtre et du roman? Est-ce en introduisant cette justice dans des moeurs qu'ils corrompent que les écrivains pensent atteindre le but qu'ils se donnent dans des préfaces : Empêcher que la prostitution ne dévore complètement la France?
Le dénouement importe ici, d'autant plus qu'il a été raisonné, presque prémédité, dès la première scène du Mariage d'Olympe^ annoncé comme un droit dans le 4® acte de Diane de Lys.
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Les deux pièces s'y trouvent résumées et le spectacle qu'elles ont donné l'une et l'autre n'y change rien.
Ce spectacle est exprimé par M. Emile Augier en un mot qu'il répète deux fois : La nostalgie de la boue. Olympe est donc une coquine qui exploite un jeune homme, niaisement élevé et jeté sans défense dans une société sans mœurs. Mais la vie de famille la fatigue vite; elle se trouve dépaysée au sein de mœurs honnêtes; elle s'y ennuie « comme un impie dans une église » ; à la première ouverture, elle se rejette dans ses mœurs délurées.
Ne nous arrêtons pas à demander si cette fille, que l'auteur dén^asque ainsi dans des scènes plus triviales que comiques, est bien de ce beau monde qu'il a dépeint d'abord, et « Tune des femmes le mieux et le plus entretenues de Paris» , et s'il n'y a pas là une invraisemblance qui rend la faute du mari moins excusable. — Cherchons le sujet si bien annoncé dans la première scène : bt^est dans tout cela la Madeleine qui se repent, où la fille égarée qui aspire à rentrer au bon
chemin, où la femme qui aime et veut être digne d'amour? Le procès, appelé contre le pa- , radoxe de Marion de Lorme, est esquivé; loin d'entrer dans l'idée fausse pour la combattre, l'auteur la nie; c'est plus tôt fait. Dès la première scène, il a porté la sentence :
C LE MABQUIS.
« Supposition inadmissible. Monsieur.
BAUDEL.
« Ne se peut-il que, lasse de son dévergon- « dage, heureuse d'une vie calme et pure
LE MAEQUIS.
<K Mettez un canard dans un lac au milieu des t cygnes, vous verrez qu'il regrettera sa mare « et finira par y retourner.