CONCLUSION
Quel admirable spectacle que celui de la naissance des beaux-^rts! L'homme veut s'exprimer : le signe est son premier langage ; il veut parler : il chante ; il veut fixer les idées dans sa mémoire : il demande un procédé mnémonique à l'harmonie et au rjrthme; il veut les fixer à la vue : l'hiéroglyphe peint ce qu'il a chanté. Il parle, il lit, il écrit enfin : alors, ses premiers efforts lui servent, comme des débris de diamants, à des choses sublimes , les arts. Le signe et l'hiéroglyphe font la peinturé et la sculpture ; le chant fait la musique et la poésie.
On a dit que la poésie était due à la faiblesse des facultés humaines au berceau, et que par conséquent les plus grands poètes étaient les premiers venus. Il serait plus juste de dire
qu'elle est le premier acte de puissance d'un être qui s'affirme en naissant. Chanter en s'essayant à parler, dessiner en s'essayant à écrire, l'image à défaut du mot propre, l'allégorie avant le raisonnement, l'apologue avaijt le syllogisme, le merveilleux, première tentative d'abstraction : ainsi se révèle l'intelligence humaine : Fera incessu patuit Dea.
Les premiers poètes- rendent de grossiers oracles, chantent 1^ dieux, conseillent le devoir, célèbrent les premières victoires de Thomme sur les éléments, ou ses premières guerres pour la justice. Us prennent part aux travaux qu'ils chantent : Orphée guide les Argonautes et descend aux «ifers. Amphiarus est un des sept chefs de Thèbes et plus d'un Cyclique avait pris part à la guerre de Troie. Partout, dans rinde comme en Grèce, en Judée comme en Perse, Tantique poésie reste frappée des grandes scènes et des luttes gigantesques des premiers jours. Partout, elle immortalise les héros qui ont combattu Tanthropophagie {tictufosio) et les sacrifices humains, dompte les éléments, inventé les arts utiles. Quels bienâdts les inspirés de la muse donnèrent .aux peuples, Horace nous
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Ta dit et le tableau est magnifique : arracher les hommes à la vie sauvage, leur annoncer Dieu, bâtir des villes, fonder la famille, la société, la religion, régler l'amour et le mariage, dicter les lois... Le poëte ainsi « divinisa » son art et lui-même :
Sic honor et nomen divinis vatibus atqrie Carminibiis venit.
Puis, les poëtes célèbrent les expéditions de peuple à peuple, qui étendent l'horizon du commerce ou qui vengent les lois de la société. Homère chante les héros, Tyrtée la patrie, Selon la justice. Plutarqùe rapporte que ce fut le poëte Thaïes de Crête qui persuada par ses vers aux Lacédémoniens d'accepter les lois de Lycurgue et qu'il réussit ensuite à les guérir de la peste par la musique et la poésie : I^t Tita monstrata ma est.
Tout ce qui se trouve de fiction dans ces enfers qui s'attendrissent, dans ces pierres qui se meuvent, dans cette peste qui cède au charme, ne peut en faire révoquer en doute le fond, entouré de brillants nuages. Le mythe, au contraire, confirme le fait : il faut que l'imagination
des premiers peuples ait été bien vivement frappée des effets de la poésie pour lui avoir attribué ces merveilles.
Ainsi la mission apparaît et Ton sent Taigle au nid.
Ces premiers pas annoncent Tavenir. C'est une erreur de croire que la poésie ne soit que la compagne de Tenfance des civilisations. L'imagination primitive n*est guère qu'un instinct, elle ressent plus vivement les impressions et les rend plus naïvement; tout s'anime et vit aux yeux des enfants ; ils parlent à leur poupée, ils tremblent devant les épouvantails qu'ils ont dressés : Fingiênt simul creiuntque. Cette faculté a créé la grande poésie imagée des premiers temps, mais elle ne fait pas toute la poésie. Que de matériaux meilleurs, que d'émotions plus grandes, que de ressources infinies apporte au poète le progrès ! La poésie s'élève avec la pensée, marche avec la science, grandit avec l'humanité. Le progrès n'est ni continu, ni fatal; il est attaché à la libre activité de l'homme, et représente ses succès dans la bonne voie ; il per^ met l'erreur et suppose la décadence possible ; si donc, nous trouvions que les arts n'ont pas
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progressé, il n'en faudrait pas accuser ces instruments sublimes, mais l'ouvrier humain. Les hommes ont pu fléchir, s'arrêter, se fourvoyer; le génie humain n*a point de limites. L'essence de l'art est le beau, le vrai, le juste; plus la science, la philosophie et la morale feront de conquêtes : plus les arts enrichiront leur domaine, élargiront leur horizon, s'élèveront dans les cieux. La civilisation dépouille l'art de ses enveloppes de convention et des défroques du passé ; le progrès des lettres est inséparable des progrès généraux qui exercent sur elles une action puissante ; mais les arts ont leur place dans la grande armée de la civilisation; s'ils triomphent avec elle, souvent ils en senties éclaireurs, et quand le génie, entraînant le bataillon sacré, emporte la victoire, l'armée entière a vaincu, Vico se trompe. La poésie grandit avec la civilisation.
Le progrès des lettres est possible et il est visible. Comparez l'idéal de la poésie dans les différents siècles : vous le verrez progresser avec l'esprit humain.
Et quels puissants ouvriers de la vigne que la poésie, le roman et le théâtre. Ils parlent la
langue de tout le monde, ils prennent tous les tons; aucune corde ne manque à leur lyre, aucune flèche à leur carquois. Convaincre par l'émotion ou désarmer par le rire, quelle influence ! Ils analysent, dissèquent, mettent à nu les passions, puis ils reconstruisent, ils personnifient, ils créent. Le théâtre fait mieux. Ne savez-vous pas lire, qu'importe? il vous prend par tous les sens à la fois, il vous fait témoin, acteur, complice de ses sujets ; à l'éloquence du style, au prestige de la mise en scène, il ajoute tous les charmes de la vie : le costume, la beauté, le geste, la voix, la passion d'interprètes inspirés ; le récit prend corps et âme, les lieux apparaissent ou revivent sous la baguette féerique; poète, peintre, musicien, acteur, tout concourt et tout disparaît : l'action s'agite, le héros parle, prêche, émeut, séduit; le drame palpite et triomphe ; c'est la réalité, c'est l'idéal, c'est la vie.
Poésie, théâtre ou roman, l'art littéraire ose tout, peut tout. Quel pilier de temple lui résistera? Sur quel préjugé s'ébréchera son glaive? Les t^Tannies sociales, il les attaque en face ; la famille, la société, lliomme, le citoyen, les
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dieux, s'arrête-t-il jamais devant rien? Élever des pavois à l'idée persécutée, au lutteur martyr, des piloris aux ridicules et aux abus, fait sa force et sa joie! Eendre le sentiment plus utile, la raison plus belle, la beauté plus séduisante, qui le peut mieux que lui? Il ne reculera devant aucun cercle de l'enfer social, devant aucun sombre repli du cœur humain. Il n'est pas une grâce qui ne lui prête sa ceinture, il n'est pas une horreur qu'il n'ose pénétrer, il n'est pas une puissance qu'il n'affronte. Il est toujours Orphée: il annonce les dieux et attendrit l'enfer ; toujours Amphion : à sa voix s'élèvent les barricades; toujours Calchas : il venge la famille ; toujours Tyrtée : il venge la patrie ; toujours Voltaire : il venge l'humanité. Il est Aristophane et il châtie les mœurs ; il est Selon, Amphiarus, Lycurgue, il réforme les lois.
Cléon a beau triompher dans le forum; Aristophane le fustige sur la scène. La gueî're a beau régner; Eabelais mettra Picrochole au pilori. La superstition ligue en vain les rois contre les peuples ; la Chanson des Queux répond à la Saint-Barthélémy. La coalition marche-t-Qlle contre la France; la MarseiU
laise mène à la victoire les quatorze années. Les Girondins, de Lamartine, c'est 1848 en France; la Muette de Portici, c'est 1830 en Belgique. Que les pédants se tiennent bien; les Précieuses ridicules vengeront le bon sens et la bonne langue. Que le pape hésite à abuser de ses foudres ; Eenard sera excommunié par l'âne ; Gringore opposera h Mère Sotte V Église, la Sotte Commune ; Eabelais opposera l'abbaye de Tbélème à Papimanie. Si un peuple s'oublie soimême, la renaissance àesNiebelungen concourra à rendre l'Allemagne au patriotisme. Si l'histoire n'est plus qu'une langue morte, un romancier comme Walter Scott lui rendra la vie. Si la chevalerie se fourvoie, gare à Don Quichotte; si les économistes se trompent, place à YHomm^ aux quarante écus ; si les socialistes vont trop loin, gare à Jérôme Paturot! Dickens et dlsraëli ont préparé autant de réformes queCobden. Pétrone venge Rome opprimée par Néron; . Shakespeare venge les sorciers brûlés par les rois ; Dante venge le peuple profané par son siècle . Tartufe et Mahomet sont des événements ; les Plaideurs font une révolution au palais; Figaro prépare une révolution politique ; dans la Case
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du père Tom, il y avait ane révolution sociale. L'art s'appelle Légion! Sera-t-il le bataillon sacré du progrès, ou la horde de Vandales de la décadence? A cette question, sans rabaisser les conditions plastiques et philosophiques de l'art, on peut hardiment répondre : « Tout dépendra de « son immoralité ou de son élévation morale. »
J'ai essayé de montrer comment les grands écrivains atteignent les sommets moraux de leur art, coiùment des mœurs perverses, un milieu corrompu, les tentations du métier, l'ignorance et l'erreur, déjouaient les meilleures intentions, creusaient l'ornière de l'immoralité littéraire.
On pourrait résumer en un mot les lois de l'art : L'art doit être humain.
Humain, car l'homme vit dans la vie générale et dans l'ordre universel. Dans l'art, cet ordre est représenté par l'idéal, et l'idéal humain, c'est la logique de l'esprit et du cœur, respectée dans les caractères, dans les situations, dans toute la mise en scène des sentiments, des idées et des mœurs, dans l'équilibfe d'une œuvre. Le vrai, c'est le vraisemblable.
Humain, car l'homme est à la fois physique, intellectuel et moral. L'art, comme lui, doit être une harmonie,- et l'on déprave l'art aussi bien par le despotisme du sentiment que par la religion des sens.
Le génie jusqu'ici a su et senti cela, et bien d'autres choses encore. Le génie moderne -perdrait-il de sa liberté, s'il possédait quelque peu la science de son art? M'est avis que la science concourt à l'audace et qu'on ne se sent jamais si puissant et si libre que lorsqu'on se possède dans la plénitude de sa conscience. '
« Combien il est insensé, dit Weber, de croire . « qu'une étude appliquée des moyens rende le « génie boiteux. C'est seulement de leur posses- « sion magistrale qu'émane la liberté du pou- « voir créateur. »
Que des écrivains, héritiers de trois siècles de gloire, investis d'une mission aussi sainte, d'une responsabilité aussi grande, d'une confiance aussi honorable, n'aient pas cherché ou trouvé le 'secret du bien, connu de leurs devanciers; que le talent paraisse avoir perdu pour la première fois le sens moral ; cela n'étonnera que ceux qui ne connaissent pas les difficultés des
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époques de transition, où l'avenir à peine né se mêle au passé vivant encore, où la société n'a d'assises que des ruines à demi-restaurées ; cela n'étonnera que ceux qui ne savent pas combien les premiers' essais de liberté et de propriété, comme les premières moissons d'une terre déboisée, peuvent produire de plantes parasites ou d'ivraie mauvaise. Mais est-il un noble esprit qui ne s'en inquiète, un cœur droit qui ne s'ei^i alarme, une conscience amie du bien qui ne proteste, un homme de bonne volonté qui n'appelle le remède? Le remède est dans la science du bien et dans les mœurs.
Le public ne doit plus conspirer avec la corruption, rester complice de la profanation ! Qu'il laisse le théâtre immoral aux lorettes,et les romans malsains aux boudoirs impurs; qu'il' forme son goût aux lumières de sa. conscience et ses mœurs au -feu de la justice!
« Si parmi les lecteurs, il est quelques mal- « heureux , s'écrie la Revue des deux mondes y « sur lesquels ce roman ait laissé une trace, « qu'ils prennent un fer rouge et qu'ils câuté- « risent vivement la plaie ! »
Les écrivains prétendent servir la civilisation.
réformer la société ; qu'ils aient les mœurs des apôtres et la science des philosophes.
Les écrivains sont plus inténessés à cela qu'ils ne le pensent; se figure- t-on que l'avenir appartienne aux méprises d'une époque troublée, se laisse prendre au hasard du charlatanisme ou au génie du désordre? Non. La postérité jugera sévèrement les hommes et plus sévèrement les œuvres. Elle demandera compte aux auteurs du devoir, aux livres du progrès. Ce n'est pas devant elle qu'on osera défendre les chefs-d'œuvre immoraux et les bacchanales du génie!
La gloire n'adoptera que les œuvres viriles, morales et saines.
La gloire de la France et la civilisation européenne sont en cause. L'héritage de Rabelais et de Montaigne, de Racine et de Molière, de Voltaire et de Rousseau, sera-t-il livré aux dissipateurs? La rénovation sociale sera-t-elle compromise par les hommes du sacerdoce littéraire? Le plus puissant agent du progrès trahira-t-il le progrès? Il s'agit bien ici de politique! il est question de vie ou de mort î La lutte produit la civilisation ; les honnêtes gens de tous les partis ont le même intérêt : veulent-ils être trompés
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encore en laissant glorifier la corruption sous le ' masque de leurs idées? Veulent-ils accepter dans leur rang la décadence portant leur bannière? Non! cent. fois non! il faut que tous les partis jugent leurs écrivains, qu'aucun n'accepte de saltimbanque, môme dans sa musique; que tous répudient les faux prophètes; que tous crient aux apôtres trompeurs : « Vous trahissez nos « idées et ne les servez point! Vous défigurez « notre philosophie ! Vous profanez notre reli- « gion ! Vous perdez notre démocratie ! Vous « brisez la morale! Arrière les marchands du « temple! »
Telle est l'utilité de ces études, et, lorsque le problème* aura été traité contradictoirement, suffisamment élucidé , si l'écrivain , pressé de produire, aveuglé par des paradoxes, ou insoucieux de la science morale, ne rentre pas dans les voies du jiiste, l'opinion du moins sera armée contre le virus caché; l'instinct moral, qui a tant de fois protesté, protestera plus souvent, en meilleure connaissance de cause , et la con-
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science publique, mieux éclairée, saura distinguer la viei^ féconde de lacourtisane illustre .
L'homme qui séjourne dans un air vicié, s'y habitue; dites-lui que l'air qu'il respire est malsain, il ne vous croira pas, et ce poison lent gâte son sang, corrode sa poitrine, le menace de phthisie ou de rachitisme. Menez-le dans la vivifiante atmosphère des campagnes : à son retour, l'odeur méphitique le frappera, le danger sera connu, conjuré.
S'il faut en croire des accusations, confirmées par ces études, Tair littéraire de notre époque est corrompu ; — je ne parle plus seulement de la France, il y a des miasmes partout, la littérature française est respirée dans les deux mondes, et il se trouve malheureusement encore des peuples impuissants à creer leur art, des esprits qui aiment à vivre d'émanations étrangères. — Ceux qui s^nivrent de cette atmosphère ne croient pas au danger : observez ces induliren<^es souriantes d'hommes de cœur, ces théories c^ptienses d'homi^ie? d'esprit, cet ^leoîisîiie tolêranî de philosophes, ces cc*mpliriîë^ admiraîrices de oiT< vens libT>ôs, cette calïiaraderio aveiiirle d'esrriis lê^:^, qu'on »en-
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contre si fréquemment dans la critique et dans la société! Tous les chefs-d'œuvre semblent bons à respirer et le premier livre dont le succès est bien exploité devient ppur l'ignorant un chefd'œuvre. Mais de nombreuses plaintes dénoncent le danger, de fréquentes défaillances, d'éclatantes apostasies le constatent, des chutes célèbres, de grands échecs politiques en montrent la gravité. La décadence des mœurs suit la corruption des lettres et la société menace de tomber avec elles. Ah ! cherchons l'air libre et pur, impreignons-nous d'idées saines. Puis, rentrons dans ce milieu malsain et nous sentirons les miasmes, nous pourrons comprendre et dénoncer le danger, et puisse alors le bon sens public délivrer, de cette peste, le génie, qui n'est rien sans la conscience, et la société, qui n'est rien sans les mœurs !
Plus qu'aucun autre peuple, la France a élevé la voix contre des erreurs qui trahissent sa gloire, contre des vices qui compromettent son avenir. Ce n'est pas la France littéraire que représentent ces écrivains. J'en atteste les Lamartine, lesAug. Thierry, les Toqueville, les Charras, les Lanfrey, les Bastiat, les Proudhon,
les Edg. Quinet, les H. Martin, les Claude Bernard , les Renouvier, et bien d'autres penseurs sans popularité, mais non sans talent. Ce n'est pas la France honnête que peint cette littérature, c'est la France du préjugé et de la corruption. Ce n'est point Paris qui fait ces succès dangereux, c'est le Paris du demi-monde, le Paris des boulevards, le Paris des étrangers et non le Paris du droit et de la famille. C'est tout ce qu'on y voit bouillonner et briller à la surface : l'écume enfin! Non, le peuple français n'a pas délégué son honneur à cette Bohême!
Et si la France ne suffit pas, que le monde vienne à la rescousse! que la proscription du dehors vienne en aide au mépris des honnêtes gens du dedans ! La vraie France ne veut pas que le monde la croie peinte, représentée, glorifiée, dans ces œuvres qui courtisent le vice ou qui flattent les préjugés. Que l'Europe établisse un cordon sanitaire contre cette épidémie et que la corruption meure, étouffée par la réprobation générale !
Les mauvaises mœurs font les tyrannies et les mauvais livres perdent les révolutions les
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plus justes. Un peuple meurt, faute de caractères et de consciences. La démocratie française sait cela! Crions donc avec elle, contre elle, s'il le faut: « Arrière les chefs-d'œuvre malsains ! A bas les illustrations suspectes! La morale, voilà la première condition des grandes œuvres ; la conscience, voilà le juge souverain de l'art. Sans mœurs, point de société; sans moralité, point de génie ! »