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[Note Uy page 104] . La plupart des tradoctea» ont rendu le mot hébreu ophot par oiseaux^ mais tout ce que cette expression indique proprement, c'est un animal ailé. Or^ il est une infinité d'animaux ailés qui sont loin d'être des oiseaux; tels sont, par exemple, certains mammifères, quelques espèces de reptiles et de poissons. Il se pourrait que le mot hébreu se rapportât plutôt à ces reptiles et aux poissons qu'aux oiseaux, qui, comme les cétacés^ ont paru beaucoup plus tard sur la scène du monde. La Genèse employé constamment le mot oph, oiseau, au singulier. C'est un nom collectif qui embrasse tous les volatiles en général ou tous les êtres volants. Aussi, pour bien rendre le véritable sens de cotte expression , il vaudrait mieux n'employer que le singulier et non le pluriel, et substituer oph à ophot^ ou oiseau aux oiseaux.
[-Vofe 45, page 105]. Les cétacés sont des mammifères marins dont la forme est analogue à celle des poissons et dont plusieurs espèces acquièrent la plus grande taille. On peut citer comme exemple les baleines, les cachalots, les lamantins et les dugongs.
[Note 4S,page 107]. L'ouvrage que M. âgassiz a publié sur les poissons de l'ancien monde, est intitulé: Recherches sur les poissons fossiles. Il en a paru douze livraisons de texte et de planches , lesquelles sont exécutées avec le plus grand soin et une exactitude remarquable. L'auteur a fait paraître son ouvrage à Neufchâtel, lieu de sa résidence habituelle.
Dans le principe de la publication de ses Recherches^ M. âgassiz ne connaissait que 500 espèces de poissons fossiles; il est arrivé maintenant à pouvoir eu décrire jusqu'à 1500 , ce qui peut donner une idée des efforts qu'il a faits pour porter cette partie de la science à la hauteur à laquelle sont arrivées toutes nos autres connaissances sur les espèces de l'ancien monde.
[Note 47> page 154]. Le texte porte: <• Dieu dit : Faisons Adam à notre image et à notre ressemblance, afin qu'il préside aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel et aux bétes do la terre, et Dieu créa Adam. Il le créa à l'image de Dieu, et il les créa mftie et femelle. Dans ce passage , le mot Adam n'est point un nom propre restreint oniqiicment au premier père du genre humain. C'est un nom commun aux deux sexes et qui dans l'hébreu comme le mot homo dans le latin, et le mot homme dans le français, comprend l'homme et la femme. Le sens du texte n'est donc pas que Dieu créa le père du genre humain mâle et femelle, mais qu'il créa deux individus ayant des sexes différents.
Dieu créa donc l'homme à son image ; il les créa mâle et femelle. Le texte hébreu porte : Dieu créa les hommes , et c'est peut-être à cause de cela qu'il est dit, il les créa mâle et femelle.
La Fulg^e^ en rétablissant le singulier dans la première partie de la phrase» selon le seul sens possible, aurait dû le rétablir également dans la seconde ; elle aurait épargné bien des peines aux commentateurs.
Ceux-ci, en effet, ont diversement expliqué ce passage; la plupart s^accordent pourtant à lui donner pour complément celui du chapitre deuxième, où est racontée la création d'Eve.
Cette faute se trouve même, contre notre intention, dans le texte de notre ouvrage, ainsi que l'on pourra s'en assurer en jetant les yeux sur le second alinéa de la page 154 ; nous ne pouvons nous empêcher d*en prévenir le lecteur.
[Note 4S, page 145]. Chaque formation géologique a, comme on le sait , des espèces particulières et distinctes , aussi différentes de celles qui les ont précédées que de celles qui les ont suivies. Dèslors les végétaux qu'ici Dieu donne à l'homme pour nourriture, ne devraient pas être les mêmes que ceux des premières périodes. Il est aisé de juger pourquoi la révélation est restée muette à l'égard de pareils faits, tout à fait étrangers au but qui nous a valu le court récit de la création.
Quoiqu'il en soit, les forêts de l'ancien monde n^ont point été détruites comme les forêts des temps historiques, qui disparaissent de dessus la surface de la terre sans laisser la moindre trace de leur existence. Les arbres des plus anciennes époques, conservés dans les entrailles de la terre > sont devenus, dans ces derniers âges, les sources de la chaleur, de la lumière, de la force motrice et des arts. Transformées dans le sein des couches terrestres en houille ou charbon de pierre et en minerai de fer qui les accompagne ordinaire* ment, elles sont devenues pour l'homme une source d'industrie et de richesse.
[Note 49, page 145]. Le nom de sauriens s'applique à tous les rep* tiles dont la conformation générale se rapproche des lézards. Les ichthyosaures , les plésiosaures et les mégalosaures de l'ancien monde, se rapportent à cet ordre, ainsi que les crocodiles etles gavials.
[Note 50, page 148]. D'après les observations récentes dues à MM. Owen et flarland , le basileo - saurus ne serait point, comme on l'avait d'abord supposé, un reptile saurien mais un mammifère.
MM. Ogilby et Owen ont admis également que le didelphis hucklandi ressemble à la fois aux mammifères insectivores et aux marsupiaux actuellement vivants. Quant aux didelphis prevostii [ihylacotherium)^ il y a au contraire plus d'analogie avec les mammifères insectivores qu'avec les marsupiaux. MM. de Blainville et Agassiz n'en persistent pas moins dans leur opinion, ils ne considèrent pas
les animaux de Stones6e1d comme appartenant aux mammifères. Les travaux zoologiques de M. Owen ont beaucoup augmenté les probabilités en faveur de Topinion contraire à celle soutenue parles premiers naturalistes que nous venons de citer. Les recherches auxquelles se livre M. Owen, lèveront probablement tous les doutes sur la vraie place à assigner anx animaux de Stonesfield.
[Note lii y page iS7], Americ. Jotirn. ofScienc., avril 1857. — Bibliothèque universelle de Genèvet numéro du â4 décembre 1857, l. XII, p. 429.
[Note 82, page 167]. Nous avons nommé humatiles les espèces que Ton découvre dans les couches ou les dépôts antérieurs à la rentrée des mers dans leurs bassins respectifs. Nous avons réservé le nom de fo.ssiles aux corps organisés ensevelis antérieurement à la retraite des mers de dessus les continents.
Ce mot humatilc dérive de Tcxpression latine humatus, qui signifie corps enterré d'une manière en quelque sorte accidentelle, ce qui convient assez à ceux que nous avons désignés par cette expression.
[Note 55, page 167] . Compte-rendu des séances de T Académie des sciences de Pai'is, année 1859, premier semestre, cahier n» 15, pag. 57U.
[Note 54, page 169]. Voyez Bacon et Leibnitz, ainsi que le nouvel ouvrage de M. Buckland, intitulé : De la minéralogie dan$ ses rapports avec la théologie naturelle. Voyez également le TYaUé de philosophie naturelle d'HeascHEL , et les Fragments philosophiques du problème de la destinée humaine,
[Note ^^,page 170]. La septième époque est donc celle du repos. Le texte sacré porte : Etperfecti sunt cœli et terra et omnis exercitus eorum, et perfecit Deus in die septimo opus suum, quod fecerat et requievit in die septimo, ab omni opère suo quod fecerat. Cependant ce texte semble dire que Dieu fit encore quelque chose à la septième époque , ou qu'il y mit la dernière main.
Le texte samaritain, les Septante, et la vei^sion syriaque, semblent plus précis. Ils portent : ()\\^ Dieu termina son œuvre à la sixième époque après qu'il eut créé l'homme , et qu'il se reposa le septième jour. Et consummata sunt cœlum et terra et omnis creatura eorum, et consummavit Deus in die sexto ( ev nui ^fJ^P^ •"? f «fn? ) opéra sua quœ fecit, et requievit in die septimo, àb omnibus operibus quœ fecit.
Plusieurs commentateurs ont cru trouver dans le premier texte hébreu une portée encore plus haute, en supposant que la septième époque, la plus parfaite de toutes [perfecit Deus opus suum quod
feeerat et reqvievii) , désigne le repos éternel de toutes les créatures, ou cette vie dans un immuable avenir, dont Tat tente est universellement répandue. D'après cette interprétation , nous serions dans cette sixième époque de labeur, où il est dit à Thomme d'exercer son empire snr toute la nature, en attendant cette septième époque àwperfecit opu$ suum.
La Genèse embrasserait Tunivei's dans sa fin comme dans son commencement, et toutes les générations, itiœ sunt generationet cœli et terrœ. Cette interprétation explique tout aussi bien, et peut-être mieux encore, la bénédiction de la septième époque, et cet ordre de sanctifier le jour du sabbat, eu mémoire et dans Tattente du repos étemel.
[Note 56, page 176]. Par suite de Tespèce de manie qo*ont eue les peuples de Tantiquité de reculer leur origine, les Grecs ont eu une tendance à rapprocher d'eux les temps antiques, et à raccourcir les chronologies qui leur étaient antérieures. Leurs dieux appartiennent évidemment aux temps les plus reculés des traditions égyptiennes, et néanmoins ils les ont supposés à peu près contemporains de leurs héros. Cest qu'ayant été civilisés fort tard, ils n'ont pas eu d'histoire, et ils ont cherché à remplir cette lacune en confondant des faits récents avec les vagues traditions anciennes. « Vous autres Grecs, vous n^étes que d'hier, dit avec toute raison un prêtre égyptien dans le lïmée de Platon. »
[Note VT^page 178]. Dans le Timée, Platon raconte que Solon étant allé en Egypte, y fut accueilli avec honneur et distinction. Quand il questionna snr l'antiquité de cette contrée et sur ses habitants les prêtres les plus instruits sur de pareilles matières, il comprit que ni eux, ni aucun Grec, n'en avaient jamais rien su. Alors, plutôt pour engager la discussion sur ces faits que pour les rappeler, il tâcha de parier d'antiquités, de supputer des années , de calculer l'époque de Phoronée et de Niobé , du déluge de Deucalion et de Pyrrha , et de leur propagation^ commie le dit la fable.
Mais un vieux prêtre, en l'interrompant, lui dit : « 0 Solon ! Solon, > vous antres Grecs, vous êtes toujours des enfants; il n'est point « de vieillards chez les Grecs. » Et comme Solon lui demandait la raison pour laquelle il disait ces paroles, il ajouta : « Vous êtes tou- « jours jeunes en vos esprits , car vous n'avez en vous aucune doc- « trine qui vous vienne des traditions anciennes , aucune science « blanchie parle temps. » (Platon, Timèe, Ëdtt. de Bekker,tom. Vil, p. 13. Beriin, 1817.)
[Note SS^ page 180]. L'établissement du boudhismc, d'après les livres sacrés de Tlnde, remonte seulement au milieu du sixième siècle avant l'ère chrétienne, du moins, d'après l'extrait de Guigniand.
[Note 89, page Si6]. Le texte samaritain ne panfft pas croire à la création de la matière, qnHl regarde en quelqne sorte comme éternelle; aussi représente-t-il la matière comme diffuse jusqu'à Pannibilation. Au lieu donc d'employer le verbe bara (creavU)^ il écrit clamait campreseit, ùrdinavit. D'après ce texte, Dieu aurait seulement coordonné la matière à cette époque ; mais elle aurait existé antérieurement. Une pareille différence dans la philosophie, à des époques aussi reculées que celles auxquelles se rapportent les diéSrents textes de TÉcôture, est réellement remarquable.
Du reste, une pareille doctrine qui semblerait faire supposer que les Samaritains considéraient la matière comme étemelle, n'a pas été avancée d'une manière absolue , mais seulement pour faire sentir que la matière existait avant sa coordination.
[Note 60, page 221]. D'après Clément^ d'Alexandrie, la sortie du peuple hébreu de l'Egypte aurait eu lieu la 445« année avant le renouvellement du cercle scythiaque; elle se rapporterait donc à l'an 1767, avant Père chrétienne, c'est-à-dire qu'elle serait de 5608 ans antérieure à notre époque.
[Note 61,pa^e262]. De pareils exemples de ploie extrêmement violente ne sont pas rares dans les régions tropicales; ils ne le sont pas plus au milieu des contrées tempérées. Ainsi, le 2S octobre 1822, il est tombé à Gènes, dans un seul jour, jusqu'à 82 centimètres d'eau, quantité réellement prodigieuse. Ce qui rend ce nombre moins étonnant, c*est qu'il est bien constaté que le 21 septembre 1839, il est tombé à Marseille 40 millimètres d'eau en vingt-cinq minutes. La rue de la Canebière, dont la largeur est de 50 mètres et la pente d'environ i 5 millimètres par mètre, fut entièrement submergée. Par suite de cette pluie extraordinaire, l'eau s'éleva de 0*^ M au-dessus des trottoirs dans la partie inférieure de la rue. M. Valz y a constaté un débit d'eau de 50 à 58 mètres cubes par seconde.
Des pluies plus considérables encore ont eu lieu pendant les temps géologiques ; on en a découvert en quelque sorte la preuve dans les traces qu'elles ont laissées de leurs effets sur les roches du nouveau grés rouge de l'Angleterre. Ces traces, comparées à celles que laissent sur le sol les pluies des tropiques, ont paru tellement identiques aux géologues anglais , qu'ils les ont rapportées à une même cause, c'est-à-dire à des pluies très violentes*
[Note 62, page 292] . Malgré les efforts de l'homme, les dunes ont couvert^ à différentes époques, un grand nombre de villages. Elles en menacent dix dans le département des Landes. Celui de Mirmissan lutte depuis quinze ans contre elles. Une dune de 60 pieds d'élévation, qui s'approche sans cesse, le menace d'une ruine aompléte.
Eti 480ft,1es éUngs, pomsés en avant parles danes, ont envahi cinq belles métairies dans la commune de Saint- Julien. Depuis longtemps elles ont couvert de leurs sables une belle chaussée romaine qui conduisait de Bayonne à Bordeaux et que Ton voyait encore il y a trente ans quand les eaux étaient basses (Voyez les Mémoirei de Tassw.)-
L'Âdour qui, à des époques connues , passait au vieux Boucaut et se jetait dans la mer au cap Beiron , en est maintenant à plus de 1000 toises. D'un autre côté, les dunes en poussant devant elles des étangs salés rapprochés des rivages, ont empêché leur communication avec la mer et ont fini par les convertir eu lacs d*eau douce. Ces étangs, ainsi transformés, sont utiles aux besoins de Tagriculture, et leur nombre est assez grand sur les côtes de la Gascogne.
Ces faits peuvent donner une idée de la marche rapide de ces monticules sablonneux qui bordent les côtes basses et qui s'avancent d'une manière constante vers Tinlérieur des terres.
[Note 69, page S97]. Il existe dans les environs de Cette (fférauU) à 5/4 de lieue à l'ouest de cette ville, des dunes qui s'avancent constamment dans rintérieur des terres, malgré tous les obstacles qu*on oppose à leur marche. On a planté des tamarix pour les arrêter; mais malgré leur belle venue, les dunes les ont déjà franchis et atteint la vigne plantée en arrière de ces arbustes.
Ces mêmes dunes ont également barré le chemin de communication qui longeait jadis les bords de la Méditerranée en le couvrant de leurs sables.
Cependant il n^ a pas plus de vingt ans que ce chemin était encore praticable pour les charrettes, ainsi que nous Pont assuré les habitants des campagnes voisines. Nous nous rappelons nous mêmes y avoir passé à une époque où ce chemin était loin d'être obstrué comme il Test maintenant. Le seul doute que nous formions à cet égard, tient à l'époque précise où ce chemin n'était point, comme aujourd'hui, recouvert presque entièrement par les sables que les dunes y ont jetés et y accumulent sans cesse.
D autres dunes, plus rapprochées de Cette que celles-ci, ont égale- OMnt envahi des falaises qu'elles ont couvertes de leurs sables, et leur ont ainsi donné une pente assez douce. La mer ne sappe donc plus ces falaises comme elle le faisait naguère; les dunes y ont mis un obstacle que la mer ne saurait franchir.
Ainsi, soit d'après le peu de terrain que les dunes ont gagné sur cette partie des côtes de la Méditerranée, soit d'après Tétat de la fa> laif^e qu'elles ont envahie, il faut que la formation des dunes et des falaises ne remonte pas à une hante antiquité.
[Sote C4, page 505]. Voyez la note sur les glaciers des Alpes, in*
sérée dans la Bibliothèque universelle de Genèf>e, par M. J. kvùfâ DE Luc, t. XXI, no 41, caliicr de mai i859, p. 141.
[Note ^,page 309]. Ceux qui désireront avoir des détails pluscîroonstauciés sur les mouvements progressifs des glaciers, les trouveront dans le numéro de juin 1859 de la Bibliothèque univergelle de Genève.
[Note 66, page 509.] Les dolomies de la face sud est de la montagne de Cette (Hérault), presque aux bords de la mer et à Textrémité de la cairiëre dcl Souras, nous ont offert une grande partie de leurs surfaces aussi parfaitement polie que les roches quartzeuzcs du Saint-Bernard. Les surfaces des joints intérieurs des couches présentent particulièrement cet aspect ; comme elles correspondent à des parties assez profondes de la masse, il parait difficile de Tattribuer à des glissements et à des frottements de roches.
Cette circonstance semble avoir été produite par une véritable cristallisation, opérée peut-être à Taide du liquide qui tenait en dissolution ou en suspension les parties les plus pures de la dolomie. Des portions, en se déposant dans une fente très étroite, ont dû cristalliser avec d'autant plus de régularité qu'elles étaient dans un repos absolu, et cette cristallisation a produit en définitive les snrfaces polies et unies qu'on remarque entre les fissures de ces roches.
Les dolomies, celles du moins qui se trouvent au niveau de la ]!iléditerrauée, offrent non-seulement des calcaires concrétionnés albâtres, mais encore des calcaires coquilliers analogues au calcaire moëllou, dont ils ont toute la solidité. Ces roches d'origine moderne, nous indiquent de quelle manière se sont formées les roches calcaires des temps géologiques. Elles nous annoncent en même temps que le fil de la nature n' est point interrompu, mais seulement que les mêmes causes exercent maintenant leur action avec bien moins d'intensité que dans les premiers temps de la formation de notre planète.
Mais en voyant le peu d'étendue qu'ont tous ces dépôts modernes, quelle que grande que puisse être leur solidité et leur dureté, surtout lorsqu'on la compare avec celle des dépôts géologiques, il est difficile de ne pas y voir une preuve du peu de ten^ qu'ils ont mis à s'opérer. En effet, si les causes qui forment les premières formations agissaient depuis des temps bien longs, elles devraient nécessairement avoir produit des effets beaucoup plus étendus. Or, tous ceux qui se rattachent à l'époque actuelle sont extrêmement bornés et restreints, soit ceux qui ont lieu sur les continents, soit ceux qui sont le résultat de l'action des eaux courantes ou celles qu'exercent sur ces mêmes continents, les eaux stagnantes. 11 en est de même des limons que les fleuves apportent dans le sein des mers et qui
aUerneoi par la «larclie naturelle des choses avec les dépôu qui s'y foroienlet 9*y aocinnulentsaiis cesse.
Ainsi lorsqu'on examîDe dans leur ensemble comme dans leurs déta'Js, les divers précipités qui ont lieu maintenani à la surface du sol, on reconnaît fadlement que le eommenoement de leur formation ne doit pas être très éloigné, puisque leurs masses sont si peu considérables et leor puissance si faible.
Note additionnelle relative à la théorie de l'émission de la lumière , aingi qu*à celle des ondulations et des vibrations, se rapportant à la page 96, second alinéa du tome premier.
Nous avons dit dans notre ouvrage (page 96 du tome premier) que tes deux théories de l'émission et des vibrations pouvaient, presque aussi bien Tune que Tautrc, satisfaire aux lois que la lumière suit dans sa propagation. Nous ^jouterons cependant que, par suite du plan d^unité si manifeste dans les œuvres de la création^ la seconde de ces théories doit être préférée, surtout parce qu'elle permet nonseulement d'expliquer les phénomènes observés et connus , mais encore parce <iue, soumise à une analyse mathématique r^oureuseet profonde , elle conduit à la découverte de faits nouveaux qui sont toujours confirmés par Texpérience. Elle a en outre l'avantage de mieux se concilier que la première avec le texte de la Genèse ; car le système des ondulations eonduit à admettre Texistence d'une ma* tière ou substance élhérée, susceptible d'être mise en vibration^ au sein de laquelle se trouvent dispersés , suivant des lois éternelles, les divers fragments de matière pondérable qui constituent les planètes et les astres stellaires. Ainsi s'expliquent ces mots sublimes : a Que la lumière soil, et la lumière lut. »
L'hypothèse des ondulations ou des vilirations a encore de l'analogie avec celles des ondes sonores ; sansdoute cette circonstance est loui d'être déterminante pour accorder à cette théorie la piéférence sur celle de l'émission ; car cette analogie résulte de l'hypothèse seulement et non des phénomènes observés; mais elle ne peut être cependant sans quelque influence. En effet, dans le système des ondulations , la lumière est analogue au son, du moins dans ce «ens^ que le sob est un mouvement de vibration dans l'air, ou, en général, dans la matière pondérable ; taudis que la lumière a lieu par un mouvement de vibration qui se piFoduit dans la matière élhérée. Àhisi partout où le son se propage, il y a de la matière ; iiartout où la lumière se propage, il y a de l'éther, qui est aussi de la matière Une pareille coïncidence entre le son et la lumière,
porte naturellement à supposer que ces deux phénomènes sont produits par la même cause, ou du moins sont des effets du même genre.
Nais enfin, ce qui prouve que la théorie des vibrations doit être préférée , c'est qu'iL est à peu près impossible d'expliquer le phénomène des interférences par la théorie de rémission.
Développons quelques particularités de ce phénomène propres à démontrer cette impossibilité.
Considérons généralement deux systèmes d'ondes ou deux rayons d'une lumière homogène agissant en même temps sur une même molécule de l'élher, et qui suivent la même direction de propagation ou deux directions faisant entre elles un très petit angle. Supposons que ces deux systèmes de même loifgueur d'ondulation soient en retard l'un sur l'autre d'un certain nombre entier ou fractionnaire d'ondulations , soit qu'émanés du même centre d'ébranlement, ils y aient eu leur origine à deux époques différentes ; soit que, partis en même temps, ils aient parcouru des chemins différents avant d'atteindre le point considéré.
Si le retard est d'un nombre pair de demi -ondulations, ils tendront à imprimer à chaque instant à la molécule fluide des vitesses de vibration égales et de même signe ; l'effet de leur superposition sera donc, en quelque sorte, d'augmenter l'intensité de la lumière. Mais si le retard est d'un nombre impair de demi- ondulations , les deux systèmes d'ondes tendant à imprimer au même instant à la même molécule des vitesses égales , mais de signes contraires , l'effet de leur superposition sera le repos de la molécule ; et la lumière de l'un des rayons, ajoutée à celle de l'autre, produira de l'obscurité
Il résulte également de l'observation, que la coïncidence de deux rayons homogènes peut produire les ténèbres complètes. Le ré sultat serait te même, si Tun des rayons était en retard ou en avance sur l'autre d'un nombre impair quelconque de demi-ondulations. Il serait le même encore, si les rayons se rencontraient sous une petite obliquité.
En second lieu , deux rayons homogènes se détruisent et produisent les ténèbres, quand ils se rencontrent sous une petite obliquité, et que l'un est à l'égard de l'autre en retard ou en avance d'un nombre impair de demi-ondulations.
Les mouvements oscillatoires qui s'accomplissent dans le sens du rayon s'appliquent également à ceux qui pourraient s'opérer perpen dîculairement au rayon , pourvu qu'ils so trouvent dans le même plan ; car s'ils se rencontrent dans des plans différents, leur composition est soumise à d'autres lois.
Ainsi le principe des interférences est une conséquence nécessaire du système des ondulations. En effet , dans l'expérience de Fresnel
$ur les franges ou ces petites bandes, alternativement sombres et briU lantes , produites par la rencontre des rayons réfléchis , ou Pexpérience des miroirs, Tinégalité des chemins parcourus par les rayons qui forment ces fk^anges produit un retard d'un nombre impair dé demi ondulations dans le premier cas , et d*un nombre impair dans le second.
Ces faits, qui démontrent Texactitude' de la théorie des ondulations, ont tous été confirmés par Texpénence directe. Le docteur Young, à qui nous en devons la première connaissance, a donné à ces phénomènes le nom de principe dlnterférence. Ils constituent la plus forte objection à Thypothèse de rémission ; celle-ci ne doit donc point être vraie , car elle ne saurait nous faire concevoir que de la lumière ajoutée à la lumière puisse produire Tobscttrité.
Les divers modes d'observation imaginés par Fresnel pour vérifier le phénomène des interférences, ont tous donné des résultats conformes aux conséquences qui dérivent d*nne manière nécessaire de la théorie des ondulations.
D'après cette hypothèse , si dans toute son immense étendue Téther était en repos parfait , te monde entier serait dans les ténèbres; mais pour si peu qu'il soit ébranlé sur quelque point , la lumière jaillit à rinstant et se propage indéfiniment de toutes parts , comme dans une atmosphère parfaitement tranquille h simple vibration d'une corde fait nattre un son qui se propage au loin suivant des lois déterminées.
Telles sont les analogies de ces deux phénomènes. On peut encore en trouver dans cette circonstance, que la lumière, qui est le mouvement , doit se distinguer de la substance éthérée elle-même dans laquelle le mouvement s'accomplit, à peu près comme le mouvement vibratoire qui constitue le son, se distingue de Tair, ou en général, de la matière pondérable dans laquelle les vibrations s'accomplissent.
Ces analogies d'une part, et le phénomène des interférences ou de Taclion mutuelle que deux rayons de lumière exercent Tun sur l'autre militent fortement en faveur de la théorie des ondulations^ autant qu'ils repoussent celle de l'émission , avec laquelle ils ne sauraient se concilier. Ce n'est donc pas sans raison que Moïse n'a point fàît intervenir l'action créatrice de Dieu 1oj*s de l'apparition de la lumière, mais s'est borné simplement à dire qu'elle a jailli instantanément par l'effet d'une seule de ses paroles.
Cette note sur la lumière nous amène à rappeler que d*après des considérations philologiques d'une haute importance, M. de Paravey suppose que les Chinois connaissaient de temps immémorial la véritable nature du soleil Ils l'ont considéré comme un immense globe ob-
scur et opaque, enfirooDé de deux atmosphères, dont la plus extérieure est de beaucoup la plus hjmioeuse.
Ces idées sont tout à fait d'aceord avec Thypothèse admise par Herschel. D*après ce grand astronome , le soleil paraît formé de trois sphères concentriques ; en procédant de la (Hrconférence au centre, on découvre d'abord Penveloppe de feu qui nous échauffe et nous éclaire; plus profondément et au-dessus de cette première enveloppe, une atmosphère très dense , obscure ou transparente (on n'est paad^accordsur ce point), jouissant d'un pouvoir réflecteur absolu ; enfin, au centre, un noyau solide qui pourrait être assez froid pour être habitable.
M. Boutigny vient de citer un fait qui tend à prouver que Pbypothèse d'Her»chel est très prob^lement exacte : cette hypothèse est fondée du reste sur Tobservation du soleil avec des lunettes consthiites d'après le principe imaginé par Rochon *. Pour cela, il fait chanffer à blanc une sphère creuse en métal poli ou en partie vernissée ^ percée d'un trou à la circonférence. Il verse de Tacide sulfureux anhydre (de 10 k i 5 grammes), et introduit immédiatement dans la sphère deux thermomètres préparés d'avance. Il plonge ensuite la boule de l'un dans le sphéroïde même d'acide sulfureux , et maintient l'autre à quelques centimètres au-dessus. Celui-ci monte immédiatement à 500° , et il se brise; quant A l'autre, il descend au contraire à il» au-dessous de zéro.
Cette expérience peut nous donner quelque idée des phénomènes que présente le soleil tels que les comprend Herschel ; enveloppe brûlante et lumineuse; atmosphère préservant le noyau central de la chaleur, et enfin noyau central froid qui parait être le centre de cet astre **.
* Cow^ep-rendut de V Académie de$ Seimeet de Parit, tom. m , pAg< 6X3* ** CeUe expérteiice e»t sam doute corleose, en ce sens qu'elle nou^ FaU concevoir la putnbililé d'uD aslroqul aurait loutes les condiUous présumées au B.»leil et h ses enveloppes ou atmosphères. Hais elle ne va pas au -dclù ; car il est fat-ile de •ugerque rexpérfencc de H. Boutigny ne réussit que parrc que Pactde sulfurique .inhydK est mis en contact avec de Pair humide. D'une part, Il y a froid prodirft par l*évBponUoD,eiderautra,cliaiPur extrême développée par hi combinaison de ra> cide sulAuique anhydre, avec la vapeur d'eau disséminée dans Tair. Or quoique très probablement en clrconsUncos ne se représentent pas dans le soicJI, elles ont rrpendant l'avantage do nous faire sal«îir que d'autres analogies pourraient très bien avoir lieu.
yote additionnelle sur la tardive apparition de$ animaux terrestreê. (Voyez page 54.)
H nous reste uae d^ernière observation à «oamettre à ceux qui , comme nous, cherchent non i|ustifier Moïse des prétendues erreurs «qu'on lui a attribuées, mais qui voient avec plaisir, quoique sans étonnementy les découvertes de la science confirmer la justesse de ses aperçus.
Nous avons fait saisir (page ^ du tome i" de notre TraHé) les motifs qui avaient porté Pécrivain sacré à considérer les végétaux terrestres comme ayant paru dans l'ancien monde avant les animaux qui vivent aussi sur les terres sèches et découvertes. La râson en est bien simple : Les animaux à respiration aérienne n*ont pas pu être nombreux lors de Tapparîtion de la vie sur la terre, à raison de la composition de Tatmosphére des anciennes époques. Aussi malgré les recherches les plus actives, on n'est parvenu qu'à découvrir trois ou quatre individus qui se rapportent à des insectes. Les espèces animales qui respirent Tair en nature, ont donc été des plus rares à une époque où les végétaux terrestres ont acquis un développement extraordinaire et des proportions presque gigantesques. A cette florissante végétation des âges passés, sont dûs les immen* sesdépAts dé houille que recèlent les vieilles couches de la terre, dépôts devenus de nos jours, la sDurce des arts et de Tindustrie.
Ainsi, diaprés la rareté des animaux terrestres et le nombre considérable des végétaux dont les stations étaient les mêmes, et qui ont végété aux mêmes époques, on peut soutenir avec toute raison qae les seconds ont réellement précédé les espèces animales qui respiraient Tair d*une manière médiate. La raison de cette différence entre les proportions des deux règnes, parait tenir, ainsi que nous Pavons déjà indiqué , à Texcès diacide carbonique qui existait pour lors dans Tatmosphère, excès utile à la végétation ; mais qui ne |)0Uvait être qu'extrêmement préjudiciable aux animaux.
Lorsque des faits sont vrais dans leur généralité , toute? les observations exactes viennent successivement leur prêter leur appui , et eu démontrer la réalité. C'est aussi ce qui est arrivé pour ceux dont nous nous occupons. Ce n'est pas sans quelque plaisir que nous avons vu nn des premiers chimistes de l'Europe (M. Dumas) soutenir dans son travail sur la statique des corps organisés que les végétaux avaient dû nécessairement exister avant les animaux terrestres 11 en trouve la preuve dans ce fait positif que le régne animal prend au règne végétal ses éléments organiques tout faits, tandis
qu^à son tour le premier restitue aux végétaux, par Tinterinédiaire de Tair et du sol, les principes au moyen desquels ceuz>ci se dé?elop- |)ent et croissent avec une vigueur d*autant plus grande que leurs forcée assimilatrices sont plus actives.
On peut donc tirer de cette admirable réciprocité de services, de ce merveilleux échange dévie entre les deux règnes, une conséquence géologique d^une haute portée, c'est que les végétaux ont dû exister avant les animaux terrestres, puisque ceux-ci tirent essentiellement leur nourriture des plantes. Telles sont les propres paroles de rillustre chimiste que nous venons de citer ; elles n^ont pas été prononcées dans le but de justifier Tauteur de la Genèse, M. Domas n'aya[)t pas supposé qu'elles pouvaient avoir le moindre trait avec le récit de la création.
Il résulte néanmoins de ce rapprochement que Moïse a connu soit par inspiration, soit tout autrement, ce que la science la plus haute vient de nous révéler et de nous apprendre. On pourrait également soutenir, par voie de conséquence, que les espèces herbivores ont dû précéder les carnassières; car il était de toute nécessité que les premières existassent antérieurement afin de servir d'aliment et de pâture aux secondes. Ce que la théorie nous indique, Tobservation des couches fossilifères le démontre, et à cet égard, il existe entre elles un accord parfait.
On pourrait encore supposser à priori que les animaux omnivores ont dû paraître les derniers sur la scène de Tancien monde, puisqu'ils devaient puiser leurs aliments aussi bien chez les végétaux que chez les espèces animales herbivores et carnassières. Cette sup|)osition loin d'être gratuite, est au contraire confirmée par les faits ; ils nous apprennent en effet avec la Genèse, que l'homme omnivore fiar excellence, est le plus jeune entre tous les êtres vivants, et qu'il a couronné l'œuvre de la création.
Une pareille confirmation des faits les plus importants écrits dans le plus ancien des livres est bien propre à en démontrer la vérité s'il pouvait exister quelques doutes à cet égard. Elle ne peut qu'augmenter notre respect pour celui qui nous a dévoilé les mystères de ce monde matériel , dont nous ne parvenons à pénétrer les secrets qu'après les plus longs et les plus laborieux efforts.