‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 40 sur 61 · SECOND EMBRANCHEMENT · texte numérisé non relu

SECOND EMBRANCHEMENT

2° Heptiles.

Les reptiles sont des animaux vertébrés à sang- froid , qui rampent plutôt qn^ls ne marchent, même ceux qui ont quatre patle». Leurs mouvements sont, en général, moins vifs, moins soutenus que ceux des animaux à sang chaud; ce qui se conçoit diaprés les partionlarités de leur organisation. Leurs appareils locomoteurs, en petit nombre, réduits souvent à deux, manquent quelquefois entièrement.

D'un autre côté, la respiration des reptiles est aérienne et simple, et leur circulation incomplète ; ce qui explique leur basse température et le peu d'énergie de leurs mouvements.

Leur système nerveux a les plus grandes analogies avec celui des poissons, quoique l'un des sens de ces animaux présente pour la première fois un progrès, celui de la présence d'une oreille externe, à la vérité point encore accompagnée de conque auditive. Aussi, sous

le rapport de leur appareil oKactif, ces animaux sont beaucoup moins avancés que les oiseaux et les mammifères.

TROISliHB EMBRANCHEMENT.

S"» Oiseaux.

Les oiseaux, animaux vertébrés ovipares, essentiellement organisés pour le vol, ont une circulation complète, et la respiration aérienne et double. Au lieu de s^eiTectuer dans les poumons seulement, comme celle des reptiles et des mammifères , elle s'opère en même temps dans ces organes et dans toute la profondeur des parties du corps. Leur sang est aussi plus chaud que celui des mammifères.

Les membres antérieurs des oiseaux ont généralement la forme d'atles, même chez les espèces qui ne volent pas. Leur peau est garnie de plumes ; leurs membres postérieurs subissent d'importantes modifications, suivant les habitudes et le genre de nourriture des diverses espèces; mais ils servent presque constamment à la progression et à la préhension.

Le cerveau surpassant en volume chez les oiseaux la moelle épinière, et les neré cérébraux et rachidiens y étant distribués à peu près de la même manière que chez les vertébrés supérieurs, ces animaux ont aussi des sens très perfectionnés, et parfois un instinct particulier.

Les oiseaux, surtout ceux qui no s^élèvent pas dans les airs, n*atteignent jamais une grande taille. L^autruche et le casoar qui ne volent point, sont les espèces dont les dimensions sont les plus considérables. La première est même beaucoup plus grande que le condor, le plus gros des vautours.

QUATRIEME BHBRANCIEMENT.

40 Mammifères.

Les mammifères, les plus supérieurs et les plus perfectionnés des vertébrés, sont caractérisés par la présence des mamelles, ce qui leur a valu leur nom. Ils ont tous une respiration simple, une circulation complète et par conséquent le sang chaud.

Considérés d*une manière générale, ces animaux semblent constituer deux grandes tribus.

Les mammifères marins ou cétacés, assez semblables aux poissons par leurs formes extérieures, composent la première de ces tribus, ou la plus simple. Leur tronc^en apparence confondu avec leur tête, se continue sans interruption par une queue épaisse, terminée ellemême par une nageoire horizontale. Les membres de ces animauX| tous organisés pour la nage, sont réduits aux antérieurs.

Le squelette des mammifères, à quelque tribu qu'ils appartiennent, est plus développé que chez les autres vertébrés; aussi ces animaux ont-ils atteint la plus grande taille, surtout les cétaccs à grosse tête, les colosses de la nature vivante.

Les mammifères marins se distinguent des terrestres, en ce qu^au lieu d'avoir leur peau garnie de poils, elle est à peu près constamment nue.

La seconde tribu des mammifères , celle des espèces terrestres , offre deux paires de membres organisés |)our la marche et de plus, chez les onguiculés, pour la préhension. Cet ordre comprend lesaui* maux les plus parfaits. t

Le premier ordre des mammifères terrestres réunit les ongulés, animaux dont les extrémités des doigts sont envelop|)és par Tongle ou le sabot. Aussi les pachydermes et les ruminants qui en font par* tie, ne peuvent palper ni saisir les objets.

Le second ordre, les onguiculés ont des ongles qui ne forment point de sabots et n'enveloppent pas en entier la partie du doigt qui touche à terre ou qui sert au toucher. Leurs doigu, plus on moins flexibles, peuvent aussi se ployer autour des objets pour les saisir. Chez les plus parfaits, ils sont opposables les uns aux autres.

L'ordre des onguiculés comprend les édentés, les rongeurs, les marsupiaux, les carnassiei-s, les quadrumanes et les bimanes.

Les détails dans lesquels nous venons d*entrer sur les diverses divisions du règne végétal comme du règne animal, sufQront pour faire saisir tout ce que nous avons dil sur les anciennes créations. Nous nous bornerons donc à ces détails.

[Note 31, page 59]. Les équisétacées de l'ancien monde peuvent être comparées aux prèles, vulgairement nommées queues de cheval {equisetum). Ces végétaux qui se plaisent dans les lieux humides et marécageux, sont maintenant de simples herbes, tandis qu'elles étaient jadis des arbres et des arbres assez grands. De même, les fougères sont des plantes herbacées dans nos climats, tandis qu'elles sont arborescentes sous les tropiques. Elles constituaient toutes des arbres fort élevés pendant les époques de transition et des terrains houillers. Leurs feuilles, qu'on nomme fi'ondes , sont découpées à la manière des plumes et roulées en crosse avant leur entier développement. Les lycopodes, plantes analogues aux mousses, étaient également , dans les temps géologiques , assez grandes pour former des arbres.

[Note Z^tpage 65 J. Les céphalopodes sont des mollusques qui ont autour de leur tête des espèces de bras ou tentacules charnus, garnis de ventouses. A l'aide de ces ventouses, ces animaux peuvent se fixer où ils vealent el saisir la proie qui cloit leqr servir de nourriture.

On appelle carnivore$ ceux qui vivent de ebair et nus ceux qui n*ont pas de coquille externe. On peut citer comme exemples des cépiia* lopodes, les poulpes et les seiches.

[Note Zb,page 691. Le texte hébreu du verset 11 (chap. !•* de la Genèse), porte en termes formels, que la terre fasse germer toutes sortes de plantes. D'après M. Cahen, ce ne serait point ici une création directe, mais un pouvoir que Dieu donne à la terre de produire toutes sortes de végétaux. La plupart des commentateurs de la Bible ont traduit ce passage, en disant : germinet terra herham wrentem. Ce pouvoir ou ces forces données à la terre semblent faire entendre que la lumière et la chaleur propre du globe était suffisante pour faire germer les végétaux ; mais comme cette lumière et cette chaleur n'auraient pu leur faire acquérir leur entier développement, le soleil fut approprié peu après leur germination pour répandre sur eux la puissance de ses rayons.

[Note 54, page 79j. Voyez Athœneum^ 28 mars 1840 et Écho du monde savant , mercredi 15 avril 1840.

[Note 55, page 81]. Voyez les Études de l'histoire atteienne, par Charles Lbvbsqub, 1. 1'% p. 11.

[Note 56, page 81] . Le soleil est environ Quatorze cent mille fois plus grand que la terre, ou exactement 1,593,324 d'après les tables de Frnncœur, ce qui se rapproche beaucoup du nombre que nous avons adopté.

[Note 57, page 82] . Le législateur des Hébreux n'a point supposé que le soleil et la lune avaient été créés à la quatrième époque , mais qu'ils avaient été aj^propriés à répandre sur la terre la lumière qu'ils lui dispensent depuis lors. Les traducteurs grecs de la Bible onirenda ce passage dans ce sens et même certaines traductions latines où on Ht : w etposuitin firmament o cœli, ut lucerent super terram. »

Sans doute les astres auxquels se rapportent les versets 14, 15, 16, 17, 18 du chapitre I" de la Genèse, sont loin d'être les deux plus grands corps célestes; car la lune, dont le diamètre est à peine le quart de celui de la terre ou la 65 millième partie du soleil est une des plus petites planètes. Il n'est pas moins vrai que le soleil est de tous les astres celui qui nous envoie le plus de lumière pendant le jour, comme la lune pendant la nuit. Or, comme le récit de la création se rapporte principalement à la terre. Moïse a drt porter Tattention des Hébreux sur les deux astres qui exercent le plus d'influence sur le globe que nous habitons.

Aussi, loin d'employer le verbe hara pour indiquer l'action de Dieu donnant au soleil une disposition nouvelle, Moïse s'est servi du verbe asah ou assa qui signifie noa<seulement faire, mais encore

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approprier, et disposer d^one maoière noayelle, im corps ou une matière préexislante.

Le verset 7 du chapitre II de Li Genèse, en nous apprenant que rhomme fut formé d'une matière existante auparavant» c'est-à-dire, du limou de la terre» confirme avec d'autres textes pleinement cette interprétation.

C'est du moins postérieurement à Moïse que les mots bara^ créer ^ aeah ou asta^ faire, yastar, former, ont été employés à peu près comme synonymes. Les prophètes en ont donné les premiers exem*ples^ Us ont attribué des significations à peu près semblables à des mots, qui avant eux, avaient des sens bien différents. Dans leur langage ces diverses expressions indiquent la formation de quelque chose de nouveau ou de quelque chose dont Texistence dans son nouvel état a commencé avec cet état, et cela parla volonté du Créateur.

Sans doute, il n'existe dans aucune langue un mot dont l'acception soit aussi étendue que celle attribuée par Moise au verbe hara; mais dans quelle langue trouvons-nous la volonté ou l'action de Dieu opérant une œuvre aussi magnifique et aussi merveilleuse que celle de la création de l'univers?

Bara, créer ^ a donc plus de force que le mot assa, faire ou opproprier. Le premier est employé relativement à Dieu, tandis que oêsa peut être appliqué à l'honmie. C'est précisément la différence que Ton admet assez généralement entre les mots créer et faire , employés pour traduire les verbe bara et a$$a. Cette manière d'entendre ces expressions , se rapporte plutôt à notre manière de les concevoir, qu'au sujet lui-même ; car, faire, lorsque nous parlons da Dieu, est équivalent de créer.

Évidemment dans le premier verset de la Genèse ^ le verbe bara signifie l'action créatrice de Dieu qui tire du néant ou de rien la matière qu'il crée, tandis que assa ou asah se rapporte à l'acte qui consiste à disposer cette matière créée dans des formes nouvelles on à lui donner des attributs nouveaux.

L'emploi de ces expressions bara^ créer, tirer du néant, et assa^ Cure , façonner, adapter, approprier, est remarquable en ce qu'il semble consacrer trois grandes distinctions dans les êtres créés, on plutôt trois éléments distincts et différents. Ainsi dans le principe , Dieu créa la matière qui par suite de modifications successives devint plus tard la lumière, le ciel et la terre, les mers, les plantes et les arbres. Tous ces objets ne sont point des créations, mais des modifications , des combinaisons diverses de cet élément matériel primitivement créé. Aussi dans la suite de ce verset le mot bara ne parait pto; ce sont d'autres termes tels que assa qui expriment une appropriation, ou ime ordonnance nouvelle.

Mais comme les créatures animées ne sont point des modifications de la matière, une autre création était nécessaire; aussi le texte emploie de nouveau le verbe hara pour désigner cette opération de la divinité. À la vérité assa revient encore quand il est question de modifier cette première organisation et d'approprier les animaux aux lieux qu'ils doivent habiter.

Lorsque la terre est prête à recevoir son maître, la Genéêe se sert également de bara qui annonce que Thomme fut créé à Timage de Dieu. Ce sujet mériterait, sans doute, d'autres développements ; mais il suffit de faire observer que ce n'est point sans dessein que hara est employé dans chacune de ces trois circonstances , la création de la matière, des animaux et de Thomme. Le récit de la Genéêe^ qui sous le point de vue physique nous indique le véritable ordre des créations successives, nous y fait voir de plus ce que tous les philosophes y ont reconnu, trois éléments et comme trois natures essentiellement difiPérentes, le principe matériel , le principe animai ou sensible et le principe intelligent et raisonnable ou Tàme humaine.

[Note S8, page 8^]. On conçoit facilement comment la terre pourrait exister, comme corps distinct et particulier, sans la couche aériforme qui Pentoure. Elle serait alors comme la lune qui parait privée d'atmosphère. C'est ainsi que semble avoir été le soleil avant d'avoir reçu l'atmosphère lumineuse qui ne lui a été donnée qu'à la quatrième époque. Depuis lors seulement il est devenu pour la terre un corps éclairant et vivifiant; et de ce moment, il a été pour elle la marque du temps et le signe des saisons. De même, par l'effet de sa chaleur aussi bien que par celui de sa lumière, ila été la cause de tous les mouvements physiques qui s'y passent dans un ordre et une i*égu1arité admirables.

[Note 59, page 90] . Les cailloux de quartz retirés des mines les plus profondes, frottés l'un contre l'autre, répandent par leur collision une lueur ou une lumière aussi sensible que ceux qui ont été constamment exposés aux rayons solaires. Cette faculté de répandre de la lumière s'épuise cependant, et pour la leur donner de nouveau, il faut les exposer à l'éclat du soleil. Mais la première ils ne l'avaient pas due à cet asti^e, elle existait en eux-mêmes. Dès-lors il est évident que la lumière et la chaleur qu'ils ont développées par leur frottement étaient inhérentes à leur propre nature.

De même, le succin, examiné avant d'être retiré des entrailles de la terre , jouit aussi bien des propriétés électriques que celui qui se trouve à la surface du globe, et qui , détaché depuis long-temps des couches où il était enseveli, avait éprouvé toute l'influence des agents extérieurs. On peut donc conclure de ces faits et d'une foule d'autres qu'il noBS serait facile d'ajouter, que chaque molécule de la matière jouit d^une certaine quantité de lumière, d'électricité et de chaleur qui lui est propre.

llVùie 40, page 9S]. La mer paraît souvent toute en feu par iiuîte de la lueur phosphorique que répandent une multitude de petits animaux qui y vivent. Ces animaux, formés par des corpuscules sphériques, transparents, y sont souvent en quantité si considérable, qu'ils composent prés de la moitié du volume de Tcau. L'éclat de la lumière que répandent ces corpuscules est si vif, qu'on pourrait lire à cette lueur, si les éclats lumineux avaient assez de durée, pour ne pas être plutôt éblouissants que continus. Les officiers de la yénus ont été témoins de ces faits dans False-Bay, au cap de Bonne-Espé* rance.

[Note 41, page 97]. L'éther va et vient dans l'espace, et dans des limites extrêmement resserrées, c'est ce qui constitue le mouvement vibratoire des fluides, et particulièrement de la lumière. La transmission de ce mouvement vibratoire se fait avec l'énorme vitesse de SO mille lieues par seconde. Néanmoins ^ la lumière met 8 minutes environ pour venir du soleil à la terre.

[Note 42,pa^e99]. Pour montrer Texactitude de ï Écriture, nous citerons un fait qui annonce combien elle est précise, même dans les circonstances les plus simples. On sait que Tobie guérit la cécité dont son père éuit affligé, au moyen du fiel d'un gros poisson qu'il avait pris dans le Tigre. On suppose que Topbtalmie dont était atteint Tobie était la maladie connue des médecins, sous les noms de leucoma ou albugo.

Quoiqu'il en soit, le fameux Scarpa a prescrit , comme un remède précieux pour la guérison de cette maladie, l'usage du fiel du brochet et du barbeau, pour combattre ce genre d^affection. Aussi ce fiel est fort recommandé par tous les médecins oculistes , et , bien plus que l'huile de foie de morue, et même que la liqueur exprimée du foie de lamproie. Pline parait avoir connu l'importance de ce remède, ainsi qu'on peut le voir dans le t. !•' du Dictionnaire de médecine, p. 459 (1839). Lors même que le brochet ne serait pas le poisson dont Tobie se serait servi pour guérir son père, il. est évident que ee serait toujours un poisson d'eau douce dont il aurait extrait le fiel 'salutaire et qui est encore employé de nos jours,

[Note 45 , page 101]. Quoique les, trilobites n'aient été encore rencontrés que dans les terrains de transition et houillers, un observateur piémontais^ M. Micheloti, a prétendu en avoir découvert deux individus dans un terrain tertiaire supérieur des environs de Turin. On sent qu'il est nécessaire d'avoir des renseignements plus précis pour admettre un fait aussi singulier. Il est probable qu'il en sera de celle rencontre comme de celle qu'un Anglais avait prétendu avoir faite d'un de ces crustacés vivant sur les côtes de la Terre de Feu.

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