‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 50 sur 61 · II. — Égyptiens · texte numérisé non relu

II. — Égyptiens

L'histoire des Égyptiens se divise naturellement en deux grandes périodes. La première se rapporte aux temps fabuleux; la seconde, fondée sur de véritables annales conservées dans les archives des anciens temples, et sur Fautorité des monuments publics dont TEgypte est couverte, a seule quelque chose de certain. Leur autorité est devenue plus grande encore depuis les recherches qui ont été faites de nos jours dans cette terre féconde en souvenirs. Ces recherches ont prouvé que malgré les ravages que les édifices de Tancienne Egypte éprouvent depuis deux mille ans , aucun état moderne ne peut lutter avec elle pour la splendeur, le luxe et la magnificence de ses monuments. Malgré leur beauté et leur nombre , ils n'attestent cependant pas une aussi grande antiquité que le feraient supposer les annales égyptiennes. Il y a donc dans la chronologie qu'elles renferment, deux choses bien distinctes, la partie fabuléusci et la partie historique. Les Égyptiens

s^étaient fait un système de chronologie particulier que leurs annales nous ont transmis , et dont nous pouvons nous former une idée précise.

Jaloux de se donner une haute antiquité, et ne pouvant remplir leur première histoire d'événements réels, ils Font embellie de narrations fabuleuses, à Taide des^ quelles ils ont prétendu que leurs monarchies avaient commencé 56,525 ans avant Tére chrétienne. Cette supputation, évidemment fausse, a été reconnue mensongère partons les chronologistes qui se sont occupés des annales de cette contrée.

En second lieu , ces peuples, par suite de Tabus du pouvoir absolu qui les régissait, ont élevé sans doute des monuments admirables et presque indestructibles : mais ces édifices attestent eux-mêmes le peu d'antiquité de leur construction; ils sont loin de confirmer ce que les traditions des anciens Égyptiens rapportent. On doit considérer seulement comme historique , la partie de ces annales confirmée par les monuments ; tandis que celle qui se rapporte à des événements hors de la marche ordinaire des choses , doit être envisagée comme très problématique , et souvent comme fabuleuse. En effet , celle-ci ne reposant sur aucun document authentique, ni sur des faits réels, ne saurait être regardée comme certaine , et mériter le nom d^histoire. Cette partie des anciennes annales de rÉ^pte comprend tous les temps que Ton ne peut

— >I87 — appuyer sur aucun genre d'autorité, et qui ne reposent sur rien de réel ni de certain.

L'histoire authentique de TÉgypte commence à l'époque où des faits positifs et des monuments contemporains des événements qu^ls rappellent, viennent unir leur témoignage à celui des annales écrites. Cette histoire est aussi la seule qu'on puisse considérer comme véritable. Elle est basée sur deux principaux écrits rédigés par Manélhon , qui nous ont été conservés par Georges-le-Syncelle et par Eusébe. Ces annales sont la vieille chronique et la liste des dynasties royales égyptiennes. Il existe encore d^autres traditions écrites analogues à ces annales. Telles sont les listes des anciens rois d'Egypte , tracées sur papyrus en caractères hiéroglyphiques, et les tables généalogiques de ces mêmes rois, plus ou moins complètes, et dressées pour des époques différentes.

Parmi ces tables ^ gravées sur les bas-reliefs de plusieurs temples» la plus célèbre est celle que MM. Dro^ vetti et Caillaud ont découverte au nord d'Abydos. Le dernier roi de cette liste est Sésostris, chef de la dixneuvième dynastie. Quant aux premières, effacées en grande partie par suite des mutations, elles paraissent remonter au-delà de la seizième dynastie , c'est-à-dire, au-delà de celle qui seule semble avoir une date certaine.

Ces listes et ces tables ont à peu près la oiéine valeur

hisloriqueque la vieille clirouique elles lisles deManéthon. A la vérité, la critique, surtout pour des temps fort éloigoés de nous , ne saurait accorder une grande confiance a ces documents. Ceux-ci, du moins pour les époques reculées , paraissent avoir été faits après coup. On y a placé bout à bout les noms des princes contemporains qui régnaient en môme temps dans les différents étals de l'Egypte. Il existait en effet dans cette contrée jusqu^à sept dynasties , placées non parallèlement comme cela aurait dû être, mais les unes à la suite des autres. Elles présentent nécessairement une période sept fois plus considérable qu^elle ne Ta été réellement. Aussi sans nier l'antiquité de la monarchie, ou plutôt des monarchies égyptiennes , la saine critique ne saurait leur donner l'ancienneté qu'on s^est plu à leur attribuer.

Ces peuples, au lieu d^établir d^une manière solide leur antiquité , ont mis la postérité dans Timpossibilité de fixer Tépoque de leur origine et de déterminer Tordre de succession de leurs princes.

On ne peut pas non plus distinguer les principaux monarques cités dans TÉcriture sainte sous le nom de Pharaons j c<ar cette dénomination commune à un grand nombre de princes, a la même valeur et le mémo sens que le mot roi et ne peut rien spécifier. Aucun souverain d'Egypte u^u été mentionna dpos TÉcriturc sous

son véritable nom avanl Sésac, antérieurement à Tau 97*1 avant l'ère chrétienne.

Pour arrivera quelque chose de certain sur Thistoire des Égyptiens , il faut revenir à ce que nous en dit l'Écriture , qui attribue leur origine à Cham, fils de Noé et à Mesra'im, fils de Cham , ce qui ferait remonter la colonisation de rÉgypte vers Tan 2600 ou 2700 avant Tère chrétienne.

Aussi elle est toujours désignée sous le nom de terre de Cbanaandans les Psaumes *. Cette circonstance ne fait pas que dès la plus haute antiquité , TÉgypte n'ait eu un système d'annales nationales, uniformes dans leur ensemble et dans leurs détails , du moins pour celles qui se rapportent à une suite d'événements réels. Ces annales nous ont été conservées par Manéthon grand-prêtre préposé à la garde des archives des temples de rÉgypte , sous le règne de Ptolémée Philadelphe.

Leur certitude n'est cependant complète que pour celles qui sont appuyées sur d'autres monuments. Ainsi lorsqu'on trouve sur la porte d'un temple une inscription qui rapporte le nom d'un roi, et le nombre d'années qu'il a régné , l'on doit croire à son existence. Si Ton avait un ou plusieurs témoignages de cet ordre , pour chacun des princes nommés dans les listes de

* Gen. X, V. 6. — Psalm. lxxvii, 51, civ. 25, 27, c. v. 22. Voyez Diodore de Sicile, lib. I, p. Icî. vid. cl )ib. vu, c. 48, et Solin. c i.

Manéthon , il serait difficile de ne pas accorder nue entière confiance à ces listes et aux conséquences qui en découleraient. Mais ces témoignages manquent pour la partie la plus ancienne de ces catalogues. Ils existent au contraire pour les époques suivantes ; dès-lors , c^est avec ces époques que commence la certitude des annales égyptiennes, fondées sur les monuments contemporains.

Examinons maintenant les principaux documents du système général de chronologie historique, adopté par les anciens Égyptiens. Commençons parla vieille chronique telle que Georges le Syncelle nous Ta conservée engrec. Cette chronique dont Tauteur est resté inconnu, offre des noms grecs qui certainement n^étaient pas dans le texte égyptien où les dieux portaient leur véritable nom. Elle a quelque chose de singulier ; tout en donnant pour l'âge du monde , à l'époque où elle était écrite, la date de 56,525 années, elle consacre la plus grande partie'de cet espace de temps ou 54,204 ans an règne des dieux et des demi dieux. Elle ne réserve pour le règne des hommes que 2524 années. Cette grande disproportion annonce que ce monument historique n'est certain que pour ces derniers événements.

En effet , d'après la vieille chronique , Héphaistos (Vulcain) ou le feu, régna d'abord ; mais elle ne dit pas combien a duré son règne. Hélios , le soleil , fils d'Héphaistos, prolonge ensuite sa domination pendant

~ 4W — trente mille ans. Salurne, Ghronos ou le Temps , a^ec douze autres dieux , seraient restés sur le trône pendant 5984 années.

Les huit rois demi*dieoi ... 247.

Après eux, 45 générations , comptées du cycle sothiaque, comprennent 445 ans.

La XVI* dynastie, les tanitbs de 9 générations 190

La XVII* dynastie , les mbhphitbs de 4 générations 105

La XVIII* dynastie , les mimphitbs de U générations MS

La XIX* dynastie , les DiospoLrrss de 5 générations 194

La XX* dynastie, les diospolitbs de S générations 838

La XXI* dynastie, les tanitbs de 6 générations 1S2

La XXTI* dynastie , les tamtes de ff générations 45

La XXIII* dynastie, les diospolitbs de 2 générations 19

La XXIV* dynastie , les saItbs de 5 générations 44

La XXV* dynastie, les éthiopiens de 5 générations 44

La XXVI* dynastie, les mbhphitbs de 7 générations 177

La XXVII* dynastie, les perses de 5 générations 1S4

La XXVIII*, ici il y a une lacune

La XXIX* 59

La XXX* dynastie , les tanitbs premier roi . . 18

Somme totale donnée par le texte grec «... 56,525 ans.

Georges le Syncelle fait remarquer que ce nombre de 36,525, divisé par ^146^, donne juste 25 périodes sothiaques. Chacune de ces périodes élait formée de 44&I années vagues, composées de 565 jours.

Cette circonstance infirme singulièrement Tautorité de la vieille chronique égyptienne. Il n'est pas trop possible de supposer que le hasard ait produit 25 périodes justes entre le commencement du règne da

8oIeil et la fin de celui du roi Nectanèbe , le premier de la trenlième dynastie.

Il est probable que toutes ces dynasties ont été inventées après le règne de ce souverain. L'arbitraire à l'aide duquel on est arrivé à la somme des années nécessaires pour former les périodes solhiaques , parait avoir porté sur les nombres antérieurs à la seizième dynastie. Il était en effet indifférent que le soleil y les dieux et les demi-dieux eussent régné quelques années de plus ou de moins. Aussi, la partie réellement historique de cette chronique ne commence qu'#ivec Tindicalion de cette même dynastie, qui est la seizième.

Les listes de Manélbon , conservées par Josèphe , Eusèbe et Jules l'Africain , ont un tout autre caractère. Cependant ces listes diffèrent encore entre elles, pour le nombre comme pour la durée essentielle des règnes. Cette différence est assez grande pour jeter de l'embarras dans la chronologie de l'ancienne Egypte. Mais pour concilier avec la Genèse celle qui repose sur des monuments authentiques, il n'est nullement nécessaire de retrancher les quinze premières dynasties de Manéthon.

M. Marsham a démontré que ces dynasties n'avaient pas été successives , mais collatérales et contemporaines, puisqu'elles se rapportaient à des princes qui avaient régné en même temps sur les différens Etats dont se composait TÉgypte.

. Lorsqu'on veut apprécier d^one manière exacte la ▼aleur de la chronologie adoptée par tel ou tel historien , comme, par exemple, celle d'Hérodote y il faut, avant tout» se fixer sur le mode qu'il a suivi pour composer Tannée , base première de pareils calculs. Plu« sieurs historiens » et entre autres Hérodote, n'ont pas formé leur année comme nous , qui la composons de 365 jours, sauf quelques modifications. L'année n'était, pour lui, qu'un intervalle de trois ou quatre mois, ainsi que nous l'apprend Diodore de Sicile. Dès^lors, on doit réduire de beaucoup les 44 ,344 années que cet historien attribuait au règne des hommes , depuis Menés jusqu'à Solon.En assimilant, avec Ferret, ces années à des saisons de trois mois , on a 2794 années solaires, quiexpriment Tintervalle compris entre l'an 3604 et l'an 740 avant Tère vulgaire.

Quant aux 9500 ans de Diodore, pris pour des saisons de quatre mois lunaires , ils reviennent à 2964 années solaires qui se seraient écoulées entre Menés et Cambyse. Ce calcul ferait remonter le règne de Menés k Tan 3502, ce qui fait une différence de deux ans seulement entre le calcul d'Hérodote et celui de Diodore de Sicile , identité qui en prouve la réalité.

Du moins, les progrès qu'a faits de nos jours la chronologie de l'Egypte font remonter d'une manière à peu près certaine l'histoire de ce pays à 2272 années avant

l'ère chrétienne I c'est-à-dire, à 4443 années avant n. 13

lîVI* drnasUt SJirc« 9 rois 1$0 «r4

XXVib (hriMMie fkksa!!!, 8 rois 120 524

C^nquétr ik Vf ^ypïe par Cambyse SiS

IXVUI* (htoslie SAÎtt, i roi 6 404

XXII* dyuastie hekmSsicxne, 5 rois 21 S9S

XXX» dynastie siBxmoui , 5 rois 58 177

XXXI* dynastie msARc » 5 rois 8 539

Conquête de TÉgypte par Alexandre 551

Fin du règne d*Àlexandre 5S5

Telle est la seule partie du tableau de Manéthon qui présente assez de probabilités pour être admise. Elle repose sur des monuments encore existants , lesquels prouvent qu^à compter de la seizième dynastie, F histoire de rÉgypte prend un caractère de vérité qu'on est loin de trouver pour les temps antérieurs. Nous ter* minons ce tableau des dynasties égyptiennes à la conquête d'Alexandre et k la fin de son règne. Le fils de Philippe forme, avec les rois grecs ses successeurs, la trente-deuxième dynastie , à laquelle a succédé la domination romaine dont nous expliquerons plus tard la durée.

Parmi les événements importants de Thisloire de rÉgypte on peut citer : 1^ l'invasion des pasteurs, qui eut lieu vers la fin de la seizième dynastie. Deux dyna^ ties contemporaines régnèrent en même temps pendant 262 ans. 2" L^administration de Joseph en Egypte sous les rois pasteurs^ qui occupèrent Mempiiis, tandis qaa les Pharaons restèrent les maîtres de la haute Egypte. S"" La réunion de l'Egypte à la Perse, après la conquête

46 Gambyse et le commencement de la vingt-septième dynastie. 4^ La conquête d'Alexandre et la fondation d'Alexandrie, commencement de la trente-deuxième dynastie. 5° L'établissement de la trente4roi«ième dynastie, dont Torigine remonte vers Tan 500, et a subsisté jusqu'à la domination romaine, Tan 54 avant l'ère vulgaire. Cette dynastie a reçu le nom d'indépendante.

Nous aurions pu, sans doute, étendre ce tableau bistorique; mais comme la suite de cette chronologie n'est plus contestable, il nous a. paru inutile de prolonger cette discussion. Notre but est de faire comprendre que Id véritable histoire profane n'est point en contradiction avec l'histoire sacrée, etque l'une etl'autre ne don- * nent guère à l'homme plus de 7,000 ans d'existence.

Nous avons préféré, dans ce travail, l'autorité d'Ëusèbe à celle de Jules l'Africain , particulièrement pour la confection de nos tableaux parce que nous n'avons qu'une seule copie des listes de cet historien, tandis que nous possédons trois copies différentes d'Eusèbe : Tune en grec, recueillie par le Syncelle ; la version arménienne^ et la traduction latine de saint Jérôme depuis la seiaème dynastie.

Ce que nous -venons de dire aura certainement suffi pour faire juger à quel point tous les historiens profanes ont exagéré l'antiquité de la monarchie égyptienne. La seule chronologie raisonnable est celle de Manéthon : encore suppose-t-elle qu'il s'çst écoulé un

intervalla dé 5,500 ans dopais la ibndatioD de h 0kh narebie d^Égypte jusqu'à Ptolémée^Lagns. Pour concilier celle chronologie avec celle de rÉeriturey il faut supposer, avec les critiques les plus judicieux, que les différentes parties de TÉgypte avaient été gouvernées à la fois par différents princes. Manéibon, né à Sebenuytis, ville de la basse Egypte, pendant le règne d'Alexandre , jaloux de flatter l'orgueil national de ses compatriotes , avait réuni tous ses rois dans un seul et même catalogue , comme si cbacun d'eux avait régné suecessivement sur toute l'Egypte. De celte manière, cet écrivain est parvenu à donner à Thistoire positive de la monarcbie de FÉgypte une durée de 5,500 ans depuis sa fondation jusqu'au règne de Ptoiémée-Lagus, Cette explication n'est pas seulement ingénieuse , mais elle est vraie; Ton en trouve la preuve dans les actions a^ tribuées à plusieurs des princes dont il est question dans les listes de Manéthon. Ces faits historiques démontrent que ces princes ont été contemporains et ont gouverné simultanément différentes provinces de rË** gypto. Aussi cette manière de concevoir rhisloira de cette contrée a-t-elle été généralement adoptée par tous les chronologistes et les critiques modernes.

Du reste, ainsi qu'on a pu en juger , Manéthon est bien plus modéré dans ses exagérations que la vieille chronique égyptienne dont nous avons parlé. Oa ne peut pas demander des éclaircissements ni des lumières

sur le berceau de la monarchie ^ptienne à Hérodote et à Diodore de Sicile : tout ce qu'ils en rapportent est fabuleux. Ces récits qu'ils avaient appris des prêtres égyptiens, et qui ne s'accordent poiot entre eux, ne peuvent soutenir les regards d'une critique sévère. Aussi, oe que nous savons des temps primitifs de Galicienne Egypte se borne à ce que nous apprend la Genèse de la dispersion des peuples , époque peu éloignée de l'origine de le monarchie égyptienne.

Diaprés elle , lors de cette dispersion y Cbam , Tqn des trois fils de Noé» passa en Afrique avec ses quatre fils Chus , Mesraîm , Pbuth et Gbanaan. Chus s'établit en Ethiopie; Pbuth dans la partie de l'Afrique qui est à Toccideot de TÉgypte ; Gfaanaan dans le pays qui depuis a porté son nom ; et enfin Mesraîm se fixa dans rÉgypte , que TÉcriture appelle le plus souvent Cbemmis, du nom de Gham et Mesor, celui^i paraissant dériver deMesraim.Les Juifs désignent encore rÉgypte sous le nom de terre de Cham et sous celui de Miarwn » dénoroinatioaqui rappelle celle du premier mois de Tannée, du moios d'après les anciens babitaota de cette contrée.

Nous verrons plus tard combien de doutes se sont élevés sur la question de ^voir si ce Mesraîm est le même que Menés. Quant à ce dernier, il serait, d'après Hérodote et Diodore, le premier prince qui aurait régné en Égypte« Ce Menés eut cinquante-deux succès*

seurs ; et ce qa^il y a de singulier, c'est que Dioddr<e, qui nous en a donné la liste, n^a pu rapporter aucunede leurs actions; cependant ces différents princes auraient gouverné l'Egypte pendant quatorze siècles. Au milieu de toutes ces incertitudes, on ne peut rien présenter de suivi ni de complet sur les premiers rois de TÉgypte , et encore moins sur Torigine de leur monarchie.

On n'est pas plus heureux lorsqu'on veut se rendre compte de Tépoque à laquelle l'Egypte fut divisée en quatre dynasties : celle deTbèbes, celle de Thin , celle de Memphis et celle de Thanis. Ce qui est seulement certain, c'est que ces quatre dynasties ne peuvent remonter très haut; car elles n'ont pu se partager TÉgypté qu'à une époque où cette contrée était déjà assez avancée en civilisation. En effet, pour habiter l'Heptanome et le Delta ^ inondés une partie de l'année , il fallait connaître l'art de construire et d'élever des chaussées , ce qui suppose des connaissances et des lumières, et par conséquent une civilisation assez avancée.

Voilà donc à quoi se borne tout ce que nous savons sur l'origine de la monarchie de l'Egypte et sur la pre* mière histoire de cette contrée , dont Tantiquité est loin de remonter aussi haut qu'on l'avait supposé. II est donc vrai que l'histoire de toutes les nations , lors* qu'on en examine les bases avec quelque critique , ne dépasse pas ces sept mille années que la Genèse a fixées pour bi>mes à l'établissement du genre humain. Toits

Ub docoments et toutes les aonalés confifment ce poidt de fait, et les détails dans lesquels nous allons entrer eti seront une nouvelle preuve, non moins puissante que toutes celles que nous venons de présenter.

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