‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 58 sur 61 · II · texte numérisé non relu

II

historiques* Telle est aussi eelkde tous les trbres, qui faute de soins actifs et d'une oulture assidue, ont disparu des lieux qu^ils couvrirent loDj^^einps de leurs ombrages. Après ces faits, peut-on dire que Tolivier, eonsidéi*épar les anciens comme un présent des dieux, et dont les terrains géologiques recèlent oiéme les dé* bris, diminue dans les lieux qui Tont vu naître, par suite d'un changement dans les dimatsaotuels?

Écoutons les documents historiques, et voyons si la statistique végétale, dont nous trouvons quelque trace dans les écrits les plus anciens, ne nous fournira pas quelques données propres à nous apprendre ce qn'il en i^t de la fixité des climats.

Interrogeons d'abord la Bible ; elle nous dira qu'antérieurement à Moise, et long-tempe après lui, les palmiers étaient fort nombreux dans toute la Palestine. Les Juifs mangeaient des dattes et les préparaient eomue des fruits secs ; ils en tiraient même une sorte de miel et une liqueur fermentée. Enfin, cet arbre devait étra trè^ répandu dans la Palestine, puisque la ville de Jéricho était appelée la ville dea palmiers, et ^'un as- 1^0 grand nombre de monnaies hébraiquas noae ont laissé des rapréaentations distînetes d^ cet arbre ohargé de fruits.

Il n'est pas moins, certain que, à h mëiae époque, la vigne était cultivée dans cette oo&trée ; oela est suffisamment attesté par les vins d'Ëngaddi, par la féto dea

TêbernalskS) qui venait après lee vendanges, et gnrtout fw la fameuse grappe que les envoyés de Holse cueillirent dans laterredeGbenaân. Or, Fon saitd'ine ma« nière positive, qu'il est pour certaines plantes an maximum et un minimum, einleçii et ao«dtlè duquel elles ne vivent plus ; à Taide de eetle loi il eel Iseile dedéteM miner la tempéralare d*«a Us» quelconque 4o»t on eoonaM les productions.

Âiosi le palmier ne. fructifie pas, la datte ne peut mûrir, quand la température moyenne est inférieure à 2i degrés. Dès-lors tous les \kn% où l'on reneoAtre dès débris de cet erhfe doivent ave«r eu une tempéra^ tnre tont au moins égale à eelle qui ^t aéeessairo maintenant à sa complète végétation. On arriverait au mâme r<;8uUat , rn^is d'une toute autre façou , en s'aidant de la théorie mathématique de la chaleur, iondée par les beaux travaux de Fonrier ; car les s^ienoesi en se prêtant mutuellement leur appui , noo^^font toutes, arriver, quoique souvent par des voies diverses , à ee. que rbomme a le plus intérêt de découvrir, la vérités

Ainsi la limite thermométrique du pafanaer-4attier, donnant des fruits bons et raengeabfes, différait tiis peu de la Umpérature de Jéruseleei qui étiûi très sap^ proebéede 2^ degtés au moins ou d'un nombre plus fort, puisque les dattes y mûrissaient bien. Ce qui le prouve, c^est qu'à Catane, en Sicile, par une tempét*ature moyen Ae>de + 48 à 49^ centigrades, les dattes que

produisent les palmiers ne sont pas mangeables. H en est cependant tout le contrairo à Alger^ dont la température est de + 24 ^, et où ces fruits acquièrent leur parfaite maturité.

D^un autre côté y la vigne ne peut être cultivée de manière h donner de véritables récoltes, si la température moyenne excède de 22 à +25 degrés. La limite méridionale est actuellement à Tlle de Fer, dans les Canaries, dont la température est égale à celle qu^aous avons assignée comme terme extrême de sa culture.

Sans doute la vigne est cultivée en Perse, à Abusher, dont la température moyenne dépasse + 23®; mais il faut bien remarquer qu'on n'y rencontre que quelques ceps épars dans les jardins. Les seules exceptions qui soient connues à la température de +24 à 22®, la plus favorable à la culture de la vigne, nous sont fournies par la Guadeloupe et la Martinique, dont la température moyenne actuelle s'élève jusqu'à +25o.Ce sont du reste des limites extrêmes, et pour ainsi dire excessives, qui tiennent probablement à des circonstances particulières et locales, dont plus tard on trouvera peut-être l'explication. Elles ne sont pas. d'ailleurs assez puissautes pour injlrmer ce que les autres phénomènes de végétation nous apprennent sur le climat de la Palestine.

Dès-locs, antérieurement à Moïse et long-temps après Iu4, la tcnipéralurc de cette contrée devait être exiré*

mement rapproebée de + 24 et 22^, et certâinemeDt elle n'arrivait pas à celle de + 25^^, qui est particulière à la Martinique et à la Guadeloupe où la vigne est cependant cultivée. Cette supposition peut être appuyé^ sur d'autres phénomènes de végétation et sur la latitude de Jérusalem en particulier.

La température moyenne du Caire est de +23P. Jérusalem se trouve 2 degrés plus au nord; or 2 degrés de latitude correspondent sous ces climats à une variation d'un demi degré, à trois quarts de degré du thermomètre centigrade. Dès-lors la température moyenne de Jérusalem devait être peu supérieure à +24^,25.

Or, puisque l'ensemble des phénomènes de la vé* gétation de la vigne prouve que la culture de cette plante dépasse peu + 24 ,25, et que ses limites les plus extrêmes ne vont pas au*delà de 25, il en résulte que la moyenne entre ces deuxnombre8estde+25,425. Ainsi, cette moyenne quoique beaucoup trop élevée, eomme nous lavons fait saisir , ne dépasse pas de beaucoup les nombres 24 et 22, que nous avons adop-* lés pour la température delà Palestine. En effet, on né peut pas trop l'élever au-delà, car celle du Caire n'est que de +22^, et cependant cette ville est située environ 2^ plus au sud que cette contrée.

Ainsi la même température qui régnait en Palestine du temps de Moïse est la même que ceUe que l'on y observe encore aujourd'hui, P'f|utrc$ faits relatifs

à des phénomènes de végétation le prouvent eneore. D^une part la culture du blé annonce que la température ne surpassait pas en Palestine celle de + 24 à +25<»y tandis que d'autre part, les arbres à baume de Jéricho marquaient la limite inférieure de la température, qui était entre +24 "^ ou +22®. Enfin, les Juifs célébraient jadis la fête des tabernacles ou des vendanges, en octobre , et c'est encore à la fin de septembre ou au commencementdecemémemoisd^octobre, qu^on cueille aujourd'hui les raisins dans les environs de Jérusalem.

Plus de trois mille ans n'ont donc pas altéré d'une manière appréciable le climat de la Palestine, ni apporté aucun changement aux propriétés lumineuses et calorifiques du soleil ; conséquence que Ton pourrait tout aussi bien déduire d'autres faits agronomiques non moins positifs ni moins importants.

La distribution des animaux prouve encore que depuis Tapparition de l'homme les climats terrestres, jusqu'alors inconstants et variables, sont parvenus à une sorte de stabilité. A la vérité , quoique soumise à des lois analogues à celles qu'ont suivies les végétaux , la répartition des espèces animales n'offre peut«étre pas le même degré de précision et de généralité, les animaux étant moins sous la dépendance du sol et du climat. Toutefois, quoiqu'il soit plus difficile d'établir des lois précises a Içurégard, l'embarras n'existeguère que pour les carnassiers. La noùrritererestreint, en effet, beau-

coup plas léB espèces herbivores dans les lieux qoi les ont Yus naître, que celles dont les habitudes voraces les portent à chercher partout une proie propre à satisfaire leurs penchants et la violence de leurs appétits.

Ainsi la Genèse et les plus anciens monuments historiques nous apprennent que, bien avant le règne des Pharaons, le chameau parcourait les plaines de TÉ*' gypte, tandis que Phippopotame y fréquentait les bords fangeux de ses marais et les lisières à demi inondées des lies voisines du grand fleuve. Or, ces animaux no prospèrent que sous rinfluence d'une température moyenne de 22 degrés; tels sont encore les crocodiles, les ibis et les ichneumons , qui furent , comme ils le sont maintenant, leurs fidèles et constants compagnons. Cette température n^est-elle pas encore celle de cette contrée qu'ils se sont choisie et où ils ont trouvé constamment de quoi satisfaire leurs besoins.

Le climat de TÉgypte a si peu varié depuis leur ancienne existence, qu'aucune difi'érence appréciable né se fait remarquer entre les espèces qui vivent encore sur son sol brûlant et celles qui y vivaient il y a déjà près de trois mille ans. En effet , soit que Ton étudie les restes des animaux ensevelis dans les anciennes ca-* tacombes, soit que Ton examine les figures existant sur les monuments de la plus haute antiquité, on découvre une telle conformité avec les mêmes espèces vivantes qu'elles rappellent} qu'if fout ou qiieles climats n'aient

mies n'ont pas offert des différences appréciables areo les mêmes espèces actuellement vivantes.

Parmi ces végétaux découverts, soit dans les ancien* Des catacombes, soit dans les coffres qui renferment les momies, on a reconnu :

-!<> La casse {Acacia famesiana).

2o Le blé et Forge.

5*^ Le papyrus {Cyperus papyrus), dont les anciens se sont servis pour faille leur papier.

4^ Le citronnier^ dont un fruit est conservé dans la collection du musée Égyptien de Paris.

5<> Le schanginia {Acacia heterocarpa, DeKBe)^ dont des tiges et un fruit sont conservés dans le même mu^ sée.

6<> Le sycomore, dont le bois a servi à faire la plupart des cercueils dans lesquels les anciens Égyptiens déposaient leurs momies. Ce bois est toufc-à^fait semblable à celui que fournit le sycomore qui croit aujourd'hui en Egypte.

Eufîn, les grands rouleaux de papier faits avec le papyrus, et qui ont été trouvés en grand nombre au mi* lieu des ruines de Thèbes, n^ont pas présenté non plus la moindre différence avec le papier obtenu aujourd'hui par les mêmes procédés.

Ce que nous venons de faire observer à Tégard des végétaux est également vrai, relativement aux animaux dont oD rencontre les resles dans les mêmes catacombes.

Telles sont) par exemple, Us momies des singes, des chats, des chiens, des bœufs, des moutons, que Ton y trouve assez souvent. Telles sont encore celles qui offrent des oiseaux de proie, des ibis, des reptiles du genre des crocodiles, et jusqu'à des insectes qui n^ présentent pas la moindre différence avec les races ac* tuelles. Ces animaux que les anciens ont non-seulement gravés sur leurs monuments, mais dont ils nous ont donné des représentations complètes, en toutes sortes de matières, sont aussi trais que les statues qu'ils nous ont laissées de grands animaux, tels que les léopards, les lions, les tigres et tant d'autres espèces qui ne diffè^ rent en rien des races actuellement vivantes.

N'est-il pas naturel de conclure de ces faits, qu'une pareille conformité entre des espèces de dates aussi di** verses est en définitive une preuve, que puisque le temps est sans pouvoir sur la conformité panique , c'est que le temps n'entraine pas avec lui des change^ ments dans les climats.

11 en serait encore de même si nous interrogions les monuments antiques des autres contrées , pour nous assurer si les espèces qui y sont représeatées ont éprouvé ou non des modifications occasionées par uq changement dans les températures. Ils nous répondraient que comme les espèces qu'ils reproduisent ne diffèrent des races vivantes par aucun caractère , ces espèces ^ comme les climats dont elles ont subi toute

Tiafluence , ne doivent pas avoir éprouvé de chan|;ement]notable.

Si nous {sortons notre attention sur les climats de l'Europe, nous verrons que, depuis les temps les plus reculés, ils ne paraissent pas avoir éprouvé les plus légères variations ; du moins la plupart des contrées de cette grande région ne sont ni plus chaudes ni plus froides maintenant qu^elles Tétaient jadis. On observe même , qu^en général , la stabilité de la température sanble une des conditions les plus essentielles de cette contrée tempérée. Ainsi la ligne des Cévennes , que Strabon nous a représentée comme la limite septentrionale, où le froid arrêtait de son temps les oliviers, l'est encore de nos jours. Aucune modification ne s'y est donc opérée.

Il en est de même d^autres parties de l'Europe. Ainsi les Grecs apportèrent le dattier (Cardia wyxa) de Perse dans leur patrie. Suivant Tbéopbraste , cet arbre n'y donna pas de fruits, et cependant, à Tlle de Cbypre, la datte^ sans mûrir complètement, y était mangeable. La petite quantité de chaleur dont ce fruit aurait aujourd'hui besoin pour arriver, dans la même lie , à une parfaite maturité , manquait donc aussi dans Tantiquité*

On peut paiement considérer que le climat de l'Italie ne doit pas «voir plus changé que celui de la Grèce et des autres contrées de l'Europe , d'après

répoque et le mode des cultures qui lui sont assignées par Théophraste et VarroQ. En effet, la végétation ha« bituelle des lauriers et des myrtes de Tltalie moyenne, aux environs de Rome , et le désastre qui atteignait quelquefois les lauriers, an rapport de Pline le jeune, assignent à cette contrée une température moyenne à peu près constante. Elle était autrefois, comme aujour^ d^hui, très rapprochée de 45 degrés an-dessus de la glace. D^un autre côté, le climat de la Toscane, qui n'admettait ni les myrtes ni les lauriers , ne parait pas avoir éprouvé le moindre changement ; du moins ces arbustes n'y prospèrent pas davantage. Aussi le déboise^ ment des montagnes de cette contrée n'y a opéré aucune diminution dans la température , quoiqu'une opinion assez généralement répandue ait supposé le contraire.

Les mêmes effets se représenteraient à nous si nous examinions les variations de la chaleur dans d'autres climats ; partout nous les verrions compris dans des limites très resserrées.

En effet, le laurier et le myrte prospéraient, d'après Pline , dans Tltalie moyenne , même à quelqu^élévation, sur le flanc des montagnes. Or, ces végétaux n'y dépassent pas la hauteur de 400 mètres (environ 20O toises) ; d'où Ton peut conclure que l'ancienne Rome ne devait pas être sensiblement plus froide que la Rome moderne. D'un autre côté, nous avons vu qu'elle n'était pas plus chaude; car la végétation babitueller^a

laurier et du myrte annonce 44^ au moins, et la mort de ces végétaux nous donne un nombre peu au*^essu8 de 45°. Ce» deuK aonibre# ae coneîlient parbitement ^veo la supposition d^une température moyenne oona-» tante, température qui est aujourd'hui, comme probablement autrefois . de+ 45^. L'époque des vendangea dans la campagne de Rome, telle qu'elle e&tdétermi-* née par Yarron, y conduit ^alement^

On arrive à la même conséquence à Taîde des registres des observations tbermométriques que le P. Raineri a été chargé de faire, dans le xvi^ siècle, par TAcadémie del Ciniento, Ces registres ont été compalses récemment par M. Libri , et ils ont prouvé , par la comparaison des maxima et des mimma comparée aux observations faites, depuis 4820, à robaervatoîre d^ Écoles pies de Florence , que le déboisement des montagnes, opéré depuis une soixantaine d'années, n'a amené en Toscane , contre une opinion généralement reçue, aucune diminution sensible dana la températoiew

An x,vi<^ siècle^ en effet, les Apennins étaient couverts de forets , et cependant , dans Teapace de qttiaie années (4655 à 4670), le P, Raineri vit «on thermo- «létre une année à -^tt% une auire à -^ 5^,6, une troisième à •^4 2^, froids exoesâfa, qui n'ont paa été surpassés dan» rhîver e^^traordinaire de 4S2d à 4839.

D'après la table des ma»ima publiée par M. Libri, il paraîtrait pourtant qu'au xvi^ siècle lea étés en Toa*

çaoe étaient peut-être plus ehauds qo^ils ne la sont au* jourd'bui. Du inoios les observations du P. Eaîneri^ en les supposant exaotes et sans eri^eurs qui pourraient tenir aux instruments dont il faisait usage ^ présente^ raient cinq maxima de 57^,5, d^ui de 58^,5, et un de 58<^,7 du thermomèlre centigrade. D'un autre eôté^ le thermomètre nes^eet élevée de 4834 à. 4830, qu^une seule fois à 57^,5. Ainsi toutes les modifications que le climat de la Toscane peut a voir éprouvées depuis cotte époque, si elles sont bien réelles, sont loin d'avoir rendu les hivers moins froids et les étés moins chauds ; mais, pour admettre une pareille conséquence , il faut supposer que le zéro des thermomètres du P. Raineri n'a pas éprouvé |a moindre variatiopt pe qui est peu pro<) bable, tous c^s instruments suhiswi^t généralement de pareilles influences.

Il est facile , en effet , de comprendre combien les tea)pératures évaluées par le P. Raineri peuvent être fautives; car nous sommes loin d'être certain qu'elles ont été évaluées avec des instruments bien eaule^• EUea povrraient même Têlre si on les évaluait d'après celles prises avea de pareils instruments ; car il est mainte*- 9fint i^ouvé qu'à la longue presque tous les tbermo^ mètres devieoneqt fau9-

Le séro , ou le séro de la glaoe fondante monte le long de l'échelle graduée, comme si la boule oonieBant le mercure se refroidissait.. Le thermomètre arrive

ainsi à marquer + 4 <>, quand il devrait indiquer zéro. Il annonce paiement 2^ de cbaleur, lors cependant que la température n^est que de + ^f^^S. Les nombreuses températures des souterrains de TObservatoire de Paris sont donc comme non avenues, en tant qu'on voudrait les considérer comme complètement exactes, les tbermomètrôs n^ayant pas été vérifiés avec le soin qu'exigent de pareilles rectifications.

Cependant, d'après certains documents, cette constance dans les climats ne serait pas aussi grande que nous le présumons, et, selon leur témoignage, les températures extrêmes sembleraient avoir subi quelques variations dans plusieurs contrées. On a prétendu, par exemple, que la culture du froment et de la vigne avait . éprouvé, diaprés d^anciennes chartes , quelques changements depuis deux ou trois siècles , et que Fépoque des vendanges avait été légèrement déplacée.

Mais ces documents ont-ils bien la valeur qu'on leur a attribuée? N'est^il pas évident que des actes privés qui imposent Tobligation de porter certaines renies à des époques fixes, sont loin d'être une preuve positive que les époques des récoltes et des moissons dussent nécessairement coïncider avec elles? C'est cependant sur de pareils titres que l'on voudrait nous faire admettre un changement dans les saisons, dont les effets auraient rendu les hivers moins rudes et les étés moins chauds. Mais pourquoi préférer des documents si

incertains aux observations positives qui nous appren nent que les climats terrestres demeurent à peu près invariables ?

L'oscillation extrême des températures moyennes , ainsi que nous Tavons déjà fait observer, semble à peine varier^ d'une année à Tautre, d'un à deux degrés; en sorte que la somme de toutes ces températures se main* tient dans une parfaite égalité, lorsque la calcule sur le nombre de dix années prises au hasard. Aussi, par suite de cette harmonie qui maintient les choses créées dans un merveilleux équilibre, les années chaudes se compensent avec les années froides, comme les sèches avec celles qui se font remarquer par leur grande humidité.

Si cependant les climats avaient éprouvé dans certaines localités quelques légères modifications, nous ne devrions les attribuer ni à Tinfluence des corps célestes, ni au refroidissement de la terre, ni même à l'accrois* sèment et à Taccumulation des glaces du pôle arctique.

L'homme a produit insensiblement ces modifications. N'est-ce pas lui qui a défriché les plaines , déboisé les montagnes, encaissé les rivières, et fait disparaître les eaux stagnantes qui , avant sa préaence , in* feclaient les parties les plus abaissées de la surface de notre planète? Son activité et son industrie ne déchirent-elles pas sans cesse le seÎQ de la terre , et ne loi

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