‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 60 sur 61 · RÉSUME · texte numérisé non relu

RÉSUME

Le récit de la création, ainsi que les observations précédentes ont pu le faire reconnaître, est non-seulement une belle œuvre littéraire^ mais c'est encore une grande œuvre scientifique. Écrit depuis plus de Irois mille ans, il est tout-à-fait d'accord avec les faits géologiques connus à peine depuis un demi-siècle , tandis qu'il en est bien différemment des systèmes imaginés par les plus beaux génies* Du moins ces systèmes ne peuvent nullement se concilier avec les lois de la structure de la terre , établies d'après les recherches les plus récentes.

Le récit de la Genèse , de beaucoup antérieur à ces découvertes , se trouve tellement en harmonie avec elles, que celles-ci ne semblent faites que pour en con* firmerlexactitude.

Si la Genèse ne nous l'avait pas appris, nous ignorerions enc(H*eque Tunivers, et la terre qui en fait parlie, II. ' 26

n^onl pas été entièrement aclievés, lorsqu'ils sont sortis du néant à la voix de Dieu. Nous ne saurions pas , sans ce livre divin, que le soleil, auquel nous devons tant de bienfaits, n'a pas reçu immédiatement après sa création les atmosphères lumineuses qui Tentourenf, et qui sont devenues pour nous la source de la chaleur et de la lumière. Comment saurions-nous que notre planète , quoiqu'existant depuis Forigine des choses comme corps distinct et particulier, n'a cependant re^u Tatmosphère qui l'environne que bien long-temps après sa formation.

On aurait pu tout au plus le prévoir, puisque la chaleur et la lumière solaires auraient été inutiles à la terre avant Tépoque où elle a reçu des végétaux et des animaux qui devaient en éprouver la salutaire et bienfaisante influence. De même encore l'atmosphère ne pouvait être nécessaire & notre planète que lorsque sa surface allait être animée et embellie par les êtres vivants, auxquels elle devait servir d'abri protecteur contre le froid glacial des espaces interplanétaires.

La cosmogonie de Moise a un caractère non moins remarquable d'exactitude, lorsqu'elle porte notre attention sur les détails relatifs à la création. Elle n'a jamais admis en effet, comme la plupart des systèmes antérieurs à nos jours, que la formation du globe terrestre et des êtres qui y ont été disséminés ail eu lieu par explosion et d'une manière instantanée. Elle a

au contraire formellement exprimé que tout avait été produit ici-bas d'une manière graduelle et successive. Ainsi elle nous a appris, bien avant les faits et Tobservation des couches fossilifères, que la vie avait marché du simple au composé, et que les êtres vivants s'y étaient succédé en raison directe de la complication de leur organisation.

Elle dit encore que les végétaux avaient paru avant les animaux qui, habitant les terres sèches et découvertes, respirent aussi Pair en nature. Cette circonstance, 1 objet de reproches sérieux contre la cosmogonie sacrée, peut cependant être prévue par le plus simple raisonnement. Elle est même une conséquence géologique d'une haute portée, confirmée par l'observation des faits, ainsi que Ta judicieusement fait remarquer tout récemment Tun des premiers physiciens de l'Europe (M. Dumas).

Les animaux terrestres tirent leurs aliments des vé« gétaux, même ceux qui vivent uniquement de proie vivante; car, en dévorant des espèces herbivores, ils se nourrissent en définitive de la matière herbacée que ces dernières ont assimilée, et ont par cela même convertie en leur propre substance. Si donc les espèces herbivo-* res ont dû précéder les races carnassières, auxquelles elles devaient servir de pftture, les unes et lesautres ont du être devancées par les plantes, qui devaient en définitive leur donner les moyens de croître et de se subs-

tanler. Par une conséqneucedu méine genre^ on pourrait encore admettre que les animaux omnivores, à la tête desquels se range l'espèce humaine, doivent avoir paru les derniers; car ceux-ci avaient ndn-seuletnent besoin de végétaux pour se nourrir, mais encore d'espèces animales, soit herbivores, soit carnassières. -^ Cette conclusion, à laquelle on arrive par le simple raisonnement, est du reste confirmée par l'observation des couches du globe qui renferment les débris des ani* maux de Tancien monde; mais, ce qui est remarquable, ce faitjest écrit dans le livre de Moïse. Ce n'est qu'après le récit de l'apparition graduelle des végétaux qui ont commencé parles espèces les plus chétives, auxquellesont succédé les herbes, puis les arbrisseaux et enfin les arbres, que l'écrivain sacré parle, après tous les animaux, de la venue de l'homme, qui couronne et termine le grand œuvre de la création.

A T-exactilude de ces faits consignés dans la Bible viennent s'en ajouter une foule d'autres parmi lesquels nous signalerons ceux qui sont relatifs à l'émission de la lumière. L'écrivain sacré ne l'a jamais dépeinte comme créée, ainsi qu'elle aurait dû l'être s'il Tavailen^ visogée comme corps distinct et particulier ; il l'a supposée au contraire produite parle mouvement imprimé h la matière parla volonté dcDieu. «Lumière soil,etlumière fut» : telle est l'admirable concision avec laquelle il nous représente son apparition au milieu des ténè-

brês; car pour celui qui a produit l'univers par Teffet d^une seule de ses paroles, entre la volonté et Faction il n'y a point d'intervalle. {Note 57.)

Nous trouvons encore dans l'Écriture des preuves de retendue des mers h ^époque des premiers âges; elle contient même quelques détails succincts sur les animaux qui les habitaient, et dont la plupart ont précédé les espèces des terres sèches et découvertes.

De pareils faits ont exigé sans doute de longs espaces de temps pour se produire ; car les nombreuses générations de Tancien monde, auxquelles ont succédé les races actuelles, n^ont pas pu vivre et s'éteindre dans des intervalles aussi courts que le sont les six jours de la création. Ces intervalles seraient en effet insuffisants pour la succession de ces générations, qui tour à tour ont été remplacées par de nouvelles espèces avec lesquelles elles n'ont eu rien de commun, pas plus qu'avec celles qui les avaient précédées. Aussi n'est-ce point dans ce sens qu4l faut prendre le mot lom de la Genèse, qui se rapporte non à des jours semblables a ceux de vingt*quatr6 heures , mais è des époques indétermi* nées, dont il nous est impossible de fixer la durée.

Comment n'en serait-il pas ainsi, puisqu'on ne trouve plus dans le Penlateuque les mots Ereb et Beier qui expriment la fin et le commencement d'une période, lorsquMl parle de Pépoque actuelle, époque dont le commencement est déjà bien loin de nous, mais dont

la fin nous esl inconnue. D'ailleurs unréeity dont l'exactitude est si remarquable dans tous les faits qu'il énumère, ne saurait être supposé en opposition avec les observations dont il contient la substance*

Enfin la Genèse nous donne seule quelques notions précises sur les deux principales époques de T histoire de r homme, celle de sa venue sur la terre et de son re^ nouvellement après une violente inondation qui a ravagé la plus grande partie de la surface du globe. liO déluge n'est pas uniquement décrit dans les livrés saints ; les traces ineffaçables de son paôsage sont empreintes dans toutes les parties du monde. Toutes les nations ont admis ce grand événement et en ont conservé le souvenir; la plupart en ont même fixé la date à une époque tellement rapprochée de celle de la Genèse, qu'il est extrêmement probable qu'elles l'ont extraite du premier et du meilleur des Ihres.

Cette date, si essentielle dans l'histoire de la terre, nous l'avons vérifiée à l'aide des phénomènes physiques qui s'y sont succédé depuis lors. On arrive aussi bien à la date de 5000 ans avant l'époque actuelle, a l'aide de ces fails, que par les monuments et les traditions historiques, non-seulement particuliers aux Hébreux, mais encore à toutes les nations que nous pouvons interroger sur l'époque d'un aussi grand événe^ ment.

Sans doute la date de plus de 7000 années, que la

Genèse admet pour rapparition de rhomme, n'a pas été adoptée par les nations de l'antiqaité, qui Tont trouvée trop courte pour y faire entrer lenrs systèmes historiques. Du moins la plupart d'entre ellei ont cherehé à reculer singulièrement leur origine, croyant se donner peutrétre par là un haut degré d'illustration. Mais les événements et les actions qu'elles ont rapportés à ces anciens âges sont évidemment fantastiques et fabu^ leux, et aucune de ces narrations ne peut se concilier avec la véritable certitude historique.

Les mêmes nations ont cru également démontrer Iq prétendue ancienneté de leur origine par des observa* tions astronomiques, qui, si elles étaientexactes, feraient supposer des peuples qui les auraient faites une très haute antiquité. On ne pouvait naguère donner un démenti à ces observations; mais le progrès des connaissances humaines nous a permis de reconnaître qu'elles n'avaient rien de réel ni de sérieux; car tous ces prétendus faits astronomiques sont controuvés et ont été calculés en rétrogradant. Ainsi ont disparu de ThistoirQ ces longues suites de siècles que les peuples anciens avaient ajoutées aux règnes réels de leurs princes el de leurs rois, el à l'aide desquelles ils avaient singulièrement éloigné Tépoqne de leur berceau.

C'est donc uniquement dans la Genèse que l'on découvre quelques certitudes sur les premiers Ages du monde ^ et que Ton peut suivre les pas des premiers

hommes Vers la civilisation , aux progrès de laquelle ils ont été en quelque sorte poussés comme par un pouvoir irrésistible.

Telles sont les principales cionnées que Ton trouve dans le livre sur lequel nous avons appelé TaUention des hommes éclairés, livre réellement étonnant, (ait pour tous les Ages, et qui a grandi avec eux. Merveilleux pour nous, il le sera bien plus encore pour nos neveux, dont les esprits, perfectionnés par les lumières toujours croissantes des sciences, en concevront mieux . toute la portée, et pourront ainsi en apprécier davantage la profondeur et la beauté.

FIH DU TOME SECOITO.

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