‹ De la Cosmogonie de Moïse, comparée aux faits géologiques (volume 3)Chapitre 2 sur 37 · DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

DES ÉDITEURS

L'ouvrage que nous publions aujourd'hui est composé depuis plusieurs années; des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur, ont empêché qu'il fût plus tôt livre au public.

Ce long retard a donné à l'auteur l'occasion d'en faire la matière de plusieurs leçons ; il a vu avec plaisir ce sujet inspirer un intérêt véritable aux personnes éclairées qui suivent les cours de la faculté des sciences de Montpellier. Ce retard a encore procuré une plus grande satisfaction à M. Marcel de Serres ; c'est l'accord qu'il a cru remarquer entre l'ouvrage que vient de publier M. Buckland, et celui qu'il soumet maintenant au jugement et à l'attention des hommes instruits.

En effet, dans le Traité de minéralogie et de géologie, considérées dans leurs rapports avec la théologie naturelle, M. Buckland a consacré un chapitre à l'examen de la question de savoir, si le récit de Moïse s'accorde avec les faits géologiques. Sans hésitation , l'auteur nons démontre qu'il existe un accord remarquable entre les faits naturels et ceux qui nous ont été transmis par l'écrivain sacré.

Du reste , ainsi que le fait observer l'illustre géologue anglais, la question qu'il s'agit d'examiner n'est pas relative à l'exactitude de ce récit, mais à notre manière de l'interpréter. L'objet de Moïse n'a pas été de nous apprendre comment, mais par qui le monde a été créé. En nous donnant une idée de la création, son but a été d'empêcher les hommes enclins à l'idolâtrie, d'adorer les objets les plus brillants de la nature, le soleil, la lune et les étoiles. Aussi, le législateur

des Hébreux s'est attaché a leur persuader que, loin d'être des dieux, ces astres, comme les autres objets de la nature, avaient été crée*4>ar un é>e éternel, infini et tout-puissant Cet aperçu peut faire juger l'accord qui règne entre les deux géologues; il est mime si grand, que Ton pourrait croire qu'ils se sont communiqué leurs pensées, si la distance qui les sépare, et le long espace de temps qui s'est écoulé depuis que le géologue de Montpellier avait confié son manuscrit à un des plus savante professeurs de Paris, ne démontrait positivement le contraire.

Uue pareille harmonie dans les idées et dans les expressions des deux écrivains est a la fois une preuve de la justesse de leurs observations, aussi bien que de la vérité d'un livre qui mérite nos respects, autant par sa grande ancienneté, que par les faits qui y sont consignés, et dont la science de nos jours vient enfin de reconnaître l'exactitude.

L'ouvrage du géologue anglais a obtenu un succès prodigieux. Deux éditions de 5,000 exemplaires chacune ont été épuisées avant d'être sorties des mains des imprimeurs. Un pareil succès peut-il nous en faire espérer un semblable pour celui du géologue français ? nous n'osons nous en flatter; mais ne devons-nous pas avoir quelque confiance l'esprit religieux qui s'est manifesté récemment parmi et dans l'ardent amour de la vérité, qui dirige maintenant les recherches et les travaux des hommes éclairés ?

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