‹ De la Cosmogonie de Moïse, comparée aux faits géologiques (volume 3)Chapitre 9 sur 37 · QUATRIEME ÉPOQUE OU QUATRIÈME JOUR · texte numérisé non relu

QUATRIEME ÉPOQUE OU QUATRIÈME JOUR

« A la quatrième époque , Dieu dit que des » corps lumineux soient disposés dans le firma- . » ment du ciel, pour séparer le jour d'avec la » nuit , et qu'ils servent de signes pour marquer » les (emps, les jours et les années.

» Qif ils luisent dans le firmament du ciel et

» qu'ils éclairent la terre. 11 en fut ainsi. Dieu » disposa deux grands corps lumineux, l'un » plus grand, pour présider au jour, et le plus » petit pour présider à la nuit ; il fit aussi les » étoiles.

» Il les disposa dans le firmament du ciel , » pour luire sur la terre.

» Pour présider au jour et à la nuit et pour » séparer la lumière d'avec les ténèbres.

» Dieu vit que c'était bien; delà fin jusqu'au » commencement, ce fut la quatrième époque. »

Ce texte exigerait sans doute de nombreuses observations, si l'on pouvait oublier celles que nous avons déjà faites sur le mot hébreux jnpn Rakia . que la plupart des traducteurs ont traduit par firmament. Ici cette expression ne peut s'entendre que de la matière éthérée dans laquelle sont disséminés les deux grands corps lumineux , qui sont aujourd'hui pour la terre la source de la lumière et de la chaleur qu'elle reçoit. Aussi peut-être vaudrait-il mieux la traduire par Tétendue du ciel plutôt que par firmament du ciel, ainsi que l'a fait M. Cahen dans son excellente traduction.

Ces observations nous dispenseront d'entrer . dans de plus longs détails à cet égard ; il ne nous reste plus qu'à dire quelques mots du seizième et du dix-septième versets de la Genèse,

dans lesquels il est parlé des deux grands corps lumineux , que Dieu prépara et mit dans le firmament du ciel.

Le législateur des Hébreux ne parait pas avoir supposé, relativement aux astres dont il est question dans ces versets , qu'ils aient été créés à la quatrième époque , c'est-à-dire , bien postérieurement après notre globe ; Moïse a seulement voulu nous apprendre , qu a cette époque , la terre avait été placée, par rapport à ces corps , de façon à recevoir d'une manière constante et

uniforme, la lumière qu'ils lui dispensent. Aussi est-ce dans ce sens que les traducteurs grecs de la Bible, et même certaines traductions latines, l'ont entendu , en disant qu'à cette époque ces corps furent disposés dans le firmament du ciel , afin de répandre la lumière sur la terre , u et » posait in firmamento cœli, ut lucerent super »> terrant.

Sans doute les astres auxquels la Bible fait ici allusion sont loin d'être les deux plus grands corps célestes ; car la lune, par exemple , dont le diamètre est à peine le quart de celui de la terre ou la 65 millionième partie du soleil , est une des plus petites planètes. Mais il n'en est pas moins vrai que le soleil est de tous les astres celui qui nous envoie le plus de lumière pendant le jour, comme la lune pendant la nuit.

Or, il n'y a pas ici inexactitude , comme on Ta prétendu dans le récit de Moïse , d'avoir dit que Dieu disposa dans le firmament du ciel deux grands corps lumineux, duo luminaria magna, l'un pour présider au jour et l'autre pour présider à la nuit.

Du reste , l'Écriture est si loin de considérer la création de la terre comme antérieure à . celle du soleil et des étoiles, qu'il est dit dans le livre de Job (XXXVIII , cap. vers. 7. ), que les étoiles louaient Dieu , lorsque la terre fut créée. Il y a d'autant moins de doutes à cet égard que Moïse qui, selon toute apparence, est l'auteur

du livre de Job, met ces paroles dans la bouche de Dieu lui-même. A la vérité, certains commentateurs de la Bible ne partagent pas cette manière d'interpréter ce passage que les septante ont traduit, en disant que lorsque les astres furent formés tous les anges louèrent Dieu à grands cria; cum me laudarenl simul astra matutina et ju~ bilarent omnes filii Dei, Nous avons partagé avec le savant professeur Encontre, la première interprétation, comme à la fois la plus conforme au texte et la plus vraisemblable.

D'un autre côté , l'on ne doit pas perdre de vuè que le mot hébreu À s ah que l'on a ordinairement traduit parfaire , signifie plutôt adapter, approprier , et qu'il ne s'agit pas ici de créer des

corps lumineux dans toute la force de cette expression ; car s'il en avait été ainsi , Moïse se serait servi du verbe Bara et non du Verbe Asah, qui suppose une matière ou un corps préexistant sur lequel Dieu opérait } ou qu'il préparait pour un usage nouveau. Lè verbe Asah , indique seulement que dans la pensée de Moïse , Dieu avait, lors de la quatrième époque, disposé dans un ordre nouveau les étoiles , le soleil et la lune formés depuis la création primitive qui eut lieu au commencement des temps et les assujettit à éclairer constamment la terre.

L'Écriture employé donc le verbe Bara pour exprimer la première production du. ciel et de la terre, tandis qu'elle se sert du verbe Asah pour rendre particulièrement l'action de Dieu, s'exerçant sur une matière déjà existante et la disposant dans un ordre nouveau, enfin sous des formes nouvelles. Quoique le mot Asah, puisse paraître en quelque sorte synonyme de Bara , ce dernier a constamment plus de force et une signification plus étendue.

Le mot Bara que nous traduisons par créer, exprimerait, d'après cette supposition, l'idée de la création d'un corps ou d'une matière que Dieu dans sa toute puissance aurait fait sortir du néant et aurait tiré de rien ; tandis que le verbe Asah indiquerait uniquement l'acte de Dieu qui

donnerait un mode d'existence nouveau et distinct à une substance existant déjà et produite antérieurement. Le verset 7 du chapitre 2 de la Genèse, en nous apprenant qne l'homme fut formé d'une matière existante auparavant, c'est-àdire du limon de la terre , semble donner avec d'autres textes un grand poids à cette supposition.

Bara, créer, a donc, ainsi que nous avons déjà fait observer, beaucoup plus de force que le mot Asah, faire ou approprier : aussi le premier peutil être seulement employé relativement à Dieu, tandis que Asah peut être appliqué à l'homme. C'est précisément la différence que l'on admet assez généralement entre Jes mots a^er et faire, employés pour traduire les verbe Bara ét

Asah. Cette manière d'entendre ces deux expressions, se rapporte du reste plutôt à notre manière de les concevoir , qu'au sujet lui-même ; car faire , lorsque nous parlons de Dieu , est équivalent de créer.

Aussi postérieurement à Moîse, les mots Bara, créer, Asah, faire, y asiar, former, ont été fréquemment employés par les prophètes à peu prés comme synonymes. Du moins ces mots expriment dans leur langage la formation de quelque chose de nouveau, ou quelque chose dont l'existence dans son nouvel état a commencé avec

cet état, et cela par la seule volonté du Créateur.

Cependant en 'examinant avec une sérieuse attention le sens du verbe Bara dans le premier verset de la Genèse , il est difficile de ne point voir qu'il se rapporte ici à une véritable et complète création; d'abord il n'y a pas d'autre récit de la création du ciel et de la terre, et en outre le second verset décrit l'état du globe, après qu'il a été créé et disposé à recevoir les diverses modifications qui furent l'ouvrage des six époques ou des six jours de la Genèse. Par cette création primitive qui eut lieu au commencement des temps, Dieu fit sortir du néant la matière qui fut les cieux et la terre , et après un temps indéfini dont nous ne pouvons apprécier l'étendue, il fit jaillir sur celte terre, la lumière, premier acte de sa volonté pendant ces périodes consacrées à l'harmonie des choses terrestres.

En un mot, tout au moins pour le premier verset de la Genèse,le verbe Bara signifie l'action créatrice de Dieu qui tire du néant ou de rien, la matière qu'il crée, tandis que Asah se rapporte à l'acte qui consiste à disposer cette matière créée, dans des formes nouvelles, ou à lui donner des attributs nouveaux. Sans doute, il n'existe peut-être dans aucune langue , un mot dont l'acception soit aussi étendue que celle que nous attribuons au verbe Bara; mais aussi dans quelle

langue trouvons-nous la volonté ou l'action de Dieu opérant une œuvre aussi magnifique et aussi merveilleuse que celle de la création de l'univers.

Si Ton adopte cette interprétation , comme la plus simple et la plus conforme au texte de l'Écriture , et si Ton considère le système de l'univers , dont le soleil et les étoiles font partie , comme créé dans le commencement des temps , et avant la terre , on n'a point à se demander , comment il se pourrait qu'il y eût une lumière indépendante de celle excitée par les astres , qui seuls la répandent maintenant sur la terre.

Cette interprétation doit , ce semble , être fondée; du moins bien des faits annoncent qu'antérieurement à l'époque où le soleil et les étoiles qui ont répandu d'une manière constante et la lumière et la chaleur sur la terre , il en existait d'autres sources pour notre globe.

L'on sait qu'il est une certaine épaisseur de couches terrestres , au-delà de laquelle ne pénètre pas la chaleur produite par les rayons solaires , et cependant la chaleur , au lieu de diminuer, passé ce terme, augmente d'une manière sensible; cet accroissement, confirmé par toutes sortes d'expériences , faites dans les profondeurs de la terre , annonce qu'en terme moyen il n'est pas moindre d'un degré du thermomètre

centigrade par 25 ou 30 mètres de profondeur.

Notre planète possède donc dans son intérieur, une température à elle propre , tout-à-fait indépendante de la chaleur solaire , température , qui, d'après la loi de son accroissement, doit être énorme dans son centre. Mais la surface de notre globe a joui elle - même de cette température élevée; il parait du moins assez probable de supposer, que dans le principe des choses, tous les matériaux qui composent aujourd'hui la masse solide du globe , ne formaient qu'un vaste bain liquide, où bouillonnaient de toutes parts les matières les plus denses et les plus fixes. Comment une pareille conflagration aurait-elle pu avoir lieu , sans produire une lumière aussi vive qu'étincelante de clarté , à la surface des corps rendues incandescents par les effets d'uneehaleur aussi considérable. Cette lumière devait, en effet, être des plus resplendissantes, à peu prés comme celle que nous produisons en portant à l'état d'ignition des fragments de chaux dans certains mélanges gazeux, et dont l'œil ne peut supporter l'éclat ni la vivacité.

Du moins, il est d'expérience vulgaire qu'aucune combustion , ni aucun développement considérable de chaleur, n'a lieu sans être en même temps , accompagnée de production de lumière. Aussi plusieurs physiciens , en voyant la cons-

tance de ces phénomènes, ont-ils assimilé le calorique rayonnant au fluide lumineux.

Cette cause d'excitation et de production de la lumière, est-elle donc anéantie dans la constitution actuelle de notre planète , et toutes les molécules qui la composent, ne sont-elles pas douées d'une certaine quantité de chaleur , comme de , lumière et d'électricité. Ainsi , par exemple, un léger choc ne la fait-elle pas jaillir , étinceler même , des cailloux retirés des lieux les plus ténébreux , où la lumière solaire n'a jamais péneV tré. Les phénomènes phosphoriques ne nous la montrent-ils pas dans tous les corps de la nature, dans les êtres vivants, comme dans les minéraux arrachés aux profondeurs du globe , et qui n'ont jamais reçu le moindre rayon de cette lumière bienfaisante du soleil , source de la vie et de l'activité.

Le frottement ne la tire-t-il pas également en gerbes brillantes des corps électriques , quelle qu'ait été la place que ces corps ont occupée dans l'écorce du globe? Ne sort-elle pas avec abondance des végétaux et des animaux qui se décomposent, et ne s'échappe-t- elle pas enfin en grande quantité de ceux qui jouissent de la vie ? Pourrions-nous oublier que cette lumière est parfois si vive , que les mers les plus vastes paraissent comme en feu , aux yeux des naviga-

teurs étonnés et surpris d'un phénomène aussi extraordinaire et aussi mystérieux?

Or, cette lumière latente ne tire pas son origine du soleil. Elle paraît dès qu'une cause d'excitation vient à produire ces ondulations nécessaires à sa manifestation. La cause qui opère ces vibrations ou ondulations, est donc tout-à-fait indépendante de la principale source, d'où la surface de la terre tjre maintenant la lumière et la chaleur nécessaires à l'existence des êtres qui l'habitent.

Les combinaisons si nombreuses et si variées, qui ont lieu entre les divers corps de la nature, n'en produisentrelles pas elles-mêmes des quantités plus ou moins considérables, et sur lesquelles le soleil n exerce aucune influence. Par suite du mode de ces combinaisons , la lumière s'en dégage , ou y demeure cachée suivant les circonstances et la manière dont s'opèrent les réactions chimiques.

D'un autre côté, comme il paraît que la lumière n'est point un fluide particulier et distinct, et qu'elle est plutôt , comme le son , le résultat de vibration et d'ondulation de la matière éthérée ou de l'air atmosphérique, on comprend combien la chaleur considérable, qu'avait dans le principe des choses la surface du globe, devait exciter de semblables et pareilles ondulations. Ne concevons-nous pas en effet, dans la théorie

des ondulations , le soleil comme communiquant ou excitant des ondulations dans la matière éthérée ou dans l'atmosphère, et produisant ainsi sur nous l'impression de la lumière ? Ne peut-on pas dés lors attribuer à des effets du même genre, celle qui émane des corps échauffés , et qui est souvent si vive, que l'œil peut à peine en soutenir l'éclat , d'autant plus que l'action de ces corps a lieu sur une matière beaucoup plus dense et bien moins subtile que la matière éthérée.

Il est donc rationnel et tout-à-fait conforme à ce que nous apprennent les faits, de considérer la température élevée , dont a joui la surface du globe, aux premières époques, comme liée en quelque sorte à des émanations d'une vive lumière, tout aussi indépendante que cette même température , de celle dont la terre ne ressent plus maintenant l'influence que par l'effet des rayons solaires.

Il est aisé de concevoir que cette manière d'interpréter les faits s'accorde parfaitement à la théorie qui suppose la lumière comme produite par des ondulations excitées dans la matière éthérée , matière infiniment subtile et élastique qui remplit tout l'espace de l'univers. Cet éther passe, pénétre même dans l'intérieur de tous les corps, et tant qu'il reste en repos, il y

a obscurité complète ; et lorsqu'au contraire, il est mis en vibration , la sensation de la lumière est alors produite.

Il résulte en effet des travaux et des recherches d'Young,deFresncl et de M. Àrago,que la lumière est mise en jeu par la vibration d'un fluide répandu dans l'espace , fluide auquel on a donné le nom d'éther. Ces vibrations peuvent être occasionnées par différentes causes, comme par exemple, le soleil ou les étoiles, l'électricité, la combustion, ou même des actions chimiques quelconques. Si donc la lumière n'est point un corps ni une substance matérielle , mais une suite de vibrations excitées dans l'éther ou dans l'air par les corps extérieurs , elle n'aurait pas été proprement créée ; seulement elle aurait été mise en action ou en vibration, à l'époque où Dieu dit que la lumière soit et la lumière fut,

La chaleur rayonnante paraît également suivre dans sa propagation les mêmes lois que la lumière. D'un autre côté, si la lumière et la chaleur des rayons solaires consistent dans les vibrations ou les ondulations que ces rayons excitent dans la matière éthérée ou dans l'air atmosphérique , la chaleur transmise dans l'intérieur des corps doit être de même produite par de pareils mouvements vibratoires. De même,

par une tendance de la nature à ramener l'en-

semble des phénomènes à des lois aussi simples que générales , le son serait également produit par des vibrations moléculaires, et par leur propagation dans les milieux ambiants, en- sorte que les phénomènes de la chaleur et de la lumière n'en différeraient que parce qu'ils seraient opérés par les vibrations atomiques et leur propagation dans Téther.

La lumière n'est donc, en résultat, qu'un ébranlement ou une sorte de vibration de la matière éthérée , vibration dont la cause la plus active et la plus puissante pour la terre est dans le soleil. Mais évidemment, quoique le fluide éthéré ait été répandu antérieurement à l'époque où cet astre a été disposé , de manière à exciter les vibrations, la lumière n'est devenue en harmonie avec les diverses créations qui ont eu lieu sur notre globe, que depuis l'époque où le soleil a reçu sa nouvelle et dernière destination. Aussi Moke ne nous a jamais représenté Dieu comme créant la lumière ; mais seulement , comme lui donnant l'essor par l'effet de sa volonté , en sorte que par suite des ondulations ou des vibrations excitées dans la matière éthérée, elle aurait jailli du sein même de l'obscurité.

Dans le conflit des deux hypothèses qui divisent encore les physiciens , relativement à la nature de la lumière, Moïse vient donc tran-

cher la question en faveur des modernes. En

quelque sorte plus physicien que Newton , le législateur des Hébreux aurait eu des idées plus exactes sur 4a lumière , qu'un savant qui par l'importance de ses découvertes est peut être le

premier entre les plus illustres des temps mo-

dernes.

Enfin , si Ton suit avec nous l'interprétation que nous avons adoptée, nécessairement les trois premiers jours de la création ne sauraient être considérés comme des jours semblables aux nôtres , c'est-à-dire , à nos jours de vingt-quatre heures.

En effet, d'après cette interprétation, le soleil n'aurait été approprié qu'à la quatrième

époque de la seconde période à éclairer ou à répandre de la lumière sur la terre, et son cours diurne règle seul maintenant la durée nos jours. Aussi, d'après la remarque faite par Encontre , dès qu'il s'agit des cieux, Moïse fait usage du verbe BARA , qui signifie proprement créer, tandis qu'en parlant du soleil, il se sert du verbe TOy ou Asah , qui, quoiqu'on le traduise quelquefois par faire f signifie plus souvent approprier , adapter, et même dompter, subjuguer ou soumettre.

Moïse n'a donc point dit , et encore moins voulu dire, comme on le suppose ordinairement,

qu'au quatrième jour, Dieu créa le soleil; mais seule ment que lors de cette période , il assujettit cet astre à éclairer constamment la terre ; par cela même, ce serait seulement depuis cette époque que cet astre aurait réglé d'une manière invariable Tordre des saisons , des jours et 3es années.

Ce mode d'interprétation a du reste l'avantage de faire accorder entr'eux différents passages de la Genèse ; car on ne saurait supposer que Moïse ait pu croire que la terre avait été créée avant le soleil et les étoiles, puisqu'il dit luimême qu'elles louaient Dieu avant la création de notre globe. A son aide, on comprend également pourquoi notre planète , qui avait perdu une grande partie de cette lumière primitive produite dans le commencement des temps , en avait besoin d'une nouvelle source. Cette source, aussi nécessaire aux végétaux qui l'embellissent déjà,

qu'aux animaux qu'elle allait recevoir, devait être constante comme les besoins qui l'exigeaient.

Ce serait donc uniquement à la quatrième époque, que Dieu aurait approprié le soleil, la lune et les étoiles à répandre constamment de la lumière sur la terre, à présider au jour et à la nuit, afin de séparer les ténèbres d'avec la lumière.

La Genèse parait mentionner ici les grands

corps lumineux célestes , uniquement par rapporta notre planète et particulièrement à l'homme qui devait bientôt y être placé. Aussi n'est-il nullement dit dans les 1 4% 1 5 e , 1 6 e , 1 7 e et 1 8 e versets, que la substance du soleil, des étoiles et de la lune fut créée à cette quatrième époque. Seulement , il résulte du texte dont nous venons de discuter la portée , que ces corps lurent pour lors disposés à répandre la lumière sur la terre , à régler les jours et les nuits, et à être des signes pour les saisons , pour les jours et pour les années. Le fait de leur création, bien antérieur à cette époque y se trouve aussi consigné dans le premier verset de la Genèse qui se rapporte à la création de l'univers.

Moïse ne semble parler ici des phénomènes astronomiques que par rapport à leur importance relativement à la terre et à l'homme, et non par rapport à leur importance réelle danâ le système général de l'univers. Ce qui le prouve encore, c'est qu'à peine mentionne-t-il les étoiles. Il les nomme en quelques mots,, comme en passant, et en quelque sorte pour annoncer qu'elles furent aussi disposées dans les cieux, par la même puissance qui y avait placé la lune et le soleil, corps lumineux bien plus importants et bien plus nécessaires pour nous que cette armée innombrable de corps célestes, dont la grandeur

surpasse peut-être de beaucoup celle de notre soleil.

Si ces astres, qui tous sont probablement de magnifiques soleils, centres d'autres systèmes planétaires, sont aussi succinctement mentionnés dans la Genèse, tandis que la lune, petit sa tel lite qui nous accompagne constamment , y est au contraire indiquée, comme presque à l égal du soleil en importance, c'est probablement par suite des motifs que nous avons déjà exposés. U se pourrait enfin que Moïse , voulaut garantir les Hébreux de l'idolâtrie des nations dont ils étaient environnés, eût voulu leur montrer, que ces astres, ouvrages du créateur, ne méritaient pas leurs nommages, qui n'étaient dus qu à Dieu seul.

D'après la Genèse , la lumière avait donc été mise én action, avant que le soleil, la lune et les étoiles eussent été disposés à répandre sur la terre leur vive et bienfaisante clarté. Aussi l'époque à laquelle ces corps lumineux reçurent cette disposition nouvelle, coincïde-t-elle très bien avec celle de l'apparition des corps vivants qui en avaient besoin. C'est au moment de cette apparition, que l'on voit ces corps prendre leurs nouvelles relations , soit avec la terre , soit avec les êtres vivants qui allaient l'embellir et l'animer.

Du moins les premiers végétaux qui ont vécu pendant ces anciennes époques, ne présentent

y.as la moindre différence dans leur organisation avec ceux qui jouissent maintenant de la lumière que répandent sur la terre les mêmes corps lumineux. Cette lumière primitive ne parait pas avoir différé de la lumière actuelle, du moins les orga* nés exhalants des végétaux des terrains de transition et houillers, sont les mêmes que ceux de nos plantes vivantes. Il y a plus encore, les yeux de ces singuliers crustacés ou de ces trisobi tes si enfoncés dans les vieilles couches du globe, sont construits d'une manière tellement semblable à ceux de nos crustacés , qu'il est difficile de ne point supposer que les uns et les autres ont éprouvé les effets de la même influence.

D'un autre côté, si nous consiâérons les têtes des plus anciens poissons comme celles des plus anciens reptiles , nous les verrons pourvues de cavités destinées à recevoir les yeux et de trous pour le passage des nerfs optiques. De plus, on voK même chez quelques individus , ce qui du reste est assez rare, quelque partie de l'œil assez bien conservée , pour juger de son analogie avec ces mêmes parties des yeux des poissons et des reptiles volants. Enfin, ce quiest encore plus remarquable, les yeux des ichtyosaures, singuliers reptiles de l'époque du lias , sont assez bien conservés pour qu'il soit possible de reconnaître que ces yeux renferment un appareil à peu près

analogue à celui que Ton voit dans les organes du même genre des oiseaux. Dès lors, comment pouvoir douter que les yeux de ces divers animaux n'aient été des instruments d'optique ,

calculés , comme ceux de nos espèces actuelles , pour recevoir les impressions des rayons lumineux.

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