‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 4)Chapitre 14 sur 18 · CHAPITRE IL s](:pi;ièiiie £i?OQUK · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL s](:pi;ièiiie £i?OQUK

1 . Ainsi furent achevés le ciel et la terre , et toutes leurs harmonies .

2. Dieu termina son œuvre à la septième époque; il se i:eposa pendant cette époque, après avoir achevé tous ses ouvrages.

3. Dieu bénit la septième époque et la sanctifia; car en cette époque il s'est reposé de toute l'œuvre (ju'il avait créée et faite.

4. Telle a été l'origine des cieux et de la terre j, lorsqu'ils furent créés à l'époque où Dieu fit la terre et le ciel, etc. , etc. , etc....

Cette septième époque est la dernière des temps géologiques , c est-à-dire , celle immédiatement antérieure au grand cataclysme qui a ravagé la surface de la terre. A cette époque la création a cessé , du moins relativement à la terre ; depuis lors y tout ce qui y a été placé se conserve dans une parfaite harmonie et dans une constante stabilité, par suite des lois immuables que Tauteur de toutes choses y a établies. Du reste , si la création parait complète , par rapport à nous, elle ne Test certainement pas pour Tunivers. Celui qui par sa toute puissance a tiré le monde du néant , y opère encore; peut-être même des corps ' planétaires ou des corps célestes d une dimension plus considérable que ceux qui sont visibles à nos regards y sont continuellement créés. C'est dans ce sens que Von doit^ ce semble, interpréter les paroles de celui qui ne peut nous tromper, et qui a dit que son père opérait sans cesse et opérerait jusqu'à la fin des siècles (1).

Il n'est pas inutile de faire remarquer' que le nombre de sept qui constitue les diverses époques de la création, est eu quelque sorte lié à l'astronomie des anciens qui nexonnaissaient que sept

(i) Pater meus usque modo operatur et ego operor, Evang. sccuiul. Joaniicni, cap. V. , vers. 17.

corps célestes. Cette époque termine donc lé récif de la création, lequel récit semble être une espèced'ode, caractère qui témoigne de la haute anti-quité de la Genèse écrite sans doute aux premiers âges historiques. 11 est difficile de ne pas avoir cette pensée, lorsque l'on porte son attention sur le mode suivi par Moïse , ou si l'on veut, sur le rhythme qu'il a adopté dans son récit. Eu effet, chaque pensée principale y est exprimée par le même nombre de mots , et les diverses époques de la création y sont terminées par le même refrain.

Nous avons cru devoir terminer ici notre traduction , c'est-à-dire , la finir au quatrième verset du chapitre second , le reste étant tout-à-fait étranger aux questions qui nous ont occupés, et que nous nous sommes proposés de résoudre.

Les temps dont la Genèse nous donne une idée comprennent donc trois grandes périodes. Là première est celle où dans le principe des choses, c'est à-dire, au commencement des temps. Dieu créa ce qui fut les cieux et la terre. La seconde se rapporte aux temps où Dieu jugea utile dans sa sagesse, d'organiser la terre et les différents corps célestes qui composent le système de l'univers. Cette seconde période ^ dont nous ne pouvons pas plus apprécier Tétendue que celle de k première,

-- 242 -^ cboxprend les temps géologiques, ceux qui sont autériears à Tagparition de l'homme. Aiosi^ sous le rapport de leur durée et de l'espace de temps qu'elles peu veut embrasser , ces deux périodes sont hors de toute espèce d'évaluatioii.

La seule de ces périodes , susceptible de quel-* que appréciatioui se rapporte à la venue de Thonh me ainsi qu'à sa dispersion sur la surface du globe 9 qu'il a animé et embelli par les effets de son activité et de son industrie. Mais si la terre, qui fut son berceau^ remonte à une très-haute antiquité ^ en est-il de méine de l'espèce humaine ? Si nous consultons à cet égard les faits physiques comme les documents historiques , les t]ins et les autres nous répondront également que l'homme n'a pu s'établir sur la terre que lorsque les causes qui pendant les temps géologiques en ont successivement modifié la surface, sont parvenues à une certaine stabilité; par cela même y Thomme doit être fort nouveau sur le globe qui n'a acquis cette stabilité que bien longtemps après son organisation primitive.

Parmi les diverses versions sur l'apparition de l'homme déduites de la chronologie biblique , il en est une qui semble plus probable à raison du soin que les savants qui nous l'ont transmise , ont apporté dans sa rédaction. Cette version diie au travail consciencieux des Septante^ fixe cette

— 243 ^ époque à 7,261 anoéee avant l^s temps actuels^ (1S38) (1 ) et chose remarquable , cette d«te s'ao corde parfaitement avec celle que nous donne la chronologie habylonnienne. Cette dernière chronologie mérite également la plus grande confiance ; en effet» fondée sur les observations astronomiques des Chaldéens, elle repose sur une base solide. L'on sait que de temps immémorial ces peuples peu tr- être, parsuite de la beauté du ciel des pays qu'ils habitaient, se sont livrés à ce genre de recherches, et cela avec un talent égal au zélé qui les y portail. D'après la version des Septante, la veiuede l'homme se rapporterait à 7,261 années avant celle où nous vivons ; car

(1) Nous avons adopté cette date , comme la plus vraisemblable; nous aurions pu cependant la reculer bien davantage, car d'aprS» plus de deux cent» «aïeuls différent», faits pouf établir le nombre d'années écoulées depuis la création du monde jusqu'à la naissance de Jésus-Christ , on trouve 698^ ans pour cet espace de temps. Or ces 69S4 années ajoutées à celles qui se sont écoulées depuis la veme de Jésus-Christ ,' c'est-à-dire , à l8o8 forment un total de 8,822 années. Maïs si tel est le résultat le plus long de ces calculs , tious ne devons pas perdre de vue que le plu» court fourni par d'autres calculs donne 3484 ans pour cet espace de tenips; nombre qui ne présente pas une difierence moindre de 3,500 années avec celui qui donne le temps le plus long. Mais la moyenne entre ces deux extrêmes e»t de 7070, nombre bien peu différent de celui de 7,261 que nous avons adopté.

d'après elle le déluge aurait eu lieu 2^256 ans après rapparition de l'espèce humaine ou 5,005 ans avant l'époque actuelle (1).

Toutes les autres chronologies discutées avec soin et discernement , ne donnent pas du reste à rétablissement de l'homme , une plus haute ni une plus grande antiquité. Il y a même sur ce point un accord et un consentement à peU prés i;énéral , ainsi que sur l'époque du renouvela lemetlt du genre humain. S'il est donc un fait certain annoncé aussi bien par les faits physiques que par les traditions ^t les monuments historiques , c'est que la terre peut être fort ancienne^ mais que l'homme n'y a existé qu^ depuis l'époque récente où notre globe a pris sa forme et sa configuration actuelles.

Sans doute , Tintervalle qui nous sépare de la première apparition de Thomme^que les Septante ont placée à 7,30i ans au plus avant l'époque actuelle, peut paraître bien court aux faiseurs de systèmes. Mais ce temps, quoique sa durée paraisse peu considérable , est pourtant suffisant pour expliquer et -concevoir les différents faits physiques qui depuis lors se sont succédé sur

cela même à cette création une plus haute antiquité ou 7,705 où 7^805 années.

la terre. Du reste,, ce qui n est pas moins reanrquable , la marche des dunes , la formation dies tourbières^ les falaises des côtes , les atterrisse*; menis et les aliuvions dès fleuves bien étudiés dans les effets qu'ils ont produits ^^ conduisent également au même résultat, ainsi que nous le prouverons plus tard. Sans doute, ces phénomé^ nés peuvent paraître bien petits pour une aussi grande et aussi importante conclusion, mais en* fin d'après eux comme d'après les faits historiques , Tétat actuel de nos continents est loin d'être très-ancien. Ëntinsi l'homme est nouveau relativement à ce globe qu'il habite , il ne l'est pas moins relativement à la plupart des animaux , et surtout à ceux dont les vieilles couches de la lerre nous dévoilent seules l'ancienne existence.

. Les chronologies traditionnelles ne, sont donc qu'un point en comparaison des chronologies de la terre. Nos sociétés paraissent tout-à-fait nouvelles et comme d'hier, quand on compare leur histoire à celle du globe où elles sont assises ; car les hommes avec leur intelligence ont bientôt acquis les premiers éléments de la civilisation , et trouvé les moyens de conserver leurs traditions orales ou écrites. Quant à nous, nous sommes vivants d'un jour sur cette vieille terre qui n'a été notre berceau, que lorsqu'un grand

— 2A6 — nombre dé générattons d'animaux^ non moins étrai%ea les uns que ks autres en avaient cam«* plétement disparu , et qu'un grand nombre de modifications avait amené peu à peu le globe au poini où rhomme la constamment aperçu.

Tout ce que Thomme peut faife sur des ma^ tiéres qu'il ne saurait comprendre entièrement, o*est d'en bien étudier les phénomènes , afin de mieux admirer la haute sagesse et la sublime prévoyance de Fauteur de toutes choses.

Tableau des principales périodi^s écoulées depuis l^ap-

FAmtTIOlf DE l'homme, JUSQU'AUX TEMPS ACTUELS.

Nous avons divisé les temps écoulés depuis la création de l'univers en trois grande^ périodes^ dont les deux dernières seulement peuvent être divisées en plusieurs époques. Nous avons nommé période universelle ^ la plus ancienne de ces périodes, celle où Dieu tira la matière du néant, ou ce qui fut le ciel et la terre. Rien ne nous permet d'en apprécier le commencement pas plus qûè le terme et la durée; aussi n estil point possible d'y établir des divisions quelconques fondées sur des créations successives et diverses.

La seconde période, celle où Dieu donna aux corps célestes et planétaires la forme et la disposition que nous leur voyons aujourd'hui, comprend les sept époques ou les sept jours de la

création. Nous avons nommé cette seconde pé-* riode , céleste et terrestre, parce qu'elle a vu lea corps célestes et planétaires et entr'autres la terrft achevés avec toutes leurs harmonies selon les pro-^ près expressions des livres saints. Les divisions de' cette période sont données naturellement par ceU les des époques ou des jours admis par la Genèse; et nous avons cru devoir- les suivre, afin d'en rendre TetpHcation plus simple et plus facile.

Enfin la troisième période est celle des temp^ historiques ou la période actuelle.

Quant aux temps compris dans la seconde pé«* riode, il est impossible d'en déterminer la durée d'une manière précise, à Texception pourtant de la plus récente des époques qui en font partie. On peut en effet supputer avec quelque probabilité^ rintervalle de temps qui s'est écoulé depuis l'ap^ parition de l'homme sur la terre^ jusqu'au grand cataclysme dont toutes les nations ont conservé le souvenir, et enfin apprécier l'espace de tempi qui sépare le déluge du moment actuel.

" C'est aussi à faire connaître ces diverses àsm^ nées historiques, que nous avons consacré le tableau ci-joint qui présente d'un seul coup d'œil les temps, qu'il est permis à ï homme d'évaluer avec quelque probabilité (1). Nous avonsdiviséce

(^) Voyez le tableau à la fin de cet ouvrage.

tableau en deux principalespériddes : 1® La période auté^diluvienne » cest-à-dire, Fintenralk écoulé depuis rapparition de l'hoinine, jusqu'au déluge ; 2®La période post-diluvienne ou historique, que nous avons divisée en deux principales époques. La plus ancienne comprend Tespace de temps qui s'est écoulé depuis le déluge jusqu'à l'ère chrétienne, et la plus récente l'intervalle qu^ sépare la- venue de Jésu$*Christ du moment ac** tuel, 1838.

Nous avons compris dans notre tableau la plupart des gi^nds événements qui se sont succédé sur ]a terre depuis la dernière et grande inondation qui en a ravagé la surface, en dour nant à ces événements la date qui nous a paru 1^ plus probable. Aussi croyons-nous ces dates à l'abri de critiques fondées, d'après nos recherches et le soin que nous avons pris pour les fixer de la manière la plus certaine qu'il est possible de le faire dans^l'état. de nos connaissances. Ne fût-il qu'un prethier jalon, le tableau que nous soumettons au jugement des hommes éclairés aurait déjà un véritable intérêt.

De la date de l'apparition de l'homme, appréciée par les faits physiques.

Les nombres que présente notre tableau nous amènent naturellement à examiner si les faits

physiques s'accordent ou non avec eux, c'est-àdire, s'ils coïncident avec l'époque où Ton peut supposer que nos continents ont pris leur formô actuelle. Cette époque est en effet probablement la même que celle de l'apparition de Thomme , et ne doit pas différer de celle où les causes des modifications de la surface du globe ont agi dans leurs limites actuelles.

Sans doute, il est possible de fixer l'établissement de l'homme sur cette terre si ancienne encomparaison'de sa courte existence ; mais en est-il tout-à-fait de même de celle où nos fleuves ont déposé leurs troubles vers les portions les plus basses de nos continents, et de celle encore, où les roches ont commencé à êlre attaquées par les agents atmosphériques ? c'est ce que Ton ne peut raisonnablement espérer.

Ce sujet est un de ceux où il n'est point encore possible de porter la précision et la netteté désirables. Mais on doit être content, lorsque dans une pareille matière, on parvient à renfermer la vérité dans des limites même fort indécises ; ces approximations ne peuvent sans doute satisfaire entièrement notre curiosité. Toutefois elles ont un puissant intérêt, puisqu'elles nous ouvrent des perspectives nouvelles dans les profondeurs du passé.

Ces recherches ont changé en entier les opinions t)ue l'on s'était faites de la chronologie terrestre. Les idées de création par succession, enchaînement et continuité , ont remplacé en effet, presque sur tous les points, les anciennes idées de création avec explosion et instantanéité. Ainsi les majestueux phénomènes des commencements de la terre, se sont vus nantis d'une durée en harmonie avec leur étendue.

L*on a enfin compris que tous les phénomènes qui se sont succédé à la surface de la terre, n'ont pas été opérés par des causes dont Faction aurait complètement cessé, mais seulement par des causes plus puissantes et plus énergiques que celles qui agissent maintenant^ Leurs effets sont une suite nécessaire et comme inévitable de la constitution de notre planète, et du mode de sa formation.

Lès phénomènes terrestres n'ont donc pas été produits par de véritables révolutions ; mais par des modifications inévitables qui n*ont jatnais cessé de s'opérer , bien qu'elles aient diminué dans leur intensité ; ce sont elles aussi qui ont amené peu à peu le globe à l'état de stabilité auquel il est arrivé aujourd'hui. ,

Étudions ces diverses modifications, afin d'apprécier l'époque à laquelle elles ont Commencé..

Avant d^entrer dans cette étude, ne perdons

251 — ^ pas de vue que très^souvent nous sommes dis-^ posés à considérer comme éternelles les choses dont nous ne prévoyons pas la fin, et comme fixées^ celles dont nous ne sentons pas le déplacement. Ainsi, parce que nous n'étions pas avertis du mouvement qui nous entraînait autour du soleil dans les espaces du ciel, nous avons longtemps regardé la terre comme un piédestal immobile.

De même, parce que les changements qui se produisent dans sa forme, nous échappent à cause de la grandeur de leur durée et de la petitesse de la noire , nous sommes naturellement portés à envisager sa configuration extérieure, comme quelque chose d'immuable. Les fleuves,' les montagnes, les îlfes, les rivages, tous ces accidents qui marquent sa figure, ont à notre sens, une physionomie absolue et dont les traits ne sauraient souffrir aucune altération, parce que rien de tout cela ne s'altère, ni ne change à vue d'oeil ; nous accordons nos idées comme si tous ces objets devaient être immuables précisément parce que leur altération est à peu-près insensible.

Telle n'est pas cependant la loi de ce monde, où tout passe, ou du moins, est sujet à des nombreuses et importantes variations.

Examinons donc les causes de ces variations

et commençons par celle ()ue produit Faction des eaux courantes.

1®. De i^'action des eaux couaantbs sur la surface do

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