‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 4)Chapitre 9 sur 18 · QUATRIÈME ÉPOQUE 4>U QUATRIÈME JOUR · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ÉPOQUE 4>U QUATRIÈME JOUR

^ A la quatrième époque , Dieu dit que des » corps lumineux soient disposés dans le firma^ » ment du ciel , pour séparer le jour d'avec la » nuit , et qu'ils servent de signes pour marquer » les (emps, les jours et les années.

» Qu jIs luisent dans le firmament du ciel et

'-'i -iqfu'îii -éckitrènt'^lia terre. 11 en fut aiftsi. Dieu n disposa deux grands corps lumiqeux, Tuo M plus grande pour présider au jour^ et le plus » petit pour présider à. la nuit; il fit aussi les » étoiles.

M II les disposa dans le fîriiuinK»it do cîel , >i pour luire sur la terre.

» Four présider au jour et à la nuit et pour » séparer La lumière d'avec les ténèbres.

» Dieu vit que c'était bien; de^la fin jusqu'au » commencement, ce fut la quatrième* époque* >>

Ce texte exigerait sai\s doute de nûoibrélisef observations, si l'on pouvait oublier cell^ que qou$ avons déjà faites sur le mot hébreux snpi ftaJjàa , que la plupart des traducteurs ont traduit p^ firmament. Ici cette expression ne peut s'entendre que dé la matière éthérée dans laquelle sont disséminés les deux grands corps Itimineux , qui sont aujourd'hui pour la terre la source de la lumière et de la chaleur qu'elle reçoit. Aussi peut-être vaudrait-il mieux la traduire par l'étendue du ciel plutôt que par firmament du ciel, ainsi que l'a fait M. Gahen daUsson excellente traduction.

Ces observations nojis dispenseront d entirer dans de plus longs détails à cet égard ; il ne nous reste plus qu'à dire quelques mots du sei-** ziéme et du dix-septième versets de la Genèse ,

âani lesquels il est parlé des deux grands corps ruminèux , que Dieu prépara et mit dans le firmament du ciel.

Le législateur des Hébreux ne parait pas avoir supposé^ relativement aux astres dont il est ques<tion dans ces versets , qu'ils aient été créés à la quatrième époque , c'est-à-dire « bien postérieu-* irement après notre globe; Moïse a seulement voulu nous apprendre^ qu'à cette époque, la terre avait été placée^ par rapport à ces corps , de façdn à recevoir d'une maniéré constante' et iamiorme, la lumière qu'ils lui dispensent. Aussi ékt-ce dans ce sens que les traducteurs grecs de fà Bible , et même certaines traductions latines, l'ont entendu , ie'n disant qu'à cette époque ces corps furent disposés daiîs le firinament du cîel , afin de répandre la lumière sur la terre , w et y^ pdsûîi in firmameîUo cœlij ut lùcererd super ~ ^) tèrràm.

Sans doute les astres auxquels la Bible fait ici alliisîoii ^pnt loîfi d'être les deux plus grands corps céléstes^ ; car là luiie/ par exemple , dont lë diamètre est à peine le quart de celui de là terre ou la 65 millionième partie du soleil y est une des plus petites planètes. Mais il n'en est pài moiùs vrai que lé soleil est de tous les astj^êi celui qui nous envoie le plus de lumière i]iendaut le jour, comme la lune pendant la nuit.

Or, il n'y a pas ici inexactitude y comme on Ta prétendu dans le récit de Moïse y d'avoir dit que Dieu disposa dans le firmament du ciel deux grands corps lumineux, duo Ituninaria magna ^ l'un pour présider au jour et l'autre pour présider à la nuit.

Du reste , TÉcriture est si loin de considérer la création de la terre comme, antérieure à celle du soleil et des étoiles , qu'il est dit dans le livre de Job (XXXVIII, cap, vers. 7. ), que les étoiles louaient Dieu , lorsque la terre fut créée. Il y. a d'autant moins de doutes à cet égard ^ que Moïse qui, selon toute apparence, est l'auteur du livre de Job, met ces paroles dans la bouche deDieu lui-même. Â la vérité, certains commentateurs de la Bible ne partagent pas cette manière d'interpréter ce passage que les septante ont traduit, en disant que lorsque les astres furent formés tous les anges louèrent Dieu à grands cris; cum me lajidarerU simul astra matutina etju^ bilarent omnesjilii Dei, Nous avons partagé avec le savant professeur Encontre, la première interprétation, comme. à la fois la plus conforme au texte et la plus vraisemblable.

D'un autre côté , l'on ne doit pas perdre d« vue qu^ 1^ ^^^ hébreu Jsah que l'on a ordinairement traduit parfaire , signifie plutôt adapter^ approprier , e( qu'il ne. s'agit pas ici de créer dea

corps lumineux dans toute là force de cette expression;' car s'il en avait été ainsi , Moïse se serait servi du verbe Bara et non du Verbe yisah, qui suppose une matière ou un corps préexistant sur lequel Dieu opérait^ ou qu'il préparait pour un usage nouveau. Le verbe Asak^ indique seulement que dans la pensée de Moïse ^ . Dieu avait^ lors de la quatrième époque^ disposé dans un ordre nouveau les étoiles , le soleil et la lune formés depuis la création primitive qui eut lieu au commencement des temps et les assujettit à éclairer constamment la terre.

L'Écriture employé donc le verbe Bara pour exprimer la première production du ciel et de la terre^ tandis qu'ellie se sert du \erh%Asah pour rendre particulièrement l'action de Dieu, s'exerçantsur une matière déjà existai) te et la disposant dans un ordre nouveau, enfin sous des formes nouvelles. Quoique le mot. A sah puisse paraître en quelque sorte synonyme de Bara , ce dernier a constamment plus de force et une signification plus étendue.

Le mot Bara que nous traduisons par créer, exprimerait, d'après cette supposition, l'idée de la création d'un corps ou d'une matière que Dieu dans sa toute puissance aurait fait sortir du néant et aurait tiré de rien ; tandis que le verbe Asah indiquerait uniquement Tacte de Dieu qui

donnerait un mode d'existence noQTëau et distinct à une siibstahce existant déjà et produite antérieurement. Le Verset 7 du chapitre 2 dé la Genèse, en nous apprenant queThomme fut formé d'une matière existante auparavant^ c'eft-à^ dire du limon de la terre , semble donner avee d'autres textes un grand poids à cette supposition.

Bàra, créer, k donc, ainsi que nousavoiAs déjà fait observer, beaucoup plus de force que le mot Asah,faireouapprùprier: aussi le premier peutil être seulement employé relativement a Dieu^ tandis que Asah peut être appliqué à l'homme. C'est précisément là différence que l'on admet assez généralement entre lès mot§ créée ëi faire, employés poiir traduire lés veirbë Bàra et Asah. Cette manière d'eûtendré ces deux ëxjiit^ssionSy Se rapporte du reste plutôt à notre iUaliière de les concevoir , qu'au sujet lùî-niémé ) car faire , tordue noiis parlons de Dieu' , est équivalent de créer.

Aussi postérieiu^ment â Moïse, lesmolis aàra. Créer, Asah, faijv, ycLStàr^fàtrner, oAi éié. é^quèmàient employés par lès prophètes a peu prés cdmme synonymes. DU tnôins ces mois expriment dans leur langage là formation de quelque chô^e de nouveau, ou quelque ëhose dont rè:tiS«Bhce dabs soh nouvel éCslt a coiUmèncé avec

cet étaty et cela par la seule volonté du Créateur.

Cependant en examinant avec une sérieuse attention le sens du verbe Bara dans le pre«mier verset de la Genèse , il est difficile de ne point voir qu'il se rapporte ici à utie véritable et complète création ; d*abord il n'y a pas d'autre récit de la création du ciel et de la terre> et en outre le second verset décrit Fétatdu globe, après qu'il a été créé et disposé à recevoir les diverses modifications qui furent l'ouvrage des sii^ époques ou des six jours de la Genèse; Par cette création primitive qui eut Heu au cotnmeiïce* iuent des temps. Dieu fit sortir du néant la ma* tiare qui fut les cieiix et la terre , et après un temps indéfini dont rious'^ ne pouvons apprécie^ retendue, il fit jaillir sur cette terre, la lumière,' premier adte de sa volonté pendant ces périodes consacrées à l'harmonie des choses terrestres..

En un mot, tout au moins pour le premier verset de la Genèse,le verbe ^^ira signifie l'action créatrice de Dieu qai tire du néant ou de rien, la matière qu'il cr^e/ taiidis que Asah ^e rapporte à l'aète qui conisiste & disposer cette matiéihfc créée, dans desformi^s nouvelles, oti à Ipi dentier des attributs nouveaux. Sans doute , il n'^iste peut-être dans aucune langue , un mot dont l'acception soit aussi étendue que celle que noui attribuons au verbe Bàra*^ mais aussi dans quelle

langue trouvons-nous la volonté ou l'action de Dieu opérant une œuvre aussi magnifique et aussi merveilleiise que celle de la création de l'univers.

Si Ion' adopte cette interprétation , comme la plus simple et la plus conforme au texte de TÊcriture , et si Ton considère le système de l'univers , dont le soleil et les étoiles font partie , comme créé dans le commencement des temps^ et avant la terre , on n'a point à se demander , comment il se pourrait qu'il y eût une lumière indépendante de celle excitée par lés astres y qui seuls la répandent maintenant sur la terre.

Cette interprétation doit^ ce semble , ètre^ fondée; du moins bien des faits annoncent qu'antérieurement à l'époque où le soleil et les étoiles qui ont répandu d'une manière constante et la lumière et la chaleur sur la terre ^ il en existait d'autres sources pour notre globe.

L'on sait qu'il est une certaine épaisseur de couches terrestres , au-delà de laquelle ne pénètre pas la chaleur produite par les rayons solaires , et cependant la chaleur , au lieudediminuer^ passé ce terme, augmente d'une manière sensible; cet accroissement^ confirmé par toutes sortes d'expériences , faites dans lés profondeurs de la terre , annonce qu'en terme moyen il n'est pas moindre d'un degré du thermomètre

centigrade par 25 où 30 mètres de profondeur.

Notre plaiiéte possède donc dans son intérieur, une température à elle propre , tout-à-fait indépendante de la chaleur solaire , température , cjuiy d'après la loi de son accroissement, doit être énorme dans son centre. Mais la surface de notre globe a joui elle - même de cette température élevée; il parait du moins assez probable de supposer , que dans le principe des choses ^ tous les matériaux qui composent aujourd'hui la masse solicle du globe , ne formaient qu'un vaste bain liquide/ où bouillonnaient de toutes parts les matières les plus denses et les plus fixes. Comment une pareille conflagration aurait-elle pu avoir lieu, sans produire une lumière aussi vive qu'étincelante de clarté , à la surface des corps rendues incandescents par les effets d'une chaleur aussi considérable. Cette lumière devait, en effet, être des plus resplendissantes, à peu près comme celle qu'e nous produisons en portant à Tétat d'ignition des fragments de chaux dans certains mélanges gazeux, et dont l'œil ne peut supporter Téclat ni la vivacité.

Du moins, il est d'expérience vulgaire qu'aucune combustion , ni aucun développement considérable dé chaleur, n'a lieu sans être ei^même temps , accompagnée de production de lumière. Aussi plusieurs physiciens , en voyant la cons-

tance de cef phénomèoes, ont*ils assimilé le ca^ brique rayonnant au fluide lumineux.

Cette cause d'excitation et de production delà lumière y. est-elle donc anéantie dans la constitii-^ tion actuelle de notre planète , et toutes les molécules qiii la composent, ne sont-elles pas douées d'une certaine quantité de chaleur , comme de luinièrb et d'électricité. Ainsi ^ par exemple , un léger choc ne la fait-elle pas jaillir , étinceler même , des cailloux retirés des lieux les plus fé-^ nëbreux, où la lumière solaire n'a jamais pénétré. Les phénomènes phosphoriques iie nous . la montrentHils pas dans tons les corps de la nature, dans les êtres vivants, comme dans les minéraux arrachés aux profondeurs du globe , et qui n^ont jamais reçu le moindre rayon de cette lumièi*e bienfaisante du soleil , source de la vie et de Taclivité.

Le frottefnent ne latire-t*il pas également en gerbes brillantjss des corps électriques , quelle qu'ait été la placé que ces corps ont occupée dans l'écorce du globe? Ne sort-elle pas 'avec abondance des végétaux et des animaux qui se décomposent, et ne s'échappe-t- elle pas enfin en grande quantité de ceux qui jouissent dé la vie ? Pburrions-nous oublier que cette lumière est parfois si vive, que les mers les plus vastes paraissent cottmé en feu, aux yetix des navîga-

teurs étonnés et surpris d*im phënomme aussi extr^pr^in^ÎTls et 9PJ$si mystérieui^?

Or, cette lumière lacente rie tire pas son origine du sqleil.EIie pajraitdj^s qu une cause d'excitation Tient a produire, ces ondulations nécessaire^ à sa manifestation. (^ qause qui opère ces vibrations o\\ on4ulations, est donc tout>à-fait indépendante de ][a principale so^^cey d'où la surface de la terre ti{;e maiptepaiit la lumière et la chaleur néçes*^ sajr^s 4 r^xistence des êtres qui l'habitent.

Les combinaisons si nombreuses et si variéeSy qui outlku çntre les divers corps de la nature, n'en pro4ui$€l3Lt-elbs paâ elles-mêmes des quantités p]nsi>u moins considérables, et sur lesquelles le sokil n e^tj^rce aucuae influence. Par ^uite du mpde de ce& dpmbinaisans^ la lumière sen*dé^ gage >.oji y. demeure cachëb suivant les drconslanoc^et la manière 4ont s'opèrent les réactions cMmi^^e^.

D'un autre côté , comme il parait que k lumièi^ n'est point un fluide particulier et distinct, et qu'elle est plutôt ^ comme le son , le résultat de vibration et d'ondulation de la matière éthérée ou de l'air atmosphérique , oïl comprend combien la éhaleur considérable, qu'avait dans lé principe des choses la surface du globe, devait exciter de semblables et pareilles ondulfitionS. Ne ppncqvons-nous pas pn effet, dai^s la théorie

dtô ondulations , le soleil comme communiquanl ou excitant des ondulations dans lamatiéreéthérée ou dans Tàtmosphère, et produisant ainsi sur 4IOUS l'impression de la lumière ? Ne' peut-on pas dés lors attribuer à des effets du même genre, celle qui émane des corps édiauffés , et qui est souvent si vive, que Tœil peut à peine en soutenir Téclat j d'autant plus que l'action de ces corps a lieu sur une matière beaucoup plus dense et bien moins subtile quie la matière éthél'ée. ,

Il est donc rationnel et toutrà-fait conforme à ce que nous apprennent/les faits, de considérer la température élevée , dont a joui la surface du globe, aux premières époques, comme liée. en quelque sorte à des émanations d'une vive lumière ,^ tout aussi indépendante que cette même température , de celle dont la terre ne ressent plus maintenant l'influence que par l'effet des rayons solaires.

Il est aisé de concevoir que cette manière d'ipterpréter les faits s'accorde parfaitement à la théorie qui suppose la lumière comme produite par des ondulations excitées dans la matière étbérée , matière infiniment subtile et élastique qui remplit tout l'espace de l'univers. Cet éther passe, pénètre même dans l'intérieur de tous les corps, et tant qu'il reste en repos, il y

— lia —

a obscurité complète ; et lorsqu'au contraire^ il est mis en vibration \ la sensation de la lumière est alors produite.

U résulte en effet des travaux et des recherches d*Young,deFre8nel et de M. Arago^quelalumiére est mise en jeu par la vibration d'un fluide répandu dans Tespàce^ fluide auquel ou a donné le nom d'éther. Ces vibrations peuvent être occasionnées par dtfiérentes causes, comme par exemple, le soleil ou les étoiles, l'électricité, la combustion, ou même des actions chimiques quelconques. Si donc la lumière n'est point un corps ni une substance matérielle , mais uue suite de vibrations excitées dans Téther ou dans Tair par les corps extérieurs , elle n'aurait pas été proprement créée; seulement elle aurait été mise en action ou en vibration, à l'époque où Dieu dit que la lumière soit et la lumière fut.

La chaleur rayonnante parait également suivre dans sa propagation les mêmes lois que la lumière. D'un autre côté, si la lumière et la chaleur des rayons solaires consistent dans les vibrations ou les ondulations que ces rayons excitent da,ns la matière éthérée où dans l'air atmosphérique , la chaleur transmise dans l'intérieur des corps doit être de même produite par de pareils mouvements vibratoires. De même ,

par une tendance de la nature à ramener Ten-

semble des phénomënes à des lois aussi simples que gén^ks, le son serait également prodmt par des vibrations n^oléculaires, et par leurpropagMîoii dans les milieux ambiants, en sorte qae les phénomènes de la chaleur et de la lumiàre n'en différeraient que parce qu'ils seraientopérés par les vibrations atomiques et leur propagation dans Télher.

La lumière n'est donc, en résultat, qu'un' ébranlement ou une sorte de vibration de la matière éthérée , vibration dont la cause la plus active et la plus puissante pour la terre est dans le soleil. Mais évid^nment , quoique le flnide étkéré ait été répandu antérieurement à l'époque où cet astre a été di^sé, de manière à exciter les vibrations, la lumière n'est devenue en harmonie avec les diverses créations qui ont eu li^i sur notre globe, que depuis l'époque où le soleil a reçu sa nouvelle et dernière destination. Aussi Moïse ne nous a jamais représenté Dieu comme créant la lumière ; mais seulement , comme lui donnant l'essor par l'effet de sa volonté , en sorte que par suite des ondulations ou des vibrations excitées dans la matière éthérée, elle aurait jailli du sein même de l'obscurité.

Dans le conflit des deux hypothèses qui divisent encore les physiciens , relativement à la nature de la lumière. Moïse vient donc traù-

ch«r k q[Uestiofi en faveur des modernes» En quelque sorte plus physteien que Newton , le législateur des Hébreux aurait eu des idées plus exactes sur ta lumière, qu'un savant qui pat l'importance de se^ découvertes est peut être le premier entre les plus illustres des temps nio«* dernes.

Enfin y si l'on suit avec nous l'Interprétation que nous avons adoptée^ nécessarrementles troitf premiers jours de la création ne sauraient être considérés comme des jours semUables aux nà^ (res , c'est-^-dire , à nos jours de vingt^quatre heures.

£n efist, d'après cette iaterpr^ation , lescH leil n'aurait été àpproffcié qu a la quatrième époque de la seconde période à éclairer ou à ré* pandre de ia lumière Sur la terre > et son cours^ diurne règle seul maintenant la durée nosjows^ Aussi y d'après la remarque faite par Enooatre ^ dès <](u'il s'agit dee cieux, Afoïse fiût usage du vè«*be B'AtlA^ qui signifie proprement créer i^ tandis qu'en parlant du éoleil, il se sert du verbe Jltry ou Asah , qui, quoiqu'on le traduise €piA^ quefeis par faire , signifie plus souvent appro*^ prier , adftpter^ et iaèbne (fempter , subjuguer ou soumettre*

Moïse n'a donc point dit , et encore moina voulu dûns^ comoison le suppose ordinairement.

qu'au quatrième joui*^ Dieu créa le soleil; mais seulement que lors de cette période , il assujettit cet astre à éclairer constammeot la terre; par cela mème^ ce serait seulement d^uis cette époque que cet astre aurait r^é d'une manière invariable Tordre des saisons , des jours c;^ des années.

Ce mode d'interprétation a du reste Tayantage de faire accorder entr'eux différents passages de la Genèse ; car on ne saurait su[^)oser que M<nse ait pu croire que la terre avait été créée avant le soleil et les étoiles, puisqu'il dit luimême qu'elles louaient Dieu avant la création de notre globe. A son aide, on comprend également ppurqu(H notre planète y qui avait p^rdu une grandepartie de cette lumière primitive produite dans le commencement des temps , en avait bersoin d'une nouvelle source. Cette source, aussi nécessaire aux vitaux qui l'embellissent déjà^ qu'aux animaux qu'elle allait recevoir, devait être constante comme les besoins qui l'exigeaient*

Ce serait donc uniquement à la quatrième époque, que Dieu aurait approprié le soleil, la lune et les étoiles à répandre constamment ife la lumière sur la tenre, à présider au jour et à la nuit , afin de séparer les ténèbres d'avec la lumière.

La Genèse parait mentionner ici les grands

corps iumiaçux célestes , uniquement fiar rapporta notre planète etparticulièrément à rhomme qui devait bientôt y être placé. Aussi n'est-il nullement dit dans les 14% 1 5% ^6^ 1 ?• et j8« yersets^ que la substance du soleil^ des étoiles et de la lune fut créée à cette quatrième époque. Seulement , il résulte du texte dont nous venons de discuter la portée , que ces corps furent pour lors disposés à répandre la lumière sur la terre, à régler les jours et les nuits, et à être des signes pour les saisons , pour les jours et pour les an* nées. Le fait de leur création, bien antérieur à cette époque^ se trouve aussi consigné dans le premier verset de la Genèse qui se rapporte à la création de l'univers.

Moise ne semble parler ici des j^éoomènes astronomiques que par rapport à leur importance relativement i la terre et à Khomme, et non par rapport à leur importance rédle daAs le système général de l'univers. Ce qui le prouve encore, c'est qu'à peine mentionne-4-il les étoiles. Il les nomme en quelques mots , comme en passant, et en quelque sorte pour annoiicer qu'elles furent aussi diqioséesdans les deux, par la même puissance ipà y avait placé la lune et le wMl, corps lumineux bien {dus importants et bien plus nécessaires pour nous que cette armée innombrable de corps célestes, dont la grandeur

surpasse peul-éire de beaucoup eatte de ootfe MleîL

Si ces astres y qui tous sont ptobabkoieDt d« magnifiques soleils^ ceutres d'autres a3r9téfnas planétaires, sont aussi sucçioetemeiit meaiionBés dans la Geqése, tandis qt^ la lune, petit aalelr lite qui nous aceonipagne constaminent , y e^ au contraire indiquée, comme pr8a(|ue à Végal du soleil en impcurtance, o'est profaablmieBt pat* suite des motifs que nous avons dë^ exposés. Il se pourrait enfin que Moise ^ voulant garaqitir les Hébreux de Tidolâtrie des nations dont ils étaient environnés, eût voulu leur montrer, que ces astres, ouvrages du oréateur, ne méritaient pas leurs hommages, qui n'étaient dua qu'à Dieu seul.

D'après la Genèse , la lumière avait donc été mise en action, avant que le soleil, la luna et les étoiles eussent été diaposéa à répandre sur la terre leur vive et bienfaisante clarté. Aussi l'époque à laquelle êas corps lumineux reçurent cette disposition nouvelle, coincïde^t-elle très bien avec celle de lapparition des corps vivant* qui eh avaient beéoin. C'est au moment de œtte apparition, que Ton voit ces corps prendre leurs nouvelles relations , soit avec la terre , soit avec les êtres vivants qui allaient rembellir et l'animer.

Du moins les premiers végétaux qui ont vécu pendant ces anciennes époques, ne présentent

pdd It tnolndre éïSéWûas datlâ \mt <nr^iiiMtioii aTec ceux qui jouissent maifitenantde la lumiàrè que répandent sur la terre les niémai «orps lumi»« neux. Cette lumière primitiire iie parait pas avoir différé de la lumière actuelle^ du pnoii^sles orga** nés «ithalanta des végétaux des terrains €le trao^ sition et houillers, sont les mêmes que ceux de nos plantes vivantes. II y a plus encore, les yeux de ces singuliers crustacés ou de ces trlsoMtessi enfoncés dans les vieilles couches du globe^ sont construits d'une manière tellement semblable à ceux de nos crustacés ) qu'il est difficile de ne. point supposer que les uns et les autres ont éprouvé les effets de la même influence.

D'un autre côté , si nous considérons les têtes dés plus anciens poissons comme celles des plus anciens reptiles , nous les verrons pourvijes de cavités destinées à recevoir les yeux et de trous pour le passage des nerfs optiques. ,De plus^ on vok même chez quelques individus , ce qui du reste est assez rare, quelque partie de l'œil assez bien conservée , pour juger de son analogie avec ces mêmes parties des yeux des poissons et des reptiles volants. Enfin, ce qui^est encore plus re^ marquable, les yeux des ichtyosaures, singuliers reptiles de l'époque du lias i sont assez bien conservés pour qu'il soit possible de reconnaître que ces yeux renferment un appareil à peu près

— 120 ^ analogue à celui que Ton voit dans les organes 'du même genre des orseauK. Dès lors, comment pouvoir douter que les yeux, de ces divers ani^ maux n'aient été des instruments d'optique^ calculés , comme ceux de nos espèces actuelles , pour recevoir les impressions des rayons lumineux.

CIIV(^BlIfi ÉPOQUE OU CINQUIÈME JOUR.

A la cinquième époque , Dieu créa les poissons et les reptiles aquatiques ainsi que tous les animaux qui vivent dans le sein des eaux. Il anima également Tatmosphère en y répandant un grand nombre d'oiseaux. Il ordonna aux animaux aquatiques de remplir les eaux de leurs tribus^ et aux volatiles de s'étendre sur la terre et de voler daus les airs.

D'après le texte hébreu , « Dieu dit que les >} eaux produisent des animaux vivants qui na- » gent dans l'eau et des volatiles qui volent sur » la terre , sous le firmament du ciel (1).

(1) La plupart des traducteurs ont rendu le mot bébreu n*]ny ophot par oiseaux; mais tout ce que cette expression indique proprement , c'est un animal ailé. Or , il est une infinité d'animaux ailés qui sont loin d'élre des oiseaux ; tels

)» Dieif créa les grands poissons et tous les êtres » rampants qui ont la vie et le mouyement^ que » les eaux produisirent selon leur espèce; il '» créa aussi tous leè volatiles selon leur espèce. » Dieu vit que c'était bien.

>) Dieu les bénit et dit : Croissez et multipliez- /) vous ; et remplissez les eaux des mers , et que » les volatiles' se multiplient sur la terre.

» De la fin jusqu'au commencement, ce fîit » la cinquième époque.

Ce texte n'a presque pas besoin d'interprétation ni de remarque. La seule que Ton puisse faire; tient d'une part au grand nombre de débris de poissons que l'on observe au milieu de/i couches terrestres ; des formations les plus di« verses, et d^un autre côté, au petit nombre de ces débris qui se rapportent aux animaux volants et particulièrement aux oiseaux. On conçoit faci-

sont, par exemple , cei^ins inammifère» , quelques espèces de reptiles et de poissons. D'après cela , il se pourrait bien que le mot hébreu se rapportât plutôt à ces reptiles et aux poissons qu'aux oiseaux qui , comme les cétacés , ont-pani beaucoup plus tard sur la scène de l'ancien monde. Du reste, la Genèse employé constamment le mot nip ^P^' oiseau au singulier^ C'est un nom collectif qui embrasse tous les volatiles en général, ou tous les êtres volants; Aussi , pour bien rendre le sens des expressions delà Bible^ il serait mieux de n'employer que le singulier cl non le pluriel, et de substituer nTp oph à ophçt , où oiseau aux oiseaux.

Icmmt pfl«rq»oi les iehtyotites tout ai «bondutfi dans les différentes couehesds Fécorce du globe ; mais l'on ne eompreod pas aussi aisément pourquoi les animaux ailés, et surtout ks oiseaux , y sont au contraire ù rwrm. -

Cette oirconttanee tiendrait-elle à la eonfor* n»Ation du squelette des oiseaux et à la compo^ sition de leur< os, eu dépendi?ait-eUe de œ que œs animaux ont pu fucilainent échapper aux causes de destruction qui ont fait périr le$ pojs-** sops. Quoi qu'îLen soit, il est certniu que les resises d^ oiseaux et ded autres animaux ailés , tels , par exemple , que les ptérodactyles qui ont véeu dans les temps géologiques, 8ont aussi rarei que les débris des poissons de ces anciens temps sont abondants.

On pourrait encore observer , que si les oiseaux semblent avoir été si rares aux époques géologiques , cette circonstance tient peut-être à la composition de ratmosphère pendant ces époques. Chargée, à ce qu il parait , d'une grande quantité d'acide carbonique, cette atmosphère pouvait bien favoriser le développement de T-ancienne végétation, et même, jusqu'à un certain point, celui des animaux aquatiques à respiration incomplète, teb que les reptiles et les poissons ; mais elle ne pouvait que nuire à dés animaux qui respirent autant que les oiseaux.

Aiiw eM iégn*s faaUlàiiti des âirt toninlê fkn noipbfffuiE dftQS notre monde actoei, rexoètd'»» cjkfe caribonique s'étent diss^ à &ftv«r» les esf^e» interplanétaires ou ayant été absorbés pav ia brillante végétalion des tempi d*autn£ois 0u da ces temps qui appArtiemiaiit aux drrersès pétiodfs géologiques.

U ^A^ moins certain que le$ prcanîerfe atfi<^ mm^ risftébrés q^i ont paru 4ur lu terre , ^mt été da» efiiçiè^^ vivant dans le sbin das aaiw:> Ca qu'il j a de plus $ingu|iier, las plus anciennai de ae^ espèces aquatiques qui dépendant da remjbrancbemieat des vertébrés, ont des earactè^ res commun^ aux poissons etauxreptilas. Aussi les a^t^n nommés poissons sa uroïdes, pour indiquer las rapports qu'ils ont avec las uns et les autres.

C'est en ^ffet dans la série des dépôts infé<r rieurs au Ijas qup Ion, commence à^ trouver les plus grands de ces monstrueux poissons S4uroides dont Tos^logie rappelle, à tant d'égards, les squelettes das sauriens. Cette analogie est annoncée par les sutures plus intimes des os de leur crâne , par leurs grandes dénis coniques et striées longitudinaleinent , et enfin par la manière dont les apophyses épineuses sont articu-* lées avec le corps des vertèbres et les côtes , à l'extrémité des apophyses transverses. Ce rap-

prochement entre ces premiers poissons et les sauriens ne s'étend pas seulement au squelette; car^ d'après M. Agassiz, dans l'un desdeuJ: genres qui eiistent maintenant^ Ton observe une orga« nisation intérieure de parties molles , qui rappro^ die encore ce groupe de celui des reptiles. Ainsi, d'après cet habile et excellent observateur. Ton . voit dans le Lépidosteus osseus une glotte analogue à celles des sirènes et des reptiles salamandroides, et de plus une vessie^natatoire celluleuse, avec une trachée artère semblable au poumon des ophidiens. Enfin , les téguments de ces poissons ont souvent une apparence si conforme à celle des téguments des crocodiles, qu'il n'est pas toujours facile de les distinguer.

Les poissons inférieurs à la série oolithique ont, indépendamment de leurs rapports avec les reptiles, des caractères bien «particuliers. Ils se font tous remarquer par une très grande similitude dans leurs types et par la grande uni* formité des parties d'un même animal entr'elles. Cette- uniformité est souvent telle qu'il est difficile de distinguer les écailles , les os et lés dents les uns des autres.

Mais pour mieux démontrer ce développement oi^ariique et régulier qui a lieu dans tous les étrés organisés, développement toujours eii rapport avec les différentes conditions d'exis-

~ i25 — (ence qui se sont réalisées par suite des^ diverses modifications que le globe a subies, donnoûs une idée de la subdivision des poissons dans les différentes couchjea terrestres*

D après Thabile observateur que nous avons pris pour guidé, il esciste dans toute la série des formations géologiques y deux grandes divisions dans la classe des poissons qui auraient leur limite au grès vert. La première , ou la plus ancienne, ne comprend que des poissons de Tordre des'ganoides et des placoides, ordres dans lesquels se trouvent les poissons sauroides, dont nous venons de parler. La seconde; plus intime^ ment liée avec les êtres actuels, offre des formes et des organisations beaucoup plus diversifiées;' ce sont d^ cténoïdes et dès cycloidés et un très •petit nombre d'espèces des deux ordres précé-dents, lesquelles disparaissent insensiblement et dont les analogues vivants sont considérablement modifiés de ceux qu ils rappellent.

M. Agassiz fait encore remarquer que les poissons de la première grande période ne pa-* raissent pasofi&ir des différences correspondantes à celles que nous observons maintenant , entre lias poissons d'eau douce et les pobsons mai^ins. Aussi , d'après lui , c'est aller au-delà des faits que d'admettre soit dans les terrains desédiments inférieurs au groupe oolithique, soit dans ce

graupe^ dhs terrains d^eâu douce et de» terra(in9 marins distincts. Il serait poéèîMe qoe les eaux dé ces temps recnlés, circonscrites dans des bas^* sins moins fermés /ne présentassent pas encore entr'elkis des différences aussi tMn^éea que Mlles que Vont remarqua de nos joii«««

Sans é&mtof les ganoîdas et les placcMes se moBtrant éscorc dans fe groupe oolithique; mais, outre qua leurs esp^pes y sont moins nombretises, eUes ofrent des caracitoes qui les distinguent des esptœs des formations infiéneuras^ Ainsi, â asiate une grande difibrenoe dan» la forme dé Y&MémUâ postérieure du corps des ganmésa, avec eèlle des poissons de oal efdre, qui appM^ tiennent au formaiioBs supérieures au terrain du Keiq>er. Ces ganoides ont tons la cdonne Ter-^ tâMrale prolongée à son extrémité ^ un lobe inpair, qui atteint le bout de la nageoire eau-* dale , particularité qm s'étend depuis les poissons du Keuper et des marnes irrisées ^ p^'j^ oeux dfis terrains de tranaitioB. Ces deniers , mais surtout ks <«péces qui onf Téou airant le dépôt de Ifi houille ^ ne paraiaseat pas atmr été aarniToras, e'esfr^ire munies de grosaes âenta cmriqiias et aeérées. Les autres semUent wàië été omnivores, hw$ dents étant arrondies, où en aones ofatus^ ou en farosse*

QmWb à k: série polilluqua^ dam laquelfo noua

comprtimis le lias et k formaiion Teldk»iie,OB n^Y-déetmvm frucune espèce que Ton puisse faire rentrer dans les ^nresdss terrains crëUcës« Depuis oeUe ëpoqne jusqu'à celle du dépôt du Uas^ les deux ovdres qui préraleol dans la orriatâen aetudle ne se retrouvent plus^ tandis que ceia qui sont^n minorité de nos jours se présentent subitement en très grand non^Nre. Leê gantudes y existent bien à la .vérité, mais uniquement; Iss genres à caudale symétrique , et parmi les placoïdes^ ceux surtout dont les dents sont ^iUon«nées sur leurs deux faces et les rayons remar^ • qiiables par leur étendue. Ces grands rayons juommés Ichthyodorulithes par MM. Buckland et de la Bécbe^ ne proviennent ni des silures ni des balistes , mais bien de la dorsale des grands squales, dont on trouve les dents dans les mém^ couches, qui oflPrent les premières de ces partiefi^ Les poissons de la craie ont déja^ considérés dans leur ensemble^ le caractère général des espèces des terrains terfi^ires^ surtout comparativement à ceux du groupe oQlithique^ Aussi cette similitude est même assez grande^ pour que^ si^ dans un rapprochement général des fondations géologiques, on n'avait égard qu'aux poissons, il semblerait plus naturel d'associer la formation de la craie et du grès vert avec les terrains tertiaires, que de les ranger d^ns le gi*oupe dés terrains Se-

Gondaiires. Cependant la craie offre encope plus des deux tiers de ses espèces qui se rapportent à des genresentièrementéteints^ etFon y vok même apparaître quelques-unes de ces finrmes qui prévalent dans la série oolithique. Mais en dessous de la craie, il n'y a plus un seul genre qui ait des . espèces vivantes, et métne ceux de la craie qui en ont, en comprennent un plus grand nombre de fossiles.

Par suite de la succession qui a eu lieu dans la création des êtres organisés, on conçoit facH lement que les poissons des terrains tertiaires doivent être ceux qui se rapprochent le plus des espèces vivantes. Cependant jusqu'à présent M. Agassiz n'a observé qu'une seule espèce parfaitement identique avec celles de nos mers* C'est un petit poisson que l'on trouve dans le Groenland, dans des géodes d'argile, dont l'âge géologique est encore indéterminé.

Dans les formations tertiaires inférieures, par exemple dans l'argile de Londres, le calcaire grossier de Paris et de Monte-Bolca, il existe un tiers au moins des espèces qui appartiennent à des genres totalement éteints. Quant aux espèces du crag de Norfolk, de la formation subapennine supérieure et de là mollasse, elles se rapportent pour la plupart à des genres communs dans les mers tropicales ; tels que les pla-

tax, les grands carcharias^ et les myliobates à larges chevrons.

Âinsi^ d'après ces £aits , les poissons^ comme les autres êtres organisés^ annoncent une succession lente et graduée dans leur création; car il n'est psrs une seule espèce de poisson fossile qui se trouve successivement dans deux formations différentes ^ tandis qu'il en est un grand nombre qui sont disséminées sur une étendue horizontale extrêmement considérable.

La classe des poissons s'étend donc dans l'immense série de toutes les formations sédimentaires ; elle offre pour les animaux vertébrés un point de comparaison très-intéressant pour le plus grand laps de temps tonnu d'animaux ccmstruits sur un plan assez uniforme^ et qui , dans ce long intervalle^ ont constamment persisté. Les poissons des temps géologiques qui se sont succédés avec des formes différentes ne se laissent guère rapporter qu'à des types qui n'existent plus ^ et dont les affinités avec les espèces vivantes sont aussi éloignées que celles qui rattachent les crinoîdes aux échinodermes oiS dinaires /les nautiles > les sepia et les poulpes aux bélemnites et aux ammonites, les ptérodactyles, les ichthyosaures et les plesiousares à nos sauriens, les pachydermes vivants à ceux qui habitaient les environs de Paris^ de Montpellier et

ëe tant d'antres Ueux^ ou les plaines de k Sâbém.

Sten s'appupnt sur ces faits^ oa peiil basais dar quelques eop jaelurMi rat un païuil état de elioaes^ Tou serait porté à penser que le prweipft do la vie ammale, qui s'est défeloi^ phv tard aaus la forma de poksous ovdinairea^ da ic^iks^ d'oiseaux et do mammjfttea» a été d'aboid eutiè* renaot eoafiué dans oes siui^lbFS poissons saia^ roides^ Ces première poiteom e«l partid^ oai même temps à rorgsaûsatkMa des poksous et daa reptiles^ et oa caractik^ wzto ne sentble a'^re perdu daua cotte classe qu'après l'apparitiMi d'un grand nombra de nfilîles^ à peu prte eomaso nous ^royona les idUbyMamrea et loa plasîosaures participer par leur ostéokigîe aux oaraotéres ^a cétacés de k daase des aaanuuîr ferei, et les grands saurkna tearestres à emx des pacbycl^mea jt qtp uout été crééo c^yendaot que beaucoup }dus tard.

&i un 100^ ka pokaons lea |dna aînq>ka daa vertébrés sont les aeuk parmi les animales de cet eml^nclienieut qui M^rt eonstainmettt par^ sisté et aknt traversé toule k aAne des fanaui» tioua s^dittei^irsat Les poisaaua n'cmt eu effet jamak cessé d'esisler^ depok que des éONso y%^ iwata ont aj^pu sur k surftioa da k târMy c'est-iNd{fe> depuis les terriens de trausitk» jusqu'au! d^^ôts les plus récents. H en eat donc

de ces |ymsâofis comme des autre» cinimAm de Tâncien monde ; ils diftèreat d'atttftnt plu» de leur* congénères actuels, qu'on les observe dans des couches plus profondes.

Les plus grands changements opërës dans les caractères des poissons fossiles ont également cofncidë avec les modifications les plus impoiH tantes survenues dans les autres classes d*ani» mënic et de végétaux. Ils ont même coïncidé avec Tétat minéral des couches où ils sont ense» velis. Ces changements n'ont pas eu lieu insensiblement d'une formation à l'autre, fin éfîet^ ni les mêmes genres^ ni les mêmes ikmilles ne tra^* versent les séries successives des grandes forma^ tions. Hs changent d'une manière prompte à certains points marqués de la succession verticale des couches, et Ton ne voit, ainsi que noua Tavons déjà fait observer, aucune espèce de poisson fossile qui sdt commune à deux grandes formations. Enfin la plupart, et l'on peut dîre même presque toutes les espèces des poissons fossiles, différent de nos espèces vivantes.

Les changements brusques qui ont eu lieu à diverses époques dans rorganisatîon, ne peuvent donc pas s'expliquer par des transformations successives ^ mais Uniquement par des actes dé création directe et phisîeurs fois répétée. Si le contraire avait eu lieu, on trotrveraît ^ dans les

couches de la terre, des traces de ces transformations ou de ces passages des espèces les unes dans les autres, au lieu de rencontrer à chaque époque des êtres totalement différents de ceux qui les ont précédés ou suivis. Ainsi, tout prouve que des créations successives et diverses se sont tour-à-tour succédé sur le globe, et que ces créations ont été d'autant plus différentes de nos races actuelles, qu'elles se rapportent à des époques plus anciennes.

La présence des poissons dans les couches sédimentaires les plus profondes ou celles de transition, peut nous faire concevoir comment Moïse a considéré les animaux aquatiques, comme les premiers êtres qui aient paru sur la scène de Tancien monde ; car l'on conçoit^ d'après ce que nous venons d'observer, les difficultés que peuvent faire naître des poissons dont l'organisatioii est aussi singulière que celle des sauroîdes. Aussi la découverte de ces poissons sauriens , dans les plus anciennes formations sédimentaires,. semble expliquer assez bien le vingtième verset de la Genèse dans lequel il est dit « que Dieu or- » donna aux eaux de produire des animaux pro- » près à vivre dans leur sein. » L'ancienne création a commencé par les êtres aquatiques , et, comme le dit Moise, par tous les anim)stux qui vivent et se meuvent dans les eaux : v Omnem

» animam Tiventem atque motabilem quam pro- » duxerunt aquae in species suas/ » Ainsi^ d'après Moîse^ le monde aurait été peuplé pendant longtemps d'animaux aquatiques dont nous cher^ chons maintenant en vain des traces sur la terre.

Où trouver en effet dans notre création ac«tuelle des représentants de ces antiques ichthyosaurus et plésiosaurus ^ êtres si étranges qu'ils réunissaient les caractères des cétacés, des reptiles et des poissons avec les formes les plus bizarres et les proportions les plus gigantesques. Ces singuliers reptiles n'ont ps^ plus de représentants parmi nos espèces vivantes que les poissons sauroïdes des terrains de. transition et des terrains houUiers ou les ptérodactyles dont se nourrissaient les plésiosaurus. Ne serait-ce pas à ces immenses reptiles qu'il faudrait appliquer le passage de la Genèse que Ton a rapporté aux grands cétacés, faute, peut-être, d'en bien comprendre le sens ?

Pour se. faire quelque idée de ces êtres qui réunissaient les caractères de plusieurs classes d'animaux, étudions d'une manière rapide leur organisation, et commençons par l'ichtyosaurus, ce reptile poisson dont rien dans notre monde actuel ne rappelle les formes bizarres, ni peut-être la voracité.

L'organisation de ces reptiles, dont la longueur

4^paftiâit trente pieds, offirait des particularités départies maintenant à diverses ela^seï et à di^rs ordres d'animaux, mais qne l'on ne r^rouvepilns dans un seul et même genre. Ainsi, riohtfosaiiras avait tout à la fois, le mnsean d'un marsonin , les dents d'un crocodile , la télé d'un lézard , les vertèbre dun poisson^ le sternum de roniithorynque et les nageoires d*une haleine. Lsur corps monstreux se terminait par une queue loi^ue et d'une force prodigieuse^

Leur tête I dont la longueur était souvent an^ éâk de six pieds^ portait deux yeux énormes. Ces oignes étaient entourés d'une série de pièces osseuses, analogues, à celles qui entourent les yeux de plusieurs oiseaux et de certains reptiles. Par leur rétraction , ces pièces augmentaient la convexité de la partie antérieure de Toail , et le transformaient en microscope. En reprenant leur position naturelle, elles en faisaient un télescope.

Ce curieux instrument d optique permettait à richtyosaurus de découvrir sa proie de loin et de près , dans 1 obscurité de la niiit et diins les abîmes des mers. ^

Cette organisation annonce aussi bien les habitudes voraces des ichtyosaurus , que les 180 dents coniques, dont étaient armées les mâchoires de certaines espèces de ce genre.

Ces dents avaient du reste une disposition

aenreiUramxieQt tpprc^riéd au tel qu'rilêt devaimt r^nptir.

Il en était ik même de» fii&choires qui tes 9W^ portaient» Par eninf^e la mâchoire inttriêure^ snrtootà tause de sa iongueut* et de ht taille des animaux qu'elle était deitinée à saisir^ aurait éOf par oela même sujette à de fréquentée iVactuivii Aussi, loin d'être formée p^t un seul os» comme chez les mammifSàreSi elle était composée de six pièces combinées de manière à la rendre tcut à la fois crès-^soUde, trèSNélastique et d'une grande légèreté.

D'un autre cAté^ pour faciliter les môutement» que ces animaux devaient eiécutér dans le «!•« lieu qu'ils habitaient, les vertèbres de ces reptiles, au nombre de plus de 100, étaient creuser» comme celles .dés poissons. Leurs côtés, ttonbbreuses, minces, poUr la plupart blfurquées au sommet, s'amincissaient à leur extrémité anté*^ rieure, au moyen d'os intermédiaires analogues* aux portions cartilagineuses Intermédiaires et stemales des côtes du crocodile.

Cette structure permettait à l'iChtyôiaurUS d'introduire dans sa poitrine une grande quantité d'air et de rester long-temps soUs l'eau, f«n* venir respirer à la surface.

Enfin, le^ membres antérieurs de cet étrange reptile étaient semblables à ceux de la baleine*

et occupaient à peu prés la même place. Mais^ outre ces rames élastiques et puissantes, ces reptiles en avaient deux autres, de moitié plus petites et placées à la partie postérieure du corps.

Un reptile, peutr-étre encore plus hétéroclite que richtyosaurus, et qui, au dire de Cuvier luimême , mérite encore mieux le nom de monstre, vécut également à la même époque que celui-ci, comme pour satisfaire à sa gloutonnerie. Ce reptile joignait à une tête de lézard les dents d'un crocodile, et un cou d'une longueur énorme, semblable au corps d'un serpent. Mais pour rendre ces anomalies encore plus singulières, le plésiosaurus avait le tronc et la queue à peu prés semblables à celles de ces mêmes parties^ dans un quadrupède ordinaire, les côtes d'un caméléon et les nageoires d'une baleine.

Cet étrange animal devait vivre dans des mers peu profondes, ou il devenait la pâture des Ichtyosaurus , dont la gloutonnerie était telle qu'ils se dévoraient entr'eux: quelque singulier que puisse paraître ce fait, le doute n'est pas même permis.

En effet, les excréments des ichtyosaurus, conservés dans les couches des terrains secondaires , y sont restés , comme pour éclairer des événements qui se sont passés au fond des mers, à une époque bien antérieure- à Texistence de

rhonane. Ces excréments renferment encore , comme ceux, des aBciennes hyènes.^ les os de^ animaux que dévoraient ces reptiles , et parmi ces os, on reconnaît très-^bien ceux des plésiosaurus et de petits ichiyosaurus. Enfin cette étrange nature était si peu destinée à durer, que tandis que les plesiosaurus vivaient aux dépens de ptérodactyles que leur long cou leur faisait saisir, lorsqu'ils volaient au-dessus de leur tête, ces derniers dévoraient avec avidité les énormes libellules qui, comme eux, vivaient dans ces temps singuliers.

A voir ces animaux occupés sans relâche à se faire une guerre cruelle , pressés par les besoins les plus impérieux , on dirait que la nature ne les avait mis au monde que pour se détruire et s'entre-dévorer. Aussi est-on peu étonné, qu'avec une. organisation aussi bigarre que celle qui leur avait été attribuée , et des appétits que rien ne po vait satisfaire, ces reptiles n'aient pas* prolongé leur existence au delà de l'époque secondaire qui les vit naître et périr.

Il en a été donc de ces espèces Comme de celles qui furent leurs contemporaines, du mosasaurus, lézard marin de 25 pieds de longueur , du mégalosaurus dont les proportions étaient au moins deux fois plus considérables et l'appétit plus vorace encore ; enfin du basiléosaurus ce roi des

sauriens dont la longueur n'ëtait pas ttoifidre de 1 50 pieds anglais* Elles ont tontes disparu de dessus la surface du^lobe , de mâme que les ptérodactyles, dont, les formes bizarre^ rappel-^ lent les fabuleux dragons de la chevalerie ou les créations fantastiques du génie de Gallot.

Les ptérodactyles ont dans leur structure, des anomalies -si extraordinaires ^ que dès le princîpe de leur découverte, certains lès prirent pour des oiseaux, d'autres pour des chauve-souris, et d'autres enfin pour des reptiles volants.

En effet, la forme de leur tète et la longueur de leur cou sont assez semblables à celle de ces mêmes parties chez les oiseaux ; leurs ailes s'approchent assez de celles des chauve-souris, tandis que leur queue et leur corps sont analogues à ceux jles mammifères.

Mais en comparant les ptérodactyles avec les oiseaux et les mammifères , dont ils se rapprochent le plus, Cuvîer a démontré que cet animal était un reptile doué de la faculté de voir pendant la nuit et de saisir au vol les insectes dont ils faisaient leur pâture.

Ces animaux n'en ont pas moins par leur forme extérieure , quelques ressemblances avec les chauve-souris et les vampires actuels. La plupart d'entr'eux avaient le museau alongé ,' comme celui du crocodile, et armé de dents co-

niques. Leurs yeux étaient'd'une grosseur énorme y et de leurs ailes partaient des doigts ter«minés par de longs crochets, semblables à Tongle recourbé des chauve-souris.

Ces crochets formaient une serre puissante , au moyen de laquelle Tanîmal pouvait ramper, grimper ou se suspendre aux arbres. Peut-être même , pouvait - il nager , en sorte que les ptérodactyles, comme le Satan de Milton, étaient propres ^ tous le§ emplois et capables d'habiter tous les climats.

Ainsi, bien avantTapparition des mammifères, les reptiles furent les plus terribles, les plus formidables et les plus grands habitants de la terre et des eaux. Parmi ces reptiles alors dominateurs sur la scène du monde, furent surtout des crocodiles et des lézards de formes très-variées et d'une taille souvent gigantesque.

Le mot hébreu DO>3nn athanninîn , que les traducteurs out rendu par serpens, (Iraco , ià- IcBna^ cetus, s'entend généralement d'un grand poisson ou reptile marin. Cette expression racine, dont il n'existe aucun dérivé connu, semble avoir été assimilée mal à propos aux cétacés , par cela seulement que ces animaux , les plus grands de la nature actuelle, habitent aussi le bassin des mers. On peut se former d'autant moins de doutes à cet égard , que ^3i^ thanan ,

— 144) — d'où sont dérivés thamm et thaninim est rendu T^diT serpent, dragon ou grand poisson , comme sont, disent les commentateurs, les baleines. Ainsi le texte hébreu portant D>Snan u>Tinnathaninim aghédalim peut très -bien n'avoir eu en vue que de grands reptiles , analogues aux antiques ichtyosaures, plésiosaures et megalosaures.

Si donc les commentateurs de la Bible ont rendu . l'expression halthannimim ou athaninim, en disant creaçitque Deus cete grandia , c'est parce que , frappés de la grandeur dés baleines et de la plupart des mammifères marins , ils ont cru devoir plutôt rapporter cette expression aux cétacés qu'ils connaissaient qu'à des reptiles ou à des poissons gigantesques dont les races éteintes leur étaient entièrement inconnues. Tel n'est pas cependant le véritable sens de cette expression, qui désigne uniquement un grand poisson ou un reptile d'une dimension à peu près égale à celle des baleines.

Le mot Italthannimin ou thahnirdm peut donc s'appliquer aux grands reptiles de la première

* création, tels que les ichtyosaurus , les plesiosaurus, les megalosaurus et les antiques crocodiles,

' plutôt qu'aux mammifères marins ou aux cétacés qui ont paru beaucoup plus tard sur la scène de l'ancien monde. Si les commentateurs de la Bible n'ont pas admis cette interprétation

si conforme aa yéritable sens du téxte^ c'est pro* bablement parce qu'ils ignoraient l'existence de ces gigantesques et monstrueux reptiles.

Du reste^ nous abandonnerons entièrement cet objet de discussion aux lumières de ceux qui s'occupent d'une manière particulière d'une langue dont l'étude est si négligée parmi nous. Il doit nous suffire de leur avoir soumis une question , que leurs luipières leur permettront de résoudre, sans doute ^ beaucoup mieux que nous ne saurions le faire nous même. Si cette question est résolue dans le sens que nous le présumons, ce sera une preuve de plus en faveur de l'exactitude d'un récit, qui, conforme à la vérité dans les grandes choses, doit l'être aussi dans les détails.

Il est du moins certain que Moïse a supposé que la création des reptiles aquatiques a eu lieu bien antérieurement à celle des reptiles terrestres. En effet, il place la première à la cinquième époque, tandis que l'apparition des reptiles qui vivent Sur la terre, n'aurait eu lieu qu'à la sixième , c'est-à-dire , à celle où Dieu créa également les animaux terrestres. Ainsi , d'après Moïse , comme d'après Tobservation des couches terrestres fossilifères , les êtres qui vivent dans le sein des eaux, soit les poissons, soit les reptiles aquatiques^ auraient précédé les

reptiles et tous les animaux qui viveut sur les t^res sèches et découvertes, comxue ceUK-ci out apparu avant rhommei qui a couronné eu quelque sorte Tœuvre de la création.

SntÎME ÉMQtlE OU sniÈME JOUR.

A cette ëpoque Dieu créa les reptiles terrestres et les mammifères, soit les races domestiques, soit les races sauvages. Dieu couronna ensuite Tœuvf e de la création en faisant l'homme à son image. 11 lui prescrivît également de croître et de s'étendre Sur la terre ^ et pour lui en faciliter les moyens, il assujettit à son empire les poissons de la mer, les oiseaux du ciel , et enfin tous les animaux qui se meuvent sur la terre.

Mais écoutons la Genèse

Dieu dît à ITiomme : « Je vous donne toutes » les herbes qui portentleur graine sur la terre » et tous les arbres qui renJFerment en eux-mê- » toes leur semence chacun selon son espèce, » afin qu'ils vous servent de nourriture (1).

(I) Clmquie lorniatiim i^tl^gkptè s, cdmiiiê oa le sttiîf des espèces particulières et distinctes^ aussi difiéreatefr ie celles <{ui les ont précédées que de celles (pii les ont suivies; dés lors, les végétaux qu'ici Dieu donne à l'homme pour no«mtiir«, ne âevtaient pas être les mémeê qtM eea% des preaièreft périodes. Par suite de U «iMçessioK ijpii n m lieu

n El à ttma ks ftoimaux de k tene, ei à tous

dans l'ensemble des choses créées , les végétaux de la troisième période avaient dû nécessairement dBsparaître depuis loog'^enps, de desras la Mirfeee de la terre. Il Mt nsé de yag!» poiiri{UOft b lévâetieii e«t ««ftée muette à l'égard de pareils faits , et. de semblables détails , tout-à-fait étrangers au but qui nous a valu le court récit de la création.

Gevéoîliiimg ayaatfiôl coettetre Tecte de Dica^ qui fit soràr d» néanftleg végétaux et ks animaux ddnt la terre a été successivem^it embellie, il n'avait pas à revenir sur les diverses particularités qui pourraient les concerner.

Bia mte, dbiiis tontn'lee questiens que peut taire neitre le récit de la Genèse, on ne doit jamais perdre de vue qu'il a été écrit dans un tout autre but que celui de satisfaire notre curiosité. H est enfin unedermère remarque essentielle à Ùk9 à Végnrd an ce réeit, e'ett qu'uae foi» qu'il a iSKpriné la création d'un objet quelconque , il n'y revient presque jamais. Seulement pour les végétaux et les animaux, voulant faire comprendre q«'ll» afvaieiit été priaeipdkeBeiit cvté» fonx satidhiiettoebesoUis, le législateur^ des Hébreux exprime cette pensée de la manière la plus formelle et la plus explicite , en rendant l^omme le dominateur et le mettre souverain de tout ce qui ezi«te. Ane» l'en dorait «a foelq^e sotl^, que dan» la idé^ de Moîae, Dieu n'agit pas à proprement parler à chaque époque, mais que les dîsposîtioBs nouvelles que prennent les chose», sont plutôt Yefkt ipeirtaaé de Potion daa cauaei natuxdlea^ éneeéee de aoe pouvoir divin , qu'un eflFet immédiat de sa puissance créatrice. Cette manière de concevoir la divinité comme produisant à la foîs par une seule de se» parete, tout ee qui est , H Iv dîipetittefis neiifdlei fpm k» eeueu eréée» deiveat prendre ^oor éttt les plus parfaites possibles, n'étant que la suite des causes naturelles , la conséquence Ju même acte , est , ce semble , la plus propre h nous domiw le pias iiéedfe]

» ks oiseaux du ciel^à tout ce qui vit et se meut » sur la terre, toute herbe verte servira de nour- » riture.

» Il en fut ainsi.

» Dieu vit toutes ses œuvrer; elles étaient » parfaites, de la fin jusqu'au commencement: » ce fut la sixième époque. »

Pour prouver que les végétaux que Dieu donne à rhomme pour nourriture a la sixième époque, ne peuvent être les niémes que ceux de la troisième époque , il suffit de montrer les progrès qu'a suivis l'ancienne végétation. .

Les premiers végétaux, que l'on découvre dans les entrailles de la terre, ont évidemment Torganisation la moins compliquée. Ce sont, pour les espèces marines, des agames de l'ordre des algues, et pour les espèces terrestres, des cryptogames semi-vasculaires. Celles-ci y sont représentées par des fougères, des prêles, des lycopodes, dont les dimensions dépassaient 40, 50 ou 70 pieds de hauteur, tandis que leurs analogues atteignent au plus^ dans la zone torride , 20 ou 25 pieds.

Ces plantes gigantesques, transformées dans les entrailles de la terre en houille et en minerai de fer qui les accompagne ordinairement, sont devenues , pour les hommes , une source d'industrie et de richesse ; mais ce n'est pas là toute

leur, importance. Elles éclairent la végétation primitive. Elles nous indiquent en quelque sorte, la température qui régnait, lorsque la terre . était couverte de leur brillante végétation, et les changements géologiques^ qui s'y faisaient. Ces plantes de l'ancien monde, malgré le long temps qui s^est écoulé depuis leur destruction, sont si bien conservées, qu'en les soumettant au microscope, on peut étudier les détails les plus dé* licats de leur structure.

Les forêts de l'ancien monde n'ont donc point été détruites , comme les forêts modernes. Aussi sont elles devenues pour l'homme , dans ces derniers âges, les sources de la chaleur, de la lumière, de la force motrice et des arts.

Les végétaux de cette première flore ont donc été, eomme les animaux, soumis à de fréquents changements. Us étaieut cependant formés d'après les mêmes principes d'organisation que nos végétaux actuels. Du moins offraient-ils avec ceux-ci de nombreux points de ressemblance, preuve nouvelle de l'intelligence qui a présidé à la construction du. monde matériel, puisque parmi ces végétaux, bien antérieurs à l'existence de l'homme , il n'en est pas dont il aurait pu tirer la nourriture nécessaire à ses besoins.

Si de ces détails nous envisageons d'une ma*

niére générale l'ancienne végétation aux diverses

^ 146 -^ ^ipoques géologiques, nc^ft h verpom tuivre om marche oonstaoïmeut acoroissante. Ainsi \m plantGA owiriiies aeiabl^at avoir été jadis di«trî^ buém d'après des hU analogues à œUes été Jiabitatioiis des plantes mafises aeùM^ei^ Ces d^rnièras cbaMitoent trois grandéi dlvîakMis ^ d après leurs bakitatîoiis i les unes ne prospè* rent que dans les régkms fr(»des , d'autres aa oontraire Yivept uniquement dans les régions tempérées , et d'autres enfin dans k zone toiv ride. En assimilant les périodes'géologiqnes à ce que l'on nomme régions en botanique et en zoo^ logie» on reeonnail fecilesnent qn une distribo*tion analogue à isella que nous venons d'assigner aux végétaux marins actuels, a eu lieu pour les espèces des leinps géologiquet qui ami^it les indues genres de station.

iEn effet parmi les algues fossiles des faniM^ tiens les pl|^ inférieures et les plus anciennes ^ on observe uniquement des genres trèfr^v«»si»B da ceux qui croissent maintenant dans les régîaiis les {dus chaudes de la terre. Les a%ues des tei^ xaiA$ de tra£(sition mt dfrn^ to^igé une tejàfi/^ rature plus élevée que celles que l'on voit en-sevelies d^As des terrains plus récente » o'est^le dire, dans les fpr^ations^qoudaires et tertiaires* Il ; a plus encore, les formess des végétaux qui se sont si^ccédé pendant ce» dei^ deiwères pé-

riode$ m montrmt 4 dutoiU plus «emUablei j^ux form^ 4es plaiHes ^ nos climats , cpji'po h^ âé^ couvre d^EU 4^ couc^içs 4^ jTûFmaUan p}uft v4^ ce»ta,

lorsqu'on j^U^ fin coup d'c^l g4<i^?l »ur )#8 v4f gétaju^ teri^^tr^s distribués dàn» U^ trois gr^iW^ périodes géologiques. 0«i taJI ccidteMci^ 4^oomm €£Ue« qui P»t vécu 4^09 i'«Dcîeuu€ i^r^ 4iviséw £i3i gTQUfiQê I iodiqu^i)^ çhamiii» 4^im« immim r^Uvfi ^ les dimioutiop^ «nv^^ssiv^s qui p^t §v lieu 4éim U t^nnpraiçure 4a U^w&ç^d^ U t^ir:iu ^fi«is i%>yoas du mHUê dooiiu^r «ss^utielk^i Bm^t daj»s ks ^rr^^ d« jira Asitioi), d^ ciypto'*

ç^s^ des fougère et 4^ lycopodiai^i SiHm qufi ^ou$* r^vQxis d^^ £3^it Q^SË^yer. Quplq^ws moJM^ QÇktoljédom épars^|^u,xM>{ahreux Accompi^awt ces fougères, avec quelques autres ^spèc^ y^r Xâksd» /ajEâU^ Jusqu'à présienâ iod^^t^miQ^s. U ea €»t g peu prés de pu^^ de la Aore d^ terfftios bpuiU^iS ; rC^ wdwt u«e .cdas«ç apu^ veUe de F^^giéts^u^^ le$ co^ifér^ y apparaît pgur la pr^mièra ÙÀ^ sX \}/^tmbi^\^ uue v^^^tiou si jre6(i^te par J^ Afmbrç d^ £imiU^ «^lû Ja wiP()osd)iti.

lV{ai^ ^và% h 4^pQt 4^ V^cains J^ill^^ai h

et les espèces des premières familles disparaissent presque entièrement. Des formes végétales nouvelles remplacent les plus anciennes^ et se^ maintiennent plus ou moins long-temps sur une scène ; où la vie est aussi mobile qu'incertaine. Du moins parmi ces formes plusieurs ont si peu persisté^ qu'elles ont paru aussi rarement dans les temps géologiques, que leurs analogues actuels sur la surface de la terre. Telles sont les cycadées des terrains secondaires , auxquels s'associent parfois des conifères, végétaux qui s'y montrent alors en plus grand nombre , que ceux qui se sont développés pendant le dépôt des terrains carbonifères. Du reste, le caractère général des formes végétales qui appartiennent à cette série, indique un climat dont la température devait être à peu près semblable à celle des contrées intertropicales^ si elle ne leur était supérieure.

Le plus grand nombre des familles végétales de la première et de la plus ancienne série et plusieurs de la seconde disparaissent entièrement dans la période tertiaire. La végétation plus compliquée des dicotylédons y remplace les formes plus simples qui prédominent pendant les deux séries précédentes. Des équisétacées plus petites succèdent aux calamités gigantesques , et les fougère^ sont également réduites pour la taille

et pour le nombre à de moindres proportions y que celles qu'on leur voit atteindre aujourd'hui, sur la limite méridionale de nos régions tempérées. . ^ '

La présence des palmiers qui se prolonge pendant la plus grande partie de cette période^ prouve également que le froid des hivers ne devait pas être pour lors très-intense, puisqu'il ii'arrétait pas leur développement. Aussi , le caractère général de la végétation des terrains tertiaires, signale un climat très-rapprochéde nos climats mé^ diterranéenSy mais seulement un peu plus chaud.

Enfin la plus récente végétation des temps géologiques, dont les débris existent dans les couches quaternaires est presque semblable à notre végétation actuelle. Elle indique donc un ordre de choses peu différent de l'ordre établi ; aussi seule a-t-ellepu fournir à l'homme la nourriture qui lui est nécessaire. C'est donc à elle , et non à la primitive végétation y. que la Genèse fait allusion, lorsqu'elle dit que Dieu donna à l'homme toutes les plantes qui couvraient la terre , pour lui servir de nourriture ; car ce ne pouvaient être les espèces des terrains de transition , ni celles des terrains secondaires et tertiaires , celles-ci ayant cessé de vivre^ bien antérieurement à l'apparition de l'homme.

La sixième époque a donc été le terme de la

cffeitidtï. Là èrëàdoii â été eft ètfei âdievée lotsqtièf dîeu eiit kit l'hotnme à ^ti {tnsrge , et & sâ fMsemtlànce , c'eét-à^dîfe, lofsqti'fl Télit aûirtié de ce souffle divin, immortel comme l'auteur de tMttes choses.

L'homme est donc ait*yeu*delà Oenésè l'être vltânt le J)lus noûteàtl entre totis les étfes créëSy él eëliii duqiiel s'est arrêtée là puissance dli^itte ellé-méttie, satisfaite en quelque sorte d*avoîr donne Texlstenee â une àrîïe immortelle, dâpabié de k compi^endre et de sslsîr quelques-utlès des merveilles de ses admîrableé perfections.

L^homme n'est donc pas contetnporâin de la terre. Il y a même été placé postérieurement ant âhimàui et âU5t plantes qui rembelllssent et l^animent et cela à une époque qui tt*est paâ tfés-ëloignée de nous.

Sîdônc, là terre est fol^tâheienne, l'homme y est au contraire fort nôuveâU. Auèsi, Thlstoîrê ahtiqUe de 1 espèce humaîtienôùé montfe Thomme long-temps faible , luttant par des efforts constants contre les grands phénomènes qui se passaient encore Sur Cette terre, devenue désormais son apanage.

Les fleuves débordés, tes marais sans llmîteg, les froîdes et profondes forêts, les animauk ravisseurs , des nuées innombrables d'insectes, lui disputèrent long-temps un monde dont il ne pou-

— t51 ~ vftitpas ée dire le Roi. Mitîè fort par son iûtel*- Hgencé^ atitfiint que par ^ conflââce en sk>û stti4^ te^ir^ l'homme à Mumis peu à peu ïèê duimâux quipoUTaiout lui être utiles^ détruit ceux qm pouvaient lui nuire, et dompté une terre rebelle. Il â plus fait encore t les arts, fruits de son génie. Sont devenus pour lui une source continuelle de gloire et de bonheur ^ et les sciences dont il a aussi élevé le magnifique et majestueux édifice , Tout rendu le maître de tout ce qui FentoUre , en même temps , qu'elles lui ont donné Tlmmense avantage de saisir quelques-unes des merveilles de Tunivers.

La nouveauté de Thomme, non seulement par rapport aux reptiles terrestres , aux oiseaux dii ciel , maiâ encore relativement aux mammifères, annoncés par la Genèse , ne l'est pas moins par les faits géologique^. Ces faits, tout en démon*trant que les inammifères terrestresont apparu les derniers Sur la scène de l'ancien monde, prouvent également que l'homme n'y est venu qu'après que bien des générations de ces animatix avaient déjà passé sur cette terre sujette à tant de vicissitudes. Si donc les mammifères sont nouveaux relativement aux autres animaux , l'homme ne l'est pas moins, eu égard aux premiers de ces^étres. En effet, l'on ne commence à découvrir les débris des mammifères, dont après

rhommc Torganisation est la plus compliquée , que dans des formations assez récentes ^ c'est-àdire , dans les couches les plus inférieures des terrains tertiaires. Quant aux traces de l'espèce humaine, elles se rencontrent encore plus tard ; jamais dans desjlépots réguliers et stratifiés; mais uniquement dans les dépôts les plus superficiels et les plus modernes de la période quaternaire.

Les débris dé l'homme apparaissent donc pour la première fois, au milieu des dépots des anciennes alluviohs ou dans les terrains diluviens. Chose remarquable, on les y voit confondus et mélangés avec des restes de différents animaux, dont les uns sont semblables aux espèces actuel lement vivantes et dont les autres rappellent des races dont nous cherchons en vain des traces à la surface du globe. Ces ossements humains , dont l'ensevelissement parait antérieur aux temps historiques, ont encore cela de particulier, de se trouver dans des limons où l'on voie également des restes nombreux de notre industrie et quelques objets des arts encore à leur berceau.

•Il y a plus, les mêmes dépôts diluviens , qui recèlent des ossements humains et des produits de notre industrie, offrent également des animaux domestiques, évidemment modifiés par rhomme j car l'on y reconnaît des races distinc* tes et diverses. Or l'homme a sepl le pouvoir de

modifier les espèces au poiot d'y établir des variétés particulières et nombreuses ^ lesquelles constituent des races proportionnées à la cause qui les pVoduit^ c'est-à-dire l'intensité de Tesclavage. Aussi dès que ces races reprennent la vie libre et indépendante^ elles reprennent également l'uniformité de leur type primitif et se depouil- ' lent, pour ainsi dire , des caractères nouveaux que leur avait donnés la domesticité.

Mais puisque ce traces de l'influence de l'homme sont encore empreintes sur les débris de certiBLins animaux qui sont ensevelis avec lui , il faut nécessairement, que soit Thomme, soit les animaux qu'il a modifiés , aient été contempo^ rains, et antérieurs aux dépôts dans lesquels on les observe.

Si donc les débris humains n'ont pas jusqu'à présent été observés à l'étî^t fossile, c'est-à-dire, dans' des couches antérieures à la rentrée dès mers dans leurs bassins respectifs , il n'est pas moins certain que ces débris se montrent dans un assez grand nombre des localités différentes à l'état humatile , puis qu'on les rencontre avec des espèces perdues dans des limons déposés sur la surface du sol , depuis la rentrée des mers dans leurs lits actuels.

Quoique ces faits soient incontestables , on y avait fait une objection, et cette objection avait

même qudqtté ehost de spéciecrs« L6f èbtêw n^ iramtM iont raocédéy.obsctYâiHmj Avet Id pks l^tlde rëgubrilé , et cot&me par HM MTCe d^ gfffdatiofi du simple att tîofnposé ; ûtmm^î ôésr lof s admettre que les débris àe l*espéce humahne puifsent appartettir réetleffiêiit âfi)c temps géologiques , lorsque notw ae découtroas nulle part dans des couches terrestres aticttfle trace des quadrumanes qui précèdent pourtant Thom* me dans la série écologique?

C'était sans doute là une lacune dans les ob^ seryationsi mata n'eût^elle pas été comUée^ on n'aurait pas pu avec des fttha négatifs détmife des faits positifs^ Tout doute à cet égard Tient d'être dissipé par les travaux de Mé Lartet : ce savant a découvert en effet des restes de qua*drumanes dans les terrains tertiaires marins du département du Oers^ c'est^à-^lire^ danS des cou» ches antérieures à la rentrée des mers dans' leurs bassins respectifs» Ces quadrumanes sont donc bien autremeut anciens que les débris de rbon»me^ qui appartiennent aux temps géologiques les plus i*écentSi

En effet leurs débris ont été rencontrés avec des ossements de Dinotherium^ de Mastodonte^ de Rhinocéros , d'Anoplotheriutti, et de Palœothetium, et tout annonce qu'ils ont été contemporains de ces deux genres perdus regardés long-

teiMp§e(»AineIeS tik^ âncien^dé^mâmmiféMé tef" fç»ti^é9;qtti fttttttiént hftbitë fiô9 côtifift«iite.Mâi!S ee qtiè ces débrî» ont présenté de plus pftMieuKéf , c èêtd'offrir dans titiêsetilê localité^ CeHed^Saftètm dans leê eiiirifonsd'Atidbj trois 6spé<!êdde siûgës dft (rdis parties du itiond«< Une fli&ehdfe a signalé vLhë têpètse de quadrumane analogue au gibbon de « rinde, tandis qu'une molaire supérieure dont tel quatre tubercules sont disposées autrement que dans les singes ordinaires rappelle àsse* bien la conformation des dents des singes du noureau monde. Enfin M. Lartet y a rencontré un fragment de màehdire inférieure et des incisives quMl crt)it pouvoir i^approeher des makis. Ainsi la localité de Sansan, la première où l'on ait rcn^ edntré des quadrumanes fossiles, en offrirait de trois mondes différents, le gibbon de l'Inde, le ïùâkîé de Madagascaî* et enfin le singe d'Amérique.

tar Une particularité non moins remarquable, la même localité à offert des débris d'oîSeaux beaucoup plus petits qu'aucune espèce vivante , et des œufs assez bien conservés doiit le plus grand dtamêtre n'atteignait pas deux lignes.

Avec tous ces animaux, ott a découvert Une foule d'autres espèces; parmi lesquelles on a reconnu 1 * un Carnassier gigantesque d'un genre inconnu dans la tiature actuelle et qui par les ca-

ractéres de son squelette, est plus rapproché du raton que du chien; 2"" un pangolin gigantesque présentant cette singularité d'avoir des màchelièreSy et un ruminant celle d*étre de la taille du lièvre. Enfin M. Lartet y a également rencontré un rhinocéros ayant quatre doigts à chaque pied, peutêtre sans cornes , et devant dès lors former le type d'un nouveau sous-genre. Outre ces espèces, il en est une infinité d'autres que Ton a observées dans cette même localité , et sur lesquelles il est inutile que nous insistions davantage.

Les observations de M. Lartet sont donc venues combler une lacune dont 6n avait évidemment déduit de fausses conséquences. Ainsi toutes les recherches des géologues et des zoologistes prouvent de plus en plus que dans la création des êtres organisés , la tendance générale de la nature a toujours été de .procéder du simple au composé.

D'après les faits que nous avons déjà exposés on a pu saisir , que pour la série des animaux vertébrés , cette marche est indubitable. Elle n'est peut-être pas aussi évidente pour les invertébrés et particulièrement pour les mollusques. L'on ne sait encore que peu de choses sur les animaux articulés du monde ancien pour décider si elle existe dans ce grand embranchement du règne animal. Du moins nous savons

déjà que les plus compliqués de ces animaux^ sous plusieurs rapports sont extrêiuement rares aux plus anciennes époques géologiques et que les insectes , comme la plupart des animaux qui l*espirent' Fair en nature ne deviennent abon-* dants que dans les couches tertiaires , soit dans les lignites, soit dans les sucoins que l'on y découvre/ soit enfin dans les marnes des terrains d'eau douce.

Nous avons <léjà fait connaître plus de cent cinquante genres d'insectes dans les seules formations tertiaires du bassin d'Aix en Provence ^ et nous espérons pouvoir bientôt doubler ce nombre;

Enfin les zopphytes de l'ancien monde ont été des plus abondants ^ dès les premiers temps y où notre planète a reçu des habitants. Leurs espèces les plus simples parmi celles des invertébrés ont été des plus variées et des plus nombreuses. Mais ce qu'il y a de plus remarquable j c'est que les genres des polypes les plus élevés en organisation / tels^ par exemple j que les eschares ^ ne se trouvent point parmi ceux qui ont paru aux plus anciennes époques. Il y a eu par rî|pport à eux la même progression que pour les autres invertébrés, et leurs espèces ont été successivement et entièrement détruites, comme pour laisser le sein des mers libres, aux poly-

pei wNivetttx qui coMtîliimt notre eréttioA m^ tiieUe.

Ainsi ^ d'après la Genèse , craame d'après Les dits çéolo^quesy rhomne, quoique fort nmiireaiL sur ceUe terre ^ créée dans le prineîpe d^es Éempê y y exisuit cependant anténeunwieiti. au dernier des catactyiakes (fui en ont ravagé la surface et disperaé les aneiens terrains d'allnvion auxquels on a donné le nom de depols diluviens ou de dtluQiMinif cemtne peur en rappeler Tmîgine* Le réeit de rëeriTain saeré s'aoeiM^doue avec les faits physiques, dont il dé- <»*it U. marclie suocesstve , et les obs^vatîons les plus exactes comme les plus récentes sont venues «n quek^ sorte a^tre un s^^san tne&çabieaux faits qui y sont eoasîgnés*

En effet, d'après la Genèse comme d'après les feits physiques, aucunètre vivant u existait dans le)>rincipe des temps scw la surface de la terre, notre ^obe n'étant pas pour lors oi^nisé pcHir -kîs recevoir, «oit parce que la température «n était ^^op élevée , pour permettre k la vie 4'y d<^oyer ses merveilles , soit parée <pie la composition de ratmos{4ià;« «"apposait à l'existenoe des corps orgamsésvAprès ces premiers temps, oà ia manière inerte, fruit du jeu des affinités, aaeule 'été produite , est arrivée une époque oà la vie a commencé par apparaître , d'ahord ^peu variée

— <59 — et p^u i»ultip)i^ j niais se parfactioQiiaat 4'uiiP «aanièra gF«4ué^ et successive^ au point 4e d^ ¥^qir 4e pfa» en plus semblable à ceUa qui oa^ i*a<^risa les temps actuak*

l^n eomiâérsmt l'ençamble 4e ces amtono^ i^réatiau^j ai différeras eu gëuéral, 4e celles qui bi^Ueut maîat««uiut à oqs yeuic et dwt h Q^ése aa^s a tiacé h mardbe , (m reconualt^ qu'allés embrassent un <^rtaiu nombre 4e pé<riQ4eS| toutes caractériaées par 4es êtres distijM^ et particuUera. Ce^ périodes^, qui ont vu leurs aiapèœs esseutieUemeut dominantes sueeessive*' ment, anéanties , coo^me pour cé4er la place aux jiouvellesi qui devaient ise manilester plus tard ^ sont au nombre de trois ^ lesquelles embrassant la|;énéra|itë des êtres 4as temps géologiques. JU ^ueces3Îw des corps vivante qw l'on y reconnais annonoe asse^que leur création n'a pas ea lieu 4 w seul jet; mais 4 une manière graduée ^ à ides intervalles inégauic. Ainsi, lorsqu'au -compare 2a création des temps d'aûtreSoii à la a^svi^lay iCMs voit bientôt, comme ncnas l'apprend la ^néae, que les êtres vÎTants sa sont aiinoédë #ér k terra, en rattom invarse da la aofliplîca^ tkm de leur organisation, les plus simples ayaot ^tëpuiodtiits les derniers.

<îes 4rois grandes périodes se subdivisent -•Ites-œémes en un certain «ombre d'époques

qui correspondent aux- diverses formations sédiinentaireSy époques également caractérisées par l'apparition de quelques êtres qui n'ayaient point encore existé , et dont la vie semble avoir été parfois bornée à des espaces de temps peu considérables. Ces trois grandes périodes comprennent aussi bien les animaux que les v^étaux ; car la généralité des êtres vivants se rattache au dépôt des principales couches de sédiment. Une concordance réellement remarquable^ existe donc entre Tensemble des diverses formations géologiques et les débris organiques que Ton découvre dans leur sein*

Ainsi Ton peut comprendre dans la plus ancienne de ces périodes celle où la vie s'est manifestée pour la première fois sur la terre; elle embrasse les formations sédimentaires les plus inférieures , c'est-à-dire, les terrains de transition et houillerS; formations dans esquelles on observe les débris des animaux et des végétaux les plus simples. Ce sont d'abord des invertébrés, soit des rayonnes, soit des mollusques, soit des crustacés marins , avec quelques débris fort rares d'insectes à respiration aérienne , les seuls animaux qui annoncent qu'il existait déjà à cette époque des terres sèches et découvertes. Les animaux marins se trouvaient donc, pour lors , singulièrement en excès relativement aux

pèces terrestres; et parmi les premières, on distingue surtout des poissons dont les formes , les proportions et les caractères n'ont presque rien de commun, non seulement avec nos espèces vivantes ; mais encore avec les poissons qui ont vécu depuis le dépôt du lias,

La même simplicité se fait également remarquer dans les végétaux de cette antique période. D'abord à peu près bornée à desagames, la végétation qui .a commencé par ces plantes , les moins compliquées du règne végétal , a vu peu à peu apparaître des espèces terrestres , c'est-àdire , des cryptogames semi-vasculaires , avec quelques phanérogames monocotylédons et gymnospermes. Les débris de ces cryptogames , des familles des équisétacées , des fougères et des lycopodiacées primitivement peu nombreuses, n'ont pris un grand développement que lors du dépôt du terrain houiller , c'est-à-dire , à 1 époque la plus éminemment végétale des temps géologiques. D'après les faits physiques , comme d'après le récit de la Genèse, la vie a donc commencé sur la terre par les êtres les plus simples, et les végétaux ont été non seulement primitivement plus abondants que les animaux, mais celles de leurs espèces qui vivent sur des terres sèches et découvertes ont apparu bien longtemps avant

la plupart des animaux qui ont le méoie £^enre d'habitation, ou plutôt de station;

Ainsi» les végétaux qui composéiit la flore de rancien rnoode, ontété, comme les animaux» ^umis à de fréquents changements. Ils étaient cependant formés d'aprèa les mêmes principes d'^or** ganisation que nos végétaux actuels. Ils offraient du moins avec ceux-ci de nombreux poiats de ressemblance , preuve nouvelle^de rîntelligence qui a présidé à la construction du monde matériel.

L'histoire physique de notre globe , dans lequel certains géologues n'ont vu que ruine , désordre et confusion , présente au contraire , aux yeux de celui qui sait la comprendre, une suite d'événements nécessaires qui ont enfin amené l'harmonie et Tordre actuel.

Tout sur la terre, comme dans l'univers, nous révèle une puissance supérieure et infinie qui a présidé à tout, et a rendu l'ensemble des choses créées essentiellement durable. Du fond dé ses abimes , la terre s*unit avec les corps célestes qui roulent dans l'immensité de l'espace , pour proclamer la toute puissance de celui qui les , conserve, après les avoir tirés du néant.

Les mêmes lois de simplicité semblent s*êlre également continuées pendant la seconde période. Du moins les animaux les plus compliqués y sont

bornés aux poissons et à un grand nombre de reptiles , les oiseaux et les mammifères n'y exis-lent .point aicore. Tout au plus pourrait-on citer deux ou trois mammifères sur le gisement et sur la détermination desquels s'élèvent les doutes les plus fondés. De même les végétaux les plus perfectionnés , les dycotilédons ne c'y trouvent pas non seulement dans la même proportion^ re* lativement aux autres végétaux, qu'actuellemait; mais à celle qu'ils ontnacquise plus tard dans la troisième période géologique.

Cette seconde période caractérisée essentiellement par des reptiles souvent aussi extraordi*naires par leurs formes et leurs proportions^ que par leurs dimensions , l'est également par des végétaux , dont l'organisation était généra-* lement moins avancée que celle des espèces qui leur ont succédé , quoiqu'ils aient appartenu à des classes plus nombreuses et plus variées que les végétaux des premiers temps.

Cependant cette seconde période embrasse un grand nombre de formations diverses et un espace de temps considérable ; car elle s'éteiMl ' dq>uis les terrains houillers jusqu'aux terrains tertiaires.

La troisième période^ la plus récente des temps géologiques^ démontre également delà manière la plus manifeste^ la succession des êtres vivants

— 164 ~ en raison inverse de la complication de l'organisation. On y voit en effet , pour la première fois , les mammifères apparaître; d abord ceux qui, habitant les eaux des mers, ont le plus de rapports avec des êtres plus simples, les reptiles, puis enfin ceux qui ne se plaisent que sur des terres sèches et découvertes. C'est surtout par rapport à ces derniers que Ton reconnaît cette loi de succession qui a toujours produit des êtres de plus en plus compliqués et de plus en plus rapprochés de nos races actuelles.

Ainsi les premiers mammifères terrestres ont été des pachydermes, animaux en grande partie aquatiques, dont les races long-temps dominantes 9ur la scène de l'ancien monde^ se sont cons- . tamment fait remarquer par leur taille et leurs proportions gigantescrues. A ces pachydermes , ont succédé d'abord des rongeurs, des ruminants et enfin des carnassiers , qui ne sont arrivés que les. derniers sur la scène de l'ancien monde. Leurs espèces^ primitivement différentes des nôtres et tout- à-fait inconnues dans la nature vivante^ sont devenues, comme par degrés de plus en plus semblables à nos espèces actuelles, jusqu'au moment où les races aujourd'hui domestiques ont été les plus essentiellement dominantes parmi cette création soumise à l'ardeur dévorante des plus terribles carnassiers qui aient

jamais existé. Parmi ces races^ certaines parais^ sent avoir excité Tattention de Thommc et avoir été soumises à son empire, lorsque d'autres espèces dont nous cherchons en vain les traces dans la nature actuelle , vivaient encore à la surrace du globe.

Cette succession y si manifeste pour les animaux, ne l'est pas moins pour lesvégétaux de la troisième période. Les caractères de cette flore nouvelle sont totalement différents de ceux delà flore qui ra:vait précédée. Au lieu de ces immenses fougères en arbre^ de ces prèles gigantesques^ des dicotylédoçis s'y présentent en abondance et dans des proportions numériques à peu près égales à celles de notte végétation. Il y a plus, parmi ces antiques dicotylédons, on découvre bien encore des espèces inconnues dans notre monde ; mais un assez grand nombre de ces végétaux ne saurait être distingué de nos espèces vivantes^ surtout parmi ceux qui appartiennent aux époques les plus récentes de; la plus moderne dès périodes géologiques , analogie qui précède de peu et annonce en quelque sorte la nouvelle création qui allait leur sucqéder.

Le règne végétal con^me le règne animal^ ont donc tendu, d'une manière constante à un perfectionnement marqué , lequel s'est opéré plus lentement dans le second de ces r^nes que dans

le premier , par suite de la distance immense qui sépare les animaux inférieurs des supérieurs et de l'homogénéité comparative des grandes classes du régne végétal.

Il en est résulté que les mammifères terres-^ très ont paru beaucoup plus tard sur la «cène de Tancien monde, que les végétaux {^lanérogames, soit monocotylédons soit dicotylédons. Ainsi à tontes les époques, les conditions d'existence ont été constamment plus nécessaires et plus impérieuses pour les animaux que pour les végétaux.

Ces lois de perfectionnement, si manifestes pour les êtres de Tancien monde, semblent se conti* nuer dans le monde actuel ou lorsque des récifs ou des îles s'élèvent au-dessus de l'océan, on voit d'abord les plantes les plus simples apparaître sur leur surface dénudée. Lorsqu'un peu d'humus s'accumule sur ces rochers, des plantes plus compliquées s'y établissentsuccessivement, lesquelles sont suivies par des animaux d'abord simples et devenant ainsi graduellement plus avancés en organisation. La seule différence que l'on rem*arque entre ce qui se passe actuellement et ce qui a eu lieu jadis, tient uniquement à ce que les êtres qui s'établissent sur ces îles nouvelles n'appartiennent point à une création totalement différente de celle qui caractérise les temps actuels ^ comme cela a eu lieu pour les

, — t6T — ■ créations successives des tempe géologiques.

Bu reste cette ancienne création, si différente de la nôtre, ne peut pas être considérée côftiitife un complém<^nt de la création actuelle ; car elle ne comble pas les lacunes que l'on remarque entre certaines classes , et ne donne pas non plus une symétrie complète au tableau maintenant ir- , régulier des affinités des êtres vivants. Dès lôrs, on ne peut pas considérer les êtres de cette ancienne création comme la souche de nos espèces actuelles ; car rien ne démontre la possibilité de pareilles transformations, ni Texistence d*êtres intermédiaires entre l'ancienne et la nouvelle création.

En résumant tous ces faits, on voit qu'à là première période éminemment végétale , en a sucfcédé'une seconde, caractérisée par l'apparition d'un grand nombre d'animaux plus tard anéantis , parmi lesquels se font principalement remarquer des reptiles aussi monstrueux que gigantesques. Des végétaux de l'ordre des cycadées ont accompagné ces étranges animaux, et leurs espèces bornées à une époque peu étendue, n'ont plus reparu sur la scène de l'ancien monde.

Lors dé la troisième période, l'Océan a été séparé des mers intérieures, et les terres sèches et découvertes, ont pris nécessairement une pins grande étendue.

Les mammifères terrestres ont aussi apparu à la même époque y et leurs races ont pu se propager et se multiplier à Fin fini sur des continents où brillait une végétation plus appropriée à leurs besoins , que celle qui avait fleuri pendant les premières périodes. A mesure que la terre recevait des animaux d'une organisation plus compliquée, sa surface était embellie par des végétaux nouveaux et aussi perfectionnés que les animaux dont ils devaient assurer la subsistance. Des rapports constants et des lois d'harmonie ont donc toujours présidé à lensemble des choses créées^ et ont ainsi manifesté l'immense et admirable sagesse qui tour à tour les a fait sortir du néant.

En un mot d'après la Genèse, comme d'après les restes fossiles et humatiles des êtres organisés dont les couches de la terre nous révèlent l'ancienne existence, des créations successives et diverses, ont tour à tour apparu sur la surface du globe pour céder alternativement la place à de nouvelles créations qui devaient animer cette terre, pendant si long-temps nue et inerte, comme nous l'apprend l'écriture aussi bien que les faits géologiques. Ces créations graduées et diverses ont été d'autant plus différentes de celle qui brille maintenant à nos yeux, qu'elles se rapportent aux plus anciens temps et d'autant

— 169 ~ plus semblables aux êtres vivants , qu'elles se montrent ensevelies dans des dépôts rapprochés de Vépoque actuelle.

Tel est le dernier mot de nos sciences géologiques si modernes et pourtant déjà si avancées; et, chose étonnante , les faits qu'elles noua apprennent, sont en quelque sotte consignés dans le premier et le plus ancien de nos livres. Un pareil accord annonce, à la fois, la vérité du livre où ils sont écrits et l'exactitude des observations qui nous les ont fait reconnaître.

SEPTIÈME ÉPOQUE OU 2»EPT|]BME JOUR.

Cette époque a terminé les temps géologiques , c'est-à-dire, ces temps où de nouvelles créations ont été successivement produites , et tour à tour anéanties, et où enfin a eu lieu le dernier des cataclysmes qui a ravagé la plus grande partie de la surface de la terre. C'est donc à cette époque, qu'ont été dispersés ces dépôts ou limons diluviens dont la puissance et l'étendue annoncent assez la violence et la grandeur de la cause qui les a produits. C'est encore pendant sa durée, que semblent avoir été opérés les derniers des grands soulèvements qui ont modifié d'une manière notablç le relief de la surface du globe.

— iro —

D*aprè9 Id Genèse , « le ciel et la terre étant » achevés avec toutes leurs hsgrmonies, Dieu ter- » mina à la septième époque Tœuvre qu'il avait » faite et se reposa pendant cette septième épo- V» que. »

Alors la terre reçut sa forme et son relief actuels, et les causes qui pendant si long-tems en avaient tourmenté la surface, ont pris peti à peu cette stabilité et cette régularité, qui ont surtout caractérisé la période historique.

Cette septième époque est donc la véritable époque du repos de l'univers et de la terre, ainsi que de leur auteur. C'est elle qui a. vu cesser ces violents bouleversements qui ont hérissé nos continents de chaînes des montagnes aussi étendues qu'élevées , en même temps qu'elle a vu la vie se maintenir dans des limites fixes et ne plus changer tout-à-coup d'une manière aussi brusque que complète

Les mers rentrées depuis fors dans leurs bassins respectifs , n'ont plus abandonné sur leurs rivages les restes des animaux qu'elles avaient nourris, et leurs habitants n'ont plus vu leur vie tour à tour compromise et encore moins anéantie.

L'abaissement de la température centrale, cause de la mort d'un si grand nombre d'espèces vivantes pendant les temps géologiques , est aussi parvenu à cette époque^ à un terme où il

— 1T1 — a été à peu près sans action sur la température de la surface de la terre. Dés- lors, les effets de cette chaleur centrale^ ainsi restreints par rapport à la climature générale du globe, n'ont plus, comme par le passé, anéanti les créations nouvelles, pour lors en harmonie , avec des influences qu'elles n'avaient plus à redouter.

Ces causes des modifications continuelles pour la terre, ainsi rentrées dans des bornes qu'elles n'ont plus dépassé, toutes celles qui étaient plus ou moins sous leur dépendanée, ont diminué en même temps d'intensité. Ainsi lés dëpôts de sédiment , produits avec tant d'abondance aux diverses époques géologiques , et dans lesquels , nous découvrons tant de débris de la vie des temps d'autrefois ont à peine opéré depuis lors des couches de quelques pieds d'étendue.

Aussi nous les voyons restreints à des dépôts d'attérîssement, lesquels ont plus ou moins élevé le fond des fleuves qui les charrient, ou couvert de limons plus ou moins fertiles , les plaines placées au-dessous de grands courants d'eau.

Mais là s'e^t bornée toute leur influence. Sans doute, ces mêmes dépôts dont, partie continuellement entraînée dans le bassin des mers , y forment des couches d eau douce, analogues à celles des terrains géologiques, doivent par cela même élever le niveau du fond du bassin des

mers. Mais cette action^ quoique constante, eat si faible relativement à la grandeur de ces mêmes bassins, qu'elle n a pu encore être appréciée.

L'action actuelle des eaux courantes, se borne donc, en quelque sorte au nivellement de la surface du globe ; c'est aussi à une action pareille , que se réduisent les effets des mers sur nos continents. Leurs eaux sapent par leur base , les côtes escarpées qui s'élèvent au-dessus de leur niveau, et l'effort de leurs vagues les nivelle ainsi peu à peu. D'un autre côté, ces mêmes eaux jettent sur les côtes basses , une partie des sables , qu'elles ont formés dans leur sein. Elles tendent ainsi continuellement à les mettre de niveau , avec jes parties plus élevées qui les avoisinent. Enfin l'action des agents extérieurs aussi bien que celle des eaux terrestres produisentdes effets à peu près semblables, en opérant ces éboulements et ces affaissements si fréquents dans les lieux, dont la pente est rapide et la hauteur considérable.

C'est encore souvent de pareils résultats que produisent les phénomènes perturbateurs, dont la fréquence et l'étendue ont cependant considérablement diminué depuis la même époque, comme parexemple, les tremblementsde terre jadissi nombreux et si terribles. En disloquant le sol, sur lequel ils agissent, ces secousses intérieures opèrent

— ns —

plutôtdes affaissements que des soulèvements. Les derniers ne sont plus^ guère produits à l'époque actuelle^ que par l'action volcanique elle-même , reste de cette chaleur ardente qui , dans le principe des choses, a non-seulement animé le centre ~ de la terre , mais sa croûte aujourd'hui oxydée et à peu près complètement solidifiée.

Les volcans, terribles et brillants phénomènes dus à l'action de l'intérieur de notre planète sur sa surface en partie durcie, ont eux-mêmes, comme tous les autres phénomènes perturbateurs, diminué dans leur nombre et leur intensité, depuis Tépoque où le globe a pris son état de stabilité; caractère le plus remarquable de l'époque actuelle. Comparez le nombre de ces fournaises brûlantes qui ont lancé leurs feux dans les temps géologiques, avec celui des volcans brûlants, et vous serez frappé du nombre considérable de ces anciens foyers, dont les feux sont aussi amortis que ceux, qui dans l'origine, ont enflammé la surface de notre planète.

C'est donc vers un avenir de paix et de stabilité qu'a teiidu le globe depuis cette époque et par suite de ce refroidissement intérieur de no- IHB planète, la vie n'a plus à craindre d'être troublée à sa surface.ll y a plus, cette circonstance a été elle-même la plus favorable au développement de la vie et de ses merveilles.

En effets par suite de la solidifioalionderécorce du globe ^ tous les phénomènes perturbateurs ^ tels que les tremblements de terre , les soulèvements, les affaissements , et les actions volcaniques y sont devenus beaucoup plus rares, qu'aux premières époques^ où le globe a été habité. Toutes ces causes de perturbation ne se renouvelant plus f la vie ne sera plus désormais troublée , comme elle Ta été à tant de reprises différentes* D'un autre côté^ la chaleur qui se fait sentira la surface de la terre ^ est devenue indépendante des feux souterrains* Du moins , ces feux ne s'y fout sentir^ que pour un trentième d^ré ^ et lors même qu'ils viendraient à s'éteindre complètementy la température moyenne de notre planète ne pourrais être affectée que de la diminution de cette fj^action de degré , valeur trop faible , pour exercer quelque influence sur les êtres vivants.

Aussi la surface de la terre est-elle arrivée à un équilibre dans sa température^ qui ne dépend plus que de deiix causes principales, le soleil et ratmosphére, et enfin au rayonnement des astres stellaires dont les variations se maintiennent dans un tel état d'équilibre^ que la vie n'a plus rien à redouter de leur influence.

Depuis cette époque, les espèces vivantes qui animent cette terre n ont donc plus vu leur sort

dépendre fatalement de l'inconstance et des variations des climats. En effets dès l'apparition de l'homme, les climats terrestres devenus fixes et constants ont maintenu tqu tes les causes dans une harmonie et une stabilité presque merveilleuse. Sa présence parmi les êtres vivants a été en quelque sorte une promesse envoyée par le Créateur, que l'ordre naturel ne Serait plus troublé^ et que cha*» que espèce, pourrait désormais se développer et fleurir en paix, dans le lieu qui lui a été assigné.

Bénie soit donc cette puissance tutélaire , qui a fait concourir Favènement de l'homme sur la terre , avec l'époque où celle-ci pacifiée a reçu sa température définitite, ainsi que de nouvelles créations, qui comme leur dominateur, dureront probablement autant , que l'ordre des choses établies.

Si nous portons maintenant nos regards sur les restes, soit fossiles soit humatiles des corps organisés, et sur les dépôts de sédiment dans lesquels ils sont ensevelis, il est facile de reconnairtre que ces dépôts , et les êtres dont ils renferment les débris étaient complètement terminés , lorsque l'homme a paru sur la surface de la terre. Depuis lors en effet, aucune création nouvelle n'a été produite, et le globe a tendu d'une manière constante vers l'état de stabilité auquel il est maintenant arrivé.

Cependant un événement remarquable est venu troubler quelques instants cette stabilité et cette harmonie qui existent entre toutes les choses créées. Cet événement rappelé par les traditions et les annales de tous les peuples qui en ont universellement gardé le souvenir , est également confirmé par les faits géologiques les plus évidents et les moins contestables. Du moins, les recherches les plus exactes et les plus récentes^ ont démontré un accord remarquable entre les faits physiques et les vieilles traditions des peuples.

Ainsi le déluge de Noé décidt par Moïse , est probablement le même, que celui d'Oygès , dont la date s'accorde tellement avec une de celles qui ont été attribuées au déluge admis par les - Hébreux, qu'il est difficile de supposer que cette date ne dérive pas de la même source. Il parait en être de même de celui de Deucalion , qui n'est qu'une tradition de ce même cataclysme, tradition altérée et fixée par les Hellènes , à Tépoque où ils plaçaient aussi leur Deucalion. Comment ne pas en voir une nouvelle preuve dans le fait qu'admettent les Atlantes , de l'engloutissement par TefFet d'un déluge d'une grande teï're nominée Atlantide?

On çn retrouve également des traces chez les Egyptiens qui ont supposé qu'à l'époque où

Osiris était occupé à instruire les hommes en Ethiopie^ le Nil aiiraitdébcrdé aux approches du solsdce^ et inondé en entier la vaste plaine qu'il parcourt. Tous les hommes auraient donc péri par Teffet de ce déluge^ sans la main puissante d'Hercule, qui seule put arrêter les eaux en élevant des digues/ et sauver ainsi une partie dû genre humain. Il paraîtrait même, au dire d'Âlbumassar cité par-Mutardi , que, d'après deux anciens livres égyptiens, le monde aurait été renouvelé après le déluge, lorsque le soleil était au premier degré du Bélier et Régulus dans le colure du solstice. Ce fut également pour venger la mort du premier Bacchus qui avait succombé sous les coups des Titans, que Jupiter aurait embrasé le monde, embrasement suivi d'un déluge effroyable , dont le poète Nonnus (chant VI ,• vers 230) nous a conservé toutes les circonstances.

Les mêmes traditions que Moïse a rapportées dans la Genèse,* semblent s'être conservées, mais avec des altérations plus ou moins grandes, parmi les Babyloniens, dont la capitale avait été fondée avant Abraham.

Ainsi, leur Syncelle nous a fait connaître un passage deBérose et un autre d'Alexandre Polyhistor, d'après lesquels il y aurait eu dix rois, qui auraient régné pendant 120 sares avant le déluge

la

de Xisithras. Ces 130 aares de la durée des dix générations antérieures à ce déluge^ évalués par Bérose à 2,220 ans lunaires simples ou à 2,160 ans intercalés» s accordent asses bien à l'époque à laquelle parait avoir eu lieu le déluge de Noé. Du moins d'après les Septante , ce cataclysme dont nous trouvons tant de traditions chez des peuples qui diffèrent autant par leur origine que par leur langage, se rapporterait à 2^256 ou 2,262 années après l'apparition de Thomme sur la terre, ce qui différerait peu de Tappréciation que Suidas a donnée à l'évaluation des sares* Un pareil accord est réellement remarquable , à moins que Ton ne suppose qu'ils firent tous leur origine d'une même source;

Un fait non moins singulier c'est l'accord que Ton trouve entre les différentes traditions, relativement à la violence de ce cataclysme. Ainsi d'une part, d'après le récit que le Boundehesch oa la cosmogonie des Persans, nous fait du déluge^ il aurait été occasionné par une pluie qui aurait duré dix jours et dix nuits ; tandis que les Indienjcdans leurs exagérations fantastiques, lui auraient donné une durée de 1 20 ans, 7 mois et 3 jours. Il§ supposèrent- également dans leurs allégories, que Wistnou aurait apparu sous la forme d'un poisson à Satiavidarem ou Satyavrata, roi de Dawaram , et lui ai^rait annoncé que le

— 479 -.^ inonde allait finir par un déluge. Ce roi de Dawaram muni d'une barque que dana sa bonté infinie Wistnou lui aurait envoyée^ se serait seul s^uvé avec six autres hommes et une femme^ sûr une montagne située vers le nord. Enfin d'après celte même cosmogpnie, le déluge qui aurait entièrement couvert la ^erre d'eau, serait arrivé il y a environ 21,000 ans.

Les idées des aneiens Perses étaient bien ^différe'ntes; car d'après leur cosmogonie, ouvrage du temps des Sassanides, et qui parait avoir été extrait ou traduit d'ouvrages- plus anciens , la durée du monde ne devait être que de dobze mille ans, et il était bien nouveau lors dii déluge.

A part la première de ces dates> laquelle semble toot*à-fait fausse, les autres ciroonstances relatées dans le Bagavadan ^ un des dix-huit Pouraman ou histoire sacrée des Indiens^ sont à peu près les mêmes que celles racontées par Moise. En «fiet Yischnou envoie un bâtiment à Satyawata, comme Dieu prescrit à Noé de construire une arche , afin de s'y enfermer avec tous les êtres nécessaires à la reproduction de leurd espèces, ou, comme ledit le Bagavadan^ pour une nouvelle production dans le renouvellement du monde. D'après cette dernière cosmogonie , ce fut vers la fin du septième jour que les cataractes des cieux- s'ouvrirent et que les nuées déchar-

gèrent une pluie si abondante , que la mer et la -terre se trouvèrent de niveau. Le batimeot fut porté au dessus des eaux, et lorsqu'elles furent totalement écoulées, Satyavrâta et ses compagnons en sortirent, et adorèrent Wischnou! Bientôt après Brabna recommença à peupler le monde et à renouveler le genre humain:

Ainsi le Santiaviraden des Indiens nommé aussi Sizafadei^en ou Waivassouden Joue dans le Bagavadan le même rôle que Noé dans' la Genèse, et il y a entre ces deu^ personnages une conforn^ité réellenoent remarquable.

Nous avons déjà vu que de pareilles idées régnaient en Chaldée du temps de Bérosë qui écrivait à Babylone sous Alexandre. Cet écrivain parle du déluge avec des circonstances tellement semblables à celles de Moïse, que son récit parait avoir été tiré de fô même source , et nous avons vu combien l'époque à laquelle il la placé, c'est-à-dire ^ immédiatement avant Bélus , père de Ntnus, s'accorde avec .celle que donne la Genèse. Du reste, Hiéronime et Nicolas de Damas ont également fait mention de ce grand événement. Il en est encore de même des anciens Arméniens, parmi lesquels Mosis Choronensis nous a laissé une description du déluge dans son histoire de l'Arménie. Il y a plus ^ les auteurs arméniens du moyen-âge s'accordent à peu près avec le texte de la Genèse, lorsqu'ils font remonter

le déluge a 4,91 6 ans. Du reste, ces peuples si nouveaux relativement aux Hébreux, ontproba- ' blement reçu leurs idées chronologiques de ces derniers peuples; et leurs traditions se trouvent par cela même d'accord avec celles delà Genèse. Ainsi non seulement la tradition du déluge existait en Arménie , bien avant la conversion des habitants au christianisme ; mais les Arméniens avaient sur sa date les mêmes idées que les Hébreux.

De pareilles croyances régnaient également chez les Arabes , les Turcs , les Mongoles et les Abyssins. Leurs anciens livres, si jamais ces peuples en ont eu, sont totalement perdus. Aussi n'ont-ils d'autre histoire que celle qu'ils se sont faite récemment, et qu'ils ont modelée sur la Bible; ce que ces peuples disent du déluge est donc emprunté de la Genèse et n'ajoute rien à son authenticité.

Nous trouvons égalementdes traces de la même croyance chez toutes les nations que nous pouvons interroger. Ainsi les Banians nous disent que le déluge universel a été la fin de la première période ou du premier âge du monde, taudis que les- Siamois veulent nous faire croire dans leur style métaphorique^ à la submersion de la terre entière par une grande eau, qui sortit en abondance des cheveux de leur mauvais génie Théreaf.

D'après ces peuplçs, comme d*après toutes les nations qui ont conservé le souyenîr de ce grand événement» le déluge aurait été la suite de la désobéissance des hommes envers la divinité. Ce serait en effet d'après eux , sur le refus obstiné , que le génie du mal ou Théreaf fit d'adorer Sammonocodoi>ou la Divinité suprême, que la Déesse protectrice de la terre, irritée de son endurcissement, aurait fait sortir de ses cheveux les eaux abondantes qui juraient submergé le genre humain. Comment ne pas voir dans pes idées une trace de celles qui sont écrites dans la Bible ou la désobéissance envers Dieu parait avoir été la cause de l'anéantissement des premiers hommes et celle du renouvellement du genre humain?

Mais poursuivons, et voyons si nous ne trouverons pas également des notions de ce grand cataclysme chez les peuples qui habitent au delà des déserts de la grande Tarlarie.

Les Chinois \ si différents de nous par leurs institutions et leurs procédés , autant peut-être que par leur figure et leur tempérament^ admettent aussi un déluge. Ils en font à peu près remonter la date à la même époque que nous. Leur Cbouking, ou leur plus ancien livre, que l'on suppose avoir été rédigé par Confucius, avec des lambeaux d'ouvrages antérieurs, commence l'histoire de la Chine par un empereur nommé Yao,

-- 183 ~ qu*î| nous représente occupé à faire écouler les eaux qui couvraient la plus grande partie de la surface de la terre. D'après les uns, cet empereur aurait vécu quatre mille cent soixaute-trois ans avant l'époque actuelle et selon les autres, seulement trois mille neuf cent quarante-trois ans avant la même époque. Du. reste, la variété des opinions à cet égard va même jusqu'à deux cent quatre-vingt-quatre années; mais la date qui paraît la plus probable fixerait celle de la vie de cet empereur à l'an 2,363 avant Tère chrétienne, ce qui la ferait remonter à 4,199 antérieurement aux temps actuels.

Les Chinois avaient même institué une fête en commémoration de la mort des hommes qui avaient succombé lors du déluge. Cette fête célébrée également par les Japonais vers, la fin du mois d'août, avait le même but comme la même origine. Aussi les détails des cérémonies que Ton y célébrait sont trop semblables pour ne pas dériver d'une même source, en même-temps qu'ils annoncent combien le souvenir du déluge s'était perpétué chez ces différents peuples.

Les nations dont l'origine parait encore plus récente, en ont également conservé la mémoire. Ainsi les Kalmoucs paraissent persuadés, que le premier âge du monde a été terminé par une très grosse pluie et une violenté inondation» Demémei

^ 184 — à en croire les Scandinayes, le géant Ymus ayant été tué, il coula de ses larges et profondes bles-sures, une si grande abondance de sang, que le genre humain fut submergé.

Un hommcj, qu'ils désignent sous le nom de Belgemer, fut avec sa famille, le seul sauvé, et cela parce que,d*aprés Tordre de la divinité, il s*était réfugié sur un gros bateau.

Les traditions des Celtes semblent encore-plus explicites sur ce grand événement historique. Diaprés eux, comme d'après les peuples les plus anciens, le déluge aurait détruit Tuniversalité du genre humain, à lexception pourtant de Pwivan et de Dwivach. Ceux-ci auraient seuls échappé à ce danger, ayant construit à l'avance un vaisseau sans voiles dans lequel ils auraient placé un individu mâle et femelle de tous les animaux qui existaient à peu prés comme ce que nous apprend la Genèse.

Les Américains,qui n avaient pointde véritable écriture, et dont les traditions remontent à une époque peu éloignée de nous, nous montrent également dans leur« grossiers hyéroglyphes une trace d'un déluge. Ces peuples si nouveaux et qui semblent provenir du mélange de la race blanche et de la race jaune, ont cependant leur Noé ou leur Deucalion, comme les Indiens, les Babyloniens et les Grecs. !

On ne doit donc pas s'étonner^ de voir la vénération que les Péruviens paraissent avoir longtemps conservée pour Tarc-en-ciel, signe manifeste pour eux de la cessation à jamais de ces terrible^s inondations qui avaient produit le déluge(1). Aussi les anciens Incas, lors de leur con-

(i) Cette idée des anciens Péruviens est loin d'être aussi déraisonnable qu'on pourrait le supposer au premier aperçu ; du moins est-il extrêmement probable que dans l'état actuel des cboses , la quantité de la vapeur d'eau qui existe dans l'atmosphère n'est pas assez considérable pour occusionoer sur la surface de la terre un cataclysme pareil à celui dont le» dépôts diluviens nous attestent la réalfté. En effet, si cette vapeur venait à se> précipiter en entier et dans |le même moment, elle produirait seulement sur la surface du globe terrestre , une lame d'eau d'une épaisseur de 9 centimètres, ou 3 pouces 2ô. dette faible épaisseur annonce, d'une part, que la vapeur d'eau qui se trouve dans l'atmosphère y est continuellement entretenue par l'évaporation ; et , de l'autre, que si sa quantité ne vient point à changer, des cataclysmes considérables et analogues au déluge historique sont désormais à-peu-près impossibles. Pour qu'ils pussent s'opérer , de manière à produire des effets pareils à ceux qui ont dispersé sur la surface de la terre les dépôts diluviens , il faudrait que les causes actuellement agissantes ne se maintinssent pluà dans cette stabilité et cet équilibre, dont elles ne paraissent pas s'être écartées depuis les temps historiques, changement que rien, dans notre monde actuel, ne saurait nous fafre présumer. .

Ainsi donc , ce n'est pas sans raison que les anciens Péruviens se sont confiés sur l'apparition de l'arc-en-ciel, comme un signe évident du calme imprimé par une main tutélaire aux éléments primitivement en désordre. Lorsqu'on creuse

quête du PéroU| cherchérenl*ild k persuader aux peuples^ dont ils devinrent le) maitres absolus , que depuis Je déluge universel^ dont le souTenir s'était conservé parmi les Indiens , le monde avait été repeuplé par leurs ancêtres. Ainsi^ à les entendre, leurs aieux sortis au nombre de sept; de la caverne de Pacaritambo^ auraient seuls perpétué la race humaine ; dés lors, tous les hommes leur devaient hommage et obéissance, et ces idées ne les ont pas peu favorisés dans la con-* quête du Pérou.

Des idées analogues se sont également perpétuées dans toutes les parties de rAmérique et particulièrement au Mexique et au Brésil.

Ainsi les premiers, comme presque toutes les nations de l'antiquité divisaient la durée du monde en quatre âges. Le premier commençait à la création de la terre et finissait au déluge. Les Mexicains le nommaient-ils Atonatiuh, ou Tàge de l'eaii. Il est difficile, en lisant dans Clavigero, * les détail^ de cet événement, tel que les Mexicains

ces idées natives des premiers peuples , on est souvent frappé de leur justesse. Le lecteur pourra juger ce qu'il en est de ceUes que nous venons de rappeler, émises par un des peu^ pies les plus anciens , qui habitent un continent si nouveau, et où les traces du grnnd cataclysme qui a ravagé la partie la plus superficielle de notre planète, sont peut-être moins «fiFaeées qu'ailleurs.

le racontaient^ de ne pas reconnaître la plus grande conformité entre ce récit et les rapports historiques que la Genèse nous a conservés. D'un autre coté, le souvenir de cette grande inondation s'était également pe1:*pétué chez toutes les autres peuplades du nouveau monde.

Ainsi, d'après lés traditions desToltëques, un fameux astronome nommé Huetmatzin, aurait tenu avec la permission du souverain une assemblée de notables composée des hommes les plus sages et les plus savants du roy?iume, à l'efiet de recueillir les divers documents historiques qui existaient sur leur origine. Cette assemblée aurait eu lieu sous le règne de Ixtalchahnac, vers Tan 660 de notre ère, et dans son sein aurait été formé un recueil dé tableaux appelés Téor moxtli onlwre dmn^ dans lequel on avait représenté en figurés très intelligibles l'origine et la dispersion des Toltéques après le déluge. De même les Mistèques et les Zapotèques faisaient remonter leur origine, au moyen de leurs tableaux historiques à la création du monde. Ces tableaux parlaient d^un déluge universel et de la confusion des langues qui Savait suivi, événements qu'ils avaient entremêlés d'un grand nombre de fables et de récits plus ou moins merveilleux.

Dans leurs traditions, les Chiapanèses préten-*

— 188 ^ daient également descendre de Voltan, petit fils du seul homme qui avait échappé au déluge universel. De pareilles idées régnaient clément chez les habitants de la Floride. D'après ces peupies, le soleil ayant retardé sa course d'environ vingt-quatre heures^ les eaux du lac Théomi débordèrent avec tant d'abondance que les sommets des plus hautes montagnes en furent cou*verts. Le soleil en garantit cependant une seule nommée Dolalœmai, et il n'y eut de sauvés^que' les hommes qui purent en atteindre le sommet.

Ce souvenir d'un déluge est si fort empreint dans l'esprit de ces diverses peuplades qu'un des Indiens de Cuba apostropha Gabriel de Cabrera en lui disant^ pourquoi me grondes-tu ? Ne sommes-nous pas tous frères et ne descends-tu pas comme moi, de celui qui construisit le grand vaisseau qui sauva notre race? Aussi les Achagua^ dont faisait partie cet Indien, désignent-ils le déluge par l'expression de Catenanemon, qui ' signifie proprement la submersion générale du grand lac. Enfiu^ d'après les Iroquois^ un homme, grand chasseur, qu'ils désignent sous le nom de Messou, aurait repeuplé le genre humain après le déluge qui l'aurait anéanti.

A le» en croire, ce Messou étant à la chasse aurait perdu ses chiens dans un grand lac qui aurait débordé et couvert de ses eaux la surface

de la terre. Resté seul après ce violent déluge, Messou serait paYvenu à repeupler la terre^ et à l'aide des animaux qui s'étaient échappés avec lui^ il aurait réussi à propager leurs races.

Nous trouvons encore des traditions analogues chez les sauvages de l'Amérique septentrionale^ qui admettent même comme toutes les anciennes croyances traditionnelles ^ que les animaux ont paru sur la terre avant la création de l'homme. Ces sauvages supposent; ainsi que nous l'apprend Constant d'Orville, qu'après le déluge, Michapoux aurait créé les animaux qui se multiplièrent bientôt d'une manière prodigieuse/ et à lel point qu'ils se firent la guerre et se dévorèrent les uns les autres. Michapoux s' étant emparé des cadavres des animaux morts dans cette lutte terrible, à l'aide de son pouvoir divin, il les façonna et en fit des hommes. Il est^ aisé déjuger que, dans ces différents récits, plusieurs idées communes régnent à peu-près généralement, quels que soient l'origine, les mœurs et la date des nations qui nous les ont transmis.

L'idée la plus générale est donc celle d'une inondatioii assez considérable pour avoir occasionné la perte du genre humain. A cette idée fondamentale, sur laquelle reposent toutes ces croyances, vient se joindre le renouvellement du genre humain dû à un seul homme échappé avec sa fa-

mille soit dans ud bâtiment^ soit dans un vais* seau, qui^ flottant au-dessus des eaux amon^ celées, aurait toujours dominé les plus grandes élévations. D'un autre coté, les traditions qui ne parlent point d arche, de bâtiment, ni même de vaisseau, foni perpétuer le genre humain au moyen d'un homme conduit par la main divine sur le sommet d'une montagne dont les eaux n'avaient pu atteindre la cime.

Enfin un assez grand nombre de cosmogonies, ou si Ton veut de ces traditions historiques^ ont admis^ comme celles qui se sont conservées chez les >siEiuvages de l'Amérique septentrionale^ que les animaux ont été créés avant les hommes.

Telles sont les idées les plus communes et les plus généralement répandues chez les peuples qui ont conservé le souvenir du déluge et du renouvellement du genre humain.

Une pareille conformité entre des nations si difiËérentes par leurs mœurs^ leurs langages et les pays qu'elles habitent, est non seulement un témoignage de la réalité du déluge ; mais encore une sorte de preuve que toutes ces traditions dérivent d'une même source et, ont une même origine; cette origine doit être la même que celle du livre le plus ancien qui nous a transmis l'histoire d'un événement, sur lequel s'accordent toutes les croyances.

— <9I — Après les preuves fournies par ces divers récits sur un cataclysme, dont les faits physiques nous déinontretit assez Texistence, en demande^ rons-nous à des peuples plu« nouveaux] et par exemple à ces Lapons, qui, confinés près des glaces du p^e, semblent moins que tout autre peuple, propres à nous répondre. Cependant si nous les interrogeons, ils nous diront qu'avant Tépoque où Dieu submergea la terre , elle était entièrement habitée, idée à peu près semblable à celles que nous avons trouvées chez toutes les autres nations.

Enfin, si nous leur demandons comment eut lieu cette submersion générale, ils nous répon-droQt que le globe fut inondé par les fleuves et les mers qui sortirent de leurs lits et en inondèrent la surface. Le genre humain aurait sans doute péri , mais Dieu dans sa bonté infinie prit un frère et une sœur sous sa main puissante et les transporta sur la montagne de Passeware. Les eaux écoulées,, ces deux enfants se séparèrent, voulant s'assurer s'il n'était pas resté d'autres^ hommes dans le monde. S'étant rencontrés trois ans après, ils se reconnurent et ne voulurent point perpétuer le genre humain, sachant qu'ils étaient frère et sœur ; ils^ se quittèrent donc de nouveau, et après un second voyage de trois ans, ils se rencontrèrent encore. Ce ne fut cq|iendant

qu'après une troisième séparation qui duraenvirontroîs années, qu'ils se revirent sans te- reconnaître; et devinrent ainsi la souche des hommes qui depuis lors, ont couvert la terre de leurs nombreuses tribut.

Si nous demandons aux Guèbres leurs opinions au sujet du déluge , ils nous répondront que ce cataclysme est arrivé par suite de la colère de Dieu irrité contre les hommes séduits par les funestes ^sujestions du démon. Aussi Dieu épargna une seule famille sourde aux perfides conseils du génie du mal; cette famille ayant trpuvé grâce devant le Seigneur, renouvela plus tardive genre hum|iin.

Les Turcs, les Persans et les, Arabes avaient tous les mêmes idées, et considéraient la fin des dix générations antérieures au déluge ou des dix , premiers jours, comme Tépoque à laquelle cet événement avait eu lieu. Ils appelaient même ce cataclysme , Téruption du four de Capha, ville d'Arabie, et cela "parce qu'ils supposaient que les eaux qui l'avaient produit étaient sortis du four d'une pauvre veuve de cette bourgade.

Aussi la fête que les Arabes antérieurs à Mahomet, célébraient les premiers jours de l'a^nnée , au mois de moharran, était-elle nommée ^^cAour ou les dix jours. Les dix premières nuits étaient également très saintes aux yeux des mahométans,

et dans ralooran au chapitre de l'aurore , Dieu jure par ces dix nuits, comme dans la mythologie grecque Jupiter par le Styx* Enfin les Turcs consacrent également la même époque, au jeune et à la prière et la considèrent comme un temps pendant lequel Dieu exerce ses jugements.

Telle est l'histoire sommaire des traditions des différents peuples qui nous ont conservé le souvenir de ce cataclysme qui a ravagé la plus grande partie de la terre, traditions qui s'accordent assez bien avec ce que les faits physiques nous en apprennent. Si ces traditions sont d*accord sur Tensemble des circonstances de ce grand événement, on peut se demander, s'il en est de même de Tépoque à laquelle ces traditions les rapportent.

D'abord d'après les Hébi'eux , dix générations s'étaient écoulées avant le déluge et cette opinion a été partagée par les Tyriens qui admettaient le règne de dix rois avant ce grand événement. Les mêmes idées existaient à Babylonne où l'on comptait jusqu'à dix rois qui avaient gouverné la Babylonîe pendant 120 sares ou environ 2,160 ans avant que le déluge eût ravagé la terre. Enfin, d'après les livres sibyllins, il y aurait eu environ dix siècles entre la création et le déluge , espace de temps que ces

livres disent avoir été partagés en sept âges. Dés

tnâiûcm i^Mlngart fÊsmsmaxt «reir été ans»

adoptées par iMChaJdéeiis ; ccitt-c» adst^taîni ^û^mintunMTaal k déluge^'estrà-dîreydepiiM ▲loraslAdan desi Hébreux jusqu'à XMàtkams leur Noë ou rhûoime qui, par la permissiiNi de la dmuitéy aurait échappé seul au déluge.

. Les Atlantes aupposaieot de Bieoieque dix rois aTaieul régné sur leur patrie , a^aot le Caâk-çlysme qui la ravagiEsa ; cepeudant Platon daiis ton dialogue de Gtésias ^ prëtead <pie les dîaa s'étant partagé la terre, Neptune eut dans te lot que le sort lui donna TUe Atlantique. Ayant yi site cette lie » le dieu y trouva un seul b^nsM Rvenor, lequel y habitait avec sa feaicne LcAircippe et sa fille Glito* Neptune étant devenu amoureux de cette jeune fille , Taurait épousée et enauraiteu une postérité nombreuse. Par suite de son union avec Çlito , il aurait eu cinq covh pies d'enfimis maies et jumeaux entre lesquels il aurait partagé TAtlantide dont ils furent les pcemiera roia» A^ en eroire Platon et tes auteurs auxquels il. a emprunté son récit, ces dix princes auraient été tous contemperains. Cette siqiposir tion est trop contraire aux idées généralement adoptées , pour ne point supposer que Platon a confondu les dix premiers rois et les dix géné^ rations successives dont ils faisaient partie camr me cojUemporaius et fils de Neptune.

Du mcms toyons^nous les Orîenteuo^ eompi^ dix SoUn^ans ou dix premiers roiil qiii AuraîeM régne dans le moode avant lé dékige, A la vérité, on fera peut-être observer ^tie d'Herbelôt ne porte cette liste qu'à neuf , nombre infériettr à €ekii que donnent les autres documents historié qucis. Mais Caherman-Castc^ a répondu d'uae Hianiére victorieuse à eette objection^ H existe , uous dît-il ^ dans le pays de Schadoukiam une colonne d'une grosseur ex traordinaire, posée sifr une bascy laquelle porté une inscription e» caractères biblianiques ^ sur laquelle on lit : » Je suis Soliman IIakki. Or^d'Herbelotn'a pascoMm ce Soliman ^ et^ en ajoutant ce prince à sa liste des neuf rois qu'il a mentionnés ^ on arrive au nombre dix ^ sur lequel s'accordent toutçs les traditions.

Nous voyons du moins que les Indiens admetr . talent dix açantaras ou métamorphoses de la Divinité depuis la création jusqu'au déluge. De même les Chinois comptent jusqu'à neuf générations de Patriarches^ dont ils indiquent les noms et les aventures entre Hoang-ti ou teur Adam et Chun. Or, Ghun ayant été contetïporain d'Yao, roi sous leqjuel est arrivé le déluge, il en résulte que les Chinois comptent également dix générations eâtre l'apparition du premier homme et l'inondation générale de la teyte. U y

— <96 — a d'autant moins de doute à ceC égard y que les livres de la Chine nous dépeignent ce Chiin occupé comme Yao , à reparer les maux produits par les eaux du déluge.

Ainsi d'un concert unanime^ toutes les histoires, comme toutes les traditions que nous pouvons interroger, nous attestent la réalité dun grand cataclysme , et, chose non moins remarquable I toutes là fixent à peu près à la même époque.

Voyons maintenant danis quels termes Moise décrit ce grand événement, dans ce livre que nous avons trouvé jusqu'à présent d accord avec les faits reconnus par nos sciences physiques encore si nouvelles. Voici ce que nous lisons dans le chapitre VII de la Genèse.

» Les sources du grand abime des eaux furent » rompues et les cataractes du ciel furent ouvertes;

» La pluie tomba sur la terre pendantquarante » jours et quarante nuits;

» I^ déjuge se répandit sur la terre pendant » quarante jours et les eaux s'étant accrues inon- >î dèrent et couvrirent la* surface de la terre ; mais » r Arche était portée sur les eaux ; '-» Les eaux crurent et grossirent beaucoup au- » dessus de la terre ;

w Toutes les hautes montagnes qui sont sous » lesicieux furent eouvei-tcs;

u L'eau ayant gagne le sommet des montagnes » s'éleva de quinze coudées plus haut.

» Tous les animaux et tous les hommes péri-* » rent , il ne resta que Noé et ceux qui étaient n avec lui dans FArche.»

Il résulte de ce récit , qu'à une époque fixëe par Moïse, la terre fut ravagée par un violent i^taclysme, qui, d'après lui, aurait été général, au point de couvrir d'eau les montagne les plua élevées et d'anéantir tous les êtres vivants. Ce même cataclysme aurait été suivi du renouvel* lement complet du genre humain , auquel Dieu aurait fait la promesse que « tant qué la terre » durerait, la semence et la moisson ; le froid et » le chaud ; Tété et l'hiver; la nuit et le jour ue » cesseraient point de s'entre-suivre. »

Sans doute, il se peut que la terré ait été ra^vagée par plusieurs cataclysmes ; mais du moins est-il certain que celui dont la Genèse nous a conservé le souvenir a été plus considérable que tous les autres.

L'on se demandera peut-être, si les faits physiques annoncent que ce grand cataclysme ait été assez général pour avoir couvert la surface de la terre et atteint le sommet des plus hautes

montagnes (1).

(1) Du reste^ une observatioti essentielle à Caire à l'égard de Moïse comme à Tégard de to«s les anciens* écrivains ,

Si iMM dcTOût prettdre le récit de i'ëemnn sacré à la l«Uvc , il paraîtra ici «p oppoaitioD IHRie les fiaiita ies plut «onstanlt et las mieiix dé- XBomÈPèè* lje% dépôts dilimens loin ^l'être Sné' mioés sur les plus hautes mantagnoB ne dé^ pestent jamais 3,000 ou 4,000 mètres an plas^ A k vérité ce« dëpôu rësulmt de Taetaoïi des eam oouFantes peuvent bien ne pas se tnontnr vers leurs points de départ et recouvrir uniqtae^ oient les points les. plus abaissés de la snrfaoa oecideniée du globe; à peu près comme dans les temps présens, nous n'obeervons souvent aucune trace des plus violentes inondations sur les mon* tâgnes^ mêmes d'où elles sont parties (i).

c'est que, lorsqu'ils parlent de la totalité de la terre , ils entendent pdr \k désirer uniquement la partie du globe qui 4l»il pour Ion connue et bitbitée de leur temp«,

(1) Ou pourrait pbs^rv^r du reste que la dispersion des blocs erratiques attribuée par. un grand nombre de géologues à un cataclysme, prouve l'action des eaux sur les sommets élevés. En adoptant cette opinion , il ne s'agirait plus que dedétenoinfr si cette dl^^persion a eu réellement lieu a l'époque dii déluge bistorîque ou à toute autre époque.

Ce cataclysme a eu évidemment une plus grande unîrerflàliié , et a été produit par une action bien plus violente que les autres cataclysmes ^^n ont accompagné chaque ré»volution géologique; dès-lors il semble que la dispersion des blocs erratiques qui annonce une action bien puissante a été plutôt l'effet dé ce déluge que dé tout autre. ^ ^ L'absence de tout débris humain dans les dépôts qu'il a

Sanrs û&att tjcs elft?t« ont 4A «<i«*î fcièti se (irédiaiTè tlanî Ic^ temps çêôlogiqtietJ , xpte ifetis les fenps actu^s ; mais ce qtd "semble {irMir€<r ^ le dëhjge dont pari» l^fofesé n'a pfts eu II généralité ipi'il l«i a suppoisée , c'est <qtie e»^ taÎMs contrées B'ottrent pfresqtBve point de traces de di^)ôt« diluviens.

Tdles sont les objecUons qte l'on peut fâiro à cette ifUerprétatioii d'une partie du védi de la G^ué^y d nous sommée kMH de dissimuler coai«' bien eUes «ont graves et puissantes* Mais ces objeetions, quelle qu'en Mit la force» ne penrent^ elles pas élre siiiguliéreaient affaiblies pa^ dtt observations puisées danis la Genèse èMft^méÉi^? c'est ce qu'il coti vient d examiner*

La première remarque que nous ferons à oet égard 9 tiendra au récit lui-Hnème i qui semble ici empreint de cette exagération métapboriqne si commune et ai familière au langage orientais

laissés n'est pas une preuve du contraire; car la presque totalité des dépôts diluviens de notre patrie en est aussi privée , à l'exeeptioii pourtant de ces dépôb qui ont été e» traînés dans les cavités souterraines. D ailleurs, d'après la GcRèse, les hommes ne s^étaient point encore dispersés lors de la formation de ces dépots. Dè94ots l'on n^ saurait trouver des traces de l'tèspèce humaine dans des lieux qui n'é* taient point habités; quoi qu'il en soit, les blocs erratiques n'en prouvent pas moins que des eaHix abondantes et Violentes ont exercé jadifs leur ai^ion sur les lîeui^ les plus élevés de la surlace du globe*

En effet, comment Moise pouvait-il dire qiie les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessiis du sommet de toutes les montagnes, lorsque de son temps. Ion ne connaissait guère qu une petite portion de la terre, et qu'il ne pouvait pas par^ 1er des montagnes qui ne lui étaient pas même connues? Aussi, en méditant sur Vensemble de ce récit, ouest bientôt convaincu, que tout ce quece législateur a voulu dire , c*est que les eaux couvrirent tousles lieux habités, même les plus élevés, de manière à engloutir en entier l'espèce humaine à Texc^tion de ceux que Dieu avait voulu épargner. Or, pour le législateur des Hébreux , ce qu'il y avait de grand et d'important dans ce cataclysme , c'était la destruction a peu prés cornplète du genre humain qui en avait été la suite et la conséquence nécessaires. Qualijt à l'élévation plus ou moins grande des eaux qui avaient occasionné ce cataclysme, elle ne lui importait que dans ce sens, que leur hauteureût été supérieure à tous les points habités par l'homme ; c'est là le (ait essentiel, le fait untque, quMl faut prendre dans son récit , et ne voir dans tout le reste qu'une de ces brillantes métaphores si communes dans le langage oriental et dont l'auteur de la Genèse ne pouvait pas toujours être exempt.

Or, la destruction du genre humain et le renouvellement de l'espèce humaine sont-ils donc

— 20i — démentis par les faits géologiques ou par les traditions et les monuments historiques ? Loin d*en être ainsi , ces faits et ces monuments viennent ici à l'appui du récit de Técrivain sacré; Toutes les traditions aussi bien que les annales de tous les peuples Commencent Thistoire du genre hu-main par son renouvellement après un violent cataclysme (1). Aussi les monuments historiques nous représentent les premiers souverains , occupés à faire écouler les éaiix^ qui antérieurement avaient Jnondé la surface de la terre et dont ils cherchaient à la débarrasser. A cet égard on pçut dire qu'il y a consentement unanime de toutes les nations; ici Ton peut sans doute appliquer Taxiome du prince des orateurs romains, lorsqu'il disait que le consentement de tous^ ne pouvait être que la loi de la nature , omni in re,

(1) DétUL écrivains très distîngnës de notre époque observent à cet égard , que l'histoire ne doit pas négliger les découvertes importantes de la géologie, si ieace qui appartient tout-à-fait à notre siècle. On le doit d'autant moins, disent-ils, qu'elle confirme pleinement le récit du législateur des Hébreux sur la révolution la plus prodigieuse qui ait boule- ■ versé le globe et dont la tradition, conservée dans le souvenir des plus anciens peuples du monde, est devenue aujour^ d'hui incontestable par tant de témoignages répandus sur la surface du globe et ensevelis depuis plusieurs siècles dans les entrailles de la terre. (Précis de rhistoire ancienne par M. Poirson et Cajx. Paris 1831).

> onuémm gCÊÉium Um miimne \

U aa est epoorede méme^ d'après les fiûts g«é(H Icônes ; <lu OMMiiS jusqu'à pFéseot, Tob n'a dé* e^¥er( aucuii débris de l'e^èoe buoyiine «a té* rieur aui^ dépots diluviens. L ou sail; qœ ceux-ci ^ppsrleaajit à la période quateroaire foui pariie des terrains les plus récents, dont ils composent mérae les couches les plus modernes ou les plussuperficielles. Aucun débris de l'homme na donc été encore aperçu dans ces vieilles couches de la terre antérieures à la rentrée des mers dans leurs bassins respectifs; ainsi d'après ces faits, ces terrains ont été déposés bien.avant son existence. 11 est-donc incontestable, ainsi que l'a observé Cuvier, cet illustre historien de l'antique création , que Phomme est bien nouveau sur cette terre où il domine maintenant en maître. Par suite, il est également peu probable que ses restes soient jamais découverts comme ceux de la plupart des mammifères terrestres, à l'état fossile, c est-à'Klire, dans des couches dont le dé* pot aurait précédé l'époque à laquelle les mers sont rentrées dans leurs bornes actuelles (2).

(\) Cicero Tusculan lih, \.

(2) Il est seulement bien prouvé , contrairement à ce c[u'avaît supposé Cuvier, que les restes de notre espèce sont mêlés et confondus avec des espèces totalement perdues au

U est dQ moint cerlaîn que les débris de hMk espèce n^om été encxire démonCrés qu'au miiien de^ ierratas désagrégés de Tépoque géologique U fkis récente ^ c esl-à-*dire ^ au milieii de ces dép^ Umov^us: et eailkmteux qui composent les terniiiis diluvieas* Si donc les r^tes de rhoanme sont ineonaus dans des form^tioiis plus a^^cieniaes^-o'esl-ee point [^ree que notre espèce n'existait pa$ ei^ore à l'époque de leurs dépàts; tandis qne leur présence au milieu des terrains meubles remplis de galets, ou de cailloux roulés qui courrent nos pifiines pu qui remplissent nos cavités souterraines, annonce que l'homme a péri victime de ce grand cataclysme dont les faits physiques aussi bien que les monuments historique nous attestent la grandeur et la violence?

Ainsi rexistence d'une inondation immense qui a ravagé la surface de la terre, postérieurement à l'apparition de l'homme et même aux dépôts de sédiment de la date la plus réceqte, est non seuleménl prouvée par le récit de l'écrivain sacré, conforme en cela à celui de tous les hislo-

milieu de dififcrents dépôts de la période quaternaire , principailement dans les terrains diluviens Si doqc Vhommç fos^ sile n*a pas été rencontré jusqu'à présent, son absence dans les coQclies antérieures à U rentrée des mers dans leurs bassins respectifs, ne fait point que les débris de Thomine ne se montrent dans des dépôts postérieurs à cette rentrée, c'està-dire, à Tétât huraatile.

— ,2Q4 — riens ; mais ellerest surtout par les faits physiques qui ne sauraient nous tromper. L'étendue des dëpois dus à cette grande inondation est trop considérable, leur épaisseur trop puissante pour admettre que les eaux actuelles ont pu euproduire de pareils. Pour les concevoir et les expliquer, il faut nécessairement supposer des courants plus abondants et plus impétueux que ceux qui résultent de nos cours d'eau ordinaires , eft en même temps des causes plus actives et plus intenses que celles qui agissent encore de nos jours. Ce cataclysme, la dernière des modifications de la surface de la terre, ne dilKre des inondations actuelles que par son étendue et sa puissance, et les hommes dont il a causé la perte , témoignent assez par la présence de leurs débris, que sa date ne remonte pas très-haut , ou tout ou moins que cette date est postérieure à l'apparition du genre humain.

Depuis lors, les causes qui ont agi pendant la période géologique, quoique les mêmes que celles qui agissent encore aujourd'hui, sont rentrées dans des limites d'harmonie et de stabilité , qu elles n'ont plus dépassées. Depuis lors en6n, la semence a succédé à la moisson, le froid au chaud , comme l'été à l'hiver , et le jour à la nuit, dans un ordre et uu accord si admirables, que si nous ne savions pas que la terre estsor-

lie du néants on pourrait la croire éternelle, ainsi que l'uniters dont elle fait partie.

Si donc Moïse a dit que le déluge avait dépassé le sommet des plus hautes montagneSi il a seulement entendu par là que leurs eaux avaient atteint les lieux lès plus élevés où les hommes avaient établi leurs demeures^ et qu'ainsi elles les avaient à peu près tous anéantis. Ici Ton ne saurait le taxer d'erreur, les monuments géologiques conGrment trop puissamment cette assertion , pour qu'elle puisse être démentie.

Nous ferons enfin observer à ceux' qui veulent trouver des motifs humains, même chez les hom-. mes les plus supérieurs, qui ne se laissent jamais diriger par une" pareille impulsion, que le législateur des Hébreux n'a peut-être agi ainsi, que pour imprimer une salutaire terreur aux peuples dont la direction lui avait été coufiée, à l'égard des châtiments que la puissance divine infligeait au crime. Si telle avait été la pensée de ce grand homme, ce que nous sommes loin de supposer, humainement parlant nous trouverions encore qu'il aurait agi sagement. Moïse est donc bien loin de lùériter le blâme que nous déversons souvent ^ avec beaûcQup trop de facilité siir les actes même des hommes du plus haut génie, faute de comprendre et de bien saisir la^ véritable raison qui lésa déterminés.

— 20ft —

Quant dus causes de ces catactysme^ dont tous les faits physiques nous démontrent la réalité^ sont-^elTes tellement différentes de celles dont noM pcffifoM calculer et apprécier Faction, qu'ion doiTc les considérer comme produites par une stispension stfbite des lots de la nature et par k Tolonté de cet Etre f iïBni dont une seule paroïé â produit et formé Tunii^ers? Sans doute il ne nous est point donné de soulever le voile qui couvre ce grand phénomène ; mais du moins il nous es^t permis d apprécier les causes^ probables et naturelles qui ont pu Fopérer.

Parmi ces causes,il en est tïne qtri parait y avoir exerce la plus grande influence, d'autant que le chauigeffnenit de niveau qu'elle at opéré sur la maiSse et la configuration de no^ continents, a du en produire un très considérable sur celui des eafux qui contraient la surface dti globe. Comnvent supposer que les soulèvements de la chaîne centrale de l'Asie, où se trouvent les montagnes les plus hantes du monde et ceux qui ont produit les Alpes et les Fyrénées, ont été sans effet mv les eaux courantes qui baignaient les coi>tpées où de pareilles masses ont surgi? Comment ad'mettre également qtreJ'exhaussement dfe h longue chaîne des Andes qui traTersé dit Surf au Nord, à peu prts la totalité du nouveau continent

— 30Î ~ a âé«»9 actkm sor le nireav dit ?tslé Oeten^

aif-Hle«9US du^fo^ elle a été élevée ?.

Cet exbauasem^At ^ loin d'aToîr été san» eflbt sur ee nÎTeaii, parait TarMr viotemmenl attéré. Il pefQt donc aToxr produit le dernier eataelysitte qiii a raragé b pins grande partie de la surface de kl terre. Ihi meinsv semb)e-t-iJ cpie k anrgis^ semefti dcr la çfaaine des Aude» a été pw>stérîe«ir ou eonleinporain au déhige ; les dépota diluviens qui reposeul à la base de cette chaîne de montagnes n'ont point en effet subi de déplacementa. On peut donc rapporter aux souflévements^ qni ont fait surgir nos grandes chaîne» de montagnes^ les divers cataclysmes j^uî oui trodUérpas- «tgèrement la surface du gk)be« La position îif elinëe des eoncfaes* de aédiinent qui recouvrent leurs pieds et dont nous pouvons assigner l'origine^ est une preiahre évidente cpîi*ils ne reoftourtent pas très^haut dans les événements gjéoèogi^ qnes» De pareils effets peuvent d. autant plus être atlrièués à des soulèvements aussi étendus et aossi coDsidérabksqùe eeus qui ont produit les kanteschâaiKes 4c L'Asie, de rËiiirope>et de l'Âméliqnev (fne les plus* violentes inondation» actuelles dépendent d'nn chnngcnent de niveau lûen léger ^ en comparaison de ceux, qui on4^ e» lieu pends»! les époques» giéologiques* Aussi^ lai.pres- ^w généralité des g^logiOes. modernes a-4«Ue

pensé que la surface du globe a été ravagée par un violent cataclysme , auquel sont dus les blocs erratiques et les nombreux cailloux roulés ', dispersée à peu prés généralement sur cette même surface. La plupart d'entr eux s'accordent même à en fixer la date a environ 4^000 ou 5^000 ans au moins avant Vépoque actuelle. Parmi ces géo» logues, nous signalerons spécialement Dolomieu, Deluc /André de Gy, Haûy, Cuvier, Brongniart, Buckland , Omalius d'Halloy^ Biot , Beudant ^ JElie de Beaumont , sans que , par cette citation, nous entendions exclure -ceux dont, nous ne donnons pas ici les noms.

Un de ceux que nous venons de citer, M. Omalius d'Halloy, s'est même demandé si Ton pouvait déterminer géologiquement Tépoque où le déluge avait eu lieu, et voici sa réponse. « Si » nous examinons , dit-il , dans les Alpes , les » résultais des actions qui ^ ont dû commencer » lorsque ces montagnes ont eu pris leurs formes » actuelles, telles que la formation des éboulis » ou talus des montagnes , et celle des moraines » des glaciers ; si nous étudions lesattérissemients » formés par nos rivières actuelles , et si nous » prenons en considération que les talus et les » attérissements devaient se faii^ bien plus rapi- » dément lorsque les escarpements étaient plus » abruptes qu'ils ne sont maintenant, nous serons

» portés à conclure , avec les Deluc > les Cuvier, » les Buckland ^ que les réTolutions qui ont » donné k nos montagnes leurs formes actuelles, » et à ces fleuves le cours qu'ils ont maintenant, » ne remontept pas à des époques excessivement » reculées -, de sorte que la distance de 4,000 ans ») du moment actuel , que la Genèse donne à son » déluge , peut fort bien s'accorder avec les con- » séquences tirées de Tétude des chronomètres » naturels, d

jLe mène géologue se demande encore si rhomme existait l<Mrs de ces révolutions , et il se prononce pour Taflirmative^ Ici nous ferons remarquer que puisque les débris de notre espèce se ipontrent ensevelis dans les dépôts diluviens, avec un assez grand nombre d'espèces dont on ne trouve plus de représentants sur la terre, cette affirmative ne peut plus maintenant être l'objet du doule.

Aussi, M. Beudant, dans son voyage géolc^ique

en Hongrie, observe-t-il « que les faits nous

» indiquent des bouleversements avant la créa-*

)) tion des mammifères ; mais elle nous en montre

» ^aussi un qui a eu lieu évidemment depuis leur

» existence. Bien ne s'oppose donc, et tout, au

» contraire, conduit à regarder cette dernière

» catastrophe comme celle dont la Genèse nous.

» a donné à la fois la cause et les détails, et dont

~ 210 — n on retrouve ^ sous diverses formes, la tradilicm » cher tous lés peuples. » D'après Tingénieux auteur des Lettres sur les révolutions du globe ^ depuis ipie la race liumaine est répandue sûr la Iferre, elle a été victime d'une grande catastrophe , d'uUe inondation terrible ^ qui a presque entièrement détruit son espèce. Si on ne retrouve pas de ses débris sous des couches marines , c'est ()ue ces couches ont été déposées avant l'apparition de rhomme sur la terre , et bien certaine* ment antérieurement à l'époque de la dispersbn d^ limons diluvienls ou du diluinum y qui seuls renferment des restes de notre espèce.

AuxyeUx de TAristote denos temps modernes, de Cuvier enfin , la surface de notre planète pai^lt avoir éprouvée , à une époque relativement peu éloignée y une grande révolution, qui mit sous les eaux la partie des continents alors habitée par les hommes, et à laquelle peu d'entre eut échappa. Ce petit nombre d'individus , ou les allcètres des nations , repeuplèrent ensuite les tètfes houvelles que cette même révolution veUait de mettre à séc. Mais , ce qu'il y a de plus remarquable , les peuples qui en ont gardé le souvenir is'àccordehtà placer cet événement à peu près vers le même temps , c'est-à-dire de A à 5 mille ans au moins avant l'époque actuelle.

Enfin cet événement postérieur à l'apparition

~ 211 — de rhomme^ a dû uécessairement exercer une influence funeste sur les nations qui habitaient pour lors la terre. Si Ton s'en tenait cependant au petit nombre de débris de Tespéce humaine , ensevelis dans les dépôts diluviens^ résultat de ce grand cataclysme ^ il en serait bien différemment j tant ces débris y sont rares. Us sont même si peu fréquents^ du moins dans nos régions, qu'on a long-temps douté qu'il en existât réellement.

Mais, aujourd'hui que ce fait est démontré de la manière la plus évidente, on se demande pourquoi le déluge, que toutes les nations s'accordent à considérer comme ayant détruit en quelque sorte l'espèce humaine , les dépôts d'alluvion qu'il a entraînés dans les parties les plus abaissées de la surface du globe^ en offrent cependant si peu de traces.

Les ossements humains s'altéraient -ils plus facilement que ceux des autres animaux ; si l'on examine les anciens sépulcres , et les champs de bataille de la plus haute antiquité , on ne voit pas qu'il en soit différemment des ossements d'homme de ceux des autres animaux. Les uns et les autres se conservent également , lorsqu'ils sont soumis aux mêmes conditions. Ainsi, ce n'est pas à raison de la plus facile altération des uns et des autres, que Ion peut expliquer Tex-

trême rareté de9 ossements humains comparée au nombre prodigieux des os des. animaux^ qui les accompagnent , et cela même dans les lieux , où ces derniers ont été modifiés par suite de notre influence.

Cette rareté tient probablement à ce que les recherches géologiques^ n'ont pas encore sondé les lieux que l'homme habitait principalement avant le déluge. En effet, s'il est un point du globe, où l'on puisse espérer de rencontrer un grand nombre d'ossements humains, c'est surtout dans l'Asie, le berceau et la patrie primitive derhomme.Sans doute, un jour, ces vastes plateaux de l'Asie centrale, au pied desquels l'on vient de découvrir tant d'animaux extraordinaires, nous montreront également de nombreuses traces des premiers hommes, qui comme ceux engloutis dans les fentes des rochers de nos contrées, ont été contemporains et victimes de ce déluge, dont tant de faits nous démontrent, rétendue ^t la, violence. C'est donc là, qu'il faut aller chercher ces débris de nos premiers pères; c'est là que nous trouverons de nouvelles preuves de la réalité d'un événement attesté par un si grand nombre de faits, et consacre par tant de souvenirs.

PÉRIODE âCTUELLE Ol) UISTOMQUE.

5* Époque Mstori^.

Ou a pu voir, par tout ce qui précède, que lé» temps dout Moïse seul nous a donné une idée, peuvent être divisés en trois principales périodes.

La première ou la plus ancienne , dont la durée parait avoir été indéfinie , nous Tavons nommée universelle, afin de rappeler que toute la matière qui compose les corps célestes et pla-» nétaires a été créée pour lors. La seconde période, celle où les corps célestes et planétaires ont reçu leur forme et leur disposition actuelles, devait , par cela même, être considérée à la fois comme céleste et comme terrestre,

dette période pendant laquelle la lumière a été mise ep 'action, et notre globe a reçu ses diverses modifications , comprend plusieurs époques ; ces époques correspondent à ce que Ion nomme vulgairement les sept jours de la cr(!ation.

L'avant dernière époque de cette période a vu rhomnie, le deriiîercréé efntre les êtres vivant^,* apparaître sur la terre, et bientôt après ont commencé les temps historiques^ qui géologiquëment parlant, ne peuvent être divisés ni partagés en temps distincts, du moins par les diverses for-

mations qui y ont eu lieu; car rien dans ces formations nouvelles I ne nous permet d'asseoir quelque intervalle ni de préciser quelque date.

Telle est la manière dont nous avons. cru devoir partager les temps dont Moise seul nous a donné une idée ; nous disons Moise seul ^ car nous trouvons uniquement dans la Genèse , la mention de cette création primitive de TuniverSj création , qui eut lieu au commencement des tempS| bien avant l'époque où les corps célestes et planétaires furent mis dans leurs hannonies respectives.

La seconde période^ qui comprend les sept époques , ou si l'on veut les sept jours de la Genèse , aurait pu également être nommée géologique; car, c'est pendant les temps qu'elle embrasse^ qu'ont été produites les diverses modifications^ dont les témoins sont dans les entrailles de la terre. Quoique les traces des anciennes et diverses générations qui se sont succédées sur la surface du glohe^ soient empreintes d'une manière ineffaçable dans les vieilles couches terrestres, il ne faut pas cependant en inférer que l'on puisse rattacher le dépôt de ces différentes couches^ aux époques dont il est parlé dans la Genèse. Il nous semble^ en effets que c'est aller beaucoup trop loin et méconnaître en quelque sorte le but qui a porté Moise à nous donner le

court récit de la création, que d essayer d'établir une pareille concordance.

Nous nous sommes donc bornés à faire saisir, que dans sa généralité , ce récit est d^accord à la fois, avec les faits historiques et physiques, ainsi qu'avec ceux dont nous devons la connaissance aux;recherchesgéologîquesinêttielêsplt1srécenle8. Ainsi, relativement aux seconds, nous avons vu que dans les temps actuels, il existe pour là terre, une lumière et une chaleui^ tout-à-fâit indépeti^ dantes dii soleil , et que dès lors, il devait à plus forte raison, en avoir été de knême, aVant Tepoque où cet astre fut disposé pour répandre la lumière «îir la terre • On ne doit donc pas s*étonhéf què Técrivain sacré nous ait dit que la lumière avait jailli à la voix de Dieu, bien avant l'époque , ou le soleil l'avait mise eu action, relativement k notre globe.

On peut même supposer que comme, antérieuremeht à cette disposition nouvelle du soleil, l'eau répandue dans le vaste bassin de Tatmos^ phère s'était précipitée sur là terre et y avait constitué l'immensité des mers, les rayons lumineux purent ensuite plus facilement traverser cette même atmosphère et éclairer la terre.

Quant aux faits géologiques , nous avons vu combien ils s'accordaient avec ceux consignés dans le récit de la Genève. En effet, d'après ces

faits f comme diaprés ce récit ^ une succession manifeste a eu lieu dans Tapparition des êtres vivants, succession qui s'est opérée en raison inverse de la loi de la complication, de Torganisation.

Enfin, aux deux premières périodes, pendant lesquelles se sont passés les événements , dont nous trouvons le résumé dans la Bible , le livre par excellence -des Hébreux et de l'humanité, a succédé la période actuelle ou historique.

Depuis cette époque postérieure au déluge, les hommes partis de Torient se sopt répandus dans les diverses contrées de la terre, où chacune de leurs tribus a eu sa langue, ses usages et ses lois. Depuis lors enfin, les causes auxquelles sont dues les principales inodifications que la surface du globe a subies, sont rentrées dans des bornes plus étroites et plus restreintes. Devenues constantes dans leur action, elles n'ont plus opéré ces perturbations violentes qui avaient eu lieu à tant de reprises différentes sur la terre, et qui pendant les temps géologiques ont anéanti tant de races et d êtres vivants.

Les mêmes effets qijii se sont manifestés à ces anciennes époques, se produisent encore de nos jours, mais seulement avec une moindre intensité. Rien n'est donc changé à l'égard de ces causes, si ce n'est que leur action a perdu de

~ 217 — plus en plus de son étendue et de son énergie^ par suUe de la slabililé vers laquelle le globe a tendu déi^ le principe de sa formation. Aussi^ tout ce qui s'y est passé , semble avoir été une suite et une condition inévitables delà constitution de notre planète^ qui devait arriver peu à peu à cette stabilité et à cette harmonie nécessaires à la durée et au bien-être des animaux et des végétaux» qui devaient 1 embellir et Tanimer.

Depuis lorb encore, l'homme sorti des pla** teaux de TÂsie a irradié de ce point le plus favorable à sa dispersion, et a successivement couvert la plus grande partie de la surface de la terre. L'homme s'y est en effet d'autant plus étendu, qu'il a eu à surmonter moins d'obstacles pour pénétrer daqsles contrées qu'il ne connaissait point encore. Plus tard et par suite des progrès toujours croissants de cette civilisation vers laquelle l'espèce humaine a été entraînée, comme par une puissance irrésistible, ses tribus se sont propagées à peu près partout ; dominateur du mondé , il n'y a plus eu pour l'homme d'asile inexploré,. ni de terres inconnues. Heureuse et douce influence de la civilisation , qui a mis de l'harmonie dans le monde moral, de même que se sont établis peu à peu cetordre admirable et cet accord merveilleux que nous voyons régner dans le monde physique et dans l'ensemble des choses créées*

^ 318 ^ hésuiie.

lu hante science dont le récft de h Qetièse est empreint y la création a en améi ses jours et ses époques diverses , pendant lesquelé se sont sucs cédé dans un ordre merveilleux^ les phënotoénes qui sont pdur nous un objet continuel d'ad^ miration et d'études. Ainsi dans l'origine dt$ choses p ou au commencement Aei temps ^ Dieu après avoir créé la matière ou le ciel et la terre, car c*est là , toute la matière^ j^g^^ ^^ ^^ns sa lagesse infinie d'organiser ce globe , et l'univers qu'il avait tirés du néant (4).

Cette création primitive a donc été^ d'après l'écrivain sacrée antérieure à l'orgaiiisatioti par-

(1) Le texte samprit^o ne parait ps^ croire à la créatioja de la matière qu'il regarde en quelque sorte comme éternelle ; aussi représente*t-il la matière, cdmpic diffu&e jusqu'à l'anîliilation. Au lieu donc d^employer le verbe bara [creaiHl) il écrit Clamas y compressity ordinavit. D'après ce texte, Dieu aurait seulement coordonné cette matière à cette époque ; mais -cette matière aurait préexisté alitétieurement. Cette différence daus la philosophie à une époque aussi reculée , est réellement remarquable. Mais une pareille doctrine qui tendrait à faire considérer la matière comme étemelle, n'a pas été. avancée d'une manière absolue -mais seulement pour faire sentir que la matière existait avant sa coordonation^

ticuliéfe de la terre. Quant à celle-ei^ il est un fait qui découle aussi bieu de la Genèse que des observations les plus récentes, c'est que l'état de la surface du globe et la constitution de TaCmosphère n'ont pas été constamment les mèmes^ et qu'à chaque modification du globe terrestre^ cor^ respond un changement dans l'atmosphère ^ et réciproquement» si bien que ces changements sont tour à tour cause et effet Tun pour Tautra^

Ainsi après la séparation de la lumière d'avec les ténèbres^ c'est-à-dire, après la première condensation des corps tenus jusque-là dans l'état gazeux. Dieu sépara les eaux d'en haut» et les eaux d'en bas, et créa Tair et l'eau dans son état liquide; ce fut là l'œuvre de la seconde époque.

Une fois que les eaux furent formées , elles se rassemhl^^nt dans le bassin des mers ^ et peu à peu , quelques portions des continents s'élevèrent au dessus de leur niveau. La terra parut donc , et avec. elle les corps organisés. La végétation qui devait embellir sa surface jusquelà inerte et stérile ouvrit la marche. Les plantes la couvrirent seules d abord de leur brillante verdure, et bientôt les aii>res succédèrent à ces premiers végétaux, La gigantesques et active végétation de cette troisième époque, changea et modifia singulièrement l'état de l'atmosphère. En absorbant Texcès de l'acide carbonique qui y

était répandu , elle la rendit plus pure et plus propre à la respiration des animaux qui arrivèrent bientôt sur la scène de ces premiers âges.

Ces Végétaux ainsi créés pour Tornement de cette terre, autant que pour Taliment des nombreux animaux qui allaient bientôt la peupler , une vive lumière était nécessaire à ractivité et à la vie de ces plantes , de ces arbres qui avaient déjà germé sur le seiu du globe ; ce fut alors qua Dieu disposa deux grands corps luthineux, propres à leur distribuer celle qu'exigeaient les conditions de leur existence. Le plus grand de ces corps présida au jour^ et le plus petit à la nuit. Ainsi la quatrième époque fut consacrée à disposer les corps célestes, particulièrement le soleil et la lune, à exciter par leur présence, les ondulations lumineusels dont les corps organisés exigent Tinfluence. Moïse en cela d'accord avec les théories les plus récentes des physiciens , a considéré la lumière et la chaleur comme indé* pendantes des corps, d'où dérive toute celle dont la terre éprouve maintenant la bienfaisante impression. À ses yeux, comme à ceux des physiciens , le soleil ne serait pas la source de toute lumière et de' toute chaleur, et son importance dans la création serait bien moindre que celle qu'on lui avait long-temps supposée.

Mais lorsque le soleil eut lui sur la terre, du

— 221 ^ sein de laquelle avaient déjà germé de nombreux végétaux» les animaux apparurent^ d'abord les invertébrés, c'estrà-dire , ceux dont la constitution ou l'organisalioii est la plus simple» et successivement les espèces plus çopipo^s. La vie animale a commencé en effet par les espèces qui vivent dans le sein des eaux» et particulièreiQent par les zoophytes» les mollusques et les animatix articulés. . Après eux » ont paru les poissons» et les reptiles aquatiques; enfin les légers habitants des airs sont venus animer Fatmosphére qui sans .eux aurait été vide d'habitants» Tel £ut l'œuvre de la cinquième époque.

D'après la Genèse» comme d'après les faits physiques qui eurent lieu postérieurement à cette créati^m des animaux aquatiques, les continents en partie découverts reçurent enfin des espèces terrestres. Leurs races s'y étendirent d'une manière successive et graduée, commecelles qui les avaient précédées » les plus simples avant celles dont les conditions d'existence exigeaient une organisation plus compliquée, ou du .moins plus en rapport avec les nouvelles influences dont ils allaient éprouver les effets.

L'homme n'existait pas encore ; la terre avait bien reçu de nombreux mammifères, mais elle ne possédait pas celui qui pouvait la soumettre et la subjuguer. L'homme, qui devait seul com->

— 222 — • prendre les merveilles de cet univers^ qui devait sonder en quelque sorte la grandeur infinie de cet Être immense , dont il est la faible image , rhomme enfin a terminé Tiûeuvre de la création, et Ta couronnée pour ainsi dire. Aussi^ dernier ouvrage de la nature, par lui Moïse achève et complète le grand teuvre de la création.

Ce langage de la tradition estait donc démenti par les faits les plus constants et les plus avérés ? Non , mille fois non! la science tient à cet égard le même langage que la tradition. On dirait à les voir marcher d accord, que Tune n'a fait toutes ses découvertes que pour mieux confirmer la vérité de ces antiques traditions. Ainsi, ces sciences que Ton a tant invoquées^ lorsqu'encore imparfaites , elles montraient certaines impossibilités apparentes dans le récit de la Genèse , sont ve-^ nues au contraire appuyer ce récit, lorsque libres dans leur essor, elles sont parvenues au plus haut degré d'exactitude et de vérité.

Il y a plus encore , le récit du libérateur des Hébreux, de leur chef dans les combats, du révélateur de la religion du Très-haut, considéré sous le point de vue historique , porte un caractère irrécusable de vérité. C'est aussi sous ce dernier point de vue que M. M. Pofrson et Cayjc ont examiné ce récit dans leur précis sur Thistoire ancienne. En efTet d'après eux^ il existe^

entre ce récit et rhistoîlre ûe^ peuplés un accord admiriable , soit que Ton con.<tultë les plus anciennes traditions, soit que l'on examine Fétat moral et politique des peuples et le développement intellectuel qu'ils avaient atteint au moment où commencent leurs monuments authentiques. Ainsi les hiU historiques aussi bien que la Genèse nous apprennent que rétablissement de nos sociétés est loin de remonter à une trèshaute antiquité , et un pareil accord ne peut résulter que de la vérité des faits historiques et de eelle de la Gpenèse qu'ils confirment.

Tels sont, en résumé , les faits principaux qui découlent du récit de Moïse, Ce récit a donc des droits, non seulement à notre respect comme la plus ancienne tradition de temjps qui n'ont eu auciHi homme pour témoin , mais surtout à raison de son accord avec les faits physiques les plus constants > qui ne nous sont pourtant connus que depuis une époque bien récente.

Ne serait-<e pas déjà une chose étonnante que de trouver dans un livre dont la date remonte au moins à 3,300 ans la distinction des deux créations (4), Tune générale et primitive qui eut lieu

(1) D'après Clément d'Alexandrie , la sortie xlu peuple hébreu de l'Égjpte , aurait eu lieu la 445* arinée avant le renouvellement du cycle scythiaque; elle se ra{^orterail donc à l'an 1767 avant l'ère chrétienne, c'est-à-dire, qu'elle serait de 3,605 ans antérieure à notre époque.

au comme&canent des temps ^ et Vautre toute particulière à notre globe qui s'est opérée beau* coup plus tard«

Ne lisons*DOus pas également dans le même livre que la terre était couverte d'eau, avant que les continents eussent surgi au dessus de leur niveau, et pris leur configuration actuelle?

enfin n'y voyons nous pas, ce fait non moins remarquable de la succession dans la création des êtres vivants , succession qui d'après le témoi* gnage de Técrivain sacré^ comme d'après les débris des générations éteintes, dont les ooucbes de la terre nous ont révélé l'ancienne existence, aurait marché du simple au composé ? :

Ainsi , d'après la Genèse, comme d'après l'observation directe des faits, Thomme, le plus par^ bit des êtres vivants, soit au moral, soit au physique, a paru le dernier, et a yx>uronné l'oeuvre immense de la création. Ces faits attestent encore que l'espèce humaine, partie des plateaux de l'Asie, sa première et antique patrie , se serait renouvelée, après un événement terrible , gravé en traits ineiiaçables dans ce livre prodigieux comme dans le grand livre de ki nature. Le globe entier et les diverses couches qui le compQS^Hit, ne nous fournissent-ils pas enfin des preuves irrécusables de la nouveauté de nos continents dans leur forme actuelle, comme de l'unité de l'espèce

humaine, fait important que toutes les observations tendent à confirmer , et viennent chaque jour appuyer de leur, grave et imposante au^ torité?

Après de pareils faits, fouillerons-nous encore ces antiques annales, et y chercherons-nous des traces de ces faits, pour nous si extraordinaires et dont les observations récentes viennent cependant nous démontrer la réalité , afin de savoir si le globe a une température propre,etsi la lumière dont il est pénétré est le reste de celle dont la terre a joui dans le principe de sa formation ? Ainsi interrogées , ces annales nous répondront que la création^ de la lumière et de la chaleur a précédé l'époque à laquelle Dieu assujéût les astres qui composent le système de l'univers, à en répandre d'une majiiére constante sur la terre, et que dèslors il doit exister nécessairement une température et une lumière primitives, indépendantes de l'action solaire. Or, que nous répondront à leur tour les faits? ne viendront-ils pas confirmer d'une manière irrécusable cette double proposition naguères Tobjet des railleries et des sarcasmes de nos demi-savans envers Fécrivain sacré.

Ainsi se concilie et "s'accorde avec les faits

physiques un récit , contre lequel on s'est tant

élevé, par suite des plus fausses préventions, et

parce que d'ailleurs, on était encore loin d'en

jwuvoir pt'nëlfer lé& mystérmuses paroles. Nbs observation» nuront prol>ablemeBt suffi à ceux xlont l'esprit est dégagé de toute prévention; quant aux autres, nous n'avons jamais eu l^espoir de tes coilvamcre ; nous savons trop qu'il est des ïnaux de l'esprit comme du cœur^ qu'il n'est pas donné à Vhomme de guérir ni même dé soulager.

D'après l'exactitude que nous avons reconnue dans le récit de la création , que le législateur des Hébreux nous a laissé , comparé aux faits géologiques les plus constaRts, et en considérant cependant combien peu les études astronomiques étaient avancées de son temps , et que la science de la géologie n'existait pas encore, on est porté à conclure que Moïse n'a pu deviner si juste que par suite d'une révélation. Mais ici, nous devons nous arrêter , et ne point oublier que nous n'avons voulu examiner la Genèse, que 90US un rapport purement scientifique.

Qu'il nous suffise de dik*e que cet examen prouve que les nouvelles découvertes faites dans teè différentes branches des sciences physique , loin d'être en opposition avec ce livre admirable, sont venues en quelque sorte en dëmontrer Texaclitude et la vérité. D'après ces découvertes, le récit de la Genèse est beaucoup plus d'accord avec les faits les plus* récemment observés , que

ks S7$témiÉ$ enfunlés par les plus beMt géoicK ck& teiops modwiies ^ pour expliquer lu foram-^ tion de la terre ^ el de flialTers éoat eUe fiât partie.

Si 1 oa ne voulait voir pourlaai dans Moise , qu'ua écrivain ordinaire, on «tarait dja moins l^rcé d admirer en hii le singulier et. beau prî«vUëge du^nie, dont les heuremes inspirations^ long-temps obsGui'cîes et même cachées par le voile épais de l'ignorance et du p.réîitiçé^ brillent enfin de l'éclat qui les venge de l'injuste ridicule, qui fut si souvent déversé sur elles.

Du reste, pour éclairer l'histoire des premiers âges de la terre , nous n avons que le récit de l'éeidvam sacré. Sans doute, on pçut s'en former quelque idée, en comparant ce qui se passe dans ces globes brillants, qui , dans leurs premiers âges, parcourent l'immensité des espaces célestes, entourés d'une atmosphère lumineuse avec les planètes de notre système solaire. Les résultats de -cette" comparaiso n premreïït ûécessârrement tme nouvelle importance, lorsque nous les trouvons "d'abord avec ceux consignés dans le jpremier et le plus ancien de nos livres. C'est même sur Les données fournies par la Genèse, que nous avons eu les premières idées sur l'orîgine de cette lerre qui, comme certains des astres qui nous entourent, est maintenant un soleil éteint et

toul-à-fait eiicroûié. L'excès de la teinpéraiare propre du globe, s est donc dissipée à travers les espaces planétaires. Depuis lors seulement les êtres vivants ont pu renibellir et lanimer. ^

Aussi y devons nous distinguer, ainsi que la fait Moise, deux principales époques dans la ciH^ation : celle qui se rapporte^ Tunivei s |et celle qui embrasse les différentes phases que la terre a subiesi depuis sa formation ju$qu*à Tapparitioa de rhomme, son maître et son dominateur.

tlladuction du texte de la partie de la gënè8e, expliquée dans la cosmogonie d£ moïse compahëk aux faits géologiques

Pour faire saisir Tensemble du récit de la Genèse relatif à la création, nous allons rapporter le texte du récit dans son entier (1). Nous met-

(1) Quant aux versions du texte hébreu. , qui font autorité clans réglise , nous n'en avons que deux. L'une écrite en grec et connue sous le nom des septante ; et l'autre écrite . en latin nommée la vufgafe. Pour bien saisir le sens du texte hébreu, on peut s'aider sans doute de ces versions,' mais il est essentiel de recourir au texte original lui-même f c est ce texte que nous avons à peu près seul consulté, et c'est lui qui nous a inspiré la traduction que nous en avons donnée.

troDS d\m coié/ la traduction de la viilgate de Sacyel celle que nous avons essayé de faire du texte original. Nous sommes loin de nous dissimuler toutes les imperfections de notre traduction ; mais malgré la grande différence qui existe entre Thébreu et notre langue, nous nous sommes plus raprochés deToriginal^ nous Tespérons du moins, que ne Ta fait Sacy.

Du reste/nos corrections et nos changements ne pointent guère que sur les premiers tersets de la Genèse, c'est-à-dire, sur les seuls qui ont de l'importance, relativement aux faits géolo'giques qu'ils nous font connaître, et aux questions que nous nous sommes proposé de résoudre. La traduction nouvelle de la Bible que vient de publier tout récemment M. de Genoude (1834) ne nous est parvenue que lorsque nous avions terminé la nôtre. L'accord qui existe entr'elles nous fbit présumer que l'une eti'autre sont plus rapprochées du texte que celles qui en avaient -été données jusqu'à présent. Du reste nous avons constamment préféré nous rapprocher autant que possible de ce texte, plutôt que de sacrifier à l'élégance. On conçoit que dans le but que nous nous sommes proposé, l'interprétation la plus exacte a du être par nous constamment préférée.

8. Et Dieu donna au firmament le nom de ciel, et du soir et du matin se fit le second jour.

9. Dieu dit encore : que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un seul lieu et que l'élément aride paraisse et cela se fit ainsi.

10. Dieu donna à Vêlement aride le kibin de terre, et il appela mers toutes les eaux rassemblées , et il vit que cela était bon.

1 1 . Dieu dit encore : que la terre produise de l'herbe verte qui porte de la graine, et des arbres fruitiers qui portent du fruit , chacun selon son espèce, et qui renferment leur semence en eux-mêmes pour se reproduire sur la terre, et cela se fit ainsi.

12. La terre produisit donc de Therbe verte qui portait de la graine selon son espèce et des arbres fruitiers qui renfermaient leur semence en eux-mêmes, chacun selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon.

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