‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 23 sur 80 · TR · texte numérisé non relu

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adoptées , purement approximatives et incertaines , sont loin d’être à l'abri de toute contestation.

Les Mèdes paraissent avoir dû leur nom à Médée, fille du roi Colchus, illustre magicienne qui, chassée d'Athènes par Thésée, vint s'établir dans leur pays où elle trouva un asile. C’est du moins l'opinion d’Hérodote ; elle n’a point été partagée par Josèphe, mieux instruit que la plupart des historiens anciens sur la véritable origine des nations. D'après lui , les Mèdes seraient les descendants de Madai, troisième fils de Japhet, et son sentiment a prévalu.

Diodore de Sicile, d’après Ctésias, suppose à la monarchie des Mèdes une haute antiquité et une durée fort considérable. Mais ces données sont fort douteuses : tout ce que l’on sait de positif sur leur histoire, c’est que ces peuples restèrent longtemps sous la dépendance des rois’ d’Assyrie. Ce ne fut que lorsque Arbacès, gouverneur de la Médie, etle babylonien Bélésis, eurent renversé du trône ‘ le somptueux Sardanapale, que les Mèdes recouvrérent leur liberté et formèrent un royaume à part, tout à fait indé- ‘pendant et régi par des princes particuliers.

Après ces événements, Arbacès délivra du joug des Assyriens le pays où il établit sa domination; il se rendit maitre d’une partie de l’Asie, et gouverna glorieusement la Médie pendant environ dix-huit années. Les uns ont fixé l’époque de son règne vers 836 avant l’ère chrétienne ; d’autres la reculent de plus d’un demi-siècle et la placent en 759. Ceux qui admettent la dernière de ces dates fixent les époques de Déjocès et de Phraortès, de 755 à 690. Comme nous avons adopté le nombre de 836, nous avons

préféré suivre celles de 698 et de 647 pour les dates du règne de ces prinees!.

Après Arbacès, vingt-huit rois mèdes oceupèrent le trône pendant environ 350 ans , et cela jusqu'à Astyage , le dernier de ces souverains. Aucun événement mémorable ne se passa sous les quatre successeurs immédiats d'Arbacès, qui gouverhérent la Médie pendant un espace d’environ 4 52 années. Sous Artæus, sixième roi des Mèdes, éclata la longue rivalité entre ces peuples et les Cadusiens, qui donna lieu à tant de combats. Ce fut sous le règne d’Astyage, fils de Cyaxare, que le royaume de Médie, la plus

puissante monarchie de toute l'Asie, se confondit avec

l'empire des anciens Perses et de Cyrus , dont nous allons tracer l’histoire d’une manière sommaire. (Vote 66.)

Les Perses, comme tous les anciens peuples, ont eu des idées fort exagérées sur leur antiquité. Ils ont admis

.dans leurs annales quatre âges, comme l'ont fait les Hin-

dous ; ils ont composé leurs deux premières dynasties de dieux et de demi-dieux, comme les peuples du Japon et de la Chine.

Les quatre âges des Perses sont composés d’un assez grand nombre d'années. Les uns portent ce nombre à 400000 ou 20000 , tandis que d’autres l’évaluent seulement à 12000. La moitié de cet espace de temps aurait précédé le déluge, ou leur premier roi Kaioumaratz ou Caïumarath , personnage qui paraîtrait correspondre ou à l'Alorus des Chaldéens ou à Xisuthrus.

‘ Voyez Hérodote et Justin, lib. I, cap. vi, pag. 10.

Ces idées que les anciens Perses s'étaient faites surleur première origine résultent en quelquesorte de leur Chäh- Nômeh, ou livre des Rois, rédigé par Firdoussi ou plutôt Ferdoucy*, historien qui vivait vers le xte siècle de notre ère ou l'an 4020 de cette même ère?. D'aprèslui, l’origine de la première dynastie, ou celle des Pech-Daydens, remonterait très-haut. Mais ce qu’il rapporte des princes qui en ont fait partie ne peut pas soutenir les regards de la

-critique. A l'en croire, le premier roi persan, qui aurait vécu mille ans, n'aurait régné cependant que trente années. Ses successeurs , au nombre de huit, auraient occupé le trône pendant 2502 ans, ce qui donnerait à cette dynastie une durée de 2332 années.

Le chef de la seconde dynastie, désigné sous le nom de Kai-Koursou dans le livre des Rois, livre qui est une autorité pour ces peuples , paraît avoir été le même que le Cyrus des historiens grecs, auquel ceux-ci ont rapporté la fondation de l'empire des Perses à Babylone.

' Ferdoucy fut en même temps poète et historien ; il fut chargé par Mah-Mand, roi des Perses, d'écrire le Chdh-Nämeh, ou histoire de leur empire. Ferdoucy s’occupa pendant trente années de ce travail ; il fut publié en persan à Londres, en 1829 , en # vol. in-80, et traduit plus tard en anglais par Atkinson, en 4835. M. Mahl en a donné ensuite une édition française, publiée à Paris de 1838 à 1850 , En 4 volumes in-folio. On admet assez généralement que Ferdoucy, né en 940, est mort en 1020, . ? Les données qui nous sont fournies par leur Boundesch ne sont

pas plus certaines ni plus positives que celles de leur Chdh-Nâmeh ou’livre des Rois. Le Boundesch des Perses n’est pas antérieur de plus de sept siècles à l'ère chrétienne, ou 2559 ans avant l'époque actuelle 1859.

Cette monarchie ne commence du reste à prendre un certain caractère d'authenticité qu'à l'époque de Cyrus, dont la naissance est rapportée vers l'an 518 ou 519 avant l'ère chrétienne. Du moins , s’il y a eu en Perse des princes antérieurs à Cyrus, on voit; d'après ce qu’en rapporte Ferdoucy, quelles incertitudes existent sur leurs noms, la durée de leur règne et l’époque à laquelle ils ont vécu.

Les anciens Perses n'ont point eu d'autre historien de leur nation, que celui que nous venons de nommer. C'est surtout aux Grecs que sont dus les documents qui nous éclairent sur l’histoire de la nation persane. On trouve aussi quelques mots sur ces peuples dans le chapitre X, verset 22 de la Genèse, où il est question d'Élam et de Sem ou Chéme, qui peupla l’Élymaïde, contrée voisine de la Perse , et qui fut la souche des Élyméens.

Aussi. l’Écriture désigne-t-elle la Perse sous le nom d'Elam , nom dérivé d’Élam, fils de Sem, qui, selon la Genèse , aurait été le père des Élyméens ou des Perses , dénomination très-rarement employée dans les Livres

Saints. Du reste les peuples de l'Orient ont presque tous

désigné la Perse sous le nom d’Hyraum ou d’Yraum.Quant aux Persans eux-mêmes , ils désignent leur pays sous les noms d’Iroum ou d’Irun , noms que les Tartares ont également adoptés et que leurs successeurs leur ont conser vés. «

” Si l’on pouvait accorder quelque confiance aux dates du Châh-Nâmeh ou Livre des Rois, les annales des Persans remonteraient à 4105 ans avant l’ère chrétienne. Ainsi, d'après les annales royales :

Kaioumaratz aurait vécu ou régné environ 1000 années

La dynastie des Pech-Daydens......... 2302 —

La dynastie des deux prédécesseurs de Cyrus... scosscsssososssos. 250 —

Le règne de Cyrus et de ses successeurs. 553 —

Ce qui fait un total de......... .…..... 4185 années.

. Si l’on suppose maintenant que Kaïoumaratz était né un demi-siècle après le déluge, il en résulterait que, d’après Ferdouey , cet événement serait arrivé 4155 ans avant l’ère chrétienne. La première dynastie persane remonterait ainsi à l'an 4775 avant la même ère; la seconde, celle des Yanyem Kayâängem, à l’an 803; enfin, Cyrus, le troisième roi de cette dynastie , à l’époque que nous avons adoptée.

Si l’on admettait la date donnée au déluge par Ferdoucy, on reculerait sans doute l’époque que la plupart des historiens ont fixée à l’apparition de l’homme, puisque, d’après ce calcul, elle serait portée à 8241 années; mais l'on ne peut supposer que Guilchäh ou Kaïoumaratz ait régné mille années. Après une pareille erreur, comment accorder la moindre confiance aux annales des Persans ? Ces annales paraissent avoir été rédigées d'après l'usage admis chez les anciens, de se donner avant tout une haute antiquité. ‘ L'histoire ancienne de la Perse n'offre qu'un très-petit nombre de faits qui aient quelque degré de certitude. Nous n'avons du moins aucune donnée qui nous apprenne si le pouvoir a passé sans interruption entre les

mains d'Élam , le père des Élyméens ou des Perses , ou s,au contraire, il leur a échappé par suite des révolutions plus ou moins violentes que leur pays aurait éprouvées. Il faut aller jusqu'au règne de Chordosahomor, pour trouver quelques traditions un peu précises. Ces traditions nous annoncent qu'un siècle environ avant l’époque où Ninus jeta les fondements de l'empire d’Assyrie, ce prince avait porté ses armes victorieuses vers la Méditerranée, dans les provinces occidentales de l'Asie.

Ce fut après de nombreuses victoires remportées par ce souverain sur les princes ses voisins , qu’il rendit ses tributaires, que ee roi éprouva à son tour des défaites et fut vaincu par Abraham. Ce revers fit perdre sans retour au roi des Élyméens un grand nombre de villes ; it n’en conserva pas moins les provinces qu'il possédait dans le reste de l'Asie.

Les nombreuses colonies d'Élyméens qui, à cette époque ou plus tard, se répandirent dans les , parties de cette vaste contrée , et dans d’autres régions, propagèrent son nom, et attestent assez dans quel état florissant se trouvait le royaume d’Élam. Celui des Perses ne fut pas porté plus haut par les expéditions guerriéres de Cyrus et de ses successeurs.

La puissance que ces peuples et les rois qui les gou- Vernalent, avaient acquise autant par leur sagesse que par leurs exploits, finit par leur échapper. Vaineus par Ninus et Sémiramis, leur pays fut asservi et devint une province du vaste empire d'Assyrie. Les Élyméens n’en conser- Yérent pas moins leur ardeur belliqueuse; réunis aux

— %8 — Mèdes et aux Babyloniens, ils finirent par renverser le trône de Sardanapale.

La confirmation de ce que nous avons dit de l’origine de ces peuples, se trouve dans le livre d'Ézéchiel, où l'on lit pour la première fois le nom des Perses, au lieu d’Élyméens. Après Ézéchiel, Daniel les a appelés indifféremment Perses ou Élamites ; il ajoute que les premiers descendaient des Élyméens. On en est peu surpris, lorsqu'on fait attention qu'au temps de Cyrus , la Susianne était appelée la province d'Élam.

Ce nom d’Élamites, ou d’Élyméens, n’a pas été connu d’Hérodote ; il a désigné ces peuples sous le nom d’Artéens, tout en convenant que ceux-ci avaient pris le nom de Perses 800 ans environ avant la prise de Babylone.

Quoi qu’il en soit, la langue dont les Élyméens ou les Perses anciens , ainsi que les Persans modernes, ont fait usage, paraît dériver du sanscrit, du moins d’après les comparaisons des mots propres aux deux langues.

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