‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 32 sur 80 · UL. L · texte numérisé non relu

UL. L

annales à 36325 aus avant l’ère chrétienne; mais il eat facile de prouver que cette date est tout à fait chimérique. En effet, sur ces 36525 années, 34901 sont consagrées à des dieux ou des demi-dieux, et 2324 à des événements réels; ce qui indique que l'intervalle consacré à des faits fabyleux est aussi hypothétique que ces faits eux-mêmes. D'un autre côté, ce nombre de 36525 renferme ving-cinq périodes de 1461 années, et il serait vraiment singulier quela hasard eût donné ce multiple comme le total juste de ces périodes , et cela depuis le commencement du règne du soleil jusqu’à celui du roi de la trentième dynastie. Ce calcul parait donc avoir été fait à plaisir et n’a aucune réalité.

La date de 2324 s'accorde avec celle que l’Écriture admet pour la colonisation de l'Égypte par Chun et Mesraim, qu’elle rapporte vers l’an 2700 avant l'ère chrétienne. Elle doit done être adoptée ; mais il faut rejeter les autres dates comme erronées et n'étant appuyées sur aucun fait vraisemblable.

L'époque de 2334 ou celle de 2700 ans avant Jésus- Christ paraissent seules rapprochées de la vérité; en effet, Hérodote a voulu aussi donner aux Égypéiens une haute antiquité, et pour cela il a fait remonter leur origine à 11000 années ; mais on sait que pour Hérodote l'année ne comprenait que des saisons de trois mois, ce qui réduit ce nombre de 11000 à celui de 2794 , bien peu différent du chiffre admis par l’Écriture. Il en est de même de h ‘ date fixée par Diodore de Sicile au commencement de ls monarchie égyptienne ; d’après cet historien, ce cgmmer- | cement aurait eu lieu 9500 années avant l'ère chrétienne;

— 307 — maïs cotame les années de Diodoré ne sontque des saisons de quatre mois, le nombre réduit est seulement 2964.

Ce dernier éhiffre, le plus fort des trois, ne peut faire supposer à l’homme une plus haute antiquité que celle que les autrès faits lui donnent. En adoptant cette date comme postérieure au déluge , et y ajoutant celle de cet événement, nous trouvons un résultat de 5226 années, auquel il faut additionner 60 années, époque où, avant l’ére chrétienne, Diodore recueillit en Égypte les données sur lesquelles il a composé son histoire, ce qui forme un a total de 5286 années.

Ge nombre esttrop d'accord avec celui que les Septante ont admis pour la date de l'apparition de l’homme avant la * venue de Jésus-Christ (5248), pour ne pas être vrai. Les traditions et les documents historiques des Égyptiens sont donc en parfaite harmonie avec ce que nous apprend le Pentateuque. Ce livre nous offre seul l'histoire des premiers pas que nous avons faits vers la civilisation, bien précieux vers lequel tendent toutes les sociétés humaines.

Ce que nous venons de dire des Égyptiens peut s’appliquer aux Chaldéens, aux Babyloniens et aux Assyriens, qui ne remontent pas au-delà de Nemrod et d’Assur, souverains dont le règne n’a commencé qu'à la cinquième génération d'hommes, à partir du déluge. (Note 74.) C'est en effet sans preuve que Berose a supposé à l’empire des Babyloniens une durée de 150000 années avant l'époque à laquelle il écrivait. (Note 75.)

Du reste, Hérodote, Ctésias et Diodore de Sicile n’ont donné aucune attention à cette date chimérique, inventée

par Berose par suite de son orgueil national et d'une vanité trop commune aux anciens historiens. Aussi nous ne nous y arrêterons pas plus longtemps. Les vraies annales de ces peuples ne vont pas au-delà de 2700 ans* avant l’ère chrétienne , à peu près comme celles des premiers Égyptiens. Elles sont loin d’être en opposition avec les faits historiques consignés dans l'Écriture. Ces annales contrarient encore moins l’époque de l'apparition de l’homme, fixée environ à 7500 ou 7600 ans avant les temps actuels.

L'histoire des premiers âges des Phéniciens est environnée de la plus grande obscurité, et ne saurait nous * fournir des dates précises. Tout ce que nous en savons, c’est qu’elle commence à Chanaan , après la construction dela tour de Babel, époque bien récente eu égard à la date de notre venue sur la terre.

Les empires des Mèdes et des Perses sont trop nouveaux pour nous fournir des documents propres à faire envisager l’homme comme ayant une grande antiquité ; aussi n’estce point sur ces peuples que l’on s’est appuyé pour y parvenir. On peut en dire autant des Grecs, dont l'histoire est remplie de fables; ces peuples ne font pas cependant remonter au-delà de 2200 ans avant l'ère vulgaire, leur réunion en corps de nation. Les traditions poétiques des Grecs, sources de leur histoire profane, n’ont rien qui contredise les annales des Hébreux. Elles s'accordent avec elles, du moins sur l’époque qu’elles assignent aux colons égyptiens et phéniciens qui , les premiers, portérent dans la Grèce les germes de la civilisation. |

Aprés la fondation des colonies quai s'établirent dans cés contrées, à peu près à l’époque où les Hébreux sortaient d'Égypte pour entrer en Palestine, il s’en faut de beaucoup que les Grecs eussent déjà une histoire suivie. Leurs aunalés sont remplies d'événements mythologiques et d'aventures de dieux et de dermi-dieux, liés à l’histoire véritable par des généalogies fabuleuses , longtemps après les preraters établissements que les Hébreux fondérent en Palestine. On ne trouve rien de réel dans ces récits chi- “mériques sur les événements des premiers âges ; on ne voit dans leurs plus anciens monuments aucune preuve qui puisse faire reculer la date donnée à l’homme par les Livres samis.

Aussi, quoique la réalité d’un certain nombre de faits de l’histoire primitive de la Grèce paraisse assez probable, leurs dates sont purement approximatives. Elles n'ont un . caractére de certitude qu’à partir des Olympiades, dont l’ére commence seulement en l’année 776 avant Jésus-Christ. Cè point de vue, admis par tous les critiques, anciens ou modernes, suffit pour détruire , ainsi que le fait observer Jules l’Africain, cette haute antiquité que, par un désir de vaine gloire, les Grecs avaient voulu s’attribuer!.

Ce n’est pointaux Macédoniens, aux Latins ou Romains, que nous demanderons des dates sur la première apparition de homme. Ges peuples sont trop récents pour nous apprendre l’histoire des premiers âges, et surtout pour en fixer le commencement d’après quelque monument qui leur

mms

! Jul. Afric. in Euseb. præp. Evangel. , ib. X, cap. x, pag. #87. . IL 28.

appartienne. On a beau scruter, comme nous l'avons fait, l’histoire des peuples de l'antiquité pour avoir des notions certaines sur la naissance du genre humain, on n'en trouve de pareilles que dans le récit de Moïse.

Les Hindous paraissent avoir été, avec les Hébreux, les Chaldéens et les Égyptiens, les peuples les plus anciennement civilisés de la race blanche ; aussi à eux se sont adressés les écrivains qui ont essayé de combattre la date fixée à la civilisation des hommes par le législateur des enfants d'Israël. Mais la véritable histoire se trouve-t-elle chez les Hindous, ainsi qu’on l’a supposé ? On peut affirmer qu'elle n’y existe pas. En vain cherchons-nous, parmi leurs livres de théologie mystique, quelques donaées vraisemblables sur l'origine et les vicissitudes de leurs sociétés: on ne peut y parvenir. Si l’on interroge à cet égard les érudits de la même nation, ils vous répondent que leur religion leur défend de conserver la mémoire de ee qui se passe dans l’âge du malheur.

On a cru cependant trouver chez les Hindous des notions et même des preuves pour renverser les époques admises par la Genèse. Tout ce que ces efforts ont produit a été de faire supposer à leurs premiers livres, ou Védas, une antiquité de 3200 ans avant l'époque actuelle. En admettant cette date comme réelle, quoiqu'elle soit peutêtre exagérée, les Védas seraient encore postérieurs de plusieurs siècles au Pentateuque. Ils ne pourraient pas nous fournir des dates plus anciennes que celles qui nous sont données par le dernier de ces livres, et le convaincre

d'erreur et d’inexactitude ; c'est aussi ce qu’on n'apas fait ni osé faire.

En effet, les listes des rois de l'Inde ne remontent pas au-delà de 4320 ans avant l’époque actuelle; encore la plus grande. partie de cet intervalle est-elle remplie de noms de princes dont les règnes sont indéterminés quant à

leur durée. Dés-lors leurs quatre âges du monde, dont un

seul n'aurait pas moins de 864 millions d’années, doivent être considérés comme chimériques et indignes de figurer dans l’histoire. ; . Lorsqu'on réfléchit sur les traditions des Hindous, on

‘est bientôt convaincu qu’elles ne sont pas plus certaines

que celles que renferment les annales des Égyptiens et des Chaldéens. Cet état déplorable-des connaissances historiques ne doit pas nous étonner chez un peuple dont les prêtres , héritiers d’un culte monstrueux dans ses formes extérieures et cruel dans beaucoup de ses préceptes, avaient seuls le droit d'écrire , de conserver et d’expliquer les livres. Aussi ces prêtres étaient-ils plus jaloux de graver profondément dans l'esprit des peuples le respect pour leur caste, que de recueillir des faits historiques propres à éclairer les hommes sur leurs droits et leurs rapports mutuels. |

Il ne nous reste plus qu'à savoir si les peuples qui habitent au-delà des déserts de la Tartarie, et qui appartiennent à une tout autre race, nous fourniraient quelques lumières sur l'ancienneté de l’homme.

La seule date que nous leur devons sur cette grande époque, est celle qui est fixée au déluge par le plus ancien

livre thinbis, rédigé pur Confucius, il y # énvirôn 8776 ans , avec des lambeaux d'ouvrages antérieurs. Ce Et feh réthünter cette époque à 8000 où 2644 avait Pére chrétisnne. Cétes date, ajoutée à celle qui est shtéfibuts à cet évéñement , donne pour l'époque de la véñue 6 l’homme 4008, nombre qui, liin de éonttarier celui de la version dés Septante 5249, lui est infériour, Cétepcrgu suffit pour répousser la haute antiquité qu’on a Veulu ât- Wibuof aux Chinois, à raison de leurs observations #stvnomiques. Considérés sous ce point de vue , 66s péuplés ne seuraisat prétendre à une grande anciénneté, car leurs observations vraies et réelles ne remontent pas au-delà de one sièclôs avant l’ére vulgaire.

L'histoire des premières nations qui ont habité la terre, étudige avec discernement, ne peut fairesupposer à l’horme une plus haute antiquité que celle qui lui a été attribuée par le législateur des Hébreux. Cette date ne dépasse guére 7800 à 7600 ans ; car il n'existait pas, du temps de Moiss, degrand empire en Orient. II n'est pas moins certain que la civilisation d'aucune nation ne s’étend au-delà de 4500 aus avant l’époque actuelle, et que les plus anciennes colonies d'Égypte ou de Phénicie, qui ont arraché la Grèce à l’état sauvage , ne remontent pas aussi haut.

La barbarie et l’ignorance des peuples des bords de la Méditerranée, attestent également la nouveauté de leurs établissements; cette nouveauté confirme la catastrophe qui a renouvelé le genre humain, il y a plus de 5000 ans. Ainsi la vérité du récit de Moise se trouve démontrée par les nombreux phénomènes du globe, genre de preuve qui

ne saurait nous tromper ; elle l’est également par les traditions des peuples, comme par les monuments irrécusables de leur civilisation.

L'histoire nous tient le même langage que la nature; l’une, aussi bien que l’autre, nous apprend que l’homme est depuis peu sur la terre. Les traditions et les monuments historiques des anciens peuples , loin de contrarier la date donnée à l'apparition de l’homme par les Hébreux, la confirment de toute leur puissance. Elles nous disent, comme les prêtres de l'Égypte le disaient des Grecs, que nous sommes bien nouveaux sur cette terre , si ancienne en comparaison de notre origine. Ce résultat, si différent de celui que les philosophes du dernier siècle avaient attendu des progrès de nos connaissances, est une nouvelle garantie de la vérité des croyances religieuses , et en même temps un des plus beaux triomphes de l'intelligence humaine.

Si donc les monuments et la partie de l'histoire qui mérite notre confiance nous apprennent que l’homme est depuis peu sur la terre , il en est de même de la nature. L'ensemble des faits déduits de la connaissance des couches terrestres nous dit que lespèce humaine est la dernière venue entre les êtres vivants, et que ses débris ne se rencontrent nulle part au milieu des dépôts géologiques de l’ancien monde. Sans doute bien des observations ont été nécessaires pour nous faire arriver à une pareille conclusion, conforme du reste à toutes les données historiques recueillies dans ces dernières années.

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