‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 31 sur 80 · IN IS TS · texte numérisé non relu

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de leur peu d’ancienneté dans les divers réeits des historiens espagnols, et en particulier de Bernard Diaz, qui ne tarissent pas sur la beauté des temples des indigènes et parlent à plusieurs reprises de leurs bâtiments de pierre et de chaux, ornés de peintures et de sculptures.

Ces constructions , aussi remarquables par leur beauté que par leur grandeur , prouvent que la race indienne a été coupée dans toute sa sève et sa vigueur , comme une fleur qu’une main sacrilége arrache avec ses racines et sa tige, pour la laisser retomber et pourrir sur le sol où elle aurait dû grandir en liberté. Elle est morte sans avoir presque vécu, cette race à laquelle sont dues ces merveilles. L'humanité entière recueillera ses restes, comme les amis du jeune poète mort à la fleur de ses ans, réunissent avec bonheur les derniers tributs de sa plume.

Il paraîtrait qu’au nord du Texas, dans la contrée située entre Santa-Fé et l'océan Pacifique , il existe d’immenses ruines d’édifices, de temples et de maisons, particulièrement dans le voisinage de Rio-Puerco , et à l’ouest sur le Colorado. On observe également sur une des branches du Rio-Puerco, à peu de distance de Santa-Fé, des ruines qui ont appartenu à un ancien temple remarquable par son étendue. Des portions de murs encore debout sont formées par d'énormes pierres de taille cimentées les unes sur les autres. La couverture du temple a disparu; il reste seulement plusieurs chambres, de forme carrée, dans un assez bon état de conservation. Quant à la vaste contrée,

‘ Écho du monde savant, onzième année, n° 1, juillet 1844, Pag. 24. |

peu fréquentée par les Européens et qui s'étend des rives du Rio-Colorado jusqu’au golfe de Californie, elle présente des ruines plus ou moins considérables.

On rencontre également de toutes parts , au Mexique, d'immenses tumuli, des teocalis ou grands autels de 80 pieds de haut (environ 26 mètres), des pyramides quadrangulaires, des sépultures souterraines construites en pierre. Au milieu de ces monuments, on distingue surtout l’admirable pyramide de Papantla et les édifices encore plus merveilleux de Xochialco. On y voit une forteresse presque européenne, des ponts à construction cyclopéenne et des aqueducs en pierre.Les monuments presque grecs de Mitla, ceux à demi-égyptiens de Palenque, enfin les constructions non moins étonnantes du Yucatan et de l'Usman, sont dans un état de dégradation qui annonce une certaine antiquité.

À la vue de ces monuments, on se demande à quels peuples sont dus ces débris d’une civilisation passée, soit qu'elle ait été originaire du pays même, soit qu'elle provienne de communications étrangères. Une découverte récente semblerait permettre de répondre en partie à cette demande. Mais lorsqu'on y réfléchit bien, on voit qu’elle ‘se borne à nous apprendre qu’un capitaine grec a abordé en Amérique du temps d'Alexandre. En effet , la pierre tumulaire découverte dans un champ, aux environs de Montevideo , par un laboureur, porte en caractères grecs ces mots : Sous le règne d'Alexandre, fils de Philippe, roi de Macédoine, dans la 65e olympiade, Ptolemaios.

D'après cette inscription grecque, un contemporain d’Aristote a foulé à cette époque le sol du Brésiket de la

Plata. Peut-être ce Ptolemaios, commandant de la flotte d'Alexandre, a-t-il été jeté par les vents sur les côtes du Brésil et y a-t-il déposé ce souvenir de son voyage dans . ces régions lointaines. ( Note 72.)

Un fait moins sujet à contestation que celui que nous venons de rappeler , prouve que beaucoup plus tard, en 942, les Normands abordérent au Groënland, où ils arrivérent d'Islande. Lorsque les Normands parvinrent en Amé- rique, ils la nommèrent Vinland, à raison des vignes qu'ils y trouvérent. Cette circonstance n’est pas un obstacle à ce que le nouveau Monde ait été peuplé par le Nord et le Nord-Est. Quelques chroniques parlent d’un certain Madoc, fils d’un prince de Galles, qui, en 4170, partit d’Angleterre, fit voile à l'Ouest, laissant l'Islande au Nord, et découvrit une contrée fertile. Revenu dans sa patrie, ce prince retourna avec douze vaisseaux dans le pays qu'il avait découvert. On assure qu’il existe encore vers les sources du Missouri, de nombreux sauvages qui ont conservé. quelque souvenir de la croix et parlent la langue celtique.

D'un autre côté, d’après M. de Humboldt, les Aztèques, sujets de Montézuma , les derniers venus sur le plateau du Mexique, qui arrivèrent en Amérique au xne siècle, y trouvèrent debout les pyramides dont la masse et la grandeur nous étonnent aujourd'hui. Ces peuples les attribuent aux Toltèques, qui les avaient devancés vers le vre siècle. S'il en était ainsi, ces monuments auraient environ 4300 ans. L'âge des édifices de Palenque n’est probablement pas moindre. Le souvenir de leur construction était du moins otalement perdu. lors de l’arrivée des Européens , au vie siècle, |

On peut trouver la solution des difficultés que fait naître l'érection de ces monuments, dans la circonstance probable: que les habitants de l’Amérique, avant l’époque de sa découverte par les Espagnols, auraient eu quelques relations avec certaines nations de l’ancien continent. L'inscription grecque dont nous avons rapporté les principaux traits semble du moins le prouver, mais surtout les diverses circonstances que nous avons énumérées, Elles annoncent, ainsi que M. de Humboldt l’a admis , que les Tartares et les Mongols ont passé du nord de l’Asie dans les contrées septentrionales de l'Amérique avant le vre siècle, et y ont étendu leurs migrations pendant les siècles suivants. Cette - opinion est d’autant plus vraisemblable, que M. de Guignes, en compulsant les annales des Chinois, s’est assuré que ces peuples avaient commercé avec l'Amérique dès le ve siècle.

On pourrait encore regarder comme certain le voyage considéré jusqu’à présent comme fabuleux , du Cartbaginois Himilcon au continent d'Amérique. Certains écrivains ont cru pouvoir supposer que des tribus d'Israël ont également abordé en Amérique. D’après eux, les tribus captives deSalmanazar auraient passé d’abord dans la Médie et ensuite en Amérique , par le nord de l’Asie, 700 ans avant notre ère. Îls supposent, enfin, que des Phéniciens ont pu avoir été envoyés par Salomon et Hiram aux contrées américaines connues sous le nom d’Ophir et de Tarsis. Telle est du moins l'opinion de certains auteurs graves. (Note 73.)

Qui sait si, du côté de l'Occident, l’Atlantide de Platon ne fut pas une réalité, et si les édifices de Guatimala et de

Yucatan, qui n’ont rien d’analogue sur aucun autre point du globe, ne sont pas dus à la proximité supposée de cette île, dont l’engloutissement , tout problématique qu'il est, semble pourtant attesté par les courants circulaires connus,

mais encore assez peu étudiés, de l'océan Atlantique ?

Ce sont là des conjectures sans doute; mais elles ne laissent pas d’avoir quelques probabilités, depuis la découverte des antiquités américaines. Lors même que ces circonstances se confirmeraient complètement, elles seraient loin de faire attribuer aux peuples du nouveau Monde la même ancienneté qu'aux habitants de l’ancien continent, le premier élevé au-dessus des eaux et par conséquent le premier qui ait pu être habité.

Les faits que nous venons de rapporter prouvent que le plus ancien monument historique que nous possédons est le Pentateuque, écrit il y a déjà trente-cinq siècles. Les livres des anciens Égyptiens, récents à côté de la Bible, paraissent tous postérieurs à la dévastation de Cambyse. Le peu d'accord qui existe suffit pour prouver qu'ils ont été tirés de monuments mutilés; aussi est-il à peu près impossible d'établir le moindre rapport entre les listes des rois d'Égypte dressées par Hérodote, Ératosthène, Manéthon et Diodore. H y a plus, on ne peut pas même accorder entre eux les différents extraits de Manéthon.

L'histoire de l’Égypte ne commence à avoir quelque probabilité qu'à partir de 4729 années avant l’époque actuelle. Cette partie de leur histoire se compose de 2341 années pour le règne des hommes, jusqu’à la quinzième année avant la conquête d'Alexandre ou jusqu’à l’an 347 avantl’ère chré-

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tienne. On ne peut nullement admettre comme des.événements certains le règne des dieux ou des demi-dieux, auxquels les anciens Égyptiens ont attribué une durée fabuleuse.

Les observations astronomiques dues à ces peuples sont loin de contrarier la date que nous venons de fixer. Les formules établies par les géomètres pour représenter les mouvements planétaires, sont arrivées à un tel état de perfection, qu'avec leur secours il n’est pas aujourd’hui, dans le système du monde, de mouvement observable que l'on ne puisse prévoir pour un avenir indéfini, ou reproduire avec la même certitude pour les siècles passés.

En appliquant ces formules aux plus anciennes observations que les Égyptiens nous ont laissées, on reconnait qu’elles ne remontent pas au-delà de 2700 ans avant l'époque à laquelle nous appartenons.

Ici se termine ce que nous avions à dire sur l’histoire profane. Nous l'avons comparée avec l'histoire sacrée, afin de nous assurer si elle contrariait les Livres Saints lorsque, dépouillée de ses traditions mythologiques, elle se présentait à nous dans toute sa vérité. |

Cette comparaison, appuyée sur les documents historiques qui nous sont connus, démontre que le Pentateuque est le livre le plus ancien de l'Orient. Son accord avec les données que les sciences modernes ont recueillies est une preuve nouvelle à ajouter à celles que nous avions déjà de sa vérité. C’est dans ce livre, le premier comme le plus excellent de ceux qui ont été écrits, que réside la certitude des premiers âges historiques. Lorsque nous interrogeons

la chronologie des peuples qui se prétendent les plus anciens, à l'exception des Hébreux, on remonte à peine, par un fil continu, à plus de 3000 années. C’est à cette date, si peu éloignée de l’époque actuelle, que parait s'arrêter la certitude historique. Du moins aucune nation ne nous offre avant ce temps, ni deux ou trois siècles après, une suite de faits liés ensemble avec quelque vraisemblance et une certaine précision.

Un simple hasard ne peut donner un pareil résultat, ni fire remonter à peu près à quarante ou au plus à cinquante siècles avant nous, l’origine traditionnelle des monarchies égyptienne, assyrienne, indienne et chinoise. Les idées de peuples aussi différents, dont la religion, les lois, les mœurs et les habitudes n’ont rien de commun, enfin dont les rapports ont été si rares, pourraient-elles s’accorder sur ce point, si elles n’avaient la vérité pour base ?

Il n’est pas inutile, même après les investigations auxquelles nous venons de nous livrer, de revenir sur les données qu’elles nous ont fournies, pour les embrasser d'une manière générale, et montrer comment elles nous conduisent à la solution de la question que nous nous sommes proposé d'éclaircir.

Avant d'entrer dans ces explications, on voudra bien ne pas perdre de vue qu'il s’agit de savoir s’il est une nation qui puisse donner à l'apparition de l’homme une plus haute antiquité que celle qui est fixée par les Livres saints, du moins d’après les écrits et les monuments d’une certaine authenticité? |

Sans doute, les Égyptiens ont prétendu ramener leurs

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