ER
… Si les preuves de tant de faits dont nous devons la première connaissance à Moïse, sont écrites en caractères ineffaçables dans les couches du globe, celles de la vérité du premier verset de la Genèse sont tracées en caractères de feu sur la voûte céleste. C’est là que l'on en découvre la confirmation et que l’on en reconnait l'exactitude.
Lorsqu:on porte ses regards sur l'immense cortége des nébuleuses et des étoiles qui brillent au firmament, et de Ja formation desquelles l’écrivain sacré a si bien entrevu les lois , on est moins étonné qu'il ait démêlé avec la même sagacité celles qui règlent et déterminent leurs mouvements. Moïse nous à fait comprendre que la stabilité du cours des corps célestes dépend de leur gravitation mutuelle et de l'étendue de la distance qui les sépare.
Il est loin cependant d’avoir développé dans toute sa portée le système de l’attraction ; il en a seulement posé les bases. Sans exprimer sa pensée dans un langage scientifique, qui n’aurait pas été compris, il nous a toutefois fait
mad
temps trop peu considérable pour suffire aux diverses modifications et coordinations qui ont été opérées dans les corps de la nature. °
Du reste, le mot jom veut dire à la fois jour et époque. I a été souvent employé dans ce dernier sens dans la Genèse; au chap. Il, v. 17, Dieu dit à Adam: Le jour où tu mangeras des fruits de l'arbre du bien et du mal, tu mourras. Cependant Adam vécut bien longtemps après, ce. qui indique que l'expression iom ne ” signifie pas constamment jour, mais est prise aussi comme désignant une époque plus ou moins longue et indéterminée. En effet, d’après le chap. V, v. 5, Adam aurait vécu jusqu’à neuf cent trente ans, ce qui prouve qu’il ne pouvait pas s’agir de jour dans la menace que Dieu lui avait faite, s’il désobéissait à ses commandements. ;
— Jhi —
saisir que la toi de la gravitation rôgle tous les phénemenes de l'univers, qu'elle suffit 4 tout et maintient l'ordre et la variété. Émanée de la sagesse suprême, cette loi préside, depuis l’origme des temps, à l’harmonie des choses créées, et y rend tout désordre impossible.
La découverte qui a amené Newton à démontrer que les corps s’attirent en raison directe de leur masse et en raïson inverse du carré de la distance , est la plus belle invention de l’esprit humain. Toutefois, l'attraction n'est que la réduction du mouvement céleste soumis à une loi mécanique dont la cause reste inconnue. Newton ne l'a pas envisagé autrement, puisqu'il n’a employé le mot d’attraction que conditionnellement, comme offrant une image sensible des phénomènes observés, quasi esset altractio. ( Note 78.)
Si l'on parvenait à faire dépendre cette force universelle de quelque conception mécanique plus générale , par exemple de l'existence d’un éther élastique répandu dans tout l'univers, il resterait toujours à déterminer le pourquoi de cette existence. Ce second pourquoi conduirait nécessairement à un autre plus reculé encore, mais dont l’explication ne serait pas plus facile. Le dernier de tous resterait probablement inaccessible, non-seulement aux efforts ‘de la pensée la plus élevée, mais même de l'imagination la plus hardie.
Lorsque l'Écriture porte ses regards sur la terre, elle nous apprend que Dieu en a posé les fondements et qu'elle ne cera jamais ébranlée , car il l’a affermie sur ses pôles. Elle nous dépeint ensaite le globe terrestre comme
NH. 29.
ayant passé, lors de ses premiers âges, par un état vaporeux bien plus subtil que la plus ténue et la plus fine des poussières. Si elle s'occupe de sa forme, elle lui donne sa véritable figure sphéroïdale ; elle la compare à un globe immense ou à une vaste sphère. |
Lorsqu'elle parle de sa position dans l'étendue , elle la suspend sur le néant ou sur un espace sans fond, et nous en dépeint avec justesse la grandeur et les diverses dimensions. Elle nous parle enfin des bornes qui ont été imposées aux eaux. (Note 79.)
Si elle porte son attention sur les cieux, elle les désigne par rakiah. Malgré l'exactitude de cette interprétation, qui nous dépeint l’immensité des espaces célestes , les Grecs dans la version des Septante, comme les Latins dans la Vulgate, ont cru la redresser ; mais ils n’ont peut-être pas bien saisi toute la portée de cette expression. Les cieux, dans la Bible, c'est l’espace immense, infini, où est répandue la matière éthérée et nébuleuse, ainsi que l’ensemble des corps célestes. Les cieux, pour elle, c’est l'étendue,
l'expansum ou. l'immensité, et non le frmamentum de saint Jérôme ni le orepéoua des interprètes alexandrins, ni enfin le huitième ciel ferme , solide , cristallin et incorruptible d’Aristote et des philosophes de l'antiquité. (Note 80.)
Moïse a seul distingué la lumière primitive de celle que nous devons au soleil; il nous la représente comme un élément indépendant des deux autres et oomme antérieure de trois époques à celle où le soleil reçut son atmosphère éclairante ou lumineuse. (Note 81.)
Ce point du réeit de la création a été longtemps et sans motifs considéré comme inconciliable avec les faits physiques. Une pareille distinction a excité de vifs reproches
. contre l’auteur de la Genèse. Ceux qui les lui adressaient,
frappés de l'éclat du grand luminaire qui préside au jour, ne pouvaient pas comprendre qu'il existât, pour la terre comme pour l'univers, d'autre source de lumière. Mais les difficultés que l’on s'était formées contre l'exactitude de la narration de Moïse, n’ont pas tenu devant les découvertes de la science.
En effet, dans une infinité de circonstances, il se produit et il se développe d'immenses quantités de lumières tout à fait étrangères à celle du soleil. Telle est celle que répandent les foyers des volcans ; telle est encore Ja lumière , non pas intermittente, mais continue, que diverses causes accumulent à la surface des nuages. Cette lumière produite par leur phosphorescence a été probablement assez vive, aidée surtout par la température, l’humidité et l'électricité plus considérable des premiers âges, pour faire germer les végétaux avant que les rayons solaires eussent fait sentir leur puissante influence.
Moïse n'a pas dit non plus que la lumière ait été créée, comme l'ont supposé les commentateurs de la Bible ; il la fait jaillir à la voix de Dieu. Ainsi, l’auteur de la Genèse est plus d'accord avec la théorie des vibrations ou des ondulations, généralement adoptée, qu'avec la théorie de l'émission, incompatible avec les faits connus. |
Sous ce point de vue, le législateur des Hébreux pourrait: peut-être paraître supérieur à Newton, si ce. grand
— Shi —
génie n'avait été lei-même favorable à l'hypothèse des vibrations, quoiqu'il ait adopté et mis en faveur la théorie de l'émission. C'est dans la lettre écrite par lui à Boyle qu'il a pssayé de montrer que les vibrations de l’éther, déterminont les phénomènes de la lumière, peuvent fournir une . explication aussi fondée que celles qui se rapportent à 1a pesanteur ou à l'attraction. (Note 82.)
Cette lettre, où se trouve énoneée cette grande et belle conception, a été publiée par M. Frédéric Maurice dans la Bibliothèque universelle de Genève. Ce savant démontre combien il est simple et conforme aux lois de la nature de faire dériver de la préexistence d’un seul fluide émipammeat élastique et subtil, les principaux et les plus importants phénomènes du monde physique. Il nous fait saisir comment, au moyen de ce lien mystérieux, Newton eptendait coordonner tous. les mouvements des grands - corps de l'univers, et ramener l'ensemble des faits physiques à cetfe unité première qui en rend la coordination si admirable et si merveilleuse.
Le rême physicien fait encore remarquer que, dans cet
appel fait par Moise à la lumière , d'être et de briller de
tout son éclat, avant qu'il y ait dans le ciel des corps lumineux disposés à la mettre en mouvement, il est difficile de ne pas voir une preuve frappante de l'inspiration du livre qui le contient. (Nate 85.)
Tout an admettant une lumière indépendante des grands luminaires placés par la main de Dieu qu milieu des espagas célestes , l’Écriturs n'appelle pas moins l'attention sur la magnifieence et sur l'éclat des rayons solaires. Bille
nous apprend que l’homme ne saurait en soutenir l'éclat, quand les vents ont éclairci les cieux et que l’aquilon fait briller l'or du soleil. |
Lorsque Moïse porte ses regards sur les astres nombreux qui donnent aux nuits leur magnificence et leur beauté, sa science parait au-dessus de celle des astronomes de l’antiquité, qui, dans leurs observations imparfaites, n’en ont admis qu'environ un millier.
L'auteur de la Genèse les étend, au contraire, à l'infini et les regarde comme innombrables. Ainsi, d’un seul mot il nous dépeint l'immense quantité d’étoiles qui composent la voie lactée ou qui sont disséminées dans les espaces célestes. ,
Poursuivant l'examen de ces corps célestes, le législateur des Hébreux les compare, comme pourrait le faire Herschel, aux grains de sable des bords de la mer.
On pourrait peut-être ne voir dans ces expressions qu'une simple figure, si l’Écriture n’ajoutait que Dieu les a semées de sa main dans l’espace comme de la poussiére. Mais quelque grand que soit leur nombre, Dieu, ajoute-t-elle , les a nommées toutes dans sa science infinie. (Note84..)
Lorsqu'elle ne s'occupe pas de leur nombre, mais de l’ordre et de la régularité de leurs mouvements, elle les compare à une armée qui s’avance en bataille ; elle nous représente cette armée céleste comme incomparable par l’immensité de ses soldats et la perfection de ses manœuvres. Émerveillée elle-même de la magnificence des cieux, elle s’écrie dans son enthousiasmo : « Ils racontent la gloire du
Trés-Haut; et, quoique sans paroles et sans voix, ils n'en
proclament pas moins sa puissancé et sa gloire. » (Note 85.)