‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 37 sur 80 · SG · texte numérisé non relu

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LMelque Millatts que soient Its aëtres disbéinihés dans l'ihiiensité de l'espace , l'Écritufe he Îés suppose poïft animés, comme le pensaient les anciens ; elle ne leur accorde pas non plus d'influence sur les choses humaines, élle les considère comme des corps softis du néant à h voix de Dieu, enfin comme des matières inertes agglomérées et soumises, marchant avec l’ordre, l'ensemble et l’unité d’une armée qui s’avance en bataille et exécute les décrets do sa haute sagesse. (Note 86.)

La Bible nous représente l’'Être infini comme celui qui a féis sa majesté par-dessus les cieux èt qui s 'abaisse mème #nuore quand il porte ses regards sur la voûtè céleste. Entre les représentations animées qu’elle nous donne de ha inajesté divine, que l'univers ne peut contenir, et celles us nbus-en ônt laissées les plus beaux génies de antiquité, ladistance est si grande, qu'il n’y a aucun parallèle à étabir entre elles. Il en est de même des idées que l'Écriture et les théogontes anciennes nous ont transmises sur Dieu, ainsi que sur le monde matériel et les causes de sa formation.

L'Écriture n’est pas moins exacte lorsqu'elle décrit les “ différentes constellations. Elle nous montre les pléiades comme devaht leur éclat à un grand nombre d'étoiles fort rapprothées ; elle nous dépeint, au contraire, les astres quicomposent la constellation d'Orion comme très-écartés les uns des autres , et en quelque sorte comme disprsés au miisu de la voûte céleste. Portant enfin son attention sur le brillant cottége de la grande Ourse, elle nous R montre composé d’une infinité d'étoiles resplendissantes. (Note 87.)

Ca nest nes uniquement saus la rappost de 00e grandes vues que l'Écriture se monte d'accord avec les déceuvertes de la sçiença; alle l’est surtout lorsqu'elle oom sidère les phénomènes de détail de ce monde matériel. Ainsi, lorsqu'elle parle de l'air, elle nous le représente comme doué d'une certaine pesanteur et entourent lg torve de ses couches mobiles. Dans cet admirable cantiqua où Salomon naus dépeint l'éternité de la sagesse infinie , ne vous apprend-il ps qu’elle éclate de toutes parts, aussi bien lorsque Dieu a établi l'air au-dessus de la terra, que lorsqu'il a disposé dans leur équilibre les eaux des fontaines et posé les fondements de la terre ? (Prov., ch. VME, v. 28, 29.)

L'Écriture nous à également appris la première, «que » Dieu a donné à l'air son poids (mischkal) et aux egux. » leur juste mesure.» Cependant cette propriété de la cour. che aériforme qui entoure la terre est restée incanque jusqu'à Galilée et Toricelli, Tout au plus Aristote ep avait

‘Cete pesanteur attribuée à l'air a paru si extrapdinaire à la plupart des interprètes du livre de Jab, où elle est littéralement consignée, que, ne pouvant pas la com prendre , ils l'ont tout à fait méconnue. Ils ont traduit l'expression laourgch, qui sigaifie proprement l'air ou la couche aériforme dont le globe est environné, par vent, quoiqu'ils aient conservé an mot mischkal ‘son vrai ses, c’est-à-dira cohai de pesanteur ou de poids.

Hs ont agi ainsi, parce que, ne pouvant se figurer qua

— Si — l’air f0t pesant, et sachant par expérience que l'on éprouve

une certaine résistance lorsqu'on se dirige contre ses couches en mouvement, ils lui ont'attribué un poids , cause,

selon eux, de sa force et de sa puissance. Au lieu de faire

comme l’Écriture, de donner à l'air lui-même une cer-

taine pesanteur, ils l'ont rapportée à l'agitation et à l'impé-

tuosité de ses couches mobiles. |

Une fois cette interprétation admise, tous les commentateurs qui ont suivi les premiers traducteurs ont adopté la même version, sans s'occuper de savoir si elle était ou non conforme au vrai sens du texte hébreu.

Siles anciens interprètes avaient compris la véritable interprétation du mot laourach, employé dans le septième verset du psaume CXXXIV, ils y auraient vu une nouvelle préuve de la pesanteur que l’Écriture attribuait à l'air‘. En effet, le psalmiste y loue Dieu de ce qu'il «fait monter les vapeurs de la terre et tire le vent hors de ses trésors. »

L’ascension des vapeurs aqueuses au milieu de l’air est une

suite de leur légèreté plus grande que les couches de

l’atmosphère où elles se répandent. Les unes et les autres

sont donc pesantes , et l'excès du poids est ici en faveur de la matière, qui, au premier aperçu , en paraîtrait dépourvue?, (Note 88).

‘ Sans doute, on ne peut déduire la pesanteur de l’air de cette eirconstance que par induction; mais elle est si naturelle, qu'il est difficile de ne pas supposer qu’en faisant élever la vapeur d’eau àtraversl’air, l’Écriture n’ait pas entendu en même temps que c'était par suite de sa plus grande légèreté que son ascension avait lieu.

3 Quoique l’eau ne soit pas le liquide le plus léger, sa vapeur est cependant une des plus légères.

Les vapeurs aqueuses sont , aux yeux de l’Écriture, la

- source des nuages d’où découlent les eaux qni fertilisent

Ja terre, ou la ravagent lorsqu'elles sont trop abondantes. Elles sont donc pour elle la source des pluies impétueuses, et la source des orages lorsqu'elles donnent un libre passage aux feux du tonnerre. L'Écriture confirme par là leur faible densité et celle de la couche aériforme qui leur donne accès au milieu de ses interstices.

La Bible nous dépeint ainsi la vapeur aqueuse constamment suspendue dans l’air et que, par une admirable circulation , la nature emploie à la confection des nuages, d'où dérivent les pluies qui fécondent la terre.

L’Écriture dorine à l’atmosphère et aux eaux supérieures, C ’est-à-dire à la vapeur aqueuse disséminée dans son sein, une importance que la science moderne a pu seule constater. (Note 89.)

Du moins, d’après les calculs des plus grands physiciens, la force employée annuellement par la nature pour la formation des nuages, est égale à un travail que l’espèce humaine tout entière ne pourrait faire qu'en deux cent mille années (Vote 90.)

Cette séparation des eaux supérieures d'avec les eaux inférieures a lieu au moyen de l'atmosphère, et non par une sphère solide, comme l'ont supposé à tort la plupart des interprètes de la Genèse. En effet, le mot hébreu rakiah, que nous avons rendu par intervalle ou par firmament, est loin d’avoir le moindre rapport avec quelque chose de ferme et de dur. Il indique plutôt une étendue vaporeuse , c’est-à-dire une. couche aériforme, mais non

pes un (ciel solide ou de métal, ainsi que Dom Calmet l'avait supposé sans motifs.

La Bibla nous indique ici l'importance de Peau dans la |

formation de la tarre ; elle nous apprend encore qu'outre l’eau disséminée dans l'atmosphère ou qui couvre la plus grande partie de la surface du globe, il en existe däns son intérieur des quantités non moins considérables. Sa croûte solide , dit-elle, recouvre un grand abime ; de cet abime (chehon rabbah) les eaux ont fait irruption (nibkehord) avec une extrême violence , à l’époque du déluge comme à celle du chaos et des âges sans nombre qui l'avaient précédé. (Note 91.)

L'Écriture, devançant les découvertes modernes, nous. montre ka croûte la plus extérieure de la terre sortant du sein des eaux, et cette même croûte renfermant dans son sein une immense quantité d’eau liquide ou en vapeur. Ces faits ont été confirmés par l’observation. N’est-il pas d'e périence vulgaire que les eaux souterraines sont presque aussi abondantes que celles de la surface de la terre? En effet, le. globe paraît avoir dans son intérieur des fleuves, des torrents, des lacs et peut-être même des mers, ainsi que l’a supposé l’un des plus grands physiciens de notre siècle. (Note 92.)

Lorsque la Bible parle du déluge, elle nous le représente comme produit par des pluies impétueuses et violentes, les cataractes des cieux s’étant ouvertes. D’un autre côté, elle nous dépeint les eaux renfermées dans les entrailles de la terre, comme ayant jailli à la surface par torrents. Elles enflèrent en même temps à la surface du

El —

* pibe les œaux extérieures, qui s'actrurent et d6bordbrent de toutos parts, suivant l’énergique expression de Mb. Toates ces causes réunies produisirent la catastrophe tause de à destruction du genre humain, et suivie de son rénouvellement. (Note 95.)

De pareils faits sont encore la cause, non pas de délugee analogues à celui dont la Bible nous dépeint la violence, mas d'inondatons qui désolent la terre à des inturvatiès Plus ou moins éloignés. Les eaux du ciel sont maintenant ihpuissentes pour opérer par la grandeur de leur débordement la perte et la ruine des hommes. En effet, la quenlité de vapeur aqueuse disséminée dans l'atmosphére est op faible pour produire des déluges semblables à celui de Noé, dent le souvenir s’est conservé chez toutes les nations. (Note 94.)

L'Écriture ne se borne point à ces faits, pour nous faire comprendre qu'outre les grandes masses d’eau répandues à la superficie du globe , il en existe de non moins considérables dans son iatériour. La terre est fondée et étendue sur les eaux souterraines : elles y ont été rassemblées en amas immenses dans les lieux les plus cachés de za profondeur, d’où elles s’échappent parfois pour répandre la fertilité sur les sols les plus ingrats.

Aussi, quand elle décrit les régions du pays de Ghanaon, auquel une puissance merveilleuse de végétation est promise pour Les derniers temps, elle les représente nonseulement comme abondantes en sourees et en fontaines, Mais surtout en eaux souterraines. Elle semble per là ætieiper sur le proeédé de perforation , à l’aide duquel les

peuples modernes viennent d'apprendre à fertiliser les champs les plus arides et les contrées les plus stériles.

L'abondanse des eaux contenues dans l'intérieur de la terre est un fait démontré par tbus les forages qu’on y pratique journellement. On peut facilement concevoir cemment elles y sont alimentées. Les larges crevasses et les fissures qui traversent la plupart des terrains, et qui doivebt surtout être nombreuses dans la profondeur des mers, où les matériaux solides sont le moins accumulés, permettent aux eaux de se répandre dans les entrailles. du globe. Il se pourrait que, par l'effet de cette perte, quelques mers intérieures eussent leur niveau inférieur aux

mers dans lesquelles il y aurait compensation entre cette

déperdition et les produits des affluents qu’elles reçoivent.

On trouve encore dans l’Écriture des preuves de l’étendue des mers aux premiers âges ; elle contient même quelques détails suceincts sur les animaux qui les habitaient, et-dont la plupart ont précédé les espèces des terres sèches

et découvertes. De pareils faits ont exigé de longs inter-.

valles pour s’opérer.

: En effet, les nombreuses générations ensevelies dans les vieilles ‘eouches du globe , auxquelles ont succédé les races actuelles , ont dû vivre pendant des temps plus ou moins longs pour remplir les conditions qui les avaient fait sortir du néant. Cette circonstance, à elle seule, prouve que le mot iom de la Genèse, traduit mal à propos par jour, se rapporte à des époques indéterminées, dont il est impossible de fixer la durée.

Tout en nous faisant comprendre la grandeur des mers,

lÉeriture ne manque pas de nous epprendre que Dieu jour a marqué des limites, leur a posé des bornes et des barrières qu'elles ne franchiront jamais. Dans son style poétique, elle s’éerie : «Mer, tu viendras jusque-là, mais tu n'iras pas plus loin. lei, tu‘briseras l'orgueil de tes a flots. » (Note 93.)

Ailleurs , elle en déprint la profondeur et montre ta grandeur de ses abimes entretenue par des pluies qui sortent du sein des nues. Les pluies servent aussi à désaliérer la terre désolée et à y faire germer l'herbe de la prairie. Quant aux eaux , elles se convertissont parfois en glace et se durcissent comme la pierre. Leur solidité afermit sinsi accidentellement la surface de la mer. (Note 96.)

Elle nous représente la gelée se répandant sur la terre cemme le sel, et hérissant les plantes comme les fouilles des chardens. Dès que le vent froid de l’aquilon souffle, l’eau devient comme le cristal. La gelée repose sur tous les amas d’eau , et les rend comme une cuirasse impénétrabe. | :

Lorsque la neige tombe sur la terre, elle s’y étend comme la multitude des oiseaux voyageurs qui viennent s'y reposer. Elle s’y répand comme les générations des sauterelles qui descendent des nues. L’œil admire l'éelat et la blancheur de la neige ; mais le cœur s'effraie des inondations qu’elle amène. Enfin , après ces jours mauvais , des vents chauds et humides se font sentir, et, avec eux, disparaissent la neige et la gelée,

Ainsi , partout et à chaque pas, l'Écriture nous montre

l'influenee des eaux répandues dans l’espace et leurs effets. I, , | ° 30.

sur la terre. Elle nous dépeint enfin l’action ét les effets. de l’air atmosphérique sur l'ascension de Ja vapeur d'eau. (Note 97.) |

La Bible, pour nous donner une idée de lachaleur centrale, ne se borne pas à nous parler des effets qu'elle pout avoir exercés sur les eaux qui ont produit le déluge ; elle nous en entretient encore, lorsqu'elle s'occupe de l'état intérieur de notre planète.

En effet, dit-elle, si sa surface fournit à l'homme les

éléments de sa nourriture, au-dessous de sa croûte solide la terre n’en est pas moins en feu et comme bouleversée. La plus grande partie de son écorce, ainsi enflammée dans dans son intérieur, est couverte d'eau à sa surface. Audessus de leur masse liquide, les continents et les montagnes , qui en sont les points les plus élevés, ont surgi pour servir d'asile à l’hommeainsi qu'aux végétaux etaux animaux terresires.

. Qui donc a appris à Job que la terre était animée d’une température ardente? Qui a pu lui enseigner l'existence du feu central, dont Buffon a également entrevu la possibilté, avant que cette hypothèse fût devenue un fait presque démontré? Nous n'oserions répondre à cette question, à raison du point de vue sous lequel nous avons considéré les Livres saints.

On s'étonne toutefois de trouver dans la Bible des vérités physiques si longtemps méconnues ou si longtemps ignorées : la pesanteur de l’air et la feu central. (Note 98.)

Malgré. l'existence de cette chaleur intérieure dont elle apprécie les effets, l'Écriture n’en admet pas moins

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