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sous celui de leur étendue , de leur pesanteur et du nombre des atomes ou des molécules qui les composent. Peutêtre ce livre a-t-il voulu spécifier ainsi les principales manières d'envisager les corps ou les principales branches des sciences naturelles. La physique y serait représentée par la mesure, les sciences mathématiques par le nombre, etla chimie par le poids.
L'Écriture nous dépeint dans quelques mots les principales propriétés des corps et comment il est possible d'en résumer les diverses apparences et les différents caractères. Aussi Dieu demande à Job où il se trouvait lorsqu’Il posa les fondements de la terre et qu’il en établit les mesures; où 1l était Jorsqu’I] renferma la mer dans ses digues, quand elle rorapit ses liens, comme l'enfant qui sort du sein de sa mère; ou bien lorsque, l’enveloppant de nuées comme d'un vêtement, Il l’entoura de ténèbres, comme des langes de l'enfance. L'homme a-t-il jamais connu, dit-elle enfin, les sentiers de la lumière et le lieu des ténèbres?
C’est toujours dans un style figuré et poétique que l'Écriture nous dépeint les vérités physiques dont elle nous donne une idée. Essentiellement concise et dogmatique, elle ne les développe jamais ; elle se borne uniquement à les énoncer et à les établir par la puissance de sa parole. Plein de confiance en cette puissance, nous avons cherché à la mettré en évidence , afin de lui faire produire tout son effet.
Nous devons être moins surpris de trouver tant de connaissances réunies dans la Bible, depuis que les savantes recherches de M. Boré ont prouvé que les Hébreux et les Chaldéons étaient des tribus d'un même peuple. On saït
combien la dernière de ces tribus avait fait de progrès dans l'astronomie, progrès qui en font supposer dans les autres branches des connaissances humaines. Les arts avaient suivi la même impulsion, et étaient arrivés à un assez haut degré de splendeur, ainsi que le prouvent les monuments que ces peuples nous ont laissés.
La sculpture et l’art de fondre et detravailler les métaux devaient y avoir été perfectionnés de très-bonne heure, ainsi que le prouve l'érection du Veau d’or. Peut-être ces divers genres d'industrie, connus des Hébreux, ont-ils été transmis par eux aux Égyptiens ; du moins ceux-ci parais-
sent avoir su aussi employer les métaux à divers usages et s’en servir dans les arts‘. Ils en ont même tiré de nombreuses matières colorantes , dont les nuances conservées
souvent intactes sont des objets continuels d’admiration pour
les voyageurs qui parcourent les anciens temples de l'É-
gypte. La Bible nous a fait part des connaissances que les Hébreux avaient acquises dans ces divers genres d'industrie. Ainsi , d'après l’Exode , peu de temps après la mort de Josué, Joab, de la tribu de Juda, fonda la tribu des ouvriers; les uns travaillaient l'or et les autres l’argent *. Les femmes filaient, tissaient, brodaient, non-seulement pour leurs besoins domestiques , mais aussi pour les désirs des autres et pour les besoins du commerce 5.
‘ Exode, chap. XXV, vers. 47, 18, 49, 23, 24, 95, 26, 27, 28, 29, 32. Id., chap. XXXII, vers. 4, 5, 8.
2? Genèse, chap. XIIT, vers. 2. — Exode, chap. X XV, vers. 3, 4. — Nombres, chap. VIT, vers. 84, 88,86. — Deutéronome, chap. VIII vers. 13; chap. XVII, vers. 17.-— Exode , chap. X XXI, vers. 10 ; psaume CXIIT, vers. 12.
3 Exode, chap. XXXI, vers. 4,6, 8, 10, 18.
Les ouvriers employés à ces divers travaux n'étaient point esclaves, ainsi que le fait observer le législateur des Hébreux , comme le furent plus tard ceux que les Grecs utilisatent dans le même but.
L’Exode nous parle encore des tables de la Loi, que les Hébreux n’auraient pu comprendre s'ils n'avaient pas eu quelques notions de l'écriture, dont l'invention suppose une civilisation assez avancée 1. Aussi les noms des douze enfants d'Israël étaient-ils gravés sur une agathe onyx, ce qui annonce que l’art de ciseler les pierres fines y avait fait de grands progrès ?.
À la vérité, les caractères d'écriture ont été introduits en Grèce par Cadmus le phénicien , mais ce ne fut que longtemps après que Cécrops eut civilisé les rares peu- - plades du Péloponèse.
Sans doute, les arts n’appartiennent à aucun peuple en particulier ; ils sont indigènes dans tous les pays où la raison humaine se développe, et où la civilisation s'étend et se perfectionne. Mais comment ne seraient-ils pas arrivés de bonne heure à un haut degré de supériorité, chez des peuples aussi avancés que les Hébreux dans les sciences et qui possédaient un livre tel que la Bible.
Les vérités physiques les plus essentielles à la connaissance du monde matériel sont donc pour la plupart indiquées dans les premiers livres de la Bible. Elles n’y sont jamais développées , parce que Moïse et ceux qui lui ont
È Exode, chap. XVII, vers. 14.
? Æxode, chap. XXXI, vers. 5-8-9.
succédé n’ont pas eu la pensée de faire des traités scientifiques. Tout en parlant de Dieu et des œuvres qui proelament sa puissance, ils ont seulement laissé percer quelques traits de leurs hautes connaissances.
Ils ont eu pour but, et pour but à peu près unique, de montrer au peuple qu'ils étaient appelés à diriger , quels étaient ses devoirs et surtout de le pénétrer de la rrainte de Dieu. Il leur a suffi de dévoiler les principaux faits de ce monde visible , pour les convaincre de la sagesse et de la puissance du Très-Haut , assez clairement écrites dans les œuvres qu’il a produites. Exposés avec une concision admirable , la plupart de ces faits ont échappé aux premiers interprètes de l’Écriture ; faute de les comprendre, ils n’ont pas donné aux Livres Saints toute la portée qu'ils ont maintenant à nos yeux.
Leurs erreurs tout involontaires sont d'autant moins étonnantes que l'Écriture renferme des données dont on ne saurait se rendre raison, même dans l’état actuel de nos connaissances. Aussi peut-on se flatter que leurs progrès les rendront bientôt intelligibles et saisissables à tous. Ce n'est pas là le moindre avantage des sciences, ni le moins bel héritage que nous puissions léguer à nos neveux ; ils sauront ainsi que l'Écriture est un trésor ouvert à tous, et que c’est le seul livre où il soit permis de puiser sans être accusé de plagiat. Les idées qu’ils y trouveront auront déjà appartenu à des millions d’intelligences ; mais en les étendant et les comprenant mieux que leurs devanciers , elles seront d'autant plus à eux , qu'ils auront été les premiers à les y apercevoir et à en saisir toute la portée.
Les faits que nous venons de rappeler, et qui pour la plupart se rapportent au monde livré à nos investigations, prouvent que l'univers est soumis à des lois immuables, et que dans l’arrangement des corps qui en font partie il n'y a pas la moindre trace de hasard, mais que tout y est disposé dans un ordre merveilleux digne de toute notre admiration. Il en est de même des créations les plus extraordinaires de la nature; elles révèlent en effet dans leurs conceptions, en apparence bizarres, un ordre constant et en quelque sorte accompli.
Si donc il y a un rapport évident et nécessaire dans les corps bruts et les êtres animés de la nature, il y a ordre et raison entre eux ; car l’ordre et la raison sont inséparables. Bien plus, il y a partout sagesse et harmonie. Les merveilleuses découvertes que le calcul et l’observation nous ont fait reconnaître dans le sein du globe aussi bien que dans l’immensité des cieux , ont détruit pour toujours l’hypothèse des combinaisons fortuites. Les recherchès récentes nous ont révélé avec la plus grande évidence la sagesse infinie qui a présidé à tout et qui a réglé dans an ordre
admirable l’ensemble des choses créées.
Ona mieux compris que par le passé combien la puissance divine se manifeste surtout par les choses visibles qu’elle a mises sous nos yeux; aussi, plus que jamais, devons-nous nous écrier avec le prophète : que les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament les merveilles des œuvres de ses mains!.
— mue mes Se ee ne + 2 M Ae n
! Psaume XVII, vers. 1.