‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 38 sur 80 · D ER CE, IS · texte numérisé non relu

D ER CE, IS

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l'étendue et l'épaisseur de la croûte solide du globe , qui recouvre d'immenses quantités d'eaux cachées dans sa profondeur.

‘Sans doute les Livres saints, en nous donnant une idée de ces grands faits, ne nous les ont pas appris avec le langage des physiciens. Ils n’ont jamais parlé comme Copernic, Newton, Képler ou Laplace. La raison qui en a empêché les auteurs de ces livres admirables, est facile à saisir. S'ils s'étaient exprimés sur les scènes de la nature non d’une manière générale et poétique, mais d’après les aperçus que pourraient en avoir les savants des siècles à venir, ils n’auraient certainement pas été compris, même des imtelligences les plus hautes. .

Ne perdons pas de vue, dans l’examen des faits dont nous devons la premiére connaissance à la Bible, que le langage le plus avancé de la science n’est, après tout, que le langage des apparences. Le monde visible et matériel est, plus qu’on ne le suppose, upe scène d'illusions et d'erreurs. Ce que nous nommons réalité n’est souvent qu’une figure, par rapport à une réalité plus cachée et à une analyse portée plus loin. Cette expression dans notre bouche n’arien d’absolu ; c'est un terme relatif que nous employons à mesure que nous croyons avoir remonté, d'un échelon nouveau, la profonde échelle de notre ignorance.

Avant tout, l’Écriture devait être intelligible aux hommes les plus vulgaires, comme aux plus savants. Ne soyons donc pas surpris qu’elle s'exprime parfois suivant le Jangage habituel et familier de la science, et qu’elle dise avec elle que les étoiles se lèvent, les équinoxes reculent, les

planètes marchent et redoublent de vitesse , s'arrêtent et rétrogradent. Nous ne devons pas non plus nous étonner qu’elle parle du lever du soleil et de son coucher, puisque ees locutions, quelque vicieuses qu’elles soient, n'en sont pas moins adoptées par tout le monde et même par le Bureau des Longitudes.

Ce qui doit nous surprendre , c’est de trouver dans la la Rible la distinetion des montagnes en deux ordres , les primitives et les secondaires. Ainsi, dans le psaume CIV, d’une beauté poétique incomparable, le prophète nous donne une idée de la dernière formation de la terre. Il nous la représente couverte des eaux de labime comme d’un vêtement. Les eaux surmontent la plupart des montagnes , et plusieurs d’entre elles surgirent et s’élevèrent bien au-dessus de leur niveau. Les eaux se retirérent peu à peu et s’enfuirent du sol qu'elles avaient d’abord envahi.

De nouvelles montagnes parurent encore, et à leurs pieds se formèrent les vallées et les plaines , les points les plus abaissés du globe. Il y aurait done, aux yeux du prophète, deux principales époques dans l’exhaussement des hauteurs qui sillonnent de toutes parts la surface du globe. Ces deux époques correspondraient en quelque sorte à la distinction faite de nos jours des montagnes en deux ardres principaux, c’est-à-dire en primitives et en secondaires.

Aussi l’auteur des Proverbes (Proverb. VIIL, 25), en parlant du soulèvement des montagnes et des coteaux, dit que ces événements, qui ont singulièrement modifié le relief du globe, ont eu leur époque à part et distincte. Plus

loin et dans les psaumes XCVI, vers. 5, LXXXIX, vers. 2, l'Écriture nous représente les montagnes coulant comme de la cire, à peu près comme pourraient le faire ceux qui auraient vu couler les rochers de l’Auvergne et du Cantal,

ou qui auraient vu fondre comme de l'eau, les basaltes

‘de la Chaussée des géants‘,

La Bible nous dépeint la masse des montagnes sortant du sein de la terre à Ja voix de Dieu et s’élevant au-dessus des plaines et des vallées. Elle nous rend compte de leur soulèvement, comme pourrait le faire un poête géologue. «Les montagnes, s’écrie-t-elle dans son enthousiasme, » surgirent au-dessus de l’abime et les vallées s’abaissérent »au lieu que Tu leur avais choisi.»

Elle s'occupe même de la force qui les à exhaussées : elle la dit proportionnelle à l'élévation à laquelle ces émi-

nences ont été portées. Ainsi, plus puissante lorsqu'its’agit de faire élever les montagnes proprement dites, elle. s’affaiblt lorsque leurs efforts se bornent à soulever les

collines au-dessus des vallées. Dans son style figuré, elle compare l’exhaussement des premières aux bondissements des béliers , et celui des secondes aux sauts des agneaux. (Note 99.)

Aussi nous représente-t-elle le terre molle comme l'argile, au moment de ces grands événements. Elle nous la dépeint ensuite comme ayant pris une forme nouvelle et

! Les diverses modifications, bien postérieures à la création, qu'ont éprouvées les diverses parties de la terre, étaient nécessaires pour les rendre habitables.

s'étant parée d’un nouveau vêtement, faisant en quelque sorte allusion aux terrains de sédiment qui .en retient le croûte la plus superficielle.

Lorsqu'elle s'occupe du fluide électrique répandu dens l'atmosphère, elle nous le représente comme retentissant dans tout l’espace des cieux, et faisant briller l'éclat des étlairs jusqu'aux extrémités de la terre. Après leur lueur, la foudre gronde, ses roulements se font entendre.

Le bruit du tonnerre, dit-elle, annonce que la colère de Dieu va tomber sur tout ce qui aspire à s'élever. À peine a-t-il retenti, que le coup a déjà frappé. Ainsi, la volonté de Dieu éelate par la voix de son tonnerre ; lui qui opère de si grandes et de si étonnantes merveilles, trace sa route à la foudre et règle le cours des tempêtes.

Telle est l’idée qu’elle nous donne de ce phénomène don l'instantanéité est plus grande encore que celle de la luiière. En effet, d’après les expériènces de M. Becquerel sur la vitesse de l'électricité , ce fluide parcourrait 90000 lieues par seconde.Sa rapidité est donc plus grande que celle de la lumière, qut n’est que de 80000 lieues. (Note400.)

Le fluide électrique a non-seulement la plus grande vitesse, mais il entre en quantité considérable dans Ja constitution des molécules des corps. Cette quantité est tellement immense que l'imagination en est’effrayée. Les éléments d’une simple molécule d’eau paraissent renfermer 800000 charges d’une batterie électrique composée de huit jarres égales, de deux centimètres de hauteur et de six décimêtres de tour, etobtenues avectrente tours d’une puissante machine électrique. Si la quantité d'électricité

qui se trouve ainsi accumulée entre les éléments d’un gramme d’eau devenait subitement libre au milieu d’un édifice quelconque, cet édifice volerait aussitôt en éclats.

Ceite puissance, à côté de laquelle la vapeur n’est rien, soit qu’on la considère comme une matière très-subtile, ou bien comme le résultat d'un mouvement vibratoire imprimé à l’éther, est employée uniquement par la nature à maintenir les combinaisons et la constitution moléculaire des corps. (Note 104.)

On ne doit done pas s'étonner de l'importance que l'Écriture a donnée à la foudre et au tonnerre, qui n’en est pas l'effet le moins étonnant. Il est peu de phénomènes naturels auxquels l'électricité ne participe et qui ne soient plus ou moins sous sa dépendance. Comment pourrait-il en être autrement, puisque chaque molécule matérielle paraît douée, non-seulement d’une certaine quan- - tité de lumiére et de chaleur, mais encore d'électricité.

La Genèse n’est pas moins exacte lorsqu'elle porte son attention sur les êtres vivants qui tour à tour sont venus animer et embellir la surface de la terre. Elle en dépeint la succession ; elle nous apprend qu'ils ont apparu par générations distinetes , et généralement en raison directe de la complication de leur organisation. On s'étonne de trouver ce fait dans la Bible, surtout lorsqu'on le voit écrit en caractères ineffaçables dans les entrailles du globe.

Quoique clairement exprimé dans un livre dont Pexistence est si ancienne , il ne nous est connu que depuis environ un demi-siécle. À cette idée d'ensemble fixée par

Moïse à l’apparition des êtres vivants, il sjoute des détails dont l'exactitude n’est pas moins manifeste. ( Note 102.) D'après Moïse , les végétaux terrestres ont précédé les animaux qui habitent les terres sèches et découvertes. À cet égard, la science chimique confirme l’assertion de l'écrivain sacré. On a cru toutefois qu’il n’en était pas de même des faits géologiques ; mais, mieux étudiés, ils ne sont nullement en opposition avec l'apparition des végétaux avant les animaux, qu'eux seuls peuvent alimenter. il s’agit de savoir si ces observations sont aussi concluantes qu'on l’a supposé , et si, d’après la nature des choses , les végétaux n’ont pas dû paraitre avant les animaux. Les faits d’après lesquels on a cru prouver que les premiers n’ont point précédé les êtres doués de mouvement, sont loin d’annoncer ce qu’on a voulu en déduire. En effet , tandis que les végétaux terrestres se montrent en grand nombre dans les terrains de transition, il n'en est pas ainsi des animaux des mêmes stations ; à peine } a-t-on découvert quelques individus des classes inférieures du règne-amimal. Le nombre de ces individus est si petit qu'il s'élève toutau'plus à cinq ou six ‘espèces. Cependant les rechepehes lés plus actives ont été faites dans toutes les partigs du monde pour en trouver une plus grande quantité. |. und même ces êtres auraient été observés dans les mêmes couches terrestres , ce ne serait pas pour cela une preuve qu’ils eussent vécu simultanément. Nous ignorons, en effet, le temps qui peut avoir été nécessaire à la précipitation de ces anciennes couches , ainsi qu’à leur solidification. Dès-lors, des plantes, quoique antérieures À

telle ou telle espèce animale, ont très-bien pu être ensevelies dans le même terrain, mais dans des parties différentes et à des hauteurs inégales.

On ne peut donc pas admettre qu'il y aït eu apparition simultanée des végétaux et des animaux, lors même que les débris des uns et des autres se trouveraient dans les mêmes dépôts; car ces dépôts ont bien pu exiger des espaces de temps plus ou moins considérables pour se produire. Du reste, il est loin d'être démontré que les plantes terrestres ne se montrent pas dans les couches plus anciennes que celles où l’on découvre des espèces animales, quoiqu'elles fassent partie d’une même formation.

Les faits géologiques ne contrarient donc pas la marche tracée par l’auteur de la Genèse à l'apparition des différents êtres vivants. Cette assertion de Moïse est une conséquence géologique d’une haute portée, confirmée par l'observation des faits, ainsi que l’a remarqué l’un des grands physiciens de nos jours 1.

Cette conséquence est du reste rigoureuse, car elle était nécessaire. Les animaux carnassiers tirent leurs aliments des végétaux, même ceux qui se nourrissent de proie vivante, puisqu'ils dévorent des espèces herbivofes. Ils s’alimentent, en définitive, de la matière herbacée que ces dernières avaient assimilée et par cela même convertie en leur propre substance. Si donc les herbivores ont dû précéder les races carnivores auxquelles elles devaient servir

1 Voyez la Statistique chimique de M. Dumas, 7 AL 31

de pâture, les unes et les autres ont dû être devancées par les plantes qui, seules, pouvaient leur donner les moyens de croïtre et de se développer. Par une conséquence du même genre, on doit admettre que les animaux herbivores ont dû apparaitre les premiers parmi les êtres vivants.

Cette conclusion, à laquelle on arrive par le simple raisonnement, est également confirmée par l’observation des couches du globe. Mais il est non moins remarquable de trouver ‘la présence primitive des végétaux mentionnée dans la Genèse, écrite depuis plus de 3500 ans, ou près de 4000 années, d’après Arago. L'Écriture admet en outre l’apparition graduelle des végétaux; elle les fait commencer par les espèces les moins compliquées , auxquelles succèdent les herbes, puis les arbrisseaux, enfin les arbres.

L'écrivain sacré place après tous les animaux la venue de l’homme, qui courorine et termine l’œuvre de la création.

Les physiciens occupés de cette question ne Font point examinée dans le but de justifier l'auteur de la Genèse. Par cela même , leur opinion a un plus grand poids, car elle leur a été inspirée par l'expérience et l’observation.

C’est ici surtout que s’applique cette belle pensée d’Herschel. Frappé des relations que les sciences contractent tous les jours avec la Révélation, il s’écrie que «toutes » les découvertes humaines semblent n’être faites que pour » mieux confirmer les vérités venues d’en Haut et renfer- » mées dans les Livres Saints.» L’illustre astronome a vu dans un pareil accord le plus beau triomphe et la plus noble conquête de l'intelligence. Cette donnée scientifique

æ une portée encore plus haute : elle annonce que la Genèse a eu raison d'envisager l’homme comme le dernier venu entre les êtres vivants, et de le considérer comme le terme et le complément de la création.

Les plantes ont dà précéder les animaux herbivores, ceux-Ci devant y puiser toutes les substances qui servent à les nourrir ; les herbivores ont dù également arriver avant les espèces carnassières. En effet, sans les espèces qui se nourrissent de végétaux , les races carnivores seraient mortes de faim. Par les mêmes raisons, les omnivores, ou les espèces qui vivent à la fois de végétaux et d'animaux, ont dû arriver plus tard ; aussi l’homme , omnivore par excellence, est venu le dernier entre les êtres vivants , puisqu'il exige bien plus que les quadrumanes tous les genres de nourriture.

L'Écriture a également admis avec raison que la germination des végétaux avait eu lieu avant que le soleil eût reçu le pouvoir de répandre la lumière sur la terre. D'après des motifs non moins fondés, elle a fait apparaitre les plantes avant les animaux auxquels elles devaient servir d'aliments. Il s'agit toutefois de savoir si elle est toujours dans le vrai, en proclamant la nouveauté de l’espêce humaine par rapport aux autres espèces vivantes.

Ce que nous avons fait observer est en quelque sorte une preuve que la venue de Fhomme sur la terre doit être postérieure à celle de la plupart des animaux invertébrés ou vertébrés. On ne peut guère se former des doutes sérieux à ce sujet, d'après les lumières que nous a fournies

Vobservation des couches fossiliféres. En effet , les débris

. de notre espèce paraissent postérieurs aux terrains .de transport anciens , dits improprement diluviens, les plus ” récents des dépôts géologiques. L'homme a donc fait partie des plus nouvelles générations. Aussi, la plupart des espèces dont il a été contemporain ont encore leurs représentants parmi les races actuellement vivantes.

La date de la venue de l’homme, le plus nouveau des êtres, ne remonte guère au-delà des 7,500 ou 7,600 années que l’Écriture lui attribue. On doit aussi admettre, avec elle, que le dernier arrangement de la surface du globe est plus récent que la date de la dernière catastrophe qui l’a ravagée, catastrophe suivie du renouvellement du genre humain. C’est donc sans raison que bien des peuples, et surtout nos écoles modernes, se sont en “quelque sorte révoltés contre une date qui donne un âge si Jeune à notre orgueilleuse race.

Les travaux géologiques, les recherches de l’histoire et étude des monuments, démontrent non-seulement la nouveauté de l'apparition de l’homme, mais surtout l'époque récente de son renouvellement. Ainsi, les 75 ou. les 76 siècles écoulés depuis l’époque où, d’après la Bible, l’espèce humaine a posé pour la première fois le pied sur la terre, suffisent pour y comprendre les événements qui s'y sont passés.

Ici donc, comme ailleurs, l’Écriture est dans les limites de la vérité. Le terme qu’elle assigne au berceau de l'humanité, quoique peu éloigné de celui auquel la civilisation est parvenue à un degré de splendeur remarquable, en explique toutefois, sans efforts comme sans ombarras,

— 56% — les diverses phases. On peut faire entrer dans cet intervalle, si court pour les faiseurs de systèmes, tout ce que les traditions historiques certaines nous ont appris sur les progrès de l’homme dans le chemin de la civilisation.

La Bible a également admis l'unité de l'espèce humaine. Ce point de fait, longtemps contesté, a été de nos jours reconnu exact par les physiologistes les plus illustres etles anatomistes les plus profonds. Les connaissances spéciales des uns et des autres sur les preuves qui le démontrent, donnent à leur opinion la plus grande autorité.

Cette question sera probablement à l’abri de toute contéstation dans un avenir peu éloigné. En effet, les hommes noirs ou les nègres, qui, en reculant et en descendant dans lechemin de la civilisation, avaient perdu en grande partie leur caractère primitif, reviennent maintenant aux bienfaits de la culture intellectuelle et se sont constitués en corps de nation. Ils tendent à remonter vers le point d’où ils étaient partis, par suite des progrès de leurs connaissances et de leurs facultés.

Le développement de leur cerveau, suite nécessaire de la culture de leur esprit, les rendra susceptibles d'acquérir des formes nouvelles, et dans quelques siècles peut-être, on les distinguera avec peine de la race blanche, dontils sont Provenus. Avec le perfectionnement de leur intelligence leur langage s’épurera , et leurs mœurs suivront une pareille amélioration. Ces hommes naguère si inférieurs, au Physique comme au moral, deviendront la preuve la plus manifeste de l'unité du genre humain, proclamée par le plus ancien des historiens. (Note 103.)

ui, 31.

Cette unité primitive a dû nécessairement entraîner une uniformité dans le langage des hommes ou dans la manière de s'entendre et de se communiquer leurs pensées. La Bible l’a admise, et l’on peut remonter avec elle jusqu’à l’époque précise où la confusion des langues a eu lieu entre les nations. Une étude superficielle des idiomes des premiers peuples a paru d’abord peu favorable à établir la communauté de leur origine; mais un examen plus approfondi a montré comment toutes les langues parlées s'étaient peu à peu éloignées de leur type primitif. (Note104.)

Ce qui n’est pas moins digne d'attention, la Bible est le . premier livre où l’on trouve des idées de classifications analogues à celles que les physiciens emploient dans l’étude des différents corps de la nature. On trouve dans le chapitre XI du Lévitique l'ébauche d'une méthode pour distinguer les animaux purs des impurs, dont il était défendu aux Hébreux de se nourrir. Dieu permettait aux enfants d'Israël de manger ceux qui ruminent et dont le pied est fendu en deux; mais 1l leur interdisait de faire usage des autres.

Les pourceaux et les chameaux étaient compris dans cette interdiction : les premiers parce qu’ils ne ruminent point, les seconds -parce qu’ils n’ont pas le pied fourchu comme les bœufs et les moutons. °

Les oiseaux de proîe étaient également , aux yeux de l’Écriture, des animaux impurs qui ne devaient pas faire partie des aliments des Hébreux. Il leur était seulement permis d’user des espèces à longues pattes, les échassiers,

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ainsi que des oiseaux dont les doigts sont réunis à leur : base par une courte membrane , les gallinacés ; enfin, de ceux dont les pieds sont disposés pour la nage, les palmipèdes. Ils pouvaient faire usage des poissons de mer et des eaux doûces pourvus d’écailles et de nageoires ; mais ils ne devaient point manger ceux qui n'ontninageniresniécailles.

Il y a là sans doute un grand fond de sagesse , car les animaux dont nous nous servons comme aliment appartiennent aux espèces pures ; tandis que, à l'exception du cochon, celles que Moïse signale comme impures sont, en général, des espèces dont nous faisons peu d'usage comme nourriture. l faut remarquer que dans cet arrangement il ya une base de classification naturelle, analogue à celle qui a été adoptée dans les méthodes les plus usuelles (Note 105.) : L'Écriture n’est pas moins exacte lorsqu'elle porte ses regards sur des objets de détail relatifs aux êtres vivants. C'est surtout dans la peinture des mœurs des différents animaux que ses récits ont une exactitude et une concision que les plus grands naturalistes n’ont point dépassées. Ses descriptions sont si fidèles et si précises, qu’elles n'ont pas pu être défigurées.

Ainsi, elle nous montre la lionne couchée dans son antre, épiant d’un œil inquiet la proie qui va passer et qu'attendent avec anxiété ses jeunes lionceaux ; lorsqu'elle l’aper” çoit, elle s’élance avec la rapidité de l'éclair, et l'emporte

dans sa gueule, pour assouvir la faim dévorante de ses

petits. Bien différents des lionceaux, les petits du corbeau, de cet oiseau à sombre plumage, errent, au contraire, çà et là; pressés par la faim, ils appellent à grands cris leur

mère, heureuse de leur apporter ce qu'ils désirent avant tout.

L'Écriture nous indique également le temps de la portée et de Ja délivrance des biches et des chèvres sauvages. D'après elle, ces animaux se courbent pour mettre bas, etau moment de l’enfantement ils poussent des cris de douleur. Elle donne à l’onagre une pétulance sans exemple. Animal indomptable, il ne répond pas aux cris de celui qui sedit en vain son maître ; libre , il parcourt avec fierté les pâturages des montagnes; sa demeure est la solitude et sa retraite le désert.

L'homme, dit-elle, est impuissant à dompter l’onyx ; 1l ne peut le contraindre à passer une nuit dans une étable; encore moins peut-il le soumettre au joug pour lui faire ouvrir les sillons ou pour aplanir les champs et les vallées fertiles. Il ne peut pas non plus s’en servir pour enlever les moissons et pour les faire transporter dans ses greniers. Malgré toute son habileté, l’homme est impuissant pour faire partager ses labours à cet animal indomptable. (Note 106.) |

La peinture des mœurs de l’autruche est aussi vraie que remarquable par sa concision .Cet oiseau, la Bible nous le dit, est insensible pour ses petits, qui sont à ses yeux comme s'ils n'étaient pas les siens. Oubliant les fruits de son enfantement , l’autruche abandonne ses œufs à terre, comptant sur les feux du ciel pour réchauffer le sable sur lequel elle les dépose. Mère imprudente et folle , elle ne s'inquiète pas de ce qu'ils peuvent devenir, et s'ils ne seront pas foulés aux pieds ou brisés par la dent cruelle du tigre du désert.

Quand elle est poursuivie, on la voit élever ses ailes en l'air. Comptant sur la force et la vigueur de ses jambes, elle se rit du cheval aussi bien que du cavalier ; elle dédaigne leurs efforts tout à fait impuissants pour l’atteindre. Lorsqu'ils la serrent de trop près, elle leur lance du sable dansles yeux; ils se voient donc forcés de s’arrêter, aveuglés et vaincus par la vitesse autant que par l'adresse de cet oiseau , auquel cependant la région des airs a été interdite. (Note 107.) |

La peinture du cheval n’est pas moins fidèle. La Bible nous le représente plein de force et de vigueur, bondissant comme la sauterelle. Son cou est hérissé d’une crinière mouvante, et de son pied il creuse la terre ; il s'élance avec orgueil et court au-devant des armes. Comme son souffle répand la terreur ! il ne connaît pas la crainte et affronte la mort. Lorsque prés de lui le bruit du carquois retentit et que la flamme de la lance ou du javelot étincelle , on le voit bouillonner, bondir et dévorer la terre. At-il entendu la trompette : c’est elle , dit-il, allons ! De loi il respire le combat et frémit d’une ardeur indomptable à la voix tonnante des chefs et au fracas des armes. (Note 108.)

Aux ordres de Dieu, dit-elle encore, l’épervier étend ses ailes vers le Midi et s’élance dans les airs. De même, l'aigle s'élève jusqu'aux nues et place son nid sur le sommet des montagnes. Cet oiseau habite le creux de la pierre et demeure sur les rochers les plus escarpés. Du haut des cimes élevées il contemple sa proie; ses yeux perçants la découvrent. au loin. 11 Ja saisit et la porte à ses petits,

, — 570 — qui en boivent le sang. Bientôt, guidés par leur mère, les jeunes aiglons s’abattent dans tous les lieux où git un cadavre. Images de la mort, ces oiseaux en portent en quelque sorte la livrée sur leur plumage. (Note 109.)

L’Écriture mentionne ensuite les'migrations auxquelles se livrent tant d'animaux, surtout les oiseaux et les poissons. Elle compare la rapidité des oiseaux voyageurs qui traversent les mers, à la célérité des navires déployant sur les eaux leurs longues voiles, semblables à de grandes ailes. ÆElle nous montre l'étendue des voyages des habitants de l'air, leur nombre immense, leurs fatigues, suite de leurs longues excursions, et la promptitude avec laquelle ils se précinitent sur la terre lorsque leurs courses sont achevées. Tout, dans la peinture des mœurs des oiseaux voyageurs, est rapide et animé comme les mouvements des êtres qui peuplent l'océan aérien. (Note 110.) |

Nous avons énuméré quelques-uns des principaux faits physiques mentionnés dans la Bible. Nous avons cherché à montrer leurs relations avec ceux que la seience a acquis depuis peu de temps. Il semble, dés-lors, qu'il ne nous reste plus rien à y découvrir. Il est cependant un point essentiel dont nous avons omis de parler, et par lequel nous terminerons ces observations.

Le livre de la Sagesse, après avoir dit que la main toutepuissante de Dieu a tiré le monde du néant, ajoute qu'il a disposé toutes choses avec nombre , poids et mesure (sed omnia in mensura et numero et pondere disposuisti). Il nous donne par là à entendre que l’on peut considérer les corps de la nature sous trois points de vue, c’est-à-dire

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