TECHNIQUE : RS
. 1°. — Soins préliminaires: On débarrassera soigneu- É sement la surface à traiter, des croûtes qui pourraient
Ja recouvrir à l’aide de pulvérisations d’eau bouillie douce. Puis, avec un tampon d’ouate hydrephile imbibé d’éther, on décapera minutieusement la peau, obtenant en même temps par ce procédé une légère anesthésie locale.
2°. — Scarifications linéaires quadrillées: Les scariñications seront faites selon le procédé habituel, avec un scarificateur en forme de fer de lance, à lame unique et fine, tranchante sur ses deux bords et pointue à son extrémité. Très courtes et très rapprochées les unes des autres, elles seront menées perpendiculairement ou obliquement à la direction des petits vaissaux perceptibles, pour les couper et les recouper en tous sens, se croisant entre elles de façon à former une sorte de quadrillage comme des hachures de dessin et dépassant de un centimètre environ la zone malade. On évitera enfin de les faire trop profondes, ce .
qui risquerait d'amener des cicatrices apparentes et dis- 5
gracieuses. Me —
3°. — on directe et immédiate des courants de haute fréquence. Aussitôt les scarifications terminées on soumettra le malade à l’action des courants
“électriques, car il importe avant tout de ne point laisser le sang extravasé se coaguler. Pourtant, dans le cas où l’on aurait plusieurs sujets à à traiter à la fois,
il suffirait, comme l'indique M. Loust, de recouvrir la
région scarifiée d’un tampon d’ouate hydrophile préalablement imbibé d'une solution de citrate de soude à 6.pour 100.
Pour l’application directe des courants de haute fré-
quence on se sert d’une électrode condensatrice parti-
culière, en forme de crosse terminée par une surface plane et circulaire: l’électrode de Boreer Cette électrode, toute en verre, facilement aseptisée est directement reliée au résonnateur du docteur Oudin réuni à-la bobine, et excitée de telle manière que l’on obtienne une aigrette électrique d'intensité moyenne et bien fournie, Le manchon de verre est alors promené pendant quelques minutes sur toute l’étendue de la surface scarifiée que l’on dépasse même largement, jusqu’à ce que le sang, perlant des solutions de continuité, prenne une coloration brune caractéristique, indiquant une modification de l’hémoglobine. La peau de
la région traitée est alors fortement congestionnée; lis-
se et violacée, elle se recouvre de petites gouttelettes d'un liquide séreux, riche en fibrine, pauvre en élé-
DS
ments figurés. Cette turgescence peut pérsister un ou deux jours.
Ces séances, peu douloureuses d’ailleurs, sont.répétées tous les huit jours ou même tôus les quinze jours jusqu’à la guérison complète: le plus souvent cinq ou six suffisent. |
Dans l'intervalle on pourra, si l’on veut, recommander de faire quotidiennement sur les régions atteintes des applications de pommades inertes ou de lotion soufrée ordinaire.
OBSERVATIONS (Service de M. le professeur Gaucher : Hôpital St Louis)
Observation |
Madame Rachel L.., âgée de trente-sept ans, couturière. Souffrant depuis de longues années déjà d’une dilatation d’estomac, elle s’est aperçue il y a environ deux ans que son nez commençait à rougir par places; peu à peu cette rougeur ‘s'étendit aux ailes du nez puis aux joues. Actuellement, elle présente de la couperose du visage intéressant principalement le nez qui est violacé. On voit se dessiner à sa surface des télangiectasies superficielles, enchevêtrées comme les racines d’un arbre, qui le recouvrent complètement ainsi que les pommettes. Sur les ailes on remarque une ou deux papules foncées. Le menton luimême est atteint d’un léger érythème.
Le 20 mars 1908, on la soumet au traitement combiné par scarifications et haute fréquence, se contentant de prescrire . pour son menton des lotions chaudes à l’eau bouillie et la lotion soufrée ordinaire.
Le 28 mars, seconde séance suivie huit jours après d’une troisième, puis d’une quatrième le 15 avril. À cette époque, l’érythème du menton a presque disparu: sur le nez il n’y a pius de papules et la coloration générale est moins foncée.
Le traitement est continué le 23 avril, puis le 3 mai et à chaque nouvelle séance on peut constater une amélioration: Le 11 mai, madame L.. revient à la consultation faire vérifier Sa guérison: son visage a repris son aspect normal, on ne. veit plus traces de l’affectation. Ke à
Si A Observation Il
Jeanne L., femme de ménage, âgée de 45 ans, n’a jamais été .
bien réglée; elle est atteinte d’acné rosée du nez et des pommettes remontant à plusieurs années déjà. Le nez, uniformé-
ment rouge ainsi que les pommettes, est sillonné de petites
veinules -flexueuses et variqueuses qui s'étendent jusqu'à la
-partie interne et supérieure des joues; çà et là on remarque de sinces croûtelles blanchâtres, indice de papules acnéiformes.
avortées, mais on ne voit pas d'éléments en évolution.
Le 9 avril ‘1908, on lui fait des scarifications linéaires suivies FR. de Vapplication des courants de haute fréquence, après avoir au préalable fait tomber les croûtes par
des pulvérisations chaudes. On répète les séances le 16 et le 24 de ce même mois: l’amélioration est manifeste: il »’y a plus
rien aux pommettes. Deux nouvelles séances les 2 et 10 mai
suffisent alors pour faire disparaître les derniers vestiges de l'affection. ;
Observation III d
Marie D, modiste, âgée de 30 ans, est une constipée depuis son Lio: elle est affectée de plus de troubles de la menstruation et présente, depuis deux ans déjà, de l'acné rosacée des joues et du menton, marqués de larges plaques rouge foncé. Principalement aux pommettes apparaissent des télangiectasies enchevêtrées ; le menton est le siège de papulo-pustules qui ont poussé, paraît-il, en même temps que la rougeur.
Le 13 avril 1908, le traitement par scarifications et haute fréquence combinées, est prescrit à la malade. Elle vient de suivre ce traitement tous les huit jours. Le 20 mai, les progrès de l’amélioration commencent alors à prendre une tournure tout à ‘fait sérieuse: les plaques érythémateuses épidermiques disparaissent de plus en plus; les papulo-pustules se sont effacées. Sur la de-
mande de la malade, on espace alors les séances, qui ’ont plus
lieu qu’une fois par quinzaine. Le 4 fuin, où fe distingue plus le sad qui siégeait au nériton ; 1] n'existe maintenant que quelques points aux pommettes, RÉ Je traitement est continué cependant jusqu’au premier octo-. bre: la malade peut être à ce moment considérée comme -gué-
rie.
Observation IV PES
Madame C.., âgée de 46 ans, ménagère, se présente à la con: \ pr sultation le 18 mai 1908 avec de la couperose acnéiforme des …
deux joues datant au moins de deux années. Sur un fond rouge -
violacé courent de fines arborisations vasculaires télangiectasiques, surtout marquées aux pommettes.
Soumise le 18 mai au traitement par scarifications et haute fréquence combinées à raison d’une séance tous les huit jours. - elle revient successivement le 27 mai et le 2 juin. A cette épo-
que on peut déjà constater une grande amélioration des 1°H0ne traitées. : ane
Le 10, puis le 17 juin, nouvelles séances: la peau a prenais repris à ce moment son aspect normal; l’érythème est à peine perceptible. La dernière séance a lieu le 1” juillet. Dans ïe courant Août, madame C.…., revient faire constater s4 Dar-
faite : ‘érison.
Observation V
Monsieur Ernest U..., gendarme, âgé de 40 ans, a remarqué, il y a environ trois ans, que son nez rougissait avec la plus grande “lité, soit an moment des repas, soit à l’occasion d’une cour-
se à la fraîcheur de la nuit. En même temps, il réssentait une sensation pénible de tension et de chaleur.
Actuellement, le nez est gros, rouge et violacé, froid au toucher. La peau, qui semble épaissie, est grasse et criblée d’orifices parfaitement visibles, qui sont autant de pores sébacés dis-
tendus. À sa surface serpentént de petites veinules dilatées, vio-
lettes, ; Variqueuses, qui s’entrecroisent et sont surtout nombreuses aux ailes du nez d’où elles gagnent les pommettes en franchissant le sillon naso-génien.
- Le 26 mai 1908, on commence le traitement par Fe sÉentiou associées aux courants de haute fréquence ‘à raison de deux à séances par mois. Ce malade ne pouvant venir régulièrement à Thôpital. Les séances sont répétées le 5 et le 19 juin puis le 2 juillet. Monsieur U... pleinement satisfait des résultats obtenus déclare qu’il ne reviendra plus: de fait, les télangiectasies ont complètement disparu et la reugeur est imperceptible; la peau n’a plus cet aspect grossier de peau d'orange ; il n’y a pas de cicatrices. On refait pourtant une dernière séance le 10 juillet; à ce moment on ne remarque plus rie d’anormal sur le visage.
Observation VI .
Madame Virginie R.…, ménagère, âgée de 45 ans, présente de la couperose des joues, datant de plusieurs années avec lupus érythémateux du nez. Les joues sont rouge foncé; les pommettes violacées; à leur surface apparaissent très nettement de petites varicosités plus sombres, principalement développées aux pommettes. Le nez est recouvert de plaques érythémateuses qui tendent à confluer; ces plaques, un peu surélevées, présentent des contours bien nets et sont ponctuées çà et là de petites cicatrices, Dans le sillon naso-génien gauche on aperçoit quelques
squames desséchés. 3
Le 24 mai 1908, on commence l'application « du traitement. par scarifications et haute fréquence, à raison d’une séance tous les huit jours. Dès la troisième séance, qui a lieu le 10 juin, on peut noter un mieux considérable, Le placard érythémateux du
nez à pâli d’une façon notable; les joues tendent à reprendre
leur coloration normale. éj
Le :8 juin, les pommettes seules présentent encore de ot îlots rouges peu apparents d’ailleurs. Enfin, le 26, on procède à la cinquième séance qui marque la fin du traitement, la peau ayant repris son aspect normal. Nous avons revu souvent cette
malade depuis, la guérison s’est maintenue.
Observation VII
Léon V.., 34 ans, garçon marchand de vin, est atteint depuis cinq ans déjà d’acné rosée du nez etsdes pommettes ; simplement érythémateuse au nez, elle devient érythémato-papuleuse aux.
joues. Les télangiectasies sont proéminentes, formant de véritables varicosités superficielles et violacées. La peau a cet aspect gras et luisant particulier aux états séborréhiques.
Le traitement d'Hillairet, auquel on a soumis tout Yebosd ce malade, n’a donné aucun résultat bien qu’il fût continué pendant près de six mois.
Le 17 juin 1908, on fait alors une première ie des courants de haute fréquence après scarification préalable. Ce traitement est répété le 25 juin, puis le 3 juillet. À cette époque, Léon V.…, se considérant comme guéri, cesse de revenir. Mais.
en novembre, aux premiers froids, une nouvelle poussée d’acné, moins forte cependant que la première, le contraint à reprendre les séances trop tôt interrompues. |
Trois nouvelles séances : les 21 et 30 novembre, le 8 décembre
suffisent pour arrêter cette récidive de l'affection qui peut enfin être considérée comme guérie. En effet, on n’a pas revu Léon V., à la consultation.
* Observation VIII
Madame Marie C.., âgée de 22 ans, femme de charge, se présente à la consultation le 12 mars 1908 avec une couperose du visage des plus prononcées. Le nez, violacé, est couvert de varicosités énormes qui s’entrecroisent en tous sens, traversent le
sillon naso-génien et font des arabesques sur les pommettes ct
les joues rouges elles-mêmes. Un érythème léger couvre aussi le .
front et le menton. Du 12 mars ai 2 juillet, on la traite par la méthode des scarifications linéaires quadrillées seules à raison de trois séances par mois avec, dans l’intervalle, des lotions locales d’eau bouillie très chaude et des applications de lotions soufrées ordinaires.
Le 2 juillet, n'ayant encore obtenu aucune amélioration appréciable, on adjoint aux scarifications l'application des courants de haute fréquence. is __ Cette méthode est répétée successivement le 27 août, le 10 septembre, les 8, 15, 22 octobre. À cette époque, les joues ônt repris leur coloration normale et le nez est presque guéri; les télangiectasies ont. disparu. La malade cesse de revenir, de sa
propre initiative, lorsqu’à la fin de: novembre se produit une
nouvelle poussée d’acné rosacée, avec papules acnéiformes sur
les ailes du nez, qui la ramène à la consultation.
Le 3 décembre, on reprend le traitement interrompu.
Le 10, nouvelle séance; le 24, idem, on peut constater que la pcussée de couperose non seulement s’est trouvée jugulée, mais encore a légèrement rétrocédé: les papules ont disparu, les joues sont dégagées.
Le 31 décembre, l’état est resté stationnaire.
Le 21 janvier 1909, reprise de la couperose avec le froid, mais
cette troisième poussée est bien moins forte et bien moins éten-
due que les PR La* A est À nouveau soumise au même traitement à à raison, cette fois, d’une séance tous les quin- Z& jours environ, soit le 21 janvier, Les 4 et 19 février, enfin Je S D, 5 mars 1909. 2 Æ Pendant ces dernières « séances, l'amélioration a été telle que 1: 3 mars, la guérison paraissait assurée définitivement. En effet le 19 août 1909, madame C.. est venue demander un certi-
ficat de guérison. APRES me : 22
REA Ce ES Observation IX
Marie B.., âgée de 30 ans, s’est présentée à la consultation le 11 avril 1907. C’est une dyspeptique et une constipée qui, depuis quelques années a eu chaque hiver des poussées d’acné rosacée. Depuis deux ans environ, cette couperose s’est installée définitivement aux deux joues qui sont d’un rouge foncé et sillonnées de télangiectasies nombreuses et volumineuses.
Le 11 avril 1907, on applique le traitement chirurgical par les scarifications linéaires simples à raison de trois séances par mois, jusqu’au 15 juillet 1908, mais la malade ne vient pas régulièrement, interrompant fréquemment son traitement.
Le 15 juillet 1908, l’état de la malade ne présentant pas une amélioration suffisante, on décide de faire suivre les scarifica- : tions de l’application de l’aigrette électrique de haute fréquence. S
Les séances répétées le 30 juillet, les 12 et 28 août amènent | un changement notable et un mieux très sensible. On les. continue les 10 et 17 septembre, enfin, le premier octobre. À cette date, ; la malade semble guérie: la FouRQRe même a disparu, les cicatri- | ces sont invisibles.
Le 8 novembre, on a l’occasion de revoir mademoiselle B:: la guérison s’est maintenue absolue.
Se : Rs Observation X
Marie C.., âgée de 27 ans, ménagère, est atteinte depuis dix- huit mois de couperose du nez. Sa mère, dit-elle, présentait déjà la même infirmité : elle a constamment les “pieds gelés.
: Son néz est gros, rouge, marqué de petites veinules supertee à cielles et dilatées, mais peu volumineuses. La peau à ce niveau semble épaisse et turgide; elle est grasse au toucher et laisse aper- : . cevoir nettement les orifices des glandes sébacées qui se sont hypertrophiées.
Le 6 août 1908, on lui fait des scarifications linéaires simples, suivies de pulvérisations chaudes d’eau boriquée; on répète le . même procédé le 13, puis le 20 du même mois en prescrivant dans l'intervalle l’usage des lotions soufrées ordinaires.
‘ “Le 27 août, pour remédier à la lenteur des progrès réalisés, on ajoute aux scarifications les courants de haute fréquence en application directe et immédiate. Dès la seconde séance, le 3 septembre, l’affection rétrocède d’une façon très sensible.
Le 10 septembre, on ne voit plus qu'une rougeur à peine perceptible et l’on procède à la dernière séance car la malade se déclare pleinement satisfaite des résultats obtenus et fait part de son intention de ne plus revenir. De fait, le nez a repris sa teinte et son aspeët naturel, comme nous avons pu nous en rendre
compte, lorsque nous avons revu madame C.., le 15 décembre 1908.
; Observation XI
Monsieur Louis F.., âgé de 25 ans, mécanicien, présente des symptômes évidents d’alcoolisme dont il rejette la faute sur los fatigues de son métier. Depuis quatre ans, il est affecté d’acné rosée du visage, intéressant principalement le lobule nasal et
- les régions avoisinantes. C’est un séborrhéique chez qui la cou-
w perose se complique de folliculite, procédant par poussées. qui, durent quelques jours et passent par les stades de papules et de. pustules. ‘Présentement, le nez et la partie des joues qui ÿ: confine est violacé; on distingue de nombreuses télangiectasies à sa
surface ainsi que de petites croûtelles jaunâtres, occupant les
ailes, et alternant avec des papulo-pustules. Le traitement par scarifications et courants de haute fréquence combinés est commencé le jour même, 6 août 1908; on le continue le 18 août , puis le 3 septembre. On constate alors une légère amélioration : Pérythème est moins prononcé et il n’y a plus aucune trace de papules, re
Le 10 septembre, puis le premier octobre, nouvelles séances: les varicosités capillaires ne sont plus visibles et la coloration
. générale se rapproche de plus en plus de la normale. Le 20 et <
le 29 octobre, on procède aux deux dernières séances. À cette
époque, la guérison peut être affirmée; le visage a. repris SOn àS- .
pect habituel ; on ne remarque pas de cicatrices apparentes.
2 Observation XII RS RE
Edmond P.., âgé de 33 ans, garcon de café, se plaint de troubles digestifs très anciens. Depuis huit ans il est atteint de couperose de la face. FORT z
Le nez est respecté, mais les joues ont revêtu une coloration rcuge foncé sur laquelle tranchent les flexuosités des capillaires cutanés ectasiés, - surtout nombreux aux pommettes. Le front et 1: menton sont eux-mêmes le siège d’un érythème léger.
Le malade a eu recours, durant ces “huit années, aux soins de plusieurs médecins qui lui ont prescrit des traitements variés sans aucun’ succès. Tout, l'arsenal thérapeutique ordinaire a été
épuisé, on peut le dire, pour cette acné congestive; dont le carac- : tère rebelle est évident.