‹ De la couperose et de son traitement: Scarification associée à l'application des courants de haute fréquenceChapitre 6 sur 7 · LS · texte numérisé non relu

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- Le traitement par les scarifications et les courants de haute

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fréquence, qui lui a été alors appliqué, a été commenté le 6 août 1908; les séances se sont succédées à intervalles assez irréguliers, k: malade ne pouvant revenir à la consultation à dates fixes. La deuxième séance a eu lieu le 10 août; la troisième le 20. A par-

tir de ce moment, l’amélioration qui est manifeste progresse rapi-

dement et il suffit alors de trois nouvelles séances : le 27 août, le 2 septembre et le 11, pour faire disparaître les derniers vestiges de l'affection.

Observation XII

ÿ “ \ Mélina S.…., ouvrière, âgée de 60 ans, vient à la consultation du 3 septembre 1908, pour une couperose du nez qui remonte à une douzaine d’années. Elle s’enivre fréquemment et boit prin-

cipalement du vin. Le nez est rouge violacé, volumineux, avec

une tendance au bourgeonnement: pourtant l’hypertrophie est

peu marquée. À son extrémité antérieure, on voit d'énormes varicosités bleuâtres qui semblent faire légèrement saillie et viennent se perdre de chaque côté sur les ailes. ; Sans promettre à la malade une complète guérison, le traitement par les courants de haute fréquence associés à la scari- fication, est commencé séance tenante le 3 septembre 1908, à raison d’une séance tous les huit jours. Répété successivement le 10 septembre, le 18, puis le 26, :l détermine un changement notable dans l’état et l’aspect de l’affection que Jon peut alors espérer guérir; le nez a manifestement pâli.

On continue le traitement le 4 octobre, puis le 12, puis le 20. L'amélioration est telle à cette date que la malade se déclare satisfaite et juge qu’il est inutile de revenir:

Observation XIV.

Amélie B.., âgée de 37 ans, exerçant le métier de çouturière,

st présente à la consultation le 4 septembre 1908. Depuis Jlong-

temps dyspeptique et constipée, elle dit s’être aperçue depuis “trois mois environ du changement de coloration de son nez, ainsi que de l’apparition de petites télangiectasies superfciel- ne

les. Le nez est en effet le siège d’une rougeur diffuse, foncée, On

y voit des plaques d'éléments acnéiques constitués par de petites papules rouges semblables à celles de. l'acné inflammatoire ordinaire, et par place, de petites cicatrices spontanées blanchitres, indiquant la coexistence d’an lupus érythémateux; les capillaires cutanés sont fortement diletés et variqueux.

On applique immédiatement le traitement par la scarification et la haute fréquence combinées: 4 septembre 1908. Les séances sont espacées de sept jours environ et ont lieu une fois par semaine, soit le 4 septembre, le 11, le 18, le 26 : l’érythème a beaucoup diminué ,les télangiectasies ne se distinguent plus, il ny a plus de papules. On continue le traitement le 2 octobre, puis le 9: la maladie qui n’a cessé de rétrocéder progressivement est alors presque guérie.

Deux nouvelles séances, le 16 puis le 22 octobre, amènent une guérison qui paraîtrait complète si par la pression on ne faisait -réapparaître de petits nodules.

Il faut encore deux séances, le 30 octobre puis le 13 fans pour assurer une guérison parfaite et définitive.

Observation XV

Albert D... inspecteur de sociétés, âgé de 38 ans, souffre d’une dilatation d'estomac depuis trois ans: il s’est aperçu, il y à six mois, que ses joues et le bout de son nez se marbraient de plaques rouges à certains moments: l’affection a lentement progressé et actuellement, 17 septembre 1908, il présente de la couperose érythémato-papulo-pustuleuse du nez et des joues, les papu- Jes et les pustules siégeant principalement au-dessous des pommettes. Le traitement par les courants de haute fréquence as80-

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ciés aux scarifications fut appliqué à partir du 17 septembre, à raison d’une séance tous les huit jours. Le 8 octobre, (4° séance),

l'amélioration était considérable et l’on escomptait déjà la gué-

rison à bref délai lorsque, le 22, se produisit une nouvelle poussée de papules, d’ailleurs peu marquée, due vraisemblablement au froid assez vif qui se fit alors sentir. Il fallut quatre nouvelles séances pour rattraper le temps perdu et consacrer la guérison définitive (séances du 22 et 29 octobre, du 5 et du 12 novembre).

Observation XVI

Joséphine C.., 44 ans, femme de ménage, avoue des habitudes - d’intempérance. Depuis neuf ans, cette femme, issue d’ailleurs d’une famille d'arthritiques, est atteinte de couperose de la face intéressant le nez et les joues, particulièrement marquée aux pommettes ainsi qu'à la partie antéro-inférieure du nez. Traitée à YHôpital Saint-Louis, depuis deux ans déjà par les scarifications seules, elle a refait durant cet intervalle plusieurs poussées aiguës d’acné rosacée avec papules sans que jamais d’ailleurs l’affection ait complètement disparu.

Revenue à la consultation, le 20 août 1908, on lui refait, les

20 et 27 août et le 3 septembre, des scarifications simples. Le 17

septembre, on essaie l’effluvation sans scarifications; enfin, le 24 de ce même mois, constatant que la guérison ne faisait aucun progrès on la\ soumet au traitement mixte par scarifications et haute fréquence combinées. Dès la deuxième séance qui a lieu le 1% octobre, on peut constater une légère amélioration, la peau

tendant à revêtir sa consistance et son aspect normaux.

Les séances sont renouvelées le 8, 15, 22 et 29 octobre.

Le 5 novembre on ne distingue plus le placard qui siégeait aux poñmettes : il n’existe maintenant que quelques rougeurs dans la région du nez. Le traitement est continué cependant le 19 novembre puis le 3 décembre: la malade peut être à ce moment considérée comme guérie. Elle revient se montrer plus d’un mois

àprès: Ja guérison s’est bien maintenue et pert être constatée (28

janvier 1909), 4

Observation XVII

Eugène P.., 41 ans, garcon de café; présente depuis plu-

sieurs années déjà de la couperose du nez et des joues. Sur un

fond rouge sombre se détachent quelques varicosités flexueuses très fines et peu marquées. Çà et là on remarque quelques papules plus foncées et même quelques pustules d’acné inflammatoire : Les glandes sébacées sont hypertrophiées. Il y a deux ans, en 1906, a été traité par les scarifications seules à raison de deux séances par mois en août, septembre et octobre; non guéri, mais contraint par ses occupations d'interrompre son traitement, il ne revient à la consultation que le 9 mai 1907: Le même trai-

tement fut alors repris et continué jusqu’au 5 décembre de la

même année, à raison de trois séances par mois environ, le ma-

lade ne se présentant que d’une façon fort irrégulière à la vi-

site. À cette époque, Monsieur P.., légèrement amélioré, cessa

complètement tout traitement. En décembre 1908, une recrudescence de l’affection le décide tout de même à revenir à Saint- Louis, où on le soumet alors au traiteñent par les scarifications et la haute fréquence combinées. Cette fois le malade revient régulièrement tous les quinze jours. Le traitement commencé le 17 décembre, répété le 31, permet dès la troisième séance (14 janvier 1909), d’escompter la guérison, les papules et pustules ont complètement disparu. La rougeur est considérablement moindre: on ne remarque plus de télangiectasies. Le 98 janvier, il ny a presque plus rien.

A la cinquième séance qui a lieu le 11 février 1909, la peau a repris sa coloration ct son aspect normaux, la güérison semble cette fois définitivement obtenue. Le malade revu: trois mois après, vient en faire foi (13 mai 1909).

Observation XVIII

D... Philippe-Auguste, manœuvre, âgé de 46 ans est atteint

de couperose érythémato-pustuleuse à la fois congestive et pa-

Set ee se :

pulo-pustuleuse. L’affection remonte à un an environ et a débu- : :€ par le nez. Actuellement le nez tuméfié, violacé, est chevauché - en tous sens par des varicosités flexueuses s'étendant jusqu'aux pommettes. Sur les deux joues les lésions forment des placardse | symétriques de chaque côté de l’appendice nasal, et l’on y voit. de nombreuses papules en voie d'évolution, ainsi que des pustules et quelques croûtes. :

Le 26 novembre 1908, après avoir soigneusement approprié et détergé les régions à traiter, on procède à une première séance de scaïification suivie aussitôt de l'application des courants de ‘haute fréquence. Ce traitement répété tous les huit jours produit les plus heureux effets : l’érythème s’atténue progressivement, la congestion disparaît et l’on ne rencontre plus de papules acnéi- ques (séances du 3, 10, 17 et 24 décembre 1908)... __ Le T janvier 1909, on peut constater que le malade qui est resté près de quinze jours sans revenir, est très amélioré. Cette amélioration s'affirme de plus en plus au cours des séances qui suivent le 21 janvier, puis le 4 février. À cette époque il ne reste plus trace de l'affection: il ya lieu. de croire sa disparition définitive.

Observation XIX es

Paul B.…, ouvrier maçon, âgé de 45 ans, se présente à la consul!ation le 20 mai 1909, avec une couperose légère du nez et des joues, ayant débuté il y a cinq ans, par de petits points rouges qui se sont peu à peu étendus et ont fini par confluer pour cons-

tituer de larges placards. Sur la face dorsale du nez, près de la Dointe, on distingue de petites élevures qui font saillie et qui sont formées par de fines veinules dilatées et agglomérées.

Le traitement par scarification et haute fréquence combinées, procure dès la première séance (20 mai 1909), une amélioration

considérable. Réappliqué le 27 mai, puis le 3 juin, ï assure de.

nitivement une guérison parfaite.

Monsieur B.., revu dans le courant de Mb 1909, con-

serve un visage que rien ne dépare plus.

observations, grises parmi plusieurs autres, tout le bé-

néïñce qu'il est possibie de retirer, dans le traitement de 1a couperose rebelle, par l’association de ces deux

méthodes jusque-là employées isolément, la scarifica-

tion et l’application des courants de Haute Fréquen-

ce. Aux avantages, déjà grands, obtenus par la scarification, à savoir la décongestion des tissus par l’émis-

sion sanguine locale et l’oblitération des capillaires ectasiés par l'inflummation consécutive de leurs parois, viennent en effet s'ajouter les propriétés propres

et remarquables de l’étincellé électrique des courants de Haute Fréquence. C’est en 1894, avec Oudin, que ces courants firent leur entrée dans la pratique dermatologique et, depuis, les heureux résultats obtenus

dans plusieurs affections cutanées par leur emploi.

leur ont définitivement conquis leur place dans lar-

senal thérapeutique des dermatoses. Leur action tropanique sur les tissus malades a été maintes fois cons-'

tatée; par eux, le processus de fibrose se trouve puissamment excité, la cicatrisation marche plus rapidement et surtout se fait d’une façon beaucoup plus eshétique, atteignant même à la peecstne Or, par la scarification préalable, qui crée à la surface des régions atteintes autant de solutions de continuité, on

Nous pouvons voir, par l'examen de ces quelques 2

pe”

Ce -er

permet À l’aigrette électrique de pénétrer plus prorondément au sein des tissus malades. On porte, pour

ainsi dire, le remède au cœur même du mal, et les pro- priétés précieuses des courants de Haute Fréquence

trouvent , par ce moyen, à s'exercer dans de meilleures conditions et, par conséquent, d’une façon bien plus

“ efficace, partant, plus énergique. La durée du traite- __ ment se trouve donc abrégée d'autant par contre-Coup.

Enfin, il semble démontré que l’étincelle électrique soit un puissant modificateur de la sécrétion sébacée.

. Sous son influence, en effet, celle-ci ne tarde pas à di-

minuer dans de notables proportions, et cette propriété rencontre bien ici son utilité puisque dans l’acné ‘rosée ces landes sont fréquemment hypertrophiées. Pour terminer, il ne faut pas oublier de mentionner l’action analgésiante locale des courants de Haute Fréquence, ce qui réduit à peu de chose les phénomènes douloureux que pourrait provoquer leur application.

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