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IV. — De l’emploi des bains prolongés pour les nouveau-nés

Conduit par une idée analogue à celle qui amena l’emploi des couveuses, le professeur Winckel (1) fit usage pour les enfants, soit nés avant terme, soit présentant des troubles respiratoires, de bains permanents ou plutôt prolongés.

Là baignoire construite à cet effet se compose d’une petite boîte en métal. Le plan inférieur présente une saillie, de manière à ce que le dos de l’enfant puisse au besoin y venir prendre un point d’appui. Le

(1) Index bibliographique, n° 33.

couvercle est mobile, percé à chaque coin d’un orifice et au centre d’une petite fenêtre recouverte d’une glace mobile. La tête de l’enfant est placée dans une dépression spéciale disposée à cet effet à une des extrémités de la baignoire, et elle est maintenue en place par le couvercle qui, garni en ce point d’un bourrelet de cuir, vient appuyer contre le menton et empêcher ainsi la tête de glisser dans la baignoire.

Des deux figures ci-jointes, la première (fig. Vil) donne l’idée de l’appareil sur une coupe, la seconde (fig. VIII) montre lë couvercle vu par sa partie supérieure.

Fig. VIII.

La capacité de la baignoire est de 20 litres environ ; l’eau s’échappe par deux robinets, qui donnent aussi issue aux matières fécales.' ;

L’eau doit, d’après l’auteur, être entretenue à 36 ou 37°. Pour ce faire, il suffit d’y verser toutes les heures ou demi-heures un litre d’eau bouillante. Le bain est complètement renouvelé toutes les six ou huit heures.

Le travail de Winckel sur cette nouvelle méthode ne contient que six observations d’enfants traités par ce moyen, enfants nés avant terme, atteints d’athrepsie ou d’asphyxie. Les résultats ont été favorables, mais trop peu nombreux pour permettre une conclusion quelconque; ils montrent seulement que ces bains sont bien sup-

portés, et que loin d’avoir des inconvénients, ils agissent heureusement sur la santé de l'enfant.

Nous avons étudié l’influence de celte méthode sur la température des nouVeau-nés. La courbe (planche IX) est celle d’un enfant placé dans un bain permanent quelques minutes après sa naissance. On peut voir par ce tracé que l’action a été énergique sur la température et que cette dernière lui obéit très fidèlement dans ses variations.

Le bain a une influence très marquée non seulement sur la température rectale, mais aussi sur celles de l’aisselle, du front, du pied. Ainsi, en plongeant un enfant dans de l’eau à 39°, nous avons obtenu

les résultats suivants :

Avant le bain.

Après 1/2 h.

Après 1 h.

I b. après être sorti du bain 37°2

T. rectale. 36»7

de bain.

de bain.

T. axillaire. ... 36'2

T. frontale. 32°8

T. du pied. 28°8

La température extérieure étant de 21».

Les effels plus énergiques du bain chaud étaient d’ailleurs à prévoir par la connaissance des effets physiologiques de l’eau et de l’air portés à une haute température. Nous trouvons clans l’intéressante étude de W. Edwards (Lravail mentionné plus haut), le résumé d’expériences sur les diverses températures que peut subir l’homme. Dans une étuve à air sec de 115° à 127°, il a été possible à Blagdén de séjourner pendant sept minutes, tandis que Delaroche et Berger n’ont pu rester que huit minutes dans un bain de vapeur à 50°,75, et qu’enfin Lemonnier n’a pas été capable de supporter plus de huit minutes un bain ordinaire de 45°. RésulLat montrant claire^ ment la puissance bien plus considérable de l’eau qui, à 45°, agit aussi énergiquement que l’air à 120°.

Les bains prolongés, d’après la méthode de Winckel, constituent un moyen bien plus puissant que la couveuse pour lutter contre l’abaissement de température des nouveau-nés, mais les moyens les plus énergiques ne sont pas toujours les meilleurs, et quoique de nombreuses observations puissent seules, en établissant des points de' comparaison, résoudre la question, il nous semble qu’au point de Vue pratique, le bain prolongé est toujours assez difficile à donner, qu’il demande une surveillance très assidue. Jusqu’à présent il n’a pas été administré plus de vingt-quatre heures de suite par l’auteur

lui-même. Dans le bain, une partie de la poitrine du nouveau-né surnage souvent, exposée par conséquent au refroidissement, la tête est à l’air, l’enfant respire l’air froid, de sorte que, sous ce rapport, il ne semble pas suffisamment protégé.

Si en présence de ces difficultés ou inconvénients on place la simplicité et les avantages de la couveuse, tout plaide en faveur de cette dernière, et puisque tout en ne constituant pas un moyen très énergique elle a donné tous les heureux résultats qu’on peut attendre de l’élévation de la température chez les nouveau-nés, il paraît juste de lui accorder la préférence.

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